Jean, III, 3 ; comme dans le corps de la réponse
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
t. S. Augustin, Epist. XXV J II (al. 166) ad Hieronymum : « Je sais avec certitude que si l'âme est tombée dans le péché, ce n'est ni par la faute de Dieu, ni par la force d'aucune nécessité qui ait entraîné , soit Dieu , soit l'âme elle-même , mais par sa propre volonté, et qu'elle ne saurait être délivrée du corps de cette mort, comme parle l'Apôtre (Rom., VII, 24), ni par la force de sa volonté , en sorte qu'elle n'eût besoin pour cela que d'elle-même, ni par la mort même de son corps, mais par la grâce de Dieu en Jésus-Christ Notre-Seigneur; et que, dans tout le genre humain, il n'y a pas une seule âme qui n'ait besoin pour sa délivrance du Christ médiateur entre Dieu et les hommes ; que toutes celles qui sortent de leurs corps , à quelque âge que ce soit, sans avoir participé à la grâce de ce médiateur et au sacrement de la régénération, tombent dans les peines de l'autre vie, et ne reprendront leurs corps au dernier jugement que pour souffrir; et qu'au contraire celles qui, après la génération ordinaire dont Adam est le principe, sont régénérées en Jésus-Christ, et appartiennent par ce moyen à la société qui unit ensemble tous les membres de ce divin chef, trouvent le repos après la mort de leur corps , qu'elles reprendront un jour pour entrer avec lui dans la gloire. Voilà ce que je tiens fermement sur ce qui regarde l'âme...
» En attendant que je sache à laquelle des quatre opinions (sur l'origine de l'âme) il faut se ranger, je crois qu'on ne m'accusera pas de témérité, si je dis que celle qui est la vraie n'a certainement rien de contraire à la foi constante et inébranlable par laquelle l'Eglise croit que les enfants, aussi bien que les autres, ont besoin d'être délivrés de la servitude du péché, et qu'ils ne peuvent l'être que par Jésus-Christ , et par Jésus-Christ crucifié (1). »
2. Le même, Enchirid. ad Laurentivm, c. 48 (al. XVII, 14) : « Le péché d'Adam, ce péché unique, mais si grand, et commis si librement par ce premier homme, dans un lieu et dans un état où il était très-heureux ; ce péché si énorme qui seul a suffi pour condamner tout le genre humain dans ce père commun, comme dans sa racine ; ce péché , dis- je , ne peut être remis ni effacé que par Jésus-Christ homme , l'unique médiateur entre
(1) Cf, Lettres de S. AugmHné t, IV, p. 542-377.
Dieu et les hommes, et qui est le seul d'entre les hommes dont la naissance ait été parfaitement pure, de manière à ce qu'il n'ait pas eu besoin de renaître % Qui solus potuit ità nasci, ut et non opus esset renasci (1). »
3. S. Fclgence, de incarnatione et gratiâ Jesu Christi, c. 16 : « Personne ne peut s'affranchir de ce péché contracté dès l'origine par suite de sa génération charnelle, soit en s'aidant de ses moyens naturels, soit en s'attachant à la lettre de la loi ; mais il ne peut en être purifié que par la foi en Jésus-Christ, qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Ce n'est que pour des impies que Jésus-Christ est mort, en s'offrant lui-même pour nous comme une oblation el une victime d'agréable odeur (Ephes., V, 2), ainsi que l'a dit l'Apôtre. C'est dans la personne de cet unique médiateur entre Dieu et les hommes , que la nature humaine a été réparée , et que la loi a été amenée à sa perfection ; car nous étions naturellement impuissants à accomplir les devoirs de la vertu , puisque, privés de lumières et dénués de forces, depuis que nos jours se sont évanouis et que la colère de Dieu nous a frappés ( Ps. LXXXIX, 9 ), sans loi et abandonnés à notre nature dépravée, nous étions tellement portés au péché par d'aveugles penchants, que nous ignorions notre état de péché même. C'est ce qui a fait dire à l'Apôtre : Je n'aurais point connu la concupiscence, si la loi n'avait dit : Vous n'aurez point de mauvais désirs (Rom.3 VIL 7). »
h. Pierre Diacre, Lïb. de incarnatione et gratiâ Christi ad Fulgentium et reliquos, c. 6 : « Personne ne saurait être délivré, autrement que par la grâce du Sauveur, de cette damnation et de cette mort (introduite dans le monde par le péché d'Adam). Maître qu'il était de toutes choses, puisqu'il est Dieu, le Sauveur © bien voulu se faire esclave et prendre la forme d'esclave, pour nous délivrer du perpétuel esclavage et de la tyrannie du diabje, et nous rendre à la vraie liberté. C'est ce qui lui a fait dire aux Juifs : Vous serez véritablement libres, si le Fils de Dieu vous met en liberté (Jean, VIII, 36). »
S. S. Bernard, Epist. CXC ad Innocentium pontificem (lettre au pape Innocent II) : « C'est par un effet de la justice de Dieu que l'homme est assujetti à l'empire du démon, et par un effet de sa miséricorde qu'il en est délivré, de telle manière cependant
(1) Cf. Le Manuel de saint Augustin, dans les Traités choisis, t. H, p. 367-368.
