‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des Pères (volume 2)Chapitre 40 sur 92 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

vrai que, présentée de cette manière, elle laissera à désirer jusqu'à un certain point la théorie de la raison ; mais nous devons avouer que cette autre tâche nous a paru, pour le moment du moins, au-dessus de nos forces. Nous avons cru que, pour la traiter convenablement, il nous faudrait, vu la disposition actuelle des esprits, faire une étude particulière de la philosophie de saint Thomas, que nous ne connaissons encore que d'une manière assez superficielle. Nous aurions peut-être aussi besoin d'être plus versé que nous ne le sommes dans la lecture des philosophes modernes ; et ce ne serait qu'après être heureusement sorti de cet immense labyrinthe, que nous pourrions donner avec profit pour nos lecteurs comme pour nous le résultat de nos investigations nouvelles dans une théorie de la raison, qui deviendrait le pendant, et en quelque façon aussi le correctif de notre premier travail.

La question des rapports de la foi avec la raison intéresse au plus haut point quiconque tient à se former une juste idée des principes sur lesquels il appuie sa croyance ; c'est aussi une de celles qui présentent le plus de difficultés. Il y a pour celui qui la traite un double écueil à craindre, soit qu'il exalte les droits de la raison au détriment de la foi, ce qui constitue le rationalisme à tous ses degrés divers, soit qu'il exagère la nécessité de la foi au préjudice de la raison, ce qui serait le tort du traditionalisme. Nous nous appliquerons dans cet opuscule à nous garantir de l'un comme de l'autre de ces deux excès.

Cette théorie même de la foi que nous donnons aujourd'hui est encore, il faut l'avouer, bien loin d'être complète comme semblerait l'indiquer son titre. Il nous a fallu laisser à peu près de côté la thèse entière de l'autorité de l'Eglise, que nous avons supposée, il est vrai, dans toutes les parties de notre étude, mais sans la prouver nulle part. Nous avons cru qu'à cet égard le savant ouvrage du R. P. Perrone (1) suppléerait avantageusement à notre omission.

Nous avons cru bien faire d'ajouter à la suite du présent

(i) Le Protestantisme et la Règle de foi, 5 vol. in-8°, chez L. Vives.

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