‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 29 sur 76 · De Dignitate Rosarii, cxx. — Du Temple mourut en · texte numérisé non relu

De Dignitate Rosarii, cxx. — Du Temple mourut en

du Temple et ce P. Jean du Mont, auteurs du Mariale, qui se retrouve par fragments dans les écrits d'Alain de la Roche ou plutôt dans VAlanus redivivus de Copperstein (1619)* et dans un opuscule, impriméà Ulm, en 1496, comme traduction allemande du traité Confrairie du Psautier de Notre-Dame^. Nous n'en savons rien, sinon qu'on les fait compagnons du fondateur des Frères prêcheurs et que leurs écrits constituaient, en partie, ce que le moyen âge acceptait sous le nom de Grant légende de saint Dominique ^. Nier l'existence des auteurs est facile, mais non pas concluant : tant d'autres personnages obscurs sont tombés dans un oubli total, qui n'en ont pas moins existé *. Nier celle de leurs écrits ne prouverait pas plus que la négation dont pourraient souffrir ceux de saint Dominique lui-même, et qui cependant ont été connus de ses contemporains. En fait, il y avait, au commencement du quinzième siècle, avant la prédication d'Alain de la Roche, une légende, composée — par qui et à quelle date, nous ne le savons pas — mais qui atteste la pratique du Rosaire, au moment où elle fut compilée. Sa valeur intrinsèque n'a rien à voir avec sa valeur documentaire.

Quoi qu'il en soit, les papes, dont nous avons cité les noms,: — le cardinal Alexandre de Forli, légat de Sixte IV, —le vénérable

L André Rovetta, de B rescia, en a donné une édition revue, à Naple», en 1665.

2. Unser llehen Frauen Psalter. — L'original français se conserve en manuscrit au Musée britannique.

3. Peut-être celle que Humbert de Romans remplaça par la Nouvelle Légende, dont il recommande la lecture {De vUa regulari).

4. Témoin ce Galvanus Braggia, qui écrivait en 1347 {De peste anno saliUis, i 347 minitante), et cet Augustin Annelli, auteur delà CAront^we bolonaise, en 1430^ — cités par Touron ( Vie de saint Dominique ), — rappelant les écrits contemporains d'un certain Luminosi de Aposa, agent public de Bologne, vers 1220. — Cf. op. cit., liv. I, chap. xiv. )

6a LE GRAND BÉGUINAGE DE GAND

Nicolas Ridolfi, maître-général de l'Ordre des Prêcheurs^, ont considéré la dévotion au Rosaire comme seulement renouvelée, innovatam, — de novo instiiuium, — et comnxe ayant besoin, de la part du Saint-Siège ou des évêques, non d'une institution, mais d'une confirmation, là où elle était tombée en désuétude ou mise en contestation par de mauvais esprits. — Ad obstruendum ora aliquorum detrahentium, dit Sixte IV dans sa réponse à François II, duc de Bretagne, — où il déclare que a ce mode de prière à Marie est simplement renouvelé et qu'il existait de longue date, en diverses parties du monde chrétien ^n. Ce qui s'entend également de la confrérie du Rosaire, au dire de Benoit XIV, comme on peut s'en convaincre parla lecture des documents précités. Une dernière remarque : nulle part, en ces documents, on ne voit que la dévotion soit nouvelle, si ce n'est en ce sens qu'elle est établie dans des églises nouvelles, comme à Tudela, récemment délivrée du joug des Sarrasins ^, ou bien en d'anciennes églises, où elle n'était pas encore introduite. Alain de la Roche, du reste, n'a jamais eu la prétention d'être le créateur d'une dévotion, dont il se donne pour le simple restaurateur, ainsi qu'on peut le voir en ses écrits, et, au couvent de Gand, par exemple (où il fut lecteur de 1468 à 1470), on le regardait comme ayant seulement restauré la dévotion du Rosaire *.

On pourrait objecter, comme le bon franciscain dont nous avons parlé, et l'auteur de l'article de la Revue de Louvain,

1. Lettres datées du chapitre général de Bologne, du 2 février 1631.

2. « Ab aliquo tempore ita innovatus est certus modus, sive ritus orandi pius et devotus, qui etiam antiquis tcmporibus, in diversis mundi partibus observatur. » - 18 mai 1479.

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