Psaume XIII, 3 : a On ne voit que désolation et ravages
sur leurs traces ; ils ne connaissent point la voie de la paix. La crainte du Seigneur n'est jamais devant leurs yeux. »
16. Deutêronome, XXXII* 29 ; comme dans le corps de la réponse.
17. Job, XXI, 12; Proverbes, XIV* 13; comme dans le corps de la réponse.
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1 . S. Chrysostôme , Epist. V ad Theodorum lapsum* passage rapporté plus haut, question IV, témoignage 1, page 102, et question V, témoignage 3, page 148.
2. S. Jean Damascène (1), Hist. de Barlaam et Josaphat, c. S : « Comme le fils du roi sortait souvent de cette manière, il arriva un jour, par suite de l'inattention des officiers qui le gardaient, qu'il trouva à sa rencontre deux hommes dont l'un était lépreux et l'autre aveugle. A cette vue, le prince attristé demanda à ceux de sa suite quels pouvaient être ces hommes , et ce que voulait dire un tel spectacle. Ceux-ci ne pouvant plus lui cacher ce qui n'avait pas échappé à ses yeux, lui répondirent que c'étaient là des calamités humaines , qui étaient l'effet ordinaire de la corruption des corps ou de certaines humeurs vicieuses. Le prince demanda alors : <c Ces calamités ont-elles coutume d'arriver à tous les hommes? » — et Non pas à tous, » lui répondirent-ils, « mais seulement à ceux dont la santé est dérangée par des humeurs vicieuses. » Le jeune prince poursuivit ainsi ses questions : « Si tous les hommes n'ont pas à craindre ces calamités, mais quelques-uns seulement, peut-on savoir d'avance quels sont ceux à qui elles arriveront , ou bien frappent-elles à l'improviste tout le monde indifféremment? » — «Eh! quel homme, lui répondirent-ils, peut prévoir et connaître certainement l'avenir? Cela excède la portée de notre intelligence , et n'est donné qu'aux dieux immortels. » Le fils du roi ne poussa pas plus loin ses questions ; mais ce spectacle , nouveau pour lui , lui fit peine et
(1) « On lui attribue (à saint Jean Damascène), mais sans fondement, divers écrits, dont le plus fameux est YHistoire du saint ermite Barlaam et de Josaphat, fils d'un roi des Indes. La première édition de ce roman de spiritualité fut imprimé à Spire (avant 1470), in-folio. Il a été traduit en latin par Jacques de Billy, Anvers, 1602, in-16; en français par Jean de Billy, chartreux, Paris, lb74 et 1578, in-8°; et par le P. Ant. Girard, jésuite, Paris, 1642, in-12. » Extrait de la Biographie universelle, édit. de Michaud, art. Damascène.
482 DES QUATRE FINS DERNIÈRES DE l/HOMME.
l'affecta tellement, que ses traits en furent altérés. Une autre fois qu'il sortit encore, il rencontra un vieillard décrépit, dont la face était toute ridée, les jambes sans force , le corps tout courbé, la tête entièrement chauve, les mâchoires dégarnies de dents, et la parole mal assurée et entrecoupée. Saisi d'étonnement, il fait approcher cet homme, et demande à ceux qui l'accompagnaient ce que voulait dire un spectacle si nouveau. Ils lui répondirent : a C'est un homme fort avancé en âge , arrivé à cet état d'infirmité par suite de l'affaiblissement de ses forces et de la détérioration de ses membres. » — « Et comment finira-t-il? » demanda le prince. « Par la mort, »lui répondirent-ils. <c Est-ce donc, reprit le prince , que cela doit arriver à tous les hommes , ou bien n'est-ce le sort que de quelques-uns? » — «A moins d'être enlevé par une mort prématurée, lui répondirent-ils, on ne saurait avec le temps échapper à une destinée semblable. » Et le jeune prince de reprendre ï « A quel âge cela doit-il arriver à chacun? Est-ce que c'est d'ailleurs pour tous une nécessité de mourir, sans qu'il y ait moyen pour personne d'échapper à la mort, et de ne pas essuyer cette calamité? » Us lui répondent : «c Les hommes parviennent à cet état de vieillesse vers la quatrevingtième ou la centième année de leur âge, et il ne saurait en être autrement. Car la mort est une dette naturelle imposée aux hommes dès le premier instant de leur existence , et on ne peut par aucun moyen éviter qu'elle vienne. » A peine le jeune prince eut-il entendu ces paroles et en eut-il, avec la sagacité et la prudence dont il était doué, compris le sens, qu'il dit en poussant un profond gémissement : « S'il en est ainsi , c'est quelque chose de bien dur, de bien triste et de bien amer que la vie. Et comment peut-on être tranquille dans l'attente d'une mort qu'on ne peut pas éviter, comme vous venez de le dire, et dont on ignore le moment ? » Et il s'en alla plein de ces réflexions , sans pouvoir écarter de son esprit cette pensée de la mort, et en passant désormais ses jours dans la tristesse et l'abattement. Il se disait à lui-rîiême : « Il est donc vrai que je dois être un jour surpris par la mort . Et qui , quand je serai mort , se souviendra de moi , après que le temps aura tout fait oublier ? De plus , quand je serai mort, serai-je réduit au néant, ou bien y aura-t-il pour moi une autre vie et un autre monde ? » Ces pensées et d'autres semblables qui ne le quittaient pas, répandaient la pâleur sur son visage. »