PREFACE
La doctrine révélée est la véritable pierre de touche de tous les systèmes d'invention humaine.
Ce n'est pas contester le prix de For, que de le soumettre au creuset, ce n'est pas nier non plus la valeur de la raison, que de la subordonner à l'autorité de la foi.
Ah Jove principium, c'est-à-dire, en langage chrétien : Dieu avant tout, disait l'ancien adage. La sagesse humaine, en voulant tout envahir, a réussi à écarter ce principe d'éternelle raison. Semblable aux Titans de la fable, elle a escaladé le ciel, et ébranlé, ce semble, le trône de Jéhovah jusque dans sa base. Les défenseurs mêmes de la vérité révélée, dans l'habileté qu'ils ont cru mettre à repousser cette invasion gigantesque, ont fait à l'ennemi d'imprudentes concessions. A force de vouloir prouver sans le secours de la révélation l'existence de Dieu contre les athées, la spiritualité de l'âme et son immortalité contre les matérialistes, la nécessité même de la révélation contre les rationalistes de nos jours, on a fini par se persuader qu'en effet la raison humaine devait être écoutée la première, et que s'il plaisait à Dieu de se faire entendre à nous, nous devions, avant de nous soumettre à sa parole, vérifier par nous-mêmes ses titres à notre foi. Ainsi a-t-on été conduit insensiblement à considérer, comme l'ordre légitime, et seul rationnel la désordre de l'erreur, comme l'état normal de la raison un état anormal et maladif, et comme la marche régulière à enivre pour atteindre la vérité un procédé purement exceptionnel.
L'histoire sainte, dans ses récits simples et sublimes tout à la fois comme les faits qu'elle nous révèle, nous donne à connaître que les premiers rapports de l'homme ont été ses rapports avec son Créateur. Si Dieu l'a fait à sa ressemblance, c'est qu'il lui a donné la faculté de le connaître et de l'aimer; et, dès les premiers instants de son existence sur la terre, il a instruit sa raison par les enseignements