Thom. Cant., loc. cit
o. De Jongiie, o/). cit., p. 61, cit. Micli. Pio : De viris illus tribun. 4. V. UuUar. Doininic. — Maiiiaclii : Annales, t. I, p. 333-334. — Cf. B. II umbert : Sermo ad Beghlnaa (ap. Mainachi, i, 267).
étaient menacées, s'imposait aux fils de celui qui avait fondé Notre-Dame de Prouille, en prévision des mêmes dangers. Il est donc naturel de le conjecturer : si la comtesse Jeanne n'eut pas d'elle-même, sponte sua ^, comme l'affirme le comte Louis deNevers, la pensée de pourvoir aces nécessités, le prieur de l'Annonciation dut la lui suggérer : en fait, la tradition veut qu'ils aient mis en commun, dès l'an 1233 2, leurs impressions et leurs désirs d'imiter l'œuvre de saint Dominique à Prouille, en tenant compte de la différence des lieux et des habitudes.
Pour sauver ces femmes et ces filles, il leur parut nécessaire de les grouper dans une même demeure et sous une même règle qui leur assurassent une existence à la fois simple et digne, également convenable à l'honnêteté et à la médiocrité de leur condition. On ne pouvait songer à en faire des moniales du second ordre dominicain. Toutes en effet n'avaient pas la vocation de cette vie, trop austère pour quelques-unes, et interdite d'ailleurs par la nécessité de fournir une dot. Il fallait donc chercher une autre solution, que sembla fournir l'expérience tentée à Liège, par un bon prêtre du nom de Lambert Le Begghe, soixante ans auparavant, sous l'empire de la même préoccupation, et qui paraissait donner des résultats satisfaisants ^.
On désignait les filles du chanoine liégois par le nom de Béguines, soit en souvenir de leur fondateur, soit en raison du patronage de sainte Begghe, qu'elles réclamaient d'ordinaire. C'était du reste un nom qui semblait tout indiqué, puisqu'il répondait à l'idée de femmes vouées à une pratique spéciale des