Chron, de Philippe Van Campene, du 29 juillet
expulsés du couvent et de la ville. Ils restèrent plus de six ans, loin de leur patrie ; vingt et un moururent en exil ^.
Les Béguines avaient failli subir le même sort, en raison même de leur attachement aux Frères prêcheurs. Mais Dieu leur avait ménagé des sympathies dans la puissante corporation des Bouchers, qui s'entremirent, les arrachèrent aux poursuites des Gueux, et leur permirent de continuer leur vie de travail et de prière, sous la conduite d'un prêtre séculier, en attendant le retour de leurs directeurs. Aussitôt revenus, ceux-ci reprirent leurs fonctions avec le même zèle et dans les mêmes conditions, sanctionnées à nouveau, par les archiducs Albert et Isabelle, alors gouverneurs des Pays-Bas espagnols.
L'autorité ecclésiastique ne semble pas, non plus, avoir jamais troublé le ministère des Frères prêcheurs, qui, de leur côté, eurent à cœur de respecter son droit de surveillance sur les Béguinages, — ces communautés n'étant pas exemptes, dans le sens ordinaire du mot, et les fondateurs ayant fait à ce sujet certaines réserves, comme nous l'avons dit plus haut 2. Les difBcultés inséparables de tout régime, surtout d'un régime privilégié, ne paraissent pas avoir produit de brouille capable d'enrayer longtemps la marche des affaires : tout au moins n'en avons-nous pas trouvé la preuve dans les documents que nous avons pu étudier.