Korwyii de Lettenhove, o/j. fi/., p
acceptèrent, sur Favis de saint Dominique, et quatre d'entre eux prirent le chemin de Gand, en passant par Lille, où ils se proposaient de faire un court séjour, près des chanoines de Saint-Pierre avec lesquels l'Ordre entretenait des relations amicales. Mais leurs vertus ne lardèrent pas à leur fermer le chemin de la Flandre orientale. « La gravité de leurs mœurs, la pauvreté de leur habit, la modestie de leurs allures, la sagesse de leurs paroles », dit un vieil historien, donnèrent au prévôt du chapitre l'idée, bientôt partagée par ses collègues, de retenir les voyageurs pour une fondation, à Lille niême. Les magistrats se joignirent à eux dans le même dessein et fermèrent, dit-on, les portes de la ville afin d'empêcher le départ des religieux. Craignant toutefois d'indisposer la comtesse, ils lui demandèrent la permission de modifier son premier dessein : ce qu'elle accorda volontiers, se réservant d'appeler à Gand une autre colonie de Prêcheurs ^ .
L'année 1226 vit la réalisation de ce désir. Les nouveaux arrivants furent logés dans une maison donnée par Siger Paris et voisine d'un hôpital, fondé en 1201 par Foulques Uytenhove, chanoine de Saint-Pierre de Lille, et sa sœur Trina. Cetétablissement, connu sous le nom delfet WittocxHospitael, étant devenu trop étroit, les malades et les sœurs se transportèrent au lieu dit la Biloque, et laissèrent la jouissance des bâtiments abandonnés aux frères, qui s'y établirent, en 1228 ^. La même année, le chapitre général tenu à Paris, sous la présidence du bienheureux Jourdain de Saxe, accepta la fondation, en considération des princes de Flandre et de l'ordinaire du lieu, Wautier, évêque de Tournay, qui s'y intéressait vivement ^.