‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des Pères (volume 2)Chapitre 26 sur 92 · THÉORÈME DIXIÈME · texte numérisé non relu

THÉORÈME DIXIÈME

Il ne peut y avoir entre la foi et la raison proprement dite aucune opposition, aucune contradiction.

Ainsi que nous venons de l'exposer, la certitude naturelle dont notre raison est capable a pour principe le penchant de notre nature, comme la certitude surnaturelle de la foi a pour principe la grâce de l'Esprit-Saint. Or, un penchant de notre nature tel que celui-là ne peut avoir d'autre auteur que Dieu lui-même; comme à plus forte raison la grâce, qui nous initie, pour ainsi dire, à la vie divine, n'a d'autre auteur que Dieu. Donc la certitude naturelle, aussi bien que la foi surnaturelle, résulte d'un principe divin, et par conséquent l'une et l'autre

sont également fondées en vérité. Demander donc s'il peut y avoir de la contradiction ou de l'opposition entre la foi et la raison proprement dite, ce serait demander si Dieu peut se contredire lui-même, ou s'il peut y avoir des vérités incompatibles avec d'autres vérités, en un mot, si la même chose peut être et n'être pas en même temps. Outre que le simple bon sens suffit ici pour répondre, le cinquième concile général de Latran a d'avance répondu pour tous les chrétiens. « La vérité, a défini ce concile par la bouche du pape Léon X, ne contredit point la vérité (1). » Et c'est ce qu'a dit aussi le pape régnant Pie IX, dans sa célèbre Encyclique du 9 novembre 1846, rapportée déjà en grande partie plus haut; car en déclarant qu'il ne saurait y avoir de contradiction entre la foi et la raison, sans doute sa Sainteté a voulu parler de la raison proprement dite, de cette raison qui, comme l'Encyclique l'ajoute aussitôt, vient, aussi bien que la foi, de la source immuable de la vérité (2).

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