Isaïe, XXXIII , 22 : « Le Seigneur est notre juge, le
Seigneur est notre législateur, le Seigneur est notre roi , c'est lui qui nous sauvera. »
15. Jacques, IV, 12 : « Il n'y a qu'un législateur et qu'un juge, qui peut sauver et qui peut perdre. »
16. Jean , XIII , 15 , 34 : a Je vous ai donné l'exemple , afin que ce que j'ai fait à votre égard , vous le fassiez aussi. — Je vous laisse un commandement nouveau , c'est de vous aimer les uns les autres , de sorte que vous vous entr'aimiez comme je vous ai aimés. »
17.1 Jean , II , 6 , 7 : « Celui qui dit qu'il demeure en Jésus- Christ, doit marcher lui-même comme Jésus-Christ a marché. — Mes très-chers, je ne vous écris point un commandement nouveau , mais le commandement ancien que vous avez reçu dès le commencement. »
18. I Pierre, II, 20, 21 , 24 : « Aussi quel sujet de gloire aurez-vous, si c'est pour vos fautes que vous enduriez les soufflets? Mais si , faisant le bien , vous souffrez avec patience , c'est là ce qui sera agréable à Dieu. — Car c'est à quoi vous avez été appelés, puisque Jésus-Christ même a souffert pour nous , vous laissant un exemple , afin que vous marchiez sur ses traces. — C'est lui qui a porté nos péchés en son corps sur la croix , afin qu'étant morts au péché , nous vivions pour la justice : c'est par ses meurtrissures que vous avez été guéris. »
19. // Timothêe, IV, 7, 8 : « J'ai bien combattu, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. — Il me reste à attendre la couronne de justice qui m'est réservée, et que le Seigneur comme un juste juge me rendra en ce jour, et non-seulement à moi , mais encore à tous ceux qui aiment son avènement. »
20. Romains, II, 5-10 : « Par votre dureté et par l'impénitence de votre cœur, vous vous amassez un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu , — qui rendra à chacun selon ses œuvres , — en donnant la vie éternelle à ceux qui , par leur patience dans les bonnes œuvres , cherchent la gloire , l'honneur et l'immortalité , — et en répandant sa colère et son indignation sur ceux qui ont l'esprit contentieux , et qui ne se rendent point à la vérité, mais qui embrassent l'iniquité. — Tribulation et angoisse sur tout homme qui fait le mal , sur le juif d'abord , et ensuite sur le gentil. — Mais gloire , honneur et paix à tout homme qui fait le bien , au juif premièrement, et ensuite au gentil. »
Question XVII.
Que nous enseigne le huitième article , Je crois au Saint-Esprit ?
Cet article a pour objet de joindre aux deux premières personnes de la Trinité la troisième , qui est l'Esprit-Saint : il procède du Père et du Fils, et est vrai Dieu comme eux ; il leur est coéternel, égal en tout , consubstantiel enfin , et par conséquent il doit être également honoré et servi. m
C'est lui qui est le consolateur promis, le docteur de toute vérité, qui enrichit les âmes des fidèles de ses grâces et de ses dons , qui les purifie, les sanctifie et les affermit dans tout genre de sainteté. V C'est lui qui est le gage de notre héritage , qui vient au secours de notre faiblesse, et qui partage et distribue à chacun ses faveurs diverses , dans la mesure qu'il lui plaît de le faire (XVII).
TÉMOIGNAGES DE i/ ÉCRITURE.
1 . Genèse, I, 2 : « La terre était informe et toute nue , et les ténèbres couvraient la face de l'abîme , et l'Esprit de Dieu était porté sur les eaux. »
2. Psaume CIII, 30 : « Vous enverrez votre Esprit et ils seront créés , et vous renouvellerez la face de la terre. »
3. Job , XXIV, 13 : « Ils ont été rebelles à la lumière , ils n'ont point connu les voies de Dieu. »
4. Matthieu , XXVIII , 19 : a Les baptisant au nom du Père , et du Fils, et du Saint-Esprit. »
5. Jean, I, 32, 33 : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel, comme une colombe , et demeurer sur lui. — C'est lui qui baptise dans le Saint-Esprit. »
6. Jean , XIV, 16 , 17, 26 : a Je prierai mon Père , et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous ; — l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, demeurera avec vous, et il sera en vous. — Mais le consolateur,
Quid docet octavus artkulus, Credo in Spirilum Sanclum ?
Subjungit tertiam in Deitate personam, Spiritum Sanctum : qui ex Pâtre Filioque procedens, verus, utrique coœternus, coœqualis, consubstautialis Deus existit, et
eadem fide parique cultu et honore colendus est.
