‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 5 sur 76 · Kcrwyn de Leltenhove, op. cit. y p · texte numérisé non relu

Kcrwyn de Leltenhove, op. cit. y p

fait périr sonpère^. Pour réunir la rançon de son mari, Tinfortunée princesse devenait la débitrice des usuriers juifs et italiens, auxquels, ne pouvant s'acquitter, elle concédait le droit de saisir les biens des marchands flamands, aux foires tenues dans les domaines du comte de Champagne. La colère du peuple s'en accroissait d'autant, et quand le captif du Louvre reportait sa pensée vers les bords de l'Escaut, il ne savait ce qu'il pouvait y rencontrer de plus triste, de plus humiliant ou de plus redoutable, comme homme, comme époux ou comme souverain. Tout lui échappait à la fois, et vraiment, pour lui, vivre était pire que mourir.

Heureusement cet imprudent était un chrétien de grande foi : il sut tirer parti de l'épreuve, dont il avait demandé le secret aux conseils de quelques-uns des rares amis reçus dans sa prison, — les Frères prêcheurs de Saint- Jacques, auxquels la faveur royale accordait ce privilège 2. Avant même que les barons français obtinssent sa libération de la régente. Blanche de Castille, le prince flamand, profondément reconnaissant envers ses consolateurs, avait prié sa femme de les appeler dans la capitale de ses États, pour y continuer leur ministère auprès de lui d'abord, quand il reviendrait, puis auprès d'elle-même, réconciliée avec lui, par les soins du défunt roi de France ^. 11 pensait aussi à ce pauvre peuple, dont la foi avait grandement souffert des troubles et des malheurs accumulés dans les dix dernières années, et dont il voulait se faire pardonner, en lui assurant le bienfait d'un pareil apostolat. Les Frères prêcheurs

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