que la justice elle-même n'est pas étrangère à sa délivrance, puisqu'il entrait dans les desseins de la miséricorde divine de mettre en usage contre le tyran de nos âmes plutôt la justice que la puissance, comme cela convenait d'ailleurs davantage à la nature d'un remède. Car que pouvait faire de soi-même, pour recouvrer l'état de justice dont il était une fois déchu , l'homme esclave du péché , captif du démon ? Ne pouvant avoir alors une justice qui lui fût propre, il a été mis à même de s'en approprier une qui lui était étrangère, et voici comment : Le prince de ce monde est venu, et il n'a rien trouvé dans le Sauveur qui lui appartînt (Jean, XIV, 30), et comme, malgré cela, il a mis la main sur l'innocent, il a perdu en conséquence avec beaucoup de justice ce qu'il possédait auparavant , quand celui qui ne devait rien à la mort s'est soumis à la recevoir, et, par ce généreux sacrifice, a affranchi de cette dette celui-là même qui s'en trouvait débiteur, et acquis par cela seul le droit de le soustraire à la puissance du démon. Car, quelle justice y aurait-il dans celui-ci à revendiquer de nouveau cette puissance? C'est l'homme qui était débiteur, et c'est l'homme aussi qui a acquitté la dette. Car si un seul est mort pour tous, nous dit l'Apôtre, donc tous sont morts (II Cor., V, 14); de sorte que la satisfaction d'un seul a dû être imputée à tous, comme un seul a porté les péchés de tous, et que celui qui a satisfait n'est pas différent de celui qui avait forfait, puisque le corps doit être une même chose avec son chef. C'est donc le chef qui a satisfait pour ses membres, Jésus-Christ pour ses propres membres, lorsque, comme nous le déclare l'Evangile de Paul, qui convainc Pierre (Abailard) de mensonge, après être mort pour nous, il nous a fait revivre avec lui, en nous pardonnant tous nos pèches, et qu'il a effacé la cédule qui nous était contraire ; qu'il a entièrement aboli le décret de notre condamnation, en l'attachant à sa croix; qu'il a désarmé enfin les principautés et les puissances (Col., II, 13-15). » 6. Le même, Serm. I de Purificatione B. Mariœ : « Lorsque Jésus-Christ a été abaissé un peu au-dessous des anges, qu'il est devenu le médiateur entre Dieu et les hommes , et que , comme la principale pierre de l'angle, il a pacifié par son sang le ciel et la terre, c'a été alors, ô mon Dieu, que nous avons reçu votre miséricorde au milieu de votre temple. Car nous étions des enfants de colère par le fait de notre naissance ; mais nous avons obtenu miséricorde. Or, de quelle colère étions-nous les enfants? et quelle miséricorde avons-nous obtenue? Certes, nous étions des enfants d'ignorance, de paresse et de captivité; et nous vi. 18
274 TRAITE DE LA CHUTE DE ï/ïïOMMfi