Hic ille paracletus et doctor veritatis, qui corda credentium gratia sua, suisque donis illustrât, purificat, sanctificat, et in omni sanctitate confirmât. Hic est pignus hœreditalis nostrœ, qui adjuvat infirir.itatem nostram,etsingulis proutvult, varias donationes suas distribuit importitque.
qui est le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom , vous enseignera toutes choses , et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit. »
7. Jean , XVI , 7 , 8 , 13 , 14 : « Si je ne m'en vais pas , le consolateur ne viendra point à vous. — Et lorsqu'il sera venu , il convaincra le monde du péché , de la justice et du jugement. ~ Car quand l'Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité , il vous annoncera les choses à venir. — C'est lui qui me glorifiera , parce qu'il prendra de ce qui est à moi , et il vous l'annoncera. »
8. I Jean , V, 7 : a II y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel , le Père , le Verbe et le Saint-Esprit , et ces trois sont une même chose. »
9. Romains, VIII , 9, il , 14-17 : « Mais pour vous , vous n'êtes pas dans la chair, mais selon l'esprit , si toutefois l'Esprit de Dieu habite en vous ; car si quelqu'un n'a point l'Esprit de Jésus-Christ , il n'est point en lui. — Car si l'esprit de celui qui a ressuscité Jésus - Christ d'entre les morts habite en vous , celui qui a ressuscité Jésus-Christ d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels , à cause de son Esprit qui habite en vous. — Tous ceux qui sont poussés par l'Esprit de Dieu sont les enfants de Dieu. — Aussi n'avez-vous point reçu l'esprit de servitude qui vous retienne encore dans la crainte , mais vous avez reçu l'esprit de l'adoption des enfants , par lequel nous crions : Abba , mon Père! — Et cet Esprit rend lui-même témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. »
10. 77 Corinthiens, III * 17 : a Or, le Seigneur est Esprit; où est l'Esprit du Seigneur, là aussi est la liberté. »
11 . / Corinthiens, VI, 19 : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui habite en vous , et qui vous a été donné de Dieu , et que vous n'êtes plus à vous ? »
12. Ibid., III, 16 , 17 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu , et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? — Si quelqu'un donc viole le temple de Dieu, Dieu le perdra; car le temple de Dieu est saint. C'est vous qui êtes ce temple. »
13. Psaume L, 12-14 : « Créez en moi un cœur pur, ô mon Dieu , et rétablissez de nouveau un esprit droit au fond de mes entrailles. — Ne me rejetez pas de devant votre face , et ne retirez pas de moi votre Esprit. — Rendez-moi la joie de votre assistance salutaire , et affermissez-moi en me donnant un esprit de force. »
14. Isaïe, XI , 4-3 : « Il sortira un rejeton de la tige de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine. — L'esprit du Seigneur se reposera sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force , l'esprit de science et de piété. — Et il sera rempli de l'esprit de la crainte du Seigneur. »
15. Galates, V, 22 , 23 : « Les fruits de l'esprit au contraire sont la charité , la joie , la paix, la patience, l'humanité, la bonté , la persévérance, — la douceur, la foi, la modestie, la continence, la chasteté. »
16. Romains, V, 5 : « L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs , par le Saint-Esprit qui nous a été donné. »
17. Ephésiens, I, 13 , 14 : En croyant en Jésus-Christ, vous avez été scellés du sceau de l'Esprit-Saint , qui avait été promis ,
— qui est le gage de notre héritage jusqu'à la parfaite délivrance du peuple que Jésus-Christ s'est acquis pour la louange de sa gloire. »
18. Romains, VIII, 26 : « De plus , l'Esprit de Dieu aide notre infirmité. »
19. I Corinthiens , XII, 3-11 : « Nul ne peut confesser que Jésus est le Seigneur , sinon par le Saint-Esprit. — Il y a à la vérité diversité de grâces , mais il n'y a qu'un même Esprit. — Il y a diversité de ministères, mais il n'y a qu'un même Seigneur.
— Il y a diversité d'opérations surnaturelles, mais il n'y a qu'un même Dieu qui opère tout en tous. — Or, ces dons du Saint-Esprit, qui se font connaître au dehors, sont donnés à chacun pour l'utilité de l'Eglise. — L'un reçoit du Saint-Esprit le don de parler dans une haute sagesse; un autre reçoit du même Esprit le don de parler avec science. — Un autre reçoit le don de la foi par le même Esprit ; un autre reçoit du même Esprit la grâce de guérir les maladies. — Un autre , le don des miracles ; un autre le don de prophétie ; un autre le don du discernement des esprits , un autre le don de parler différentes langues, un autre celui de les interpréter. — Or, c'est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses , distribuant à chacun ses dons , selon qu'il lui plaît de le faire.
1 , Le symbole du premier concile de Constantinople , deuxième œcuménique : « Nous croyons au Saint-Esprit , Seigneur et vivifiant , qui procède du Père , qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les prophètes. »
2. Le concile de Florence, dans les Lettres d'union : « Nous définissons , pour que cette vérité de foi soit crue , admise et professée par tous les chrétiens , que le Saint-Esprit est éternellement du Père et du Fils ; et que de toute éternité il procède de l'un et de l'autre , comme d'un seul principe , et par une seule production qu'on appelle spiration. . . . Nous définissons en outre que l'addition de ce mot Filioque, faite au symbole , est légitime , comme étant devenue une explication nécessaire au dogme. »
Question XVIII.
