II PREFACE
qu'il lui a faits, comme il a formé son cœur par les préceptes qu'il lui a imposés. Adjecit mandata et prœcepta (1).
La religion, qui comprend l'ensemble des rapports entre Dieu et l'homme , s'est bien gardée de méconnaître le premier et le plus fondamental de tous ces rapports, qui est la subordination essentielle de la raison humaine à l'autorité de la parole divine. Dès notre entrée dans la vie, elle nous apparaît comme une mère et une maîtresse, qui nous impose avec une douce autorité le devoir de la foi et de l'obéissance. « Je vois plusieurs religions contraires, » a dit Pascal, « et par conséquent toutes fausses excepté » une. Chacune veut être crue par sa propre autorité. » Ce fait universel, et commun à toutes les religions, contraires sous tant d'autres rapports, aurait dû faire reconnaître à ce puissant génie la première des lois de la société humaine.
C'est cette loi, principe de tout ordre, que proclame l'Eglise catholique, lorsqu'elle interdit à ceux qu'elle a régénérés même à leur insu , le doute et l'examen par rapport aux vérités qu'elle leur enseigne. Elle a frappé depuis longtemps de ses plus terribles anallièmes la fausse et hérétique prétention qui abandonne au libre choix de chacun de nous l'obligation de se soumettre à la doctrine révélée. Elle permet cependant, bien plus, elle commande à chaque fidèle, dans la mesure de ses forces et de ses devoirs à remplir envers la société, l'étude de ses preuves, mais uniquement pour se confirmer dans la foi, ou pour y confirmer ou y ramener les autres. Quant à ceux qui auraient le malheur de méconnaître ses titres, et de douter encore malgré l'autorité de son témoignage, elle condescend à leur incrédulité, et, à l'exemple de son divin maître, elle leur dit comme à saint Thomas : Voyez et palpez mes plaies, et cessant d'être incrédules, redevenez fidèles.
Dans celte théorie des rapports de la foi avec la raison, ce sont surtout les droits et les caractères de la foi que nous nous sommes proposé de discuter, et voilà pourquoi il nous a plu de l'intituler de préférence Théorie de la foi. Il est
(i) Ecclésiastic.f XV ', 13.