avons obtenu la sagesse , la verlu et la rédemption. L'ignorance de la femme, qui avait été séduite, nous avait aveuglés; la mollesse de l'homme, qui s'était laissé attirer et entraîner par sa propre concupiscence, nous avait abattus; et la justice de Dieu nous ayant justement abandonnés , la malice du démon nous avait réduits sous sa captivité. C'est ainsi que nous naissons, tous tant que nous sommes. Premièrement, nous ne savons nullement le chemin de la cité céleste ; secondement , nous sommes lâches et paresseux jusqu'à un tel point , que lors même que la voie de la vie nous serait connue , nous serions empêchés de la suivre par notre propre paresse. Enfin , nous sommes tellement esclaves du plus méchant et du plus cruel de tous les tyrans, que quand même nous aurions toute la prudence et toute la force imaginables, nous ne laisserions pas d'être accablés et opprimés par la condition de notre misérable servitude. Une misère si extrême n'a-t-elle pas besoin d'une miséricorde et d'une compassion toute singulière ? Ou bien , si nous sommes déjà délivrés de cette triple colère par Jésus-Christ , qui a été fait par son Père céleste notre sagesse , notre justice , notre sanctification et notre rédemption , quelle doit être notre vigilance , mes très-chers frères, de peur que, ce qu'à Dieu ne plaise, les derniers jours de notre conversion ne se trouvent pires que les premiers, s'il arrive que nous irritions de nouveau la colère de Dieu, puisqu'alors nous serons des enfants de colère, non plus seulement par l'effet nécessaire de notre naissance , mais par notre propre volonté (4)! »
7. S. Augustin, lib. VI contra Juliantm, c. 4 : « Que les enfants n'aient la vie qu'autant qu'ils ont Jésus-Christ, qu'ils ne peuvent assurément avoir que lorsqu'ils sont revêtus de lui, de la manière que le dit l'Apôtre : Vous tous qui avez été baptisés en Jésus-Christ, vous avez été revêtus de Jésus-Christ (Gai., III, 27); que les enfants donc n'aient la vie qu'autant qu'ils ont Jésus- Christ, c'est ce que nous atteste l'évangéliste saint Jean dans son épître : Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n'a point le Fils n'a point la vie (I Jean, V, 12). C'est donc avec raison qu'on les considère comme morts tant qu'ils n'ont pas reçu la vie de Jésus- Christ, puisqu'il est mort pour eux afin qu'ils aient la vie. Car si un seul est mort pour tous, donc tous sont morts (II Cor., V, 14). Et s'il est mort, c'est, comme il est marqué dans l'épître aux
(1) Cf. Les Sermons de saint Bernard sur les fêtes des saints, p. 25-26.
Hébreux (II, 15), afin de détruire par sa mort celui qui avait l'empire de la mort, c'est-à-dire le diable. Faut-il donc s'étonner si les enfants sont sous le pouvoir de celui qui a l'empire de la mort, tant qu'ils sont en état de mort par leur séparation d'avec celui qui est mort pour leur rendre la vie? »
8. Le concile de Milève, canon 2; voir ce canon rapporté plus haut, question Idu sacrement de Baptême, témoignage 7, t. II, page 188.