Que nous enseigne de plus l'article neuvième : Je crois la sainte Eglise catholique 3 la communion des saints ?
Cet article nous montre l'Eglise comme la société visible de tous les fidèles chrétiens , pour qui le Fils de Dieu a pris notre nature , a enduré tous les travaux de sa vie mortelle et tous les tourments de sa passion.
Il nous apprend que cette Eglise premièrement est une , n'ayant qu'une même foi et une même doctrine , ainsi que les mêmes sacrements , et se conservant dans l'unité sous son unique chef qui est le Christ , représenté sur la terre par son vicaire qui est un aussi, savoir le Pape.
Cet article nous enseigne en second lieu que cette Eglise est sainte , étant continuellement sanctifiée par les dons de l'Esprit- Saint selon la promesse de Jésus-Christ , de sorte qu'elle produit toujours des saints , et est toujours gouvernée par de saintes lois. Et personne hors de son sein ne saurait participer à la sainteté.
En troisième lieu , qu'elle est catholique , c'est-à-dire universelle , tellement que , répandue sur toute la surface de la terre , elle embrasse et nourrit dans son sein maternel tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux , qui s'accordent dans la foi et dans la doctrine de Jésus-Christ.
En quatrième lieu , que dans cette Eglise est la communion des saints , qui consiste en ce que tous ceux qui en font partie sont comme la maison et composent une seule et même famille , dont tous les membres sont indivisiblement unis ; et ils s'aident entre eux comme feraient les membres d'un même corps par des services réciproques , par une certaine réversibilité de mérites et par des échanges de prières. Ils possèdent en commun l'unité de foi, l'accord des croyances et l'usage uniforme des sacrements : quelles que soient les erreurs ou les dissensions qui puissent s'élever parmi
quelques-uns , ils travaillent avec soin à conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix. Dans cette communion doivent être compris non-seulement les saints de l'Eglise militante pendant toute la durée de leur pèlerinage terrestre , mais encore tous les bienheureux qui composent dans le ciel l'Eglise triomphante dans la société de Jésus-Christ, et de plus, les âmes qui, au sortir de cette vie , n'ont pu être immédiatement admises à cette éternelle félicité.
Hors de cette communion des saints , comme autrefois hors de l'arche de Noé , il n'y a de salut pour personne , mais pour tous au contraire une damnation assurée ; et ainsi faut-il raisonner , soit par rapport aux juifs et aux gentils, qui n'ont jamais embrassé la foi de l'Eglise ; soit par rapport aux hérétiques , qui l'ont abandonnée ou altérée ; soit par rapport aux schismatiques , qui ont rompu la paix et l'unité de l'Eglise ; soit enfin par rapport aux excommuniés , qui ont mérité pour quelque autre cause grave d'être retranchés et séparés du corps de l'Eglise comme des membres gâtés. Tous ces derniers , n'appartenant pas à l'Eglise et à sa communion sainte , ne sauraient participer à la grâce divine et au salut éternel , à moins que préalablement ils ne se réconcilient et ne reviennent à l'Eglise dont ils ont eu le tort de se séparer. Car elle est invariable cette règle posée par saint Cyprien et saint Augustin : Celui-là n'aura pas Dieu pour père, qui refuse d'avoir l'Eglise pour mère (XVIII).
Quid addit articulus nonus , Credo Ecclcsfam sanctam Catholicam?
Ostendit Ecclesiam, id est, cunctorum Christi fidelium visibilem congregationem, pro qua Dei Filius hominis natura suscepta, cuncta et fecit et pertulit : eamque docet primum unam esse et consentientem in fide , luk'ique doctrina, et administratione Sacramentorum , quœque sub uno capite suo Christo , unoque vices ejus in terris gerente Pontifke niaximo regitur, ac in unitate conscrvatur.
Deinde hanc sanctam esse prœdicat, quia I Spiritum Sanctum à Christo usque sanctificalur, ut sancli hommes et sanctœ - nunquam in illa desint. Nec ullus extra hu jus consortium sanctitatis particeps esse potest.
Tertio esse catholicam, id est, univer-
salem, adeô ut per orhem longé lateque diffusa, omnes omnium temporum, locorum ac nationum homines , qui modo in Christi fide ac doctrina conveniunt, uno quasi materno sinu excipiat, concludat ac salvet.
Quarto esse in eadem Ecclesia sanctorum communionem, ut qui in Ecclesia, veluti domo Dei familiaque versantur, societatem quamdam inter se et unionem servent individuam, et sicuti unius corporis membra, mutuis officiis, meritis et orationibus se invicem juvent. Apud nos est unitos fidei, doctrina consentiens, conformis usus sacramentorum : qui etiam , qualescumque demum quorumdam errores aut dissensiones incidant , soliciti sunt servare unitatem Spiritus in vinculo pacis. In qua quidem communione non modo sancti Ecclesiœ militantisin terra peregrinantes, veriim etiam beati omnes Ecclesia; cum Christo in cœlis, (Vlicissime triumphantis, ac insuper piorum
TÉMOIGNAGES DE i/ÉCRITURE.
