‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des Pères (volume 2)Chapitre 11 sur 92 · LEMME · texte numérisé non relu

LEMME

Tout acte de foi particulier suppose ou renferme la foi en Dieu proprement dite, et non pas simplement la conviction que notre propre raison se forme de son existence.

Car, d'un côté, la véracité divine doit toujours être le motif de notre foi, comme en conviennent tous les théologiens, et de l'autre, ce motif ne doit pas, comme cela est évident, être d'une force inférieure à la foi elle-même : il doit donc aussi nous être révélé. En un mot, la véracité divine doit être l'objet, en même temps que le motif de noire foi; elle doit être pour la foi que nous avons en elle son propre motif. En effet, quel motif pouvons-nous avoir de plus puissant pour croire à la vérité de Dieu, que la vérité de Dieu elle-même? Dirons-nous avec les rationalistes, au nombre desquels nous serions surpris d'avoir à compter quelques théologiens, qu'il est absurde de donner la vérité de Dieu pour motif de croire à la vérité de Dieu, et que l'évidence même de la chose est un motif plus fort pour notre esprit que la révélation que Dieu nous en ferait? Mais premièrement, lorsqu'on est parvenu à la cause première, il est au contraire absurde d'en chercher une autre au-dessus d'elle : or, Dieu est la cause première de la révélation en même temps que la source de toute vérité; sa véracité est donc, pour nous faire croire à elle-même, le principal et comme le nec plus ultra des motifs. En second lieu, l'évidence, qu'on voudrait substituer, ou du moins préposer ici à la révélation, l'évidence, que nous devons bien nous garder de confondre avec la vision intuitive, cette évidence porte sur des idées; ces idées tiennent au fond de la raison humaine. Si l'on dépouille ces idées du caractère de notions révélées, que leur attribuent à droit ou à tort les partisans de la philosophie traditionnelle, et qu'on ne veuille les considérer que comme le produit de nos propres réflexions ou d'un enseignement purement humain, dèslors on ne peut plus voir en elles que les pensées de l'homme animal, du 4/uxixos avOpwîrog de saint Paul (/ Cor., c. 2); et comment ces pensées de grossière origine pourraient-elles égaler, aux yeux d'un chrétien, la certitude de la foi? Comment nous feraient-elles adhérer fermement à celte révélation qui, si l'on voulait exclusivement les consulter, ne serait plus pour nous qu'une folie, slultiliaP

Non-seulement donc il est très-raisonnable de ne point chercher

d'autre motif pour croire à la véracité divine que cette souveraine véracité elle-même; mais il serait encore souverainement absurde de chercher dans noire raison plutôt que dans notre foi, soit ce motif même, soit un motif différent : et comme tout acte de foi a pour motif la véracité divine, il s'ensuit que tout acte de foi particulier suppose ou renferme la foi en Dieu, ce que nous avions à démontrer (1).

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