‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 33 sur 76 · Ce tableau appartient aa musée d'Anvers, n · texte numérisé non relu

Ce tableau appartient aa musée d'Anvers, n

d'Abigaïl suppliant David, avec un chapelet d'orfèvrerie à sôïi corsage, et de Judith se préparant à sauver Béthulie, par une prière à la sainte Vierge, quelle doit invoquer habituellement avec le chapelet suspendu à sa ceinture. Ces naïvetés ont pour pendants celles du retable, désigné par le numér<» 62, où Ton voit des femmes assister à la Circoncision et à la Présentation, avec leur chapelet à la main ou à la ceinture. Quelque chose de plus sérieux, sinon de plus concluant, c'est le tombeau de Ferry le Gros et de sa femme (dont le mausolée fut érigé, au quinzième siècle, dans l'église de Saint-Jacques, à Bruges). 11 a deux étages. Sur la table supérieure, la femme repose à gauche de son ^mari, avec une patenôtre attachée à la pointe de son corsage : sur la table inférieure, elle gît seule, un rosaire entier fixé à sa ceinture-*. Au tombeau de François II, quatre petits pleureurs, le chapelet à la main, ornent trois des faces du sarcophage, — au pied, à la tête, et du côté de la duchesse; on dirait une réminiscence des mêmes personnages qui ornent le tombeau de Philippe de Bourgogne, mort en 1467, c'est-à-dire onze ans avant François de Bretagne. Ajoutons à cette série de documents une assez jolie statuette de la Vierge, tenant sur ses genoux un enfant Jésus porteur d'un chapelet de corail, à paters d'argent, passé autour du cou. La même pensée inspire Henri de Blés, dans son tableau du musée d'Anvers (n** 47), qui met un rosaire aux mains du divin Enfant entre les bras de sa mère, — et Jean Van Eyck, dans son tableau du même musée (n® 411 ), qui lui donne un chapelet.

On le voit, s'il n'existe pas, au treizième et au quatorzième siècle, d'histoire proprement dite du Rosaire, on ne peut cependant aiïîi:meT que les documents font défaut à ce sujet. Nous

1. Suivant l'usage 'dd ce teints, attesté pai» la curieuse hUtoirc de là courtûsane anglaise, Hélène, racontée dans Coppeins : Alan. re'dtUf.f p. 555..

pourrions y ajouter les Formies mystiques de Jean Nîder, tnort en 1438 ; — les vingt-sept sermons attribués à Bernard de Luxembourg par Copperstein,et Touvrage publié sur les Quinze Vertus de Marie ^, en 1517, à Cologne ; — le Parvum Rosarium, seu parvdm Mariale, de Guillaume Pépin, d'Évreux, publié en 1513, à Paris ; — le traité de Jacques Sprenger, le restaurateur dii Rosaire en Allemagne : De institutione et approbatione Societatis sed confraternitatis SS, Rosarii, publié à Cologne, en 1475 ; — VOrdonnance de la confrérie et du Psautier de Notre-Dame par le Français Jean de la Cour, en 1470 ; — le Quodlibetum de Michel François, de Lille, évêque de Salzbourg, ami du bienheureux Alain, publié en 1479 ; — tous témoins irrécusables de la préexistence du Rosaire et de sa restauration, seulement, par les soins de son prétendu inventeur, qu'on pourrait appeler lui-même en témoignage, lorsqu'il se vante d'avoir reçu, dans une vision surnaturelle, la mission de prêcher « le Psautier de Notre chère Dame » . 11 n'était certainement pas sans savoir que Conrad Gross, prieur de Colmar, et mort en 1426, c'est-à-dire deux ans avant sa naissance, avait commencé cette restauration, au dire du docte commentateur des Actes de la congrégation de Hollande ^, le P. de Jonckheere, dont Echard accepte le témoignage 3.

Le prétendu silence des treizième et quatorzième siècles ne prouve donc pas grand'chose. En fait, suivant la remarque de Benoît XIV, le Rosaire avait, comme toutes les dévotions, subi la loi du temps : au quinzième siècle, il en fut d'Alain de la Roche, comme, au dix-huitième siècle, du bienheureux Louis de Montfort. Grâce à leur initiative, un renouveau merveilleux

1. Vollationes de quindeclmvirtutibus Beatae Mariae Virginis* In-4.

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