‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 25 sur 76 · Lemire : Diplom.^ i, 215. — Ryckel : Vit. S. Beggh · texte numérisé non relu

Lemire : Diplom.^ i, 215. — Ryckel : Vit. S. Beggh

4. « Laudabiliter. » (Avignon, Kal. de juin, X*» année de son pontificat.)

5. Bétliune : Cartulaire, Actes d'Innocent VI, Grégoire XI, Paul III, etc.

dans la tourmente, et pour plusieurs de ceux <jui subsistaient, la décadence commençait. Le quinzième siècle fut fatal à un grand nombre ; le seizième plus encore, et, si l'histoire nous a conservé le souvenir du courage avec lequel quelques-uns d'entre eux résistèrent au protestantisme triomphant, sur les bords de la Meuse et du Rhin, elle signale aussi la ruine, à cette époque, de la plupart des Béguinages flamands, hollandais, allemands et français. Le dix-huitième siècle devait achever cette destruction, après laquelle nous n'avons plus à constater de survie que dans les Flandres, et plus particulièrement à Gand, où continue, en toute sa pureté, la tradition primitive.

Avant d'aller plus loin, il convient peut-être de faire une remarque, capable de surprendre nos lecteurs. Le nom de Beguards et Béguines subsistait, longtemps encore après la condamnation prononcée par le concile de Vienne, et nous le retrouvons, à Gand même, porté par des tertiaires de Saint- François. Nous l'avons dit plus haut, ces noms avaient un caractère générique et désignaient toutes les personnes pieuses qui désiraient vivre d'une vie plus parfaite, sans entrer au couvent et souvent même en restant dans leur famille et leur maison. Plusieurs s'attachaient à un tiers ordre, et parfois essayaient de la communauté d'habitation, de biens et de costume. S'il y en eut, parmi eux, qui se laissèrent aller aux erreurs condamnées à Vienne en 13H, — si quelques-uns usurpèrent le titre de tertiaire^ franciscains, — il y en eut aussi qui se gardèrent de cet entraînement, ou, pour réparer leur faute, se donnèrent sérieusement à l'Ordre séraphique. Les uns n'avaient donc pas été atteints par la sentence de Clément V ; les autres furent amnistiés par celle de Jean XXII.

C'est ainsi que nous voyons durer, jusqu'au seizième

siècle, les Bigarden ou Bogarden, dont le couvent était voisin de la porte aux Folles, Zotte-poorte. Ils s'y étaient établis vers 1304, et l'abbé Nicolas de Saint-Bavon les disait, onze ans plus tard, à la suite de sa visite canonique, « des hommes humbles et dévots, menant une vie contemplative ^ ». Nous savons d'ailleurs qu'ils rendaient de grands services, surtout dans les temps d'épidémie, et que plusieurs papes leur témoignèrent de la bienveillance 2,

Il y avait aussi, à la même époque, des franciscaines désignées par le nom de Bigardes ou Bogardes, qui subsistèrent jusqu'en 1442. Elles avaient sans doute la même origine et durent traverser les mêmes épreuves. Mais elles paraissent n'avoir rien eu de commun avec les Béguines soumises à la direction des Frères mineurs, assez semblables du reste à celles que les Prêcheurs dirigeaient et auxquelles nous revenons maintenant.

1. a Viri humiles et devoti, Bigardi nuncupati, vitam gerentes contemplativam. » Ils furent supprimés en 1500.

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