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» la nature de Dieu qu'ils admettent par la foi, mais même
» beaucoup de ceux qui ne savent pas discerner en eux-mêmes
» la nature spirituelle d'avec la nature corporelle, de la manière
» dont ils discernent quils existent, qu'ils pensent et qu'ils
» veulent, ne sont pas néanmoins éloignés du salut, que
» procure aux fidèles cette folie de la prédication. Car si Jésus-
» Christ était mort pour ceux-là seuls qui ont de ces choses
» une pleine intelligence, ce serait en pure perte pour ainsi
» dire que nous travaillerions dans l'Eglise. Au lieu que si,
» comme cela est en effet, le peuple des croyants, semblable à
» une troupe de malades, court à Jésus-Christ, et à Jésus-Christ
» crucifié, comme au médecin qui lui procurera sa guérison,
» afin que la grâce surabonde là où le péché abondait aupara-
» vant, il résulte de là, par un effet merveilleux de la sagesse
» et de la science infinie de Dieu et de ses jugements incom-
» prchensibles, que pendant que plusieurs qui savent fort bien
» distinguer les esprits des corps, s' estimant être quelque chose
» à cause de cette science dont ils sont fiers, et se raillant de la folie
» de la prédication par laquelle sont sauvés ceux qui croient,
» s'égarent bien loin de l'unique voie, qui seule conduit à la
» vie éternelle; beaucoup d'autres, au contraire, qui se glorifient
» dans la croix de Jésus-Christ, sans s'écarter jamais de la voie
» qu'elle leur a tracée, quand môme ils ignoreraient d'ailleurs ce
» qui exerce de subtils esprits, parviennent par la grâce de
» celui qui est mort pour eux et qui ne permet pas qu'ils
» périssent, à cette éternité, à cette vérité, à cette charité,
» c'est-à-dire en un mot, à cette félicité immuable, certaine et
» parfaite, où, toutes les ténèbres étant dissipées pour eux, ils
» goûtent dans un entier repos le bonheur de voir ce qulls
» aiment. »