Moulaert : Ilet Groot Begginhof van Gent
2. Décision notifiée à radinmistration centrale da département de la Lys, pa^ le citoyen Bochct, le 18 nivôse an V.
des finances, sans avoir rien de commun avec la ogique : heureusement, du reste, — au moins en certains cas, — si Ton en juge par ce qu'on appelle la logique et la raison, dans les temps dont nous parlons.
Quoi qu'il en soit, les Béguines traversèrent Forage sans y périr ; le Directoire les laissa tranquilles, et dès que le Premier Consul eut assuré son autorité, il fixa leur situation par un décret du 16 fructidor an VIII, qui les reconnaissait à titre d'institation charitable. Un décret impérial du 1" avril 1808 — visant à leur enlever la moitié de leur enclos pour la construction d'une caserne — rendait l'autre moitié à sa première destination, dont Vutilité est bien reconnue, et stipulait une compensation pécuniaire pour la partie désaffectée.
La Grande -Dame Dester avait repris le gouvernement de la communauté : l'église devenue paroissiale, en vertu du Concordat, fut desservie par un curé, le P. Benoît d'Hooghe, qui était resté caché à Gand, pendant la Révolution, et avait de son mieux continué le service du Béguinage. Il fut remplacé par Pierre-Michel Fruyt, docteur de l'Université de Louvain, qui resta fidèle à Mgr de Broglie exilé et refusa courageusement de reconnaître l'intrus La Bru, qu'on essayait de lui substituer. Après sa mort, due au chagrin de voir l'Église ainsi désolée, François Ackerman fut donné pour curé aux Béguines. Son administration vit la reprise de l'habit par les filles de Sainte- Elisabeth, au lendemain de Waterloo, le 2 juillet 1815, vingttrois ans après l'intrusion des Jacobins, émules de ce prince d'Orange, dont l'arrière-petit-fils devenait leur souverain.
L'esprit calviniste animait son descendant assez pour compromettre encore une fois l'avenir du Beggynhof. Une ordoii-
nance royale décida que, seules, pourraient continuer à vivre en communauté, celles qui habitaient le Béguinage avant la Révolution : c'était la suppression par l'extinction, comme il arriva dans presque toute la Belgique. Heureusement le Conseil de la Régence prit la cause en main et, le 30 octobre 1824, protesta respectueusement par-devant le roi Guillaume P'. Celui-ci, après hésitations, se souvint qu'il avait, le 15 décembre 1814, autorisé les Béguines à reprendre leur habit de religion, pour les récompenser de leurs services pendant les guerres récentes, qu'après Waterloo elles avaient donné des preuves d'une charité inépuisable envers les blessés, et enfin qu'elles restaient de la plus grande utilité à la ville et au pays, où leur nom était en bénédiction. En conséquence, il rapporta son ordonnance, et la paix parut encore une fois rendue aux deux Béguinages de Gand.
Après la reconnaissance de l'indépendance belge et l'élévation sur le trône du roi LéopoldP^ en 1831, les Frères prêcheurs revinrent à Gand et ne tardèrent pas à renouer la tradition séculaire, qui les attachait à la conduite de Sainte-Elisabeth. Mais nous arrivons à une période absolument différente, et que nous étudierons, seulement après une rapide esquisse des services et des vertus qui ont réjoui et glorifié les six siècles accomplis.