CHAPITRE PREMIER
Le 26 juillet 1214, Philippe-Auguste jouait, à Bouvines, les destinées de la France, dans la bataille engagée contre l'empereur Othon d'Allemagne et ses alliés, — le roi Jean d'Angleterre, les ducs de Brabant et de Limbourg, les comtes de Flandre, de Boulogne, de Salisbury, d'autres encore de moindre importance mais non de moindre ambition. Tous s'attribuaient par avance un lambeau du riche territoire qu'ils allaient envahir.
Chose étrange I Le plus présomptueux et le plus acharné de ces envahisseurs était précisément celui qui, dans cette tourbe féodale, ne représentait rien de ses idées et de ses intérêts. Ferdinand ou Ferrand de Portugal — comte de Flandre, par son mariage avec Jeanne de Constantinople — avait entraîné la (( patrie des communes » dans une aventure, où elle n'eût point, a-t-on dit justement, profité de la victoire et fut la victime par excellence da revers ^ . Confiant dans une prophétie qui lui an-