CHAPITRE SIXIÈME, page 74, ligne
II faut bien prendre garde à ceci, que la formule de la récitation du rosaire, par les Béguines, ne fut pas empruntée par elles à une autre congrégation, celle des Chartreux, par exemple, comme on le dit quelquefois à tort. Il est vrai que, d'après le texte cité par The Rosary (numéro de décembre 1900, p. 182), un chartreux aurait ajouté certains commentaires à la récitation du rosaire : Ad Bosarium heaise Mariœ ipse primas addidit, unde et Rosariam istud multum est decoratum.
On sait les rapports de l'Ordre des Prêcheurs avec celui des Chartreux, surtout au temps de saint Dominique. Il n'y a rien d'étonnant qu'un fils de Saint-Bruno, habitué du Rosaire, ait joint à cette récitation des formules" qui plurent à ses amis les Prêcheurs, et furent approuvées par eux. En fait, ce chartreux les leur donna-t-il ou les leur emprunta- t-il ? Le mot « primus » semble donner raison à la première hypothèse. Ce serait donc à lui que remonterait le mode de récitation imposé aux Béguines par leurs directeurs dominicains ; mais la formule qui leur est spéciale leur a été donnée par ceux-ci, et non choisie par elles, comme il résulte des documents contemporains.
Notons, en passant, que nous avons ici une nouvelle preuve des origines médiévales du Rosaire.