‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 43 sur 76 · CartuL, p. 66, n · texte numérisé non relu

CartuL, p. 66, n

3. Fovds des Dominicains de Bruges^ 410 : De rcgimine Bcghinarum.

Nous avons expliqué en quoi consistait la direction concédée

— ou mieux imposée — aux supérieurs dominicains, et spécialement à celui de Gand. Il ne s'agissait pas seulement de désigner et d'instituer des chapelains, mais encore de choisir la Grande-Dame, qui aurait besoin de l'avis du prieur pour nommer les maîtresses des couvents, recevoir des novices, les admettre à la profession, — dont la gestion serait soumise à son contrôle, — et qu'il pouvait même déposer, s'il le jugeait nécessaire. C'est pourquoi — nous l'avons fait remarquer — on aurait pu dire que l'autorité du prieur était absolue, si luimême n'avait été pourvu d'un conseil, auquel il devait soumettre ses actes, mais qui lui laissait d'ordinaire la plus entière liberté.

La seule éclipse de cette influence, que nous puissions constater, du treizième au seizième siècle, correspond à la période de malaise déterminée par la condamnation de Clément V. A lire les documents contemporains, on pourrait croire que les Dominicains de Gand se sont tenus à l'écart : ce qui ne saurait nous surprendre, si nous supposons des ordres particuliers du maître-général d'après les injonctions du Souverain Pontife : la conclusion naturelle, ou plutôt nécessaire, est la défense faite aux religieux de s'occuper à l'avenir des Béguines affiliées à leur Ordre ^. Mais à la suite des réclamations du comte Robert et de l'évêque de Tournai, — de l'enquête ordonnée par Jean XXII,

— du rapport des délégués du prélat dans les villes de Gand, Bruges, Ardenburget Damme, — et de la sentence de réhabilitation 2, les Prêcheurs reprirent leurs habitudes à l'endroit du Béguinage. Leur éloignement passager ne supposait aucun

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