‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 4 sur 76 · Kcpwyn de Lettenhove : La Flandre féodale ^ p · texte numérisé non relu

Kcpwyn de Lettenhove : La Flandre féodale ^ p

nonçait une M( entrée triomphale dans Paris», il s'attribuait en partage la capitale de la France et les provinces comprises entre la Seine et l'Escaut. Il avait compté sans son hôte, — celui dont il devait bientôt, au Louvre, savourer l'hospitalité, un peu différente de celle que les devins lui avaient annoncée.

En dépit de la bravoure de ses Flamands et delà sienne, qui fut admirable, il vit la déroute de ses alliés, et dut se rendre, à bout de sang et de forces, au sire Hugues de Moreuil. En vain les restes de sa vaillante milice essayèrent-elles de ressaisir la victoire et de le délivrer : il resta prisonnier de Philippe- Auguste, et fit dans Paris une entrée restée célèbre par les fers dont il était chargé et qu'il avait destinés à son vainqueur. Il fut enfermé dans la tour du Louvre nouvellement édifiée, aux bords de la Seine; il y devait rester jusqu'au 6 janvier 1227, dans une captivité que Jeanne, soutenue par le pape Honorius III, essaya vainement d'abréger. Philippe avait légué le soin de sa vengeance à son fils Louis VIII, qui n'en laissa rien perdre : « Il avait juré, disait-on, comme son père de ne jamais rendre la liberté aux comtes de Flandre et de Boulogne. »

En attendant l'heure où il lui serait permis de quitter sa prison, le malheureux Ferrand souffrit dans ses afifections autant que dans son orgueil. Pendant que sa belle-sœur Marguerite agitait la Flandre, par son mariage équivoque avec Bouchard d'Avesnes, Jeanne était accusée de méditer la rupture du sien, pom- épouser le duc Pierre de Bretagne*. En même temps, elle se voyait menacée de dépossession par un faux Baudouin de Constantinople, un instant soutenu par les rois de France et d'Angleterre, — finalement pendu, aux halles de Lille, par ordre de la comtesse, dont le peuple disait qu'elle avait

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