9. Le concile d'Afrique, canon 77, comme il se trouve rapporté dans le canon cité tout-à-1'heure du concile de Milève.
10. S. Augustin, Lib. I de peccatorum meritis et remissione, c. 16 : a Quiconque naît de cette chair rebelle, et assujettie à la loi du péché et de la mort, a besoin d'être régénéré spirituellement, non-seulement pour qu'il puisse parvenir au royaume de Dieu, mais même simplement pour pouvoir être délivré de la réprobation du péché. Les enfants naissent donc assujettis tout à la fois au péché et à la mort en leur qualité d'enfants d'Adam, comme ils renaissent dans le baptême héritiers tout à la fois de la justice et de la vie éternelle par leur incorporation au second Adam, qui est Jésus-Christ. »
11. Le même, Lib. IV contra duas epistolas pelagianorum, c. h : « Les manichéens et les pélagiens contredisent également dans les enfants, quoique en sens opposés, la condition de la nature humaine, qui, toute bonne qu'elle était dans son institution première, se trouve viciée dans le mode de sa propagation ; confessant ainsi par ce qu'elle a de bon la bonté de son créateur, et proclamant par ce qu'elle a de mauvais le besoin qu'elle a d'un rédempteur miséricordieux. Les manichéens reprennent en elle ce qu'elle a de bon; les pélagiens nient en elle ce qu'elle a de mauvais : les uns comme les autres s'opposent ainsi à son bien, quoique par des voies différentes. Et quoiqu'elle ne sache pas encore parler dans les petits enfants, son bégaiement même à peine commencé et sa faiblesse, son imbécillité même semble leur reprocher aux uns comme aux autres leurs mensonges impies, et dire à ceux-là : Croyez que celui qui ne fait rien que de bon est celui qui m'a créée ; et à ceux-ci : Laissez-moi chercher ma guérison auprès de celui qui m'a créée. Le manichéen dit : Il n'y a dans cet enfant que son âme qui soit bonne, et dont on doive chercher la guérison; tout le reste doit être répudié, comme n'appartenant pas au Dieu bon, mais au principe des ténèbres. Le pélagien dit : Bien mieux que cela, il n'y a rien dans
cet enfant qui ait besoin de guérison, car tout en lui est dans un parfait état de santé. Tous les deux disent faux; mais celui qui n'accuse que la chair est au fond moins ennemi de notre nature que celui qui, en ne voyant en elle rien que de bon, lui refuse en conséquence tout moyen d'être guérie. Du reste, ni le manichéen ne lui procure à elle-même son salut, puisqu'il blasphème Dieu en ne voulant pas le reconnaître auteur de l'homme tout entier; ni le pélagien ne permet à la grâce divine d'arriver jusqu'à l'enfant, en niant comme il le fait le péché originel. La foi catholique seule laisse à Dieu le moyen d'exercer sa miséricorde, en condamnant ces deux erreurs également contraires au salut de l'enfance, et disant aux manichéens : Ecoutez l'Apôtre qui vous crie : Ne savez-vous pas que votre corps est le temple de V Esprit-Saint, qui est en vous (I Cor,, III, 16)? Croyez donc que le Dieu bon est le créateur des corps, puisqu'il n'est pas possible qu'un ouvrage du prince des ténèbres soit le temple de PEsprit- Saint; et en disant aux pélagiens : Cet enfant que vous voyez a été conçu dans Viniquitè, et sa mère Va enfanté dans le péché (Ps. L, 7). Pourquoi, en prétendant qu'il est pur de toute faute, empêchez- vous le pardon de l'atteindre? Personne n'est exempt de souillure, pas même l'enfant qui n'a encore qu'un jour de vie sur la terre (Job, XIV, 4-5, d'après le texte des Septante). Laissez ce pauvre enfant recevoir la rémission de ses péchés par les mérites de celui qui seul n'a jamais eu de péchés dans l'enfance, pas plus que dans la maturité de l'âge. »
12. Ibid. : « Les pélagiens voudraient détourner à leur sens les paroles de l'Apôtre. Là où l'Apôtre a dit : Le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché, et ainsi le péché est passé dans tous les hommes (Rom., V, 12) ; ils veulent que \ce soit la mort, et non le péché qui soit passé dans tous les hommes (1). Que veulent donc dire les paroles qui suivent, en qui tous ont péché? Car ou l'Apôtre veut dire que tous les hommes ont péché en ce seul homme dont il avait dit : Le péché est entré dans le monde par un seul homme; ou il veut dire que tous les hommes ont péché dans ce péché, ou enfin qu'ils ont tous péché dans la
(1) La Vulgate dit positivement que c'est la mort, mors pertransiit, qui est passée dans tous les hommes ; et la Vulgate est ici tout-à-fait conforme au texte grec. 11 faut donc admettre ici une erreur de fait dans saint Augustin, qui ne lisant pas le mot mors dans sa version, en inférait que c'était peccatum qu'il fallait sous -entendre. Mais cela n'empêche pas son raisonnement d'être péremptoire coptre les pélagiens.