1. Matthieu, V, 14-1 G : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. — On n'allume point une lampe p ur la mettre sous le boisseau , mais on la met sur le chandelier, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison : — Ainsi , que votre lumière luise devant les hommes , afin que voyant vos bonnes œuvres , ils glorifient votre Père qui est dans le ciel. »
2. Isaïe, LX, 1-3, 10, 14-15 : « Levez- vous, Jérusalem, soyez toute brillante de clarté , parce que votre lumière est venue , et que la gloire du Seigneur s'est levée sur vous. — Car les ténèbres couvriront la terre , et une nuit sombre couvrira les peuples; mais le Seigneur se lèvera sur vous , et sa gloire éclatera dans vous. — Les nations marcheront à la lueur de votre lumière , et les rois à la splendeur qui se lèvera sur vous , etc. — Vos portes seront toujours ouvertes ; elles ne seront fermées ni jour ni nuit , afin qu'on vous apporte les richesses des nations , et qu'on vous amène leurs rois. — Les enfants de ceux qui vous avaient humiliée viendront se prosterner devant vous , et tous ceux qui vous décriaient adoreront les traces de vos pas , et vous appelleront la cité du Seigneur, la Sion du saint d'Israël. — Parce que vous avez été abandonnée et exposée à la haine , et qu'il n'y avait personne qui passât jusqu'à vous , je v us établirai dans une gloire qui ne finira jamais , et dans une joie qui durera dans la succession de tous les âges. »
3. Isaïe, II, 2, 3 : « Dans les derniers temps la montagne sur laquelle se bâtira la maison du Seigneur sera fondée sur le haut des monts , et elle s'élèvera au-dessus des collines , toutes les nations y accourront en foule. — Et plusieurs peuples y viendront , en disant : Allons , montons à la montagne du Seigneur , et à la maison du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ses voies, et nous
animœ, quœ ex hac vita egressœ, nondum tamen illam beatorum felicitatem sunt consecutœ, simul comprehenduntur.
Extra liane sanctorum communionem (sicuti extra Noe aream) certain quidem exitium, nulla verô salus mortalibus : non Judœis aut Ethnicis , qui fidem Ecclesiœ nunquam receperunt : non hœreticis , qui receptam deseruerunt, vel corruperunt ; non schismaticis , qui pacem et unitatem Ecclesiœ reliquerunt : postremô neque excommunicatis , qui qualibet alia gravi de
causa id meruerunt , ut ab ecclesiœ corpore , ceu pernitiosa quœdam membra , prœscinderentur ac separarentur. Atque istiusmodi omnes, quoniam ad Ecclesiam, ejusque sanctam communionem non pertinent, divinœ gratiœ et salutis œternœ non possunt esse participes, nisi Ecclesiœ, à qua suo illi vitio sunt semel avulsi , primùm reconcilientur atque restituantur. Certa est eniui Cypriani et Augustini régula : Non babebit Deum patrem, qui Ecclesiam noluerit habere matrem.
marcherons dans ses sentiers , parce que la loi sortira de Sion , et la parole du Seigneur de Jérusalem, »
U. Psaume XVIII, S , 6 : « Leur voix a éclaté dans toute la terre , et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde. — Dieu a établi sa tente dans le soleil , semblable à un époux sortant de sa chambre nuptiale. »
5. Jean, XI , 51, 52 : « Or, il ne disait pas cela de lui-même, mais comme il était grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation , — et non-seulement pour la nation , mais aussi pour rassembler en un même corps les enfants de Dieu qui étaient dispersés. »
6. Jean , X , 16 : « J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie , et il faut que je les amène ; elles entendront ma voix , et il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur. »
7. Jean, XVII, 11 : « Père saint, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés, afin qu'ils soient un comme nous. »
8. Cantiques, VI, 8 : « Une seule est ma colombe et ma parfaite amie, elle est unique pour sa mère, et choisie entre tontes par celle qui lui a donné la vie. »
9. I Corinthiens, I, 9, 10 : a Dieu par qui vous avez été appelés à la société de son Fils Jésus-Christ Notre-Seigneur , est fidèle et véritable. — Or, je vous conjure, mes Frères, par le nom de Jésus-Christ Notre-Seigneur, d'avoir tous un même langage , et de ne point souffrir de divisions parmi vous , mais d'être tous unis ensemble dans un même esprit et dans un même sentiment. »
10. Ibid., XII, 12, 15, 24-28 : « Car, comme notre corps n'étant qu'un , est composé de plusieurs membres, et qu'ils ne sont tous néanmoins qu'un même corps , il en est de même de Jésus- Christ. — Car nous avons tous été baptisés clans le même Esprit, pour n'être tous ensemble qu'un même corps, soit juifs, soit gentils , soit esclaves ou libres ; et nous avons tous reçu un divin breuvage, pour n'être tous qu'un même esprit. — Mais Dieu a mis un tel ordre dans tout le corps , qu'on honore davantage ce qui est moins honorable de soi-même ; — afin qu'il n'y ait point de division dans le corps , mais que tous les membres conspirent mutuellement à s'entre-aider les uns les autres ; — et que si l'un des membres souffre , tous les autres souffrent avec lui , ou si l'un des membres a quelque avantage , tous les autres s'en réjouissent avec lui. — Or, vous êtes le corps de Jésus-Christ et membres les uns des autres. — Car Dieu a établi dans son Eglise premièrement des apôtres, etc. »
