De 1319 à 1328. — Cf. CartuL, p
soupçon, encore moins aucune désapprobation, pour parler comme Jean XXII lui-même. Il tenait seulement à la discrétion et à la prudence qui pouvaient le mieux servir les intérêts des Béguines. Rien donc ne fut changé aux relations du prieur avec ses clientes de Sainte-Elisabeth. Trois siècles après la fondation, le H janvier 1507, nous retrouvons les choses dans le même état ; l'acte du conseil de Flandre, daté de ce jour, reproduit purement et simplement celui de Robert de Béthune. — c Notre volonté et intention sont... que vous et vos successeurs, prieurs de Gand, puissiez par vous-mêmes, faire les Grandes-Dames dudit Béguinage, les confirmer et déposer, autant de fois qu'il sera nécessaire, que vous puissiez également y instituer des chapelains, suivant la coutume, les changer quand il conviendra, — demander chaque année les comptes des revenus et des biens, — et corriger tout ce qui paraîtra blâmable dans ledit Béguinage^. »
L'histoire atteste que le gouvernement des prieurs fut une source de prospérités pour Sainte-Elisabeth, — non pas dans le sens du bien-être matériel, qui laissait beaucoup à désirer dans l'origine, et même beaucoup plus tard 2, mais, ce qui vaut mieux, dans le sens du progrès spirituel. Nous en' avons une preuve, dans le Mémoire présenté, le 14 mai 1328, aux délégués de l'évêque de Tournai, par les défenseurs du Grand Béguinage.
Après avoir rendu témoignage de la pureté de leur croyance et de la sagesse de leurs discours, le Mémoire rappelle le genre
1. Cartuî.f p. 186, n» 283. — Cet acte cite le texte en vieux français, que nous avons modernisé pour la commodité du lecteur, d'après le P. de Jonghe, Belg, Domin.y p. 116.