mort, Car on ne doit point se mettre en peine de ce que le texte latin porte in quo, et non pas in quâ, puisque en grec le mot eàvaros, qui signifie mort, est du genre masculin. Qu'ils prennent donc tel parti qu'il leur plaira : car, ou cela veut dire que tous ont péché dans cet homme (in quo homine), et la cause en sera que, lorsque cet homme a péché, tous les autres hommes étaient en lui; ou cela veut dire que tous ont péché dans ce péché commis par notre premier père (in quo peccato), et cela ne pourra venir que de ce que tous contractant ce même péché par la naissance, il est devenu le péché de tous ; ou bien enfin ces mots signifient que tous ont péché dans cette mort (in quâ morte). Mais je ne vois pas bien clairement quel sens alors ces mots présenteraient à l'esprit. Car, que tous meurent dans le péché, cela se conçoit ; mais que tous pèchent dans la mort, cela ne se conçoit pas, la mort devant être l'effet du péché, plutôt que le péché celui de la mort. En effet, le péché est l'aiguillon de la mort (/ Cor., XV, 56), c'est-à-dire l'aiguillon dont la pointe produit la mort, et non l'aiguillon dont la mort perce sa victime : de même qu'on appellerait breuvage de mort le poison qui aurait été pris dans un verre, parce que ce breuvage aurait produit la mort, et non parce que la mort aurait créé ou présenté ce breuvage. Que si l'on ne peut pas rapporter au péché l'expression de l'Apôtre (in quo), par la raison que le mot grec (a//aprîa) sur lequel a été faite la version latine est du genre féminin ( tandis que le pronom !<p'w est du genre masculin ou du genre neutre), il ne reste plus d'autre sens raisonnable à donner à cette expression, sinon que tous ont péché dans la personne de ce premier homme, parce que tous étaient en lui quand il a péché, de sorte que ce péché est contracté par la naissance, comme il est effacé par la régénération. Aussi est-ce de cette manière que saint Hilaire a expliqué ces mêmes mots, in quo omnes peccaverunt; car voici ses propres expressions : « In quo, id est, in Adam, omnes peccaverunt (En qui, c'est-à-dire en Adam, tous ont péché). » Il ajoute : « Manifestum est in Adam omnes peccasse quasi in massa (Il est évident que tous ont péché en Adam comme dans leur souche commune). Ipse enim per peccatum corruptus, omnes quos genuit, nati sunt sub peccato (Car lui-même étant corrompu par le péché a communiqué sa corruption ou son péché à tous ceux qui sont nés de lui). » Ces paroles d'Hilaire nous font clairement entendre le sens que nous devons nous-mêmes attacher à ces mots, in quo omnes peccaverunt. Mais ensuite, pourquoi le même apôtre nous
dit-il que nous sommes réconciliés avec Dieu par le moyen de Jésus-Christ (Rom.,, V, 40), sinon parce que nous étions auparavant ses ennemis? Et comment étions-nous devenus ses ennemis, sinon par le péché? C'est ce qui a fait dire au Prophète : Vos péchés ont fait une séparation entre vous et Dieu (Isaïe, LIX, 2). C'est à cause de cette séparation faite entre nous et Dieu que le Médiateur a été envoyé pour pouvoir effacer le péché du monde, ce péché qui nous séparait de Dieu et nous rendait ses ennemis, pour nous réconcilier à Dieu et nous rendre le droit de nous dire ses enfants. »
13. Le même, Lib. II contra Pelagium et Celestiunij c. 40 : « Les sacrements de l'Eglise indiquent tout seuls assez que même les enfants qui ne font que de naître sont délivrés de l'esclavage du démon par la grâce de Jésus-Christ. Car, outre que le baptême qui leur est donné pour la rémission des péchés n'est pas un mensonge, mais une vérité, on commence par les exorciser, par souffler sur eux pour expulser de leurs cœurs la puissance ennemie ; et par la bouche de ceux qui les présentent, on leur fait répondre qu'ils renoncent au démon et à ses œuvres. »