90 DE LA FOT
11 . Ephêsicns, IV, 3-7 : « En travaillant avec soin à conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix. — Vous n'êtes tous qu'un corps, qu'un esprit, comme vous n'avez tous été appelés qu'à une même espérance. — Il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi et qu'un baptême. — Il n'y a qu'un Dieu , père de tous , qui est au-dessus de tous , qui étend sa providence sur tous , et qui réside en nous tous. — Car la grâce a été donnée à chacun de nous , selon la mesure du don de Jésus-Christ. »
42. Ephésiens, V, 25-27 : « Maris , aimez vos femmes , comme Jésus-Christ a aimé l'Eglise , et s'est livré lui-même pour elle , afin de la sanctifier, après l'avoir purifiée dans le baptême de l'eau, par la parole de vie ; — pour la faire paraître devant lui pleine de gloire , n'ayant ni tache , ni ride , ni rien de semblable , mais étant sainte et irrépréhensible. »
15. Cantiques, IV, 7 : « Vous êtes toute belle , ma bien-aimée, et il n'y a point de tache en vous. »
14.1 Pierre , II , 9, 10 : « Mais quant à vous, vous êtes la race choisie , l'ordre des prêtres rois , la nation sainte , le peuple conquis , afin que vous publiiez les grandeurs de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ; — vous qui autrefois n'étiez pas son peuple , mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous qui n'aviez point obtenu miséricorde , mais qui maintenant avez obtenu miséricorde. »
15. Actes, 1,8: « Vous me rendrez témoignage dans Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie , et jusqu'aux extrémités de la terre. »
16. Genèse, XXII, 17,18: « Je vous bénirai , et je multiplierai votre race , comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le rivage de la mer ; votre postérité possédera les villes de ses ennemis ; — et toutes les nations de la terre seront bénies dans celui qui sortira de vous , parce que vous avez obéi à ma voix. »
17. Marc, XVI, 15, 20 : « Allez partout le monde, prêchez l'Evangile à toute créature. — Ses disciples étant partis, prêchèrent partout , le Seigneur agissant avec eux , et confirmant sa parole par les miracles qui l'accompagnaient. »
18. Luc, XXIV, 46, 47 : « Il fallait que le Christ souffrît de la sorte , et qu'il ressuscitât le troisième jour : — et qu'on prêchât en son nom la pénitence et la rémission des péchés parmi toutes les nations, en commençant par Jérusalem. »
19. Matthieu, XXVIII, 19, 20 : « Allez donc, et instruisez tous les peuples , les baptisant au nom du Père et du Fils , et du
Saint-Esprit : — Voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. »
20. Matthieu, XVI, 18 : « Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ; et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. »
21. Ephésiens, IV, 11 , 12 , 15 , 16 : « Lui-même a donné à son Eglise quelques-uns pour être apôtres , etc. — Afin que les uns et les autres travaillent à la perfection des saints , aux fonctions de leur ministère, à l'édification du corps de Jésus-Christ, etc. — Afin que nous croissions en toutes choses dans Jésus-Christ , qui est notre chef ou notre tête ; — de qui tout le corps , dont les parties sont jointes et unies ensemble avec une si juste proportion , reçoit , par tous les vaisseaux et toutes les liaisons qui portent l'esprit et la vie , l'accroissement qu'il lui communique par une influence proportionnée à chacun des membres, afin qu'il se forme ainsi , et qu'il s'édifie par la charité. »
22. Psaume CXVIII, 63 : « Je me suis uni avec tous ceux qui vous craignent et qui gardent vos commandements. »
23. Colossiens, I, 12 , 14 : « Rendant grâces à Dieu le Père, qui , en nous éclairant de sa lumière , nous a rendus dignes d'avoir part au sort et à l'héritage des saints ; — qui nous a arrachés de la puissance des ténèbres , et nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, — par le sang duquel nous avons été rachetés. »
24. PMlippiens, J, 3-5 : « Je rends grâces à mon Dieu, toutes les fois que je me souviens de vous, — et je ne fais jamais de prières , que je ne prie aussi pour vous tous , ressentant une grande joie — de ce que vous avez reçu l'Evangile et y avez persévéré, depuis le premier jour jusqu'à cette heure. »
25. // Corinthiens, VIII, 13-15 : « Et ainsi je n'entends pas que les autres soient soulagés , et que vous soyez surchargés ; mais que, pour ôter l'inégalité, — votre abondance supplée maintenant à leur pauvreté , afin que votre pauvreté soit soulagée jpar leur abondance , et qu'ainsi tout soit réduit à l'égalité , selon qu'il est écrit : — Celui qui recueillit beaucoup n'en eut pas plus que les autres; et celui qui recueillit peu n'en eut pas moins. »
