Belg. Domin,f v
que le Rosaire n*était, avant Alain de la Roche, « qu'une pratique religieuse populaire, qui s'est peu à peu développée... d*une forme vague et indécise..., dont on ne rencontre que des pratiques isolées... » — Il n'y a qu'une petite difficulté : c'est que les papes, les légats, les maîtres-généraux de l'Ordre, visent une pratique, ancienne, répandue en beaucoup de pays, — définie par un nom à la fois populaire et officiel, le Psautier de Marie, Psalterium Beatœ Mariœ Virginis * suivant l'expression vingt fois répétée dans les Bulles apostoliques, inscrite en tête du livre d'office des Béguines de Gand, comme dans les écrits d'Alain de la Roche, — r dont la forme est nettement arrêtée, dès le treizième siècle, au couvent des Dominicaines de Toss (près Zurich), suivant la chronique de ce couvent, écrite en 1335, par la sœur Elisabeth Stagel, fille spirituelle du bienheureux Henri Suso. Cette forme est connue de toute l'Europe chrétienne, non seulement avec les cent cinquante Ave, qui en sont la partie principale, mais encore avec la répartition en trois séries, et les petites invocations jointes aux dizaines, — parfois même à chaque Ave, et que Mgr Martin, de Paderborn, appelle si justement les Antiennes du Rosaire 2.
Il en va de même des confréries, si l'on s'en rapporte au rescrit du bienheureux Humbert de Romans (12 mai 1255), adressé à la confrérie établie dans l'église des Frères prêcheurs de Mantoue, — à la lettre du vénérable Jean de Verceil (23 juin 1272), adressée aux confrères de Lucques, — à celle qui vise la fraternité deViterbe(4 avril 1288), — à la bulle d'Alexandre IV (1259), adressée aux Prêcheurs de Plaisance, — à celles qu'il adressa, en 1258, aux confréries de Padoue, dé Pérouse, et, en 1260, à celle de
1. «Ad numerum psalterii Davidici », dit S. Pie V, bulle Consueverunt.