26. 1 Jean, I, 3 : « Afin que vous entriez vous-mêmes en société avec nous , et que notre société soit avec le Père , et avec son Fils Jésus-Christ. »
27. Romains, XII, 4-7 : a Car comme dans un seul corps nous avons plusieurs membres , et que tous ces membres n'ont pas la
même fonction ; — de même en Jésus-Christ nous sommes plusieurs qui ne formons qu'un seul corps , étant tous réciproquement les membres des uns et des autres. — Nous avons aussi des dons différents, selon la grâce qui nous a été donnée. Que celui qui a reçu le don de prophétie , en use selon la règle de la foi. — Que celui qui est appelé au ministère de l'Eglise, s'attache à son ministère. — Que celui qui a reçu le don d'enseigner, s'applique à enseigner, etc. »
28. / Corinthiens, XII , 12, 26, 27 : « Comme notre corps n'étant qu'un , est composé de plusieurs membres , etc. — Et si l'un des membres souffre , tous les autres souffrent avec lui , ou si l'un des membres a quelque avantage, tous les autres s'en réjouissent avec lui. — Or, vous êtes le corps de Jésus-Christ et membres les uns des autres. »
29. Ephêsiens, IV, 1-5 : « Je vous conjure , moi qui suis dans les chaînes pour le Seigneur, de vous conduire d'une manière qui soit digne de l'état auquel vous êtes appelés. — Pratiquant en toutes choses l'humilité , la douceur et la patience , vous supportant les uns les autres avec charité , — en travaillant avec soin à conserver l'unité d'un même esprit par le lien de paix. »
50. Genèse, VII, 25 : « Toutes les créatures qui étaient sur la terre , depuis l'homme jusqu'aux bêtes, tant celles qui rampent que celles qui volent dans l'air, tout périt : il ne demeura que Noé seul, et ceux qui étaient avec lui dans l'arche. »
51 . I Pierre , III , 20 : « Au temps de Noé , pendant qu'on préparait l'arche , dans laquelle si peu de personnes , savoir huit seulement, furent sauvées du milieu du déluge. »
52. Isaïe, LX, 12 : « Le peuple et le royaume qui ne vous sera point assujetti , périra. »
53. 1 Jean, II, 18, 19 : « Mes petits enfants , c'est ici la dernière heure : et comme vous avez entendu dire que l'Antéchrist doit venir, il y a dès maintenant même plusieurs antechrists ; ce qui nous fait connaître que nous sommes entrés dans la dernière heure. — Ils sont sortis d'avec nous , mais ils n'étaient pas d'avec nous ; car s'ils eussent été d'avec nous , ils fussent demeurés avec nous : afin qu'on reconnaisse clairement que tous ne sont pas d'avec nous. »
54. Jean , VI , 67, 68 : « Dès lors plusieurs disciples se retirèrent de sa suite , et ils n'allaient plus avec lui. — Sur quoi Jésus dit aux douze apôtres : Et vous aussi, voulez-vous me quitter? »
5b. Jean, XIII , 50 : « Judas ayant donc pris le morceau , sortit aussitôt ; et il était nuit, »
36. Jude, 18 , 19 : « Dans ces derniers temps il s'élèvera des imposteurs qui suivront leurs passions déréglées et pleines d'impiétés. — Ce sont des gens qui se séparent eux-mêmes, des hommes sensuels qui n'ont pas l'esprit de Dieu. »
57. I Corinthiens, V, 1-7, 13 : « C'est un bruit constant qu'il y a de l'impureté parmi vous, et une telle impureté qu'on n'entend point dire qu'il s'en commette de semblable parmi les païens , jusque-là qu'un d'entre vous abuse de la femme de son père. — Et vous êtes enflés d'orgueil, et vous n'avez pas au contraire été dans les pleurs , pour faire retrancher du milieu de vous celui qui a commis une telle action ! — Pour moi , étant à la vérité absent de corps , mais présent en esprit, j'ai déjà prononcé ce jugement comme présent , — savoir, que vous et mon esprit étant assemblés au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ , celui qui est coupable de ce crime soit , par la puissance de Notre-Seigneur Jésus ,
— livré à Satan pour mortifier sa chair, afin que son âme soit sauvée au jour de Notre-Seigneur Jésus-Christ. - Vous n'avez point sujet de vous glorifier. — Ne savez- vous pas qu'un peu de levain aigrit toute la pâte? — Purifiez- vous du vieux levain. -- Retranchez ce mal du milieu de vous. »
58. / Timothée, I, 19 , 20 : « Conservant la foi et la bonne conscience , à laquelle quelques-uns ont eu le malheur de renoncer, et ont fait ainsi naufrage dans la foi. — De ce nombre sont Hy menée et Alexandre que j'ai livrés à Satan, afin qu'ils apprennent à ne plus blasphémer. »
59. Nombres, XII, 14 , 15 : « Le Seigneur répondit à Moïse : Qu'elle soit donc séparée hors du camp pendant sept jours, et après cela on la fera revenir. — Marie fut donc chassée hors du camp pendant sept jours , et le peuple ne sortit point de ce lieu , jusqu'à ce que Marie fût rappelée. »
40. Matthieu , XV111 , 15-18 : « Si votre frère a péché contre vous, allez lui représenter sa faute en particulier entre vous et lui ; s'il vous écoute , vous aurez gagné votre frère. — Mais s'il ne vous écoute pas, prenez encore avec vous une ou deux personnes, afin que tout soit confirmé par l'autorité de deux ou trois témoins.
— S'il ne les écoute pas , dites-le à l'Eglise , et s'il n'écoute pas l'Eglise même , qu'il soit à votre égard comme un païen et un publicain. — En vérité, je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »
41. II Jean , 10 , 11 ; « Si quelqu'un vient à vous, et ne fait
pas profession de cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison , et ne le saluez point ; — car celui qui le salue participe à ses mauvaises actions. »
42. II Thessaloniciens , III, 6, 14 : « Nous vous commandons, nos frères , au nom deNotre-Seigneur Jésus-Christ , de vous retirer de tous ceux d'entre vos frères qui se conduisent d'une manière déréglée , et non selon la tradition qu'ils ont reçue de nous. — Si quelqu'un n'obéit pas à ce que nous ordonnons par notre lettre , notez-le , et ne communiquez pas avec lui , afin qu'il en ait de la confusion ; ne le considérez pas néanmoins comme votre ennemi , mais avertissez-le comme votre frère. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1. S. Augustin, Tract. 1 in Epist. Joannis : « N'est-il pas vrai que cette pierre (dont il est parlé dans Daniel , c. Il , 45) , de petite qu'elle était dans ses commencements , a crû de manière à devenir une grande montagne, qui a rempli l'univers? Avons-nous montré cette montagne comme on montre aux hommes la lune dans son dernier quartier? Quand les hommes veulent voir, par exemple , la lune nouvelle , on leur dit : Voyez-la , c'est de ce côté qu'elle est ; et s'il s'en trouve qui ne puissent l'apercevoir, et qui demandent : où est-elle ? on cherche alors à la leur montrer par la direction qu'on donne à son doigt. Quelquefois ils rougissent de ne pas voir, et pour n'être pas traités d'aveugles , ils répondent qu'ils ont vu quoiqu'ils n'aient rien vu. Est-ce de cette manière , mes frères , que nous vous montrons l'Eglise? N'est-elle pas visible à tous , et même aux plus aveugles? N'est-elle pas répandue dans le monde entier? Ne voyons-nous pas l'accomplissement de la promesse faite à Abraham tant de siècles à l'avance , que toutes les nations seraient bénies dans sa race ? La promesse a été faite à un seul fidèle, et elle trouve son accomplissement dans des millions de fidèles. La voilà, cette montagne qui remplit toute la terre ; la voilà , cette ville dont il a été dit : Une ville bâtie sur une montagne ne saurait être cachée (Matth., V, 14). Mais nos adversaires vont heurter contre cette montagne , et lorsqu'on leur dit : a Montez : » « Ce n'est pas une montagne , » répondent-ils ; et ils aiment mieux s'y heurter la tête , que d'y chercher un asile.
Dans les derniers temps, dit Isaïe (II, 2), fa montagne sur laquelle se bâtira la maison du Seigneur, sera fondée sur le haut des monts. Qu'y a-t-il de plus visible qu'une montagne ? Mais il y a des montagnes ignorées , parce qu'elles se trouvent situées dans d'autres
contrées que celle où nous nous trouvons. Qui de vous, par exemple , connaît le mont Olympe? Et ceux qui habitent le mont Olympe , ne connaissent pas davantage notre Giddaba. Ces montagnes n'occupent que de très-petites parties de la terre. Mais il n'en est pas ainsi de celle-ci : elle remplit la terre entière , et c'est d'elle qu'il est dit qu'elle est fondée sur le haut des monts , et que toutes les nations y accourront en foule. Qui est-ce qui s'égare tant qu'il se tient sur cette montagne? qui est-ce qui heurte du pied contre elle faute de la voir ? qui peut ne pas connaître cette ville bâtie sur la montagne ? Mais ne soyez point étonnés si elle est ignorée de ceux qui haïssent leurs frères : ils marchent dans les ténèbres , et ils ne savent où ils vont , parce que les ténèbres les ont aveuglés. »
2. Le même, in lib. de unit. Eccl. contra Epist. Petiliani donatistœ, c. 46 : « L'Eglise n'est point cachée : elle n'est pas sous le boisseau, mais sur le .chandelier, pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison. Et c'est d'elle qu'il a été dit, qu'une ville ne peut pas être cachée quand elle est bâtie sur une montagne. Mais elle est comme couverte pour les donatistes , puisque , malgré les témoignages si éclatants et si publics de l'univers entier, qui les invite à suivre son exemple , ils aiment mieux aller les yeux fermés sa heurter contre une montagne , que d'y monter eux-mêmes : contre cette montagne , dis-je , qui n'était d'abord qu'une petite pierre détachée de la montagne sans main d'homme (Dan., II, 45), et qui, grossissant peu à peu , en est venue à couvrir de sa masse la terre entière. »
3. Le même, in Ps. trigesim. conc. II, super illum versum. Qui videbant me foras fugerunt à me : « Ce qui est plus déplorable et qu'on ne saurait supporter, c'est que beaucoup de personnes , connaissant tous les titres qui recommandent l'Eglise , l'aient quittée cependant , et aient élevé contre elle des schismes et des hérésies. Ceux qui me voyaient, dit le Psalmiste , c'est-à-dire ceux qui connaissaient ce qu'est l'Eglise , qui la voyaient dépeinte dans les Ecritures, ont fui loin de moi. Les prophètes se sont exprimés moins clairement sur Jésus-Christ que sur l'Eglise; sans doute parce qu'ils voyaient en esprit que les hommes formeraient des partis contre l'Eglise , et qu'ils se soulèveraient contre elle plus encore que contre Jésus-Christ. Cela donc qui devait occasionner plus de contestations a été prédit avec plus d'insistance et de clarté , afin que l'évidence de ces prophéties fût un témoignage contre ceux qui en verraient l'accomplissement et qui néanmoins
se sépareraient de l'Eglise.... Presque partout le Christ n'est annoncé parles prophètes que sous certains emblèmes mystérieux, tandis que l'Eglise est désignée par ces mêmes prophètes ouvertement et sans voile , afin qu'elle soit reconnue pour ce qu'elle est même de ceux qui s'élèvent contre elle , et qu'ainsi il y ait de leur part cette malice consommée , dont elle se plaint par la bouche du Psalmiste : Ils me voyaient , et ils se sont enfuis loin de moi. C'est d'eux aussi que l'apôtre Jean (I Joan., II, 19) a dit ces paroles : Ils sont sortis d'avec nous , mais ils n'étaient pas d'avec nous. »
h. S. Chrysostôme, Hom. IV de verbis Isaiœ, Vidi Dominum : « L'Eglise a ses racines plantées dans le ciel plutôt qu'elles ne le sont en terre. Peut-être que certain païen va là-dessus me taxer d'arrogance ; mais qu'il attende les preuves que j'ai à lui en fournir, et que la force de la vérité l'oblige à confesser que le soleil s'éteindrait plutôt , que l'Eglise ne vînt à s'obscurcir. »
5. S. Cyprien, De unit. Eccl. : « Le Saint-Esprit, parlant au nom du Seigneur dans le Cantique des cantiques , préludait ainsi à ce mystère : « Une seule est ma colombe et ma parfaite amie ; » elle est unique pour sa mère , choisie de préférence entre toutes » par celle qui lui a donné le jour. » Quoi donc ! celui qui ne garde pas l'unité de l'Eglise croit-il garder encore la foi? Celui qui résiste à l'Eglise , qui se révolte contre elle , qui abandonne la chaire de Pierre , sur laquelle est fondée l'Eglise , s'imagine-t-il encore être dans l'Eglise, surtout après que le bienheureux apôtre Paul nous a appris en ces termes quelle est la nature du mystère de l'unité : « Vous n'êtes qu'un corps et qu'un esprit , comme vous avez été » tous appelés à une même espérance. 11 n'y a qu'un Seigneur, » qu'une foi, qu'un baptême, qu'un Dieu. » Nous devons donc maintenir et garder invariablement cette unité , nous surtout évêques , qui sommes placés à la tête de l'Eglise , afin de constater que l'Episcopat est également un et indivisible. Que personne ne trompe ses frères par le mensonge ; que personne ne corrompe la vérité de la foi par une prévarication perfide. Il n'y a qu'un Episcopat , un seul , dont chaque évêque possède une partie solidairement ; il n'y a de même qu'une Eglise , quoique , par les accroissements de sa glorieuse fécondité , elle s'étende à une infinité de membres. Regardez: le soleil envoie beaucoup de rayons, mais il n'y a qu'un foyer de lumière ; l'arbre se divise en beaucoup de rameaux, mais il n'y a qu'un tronc, appuyé sur une racine vigoureuse; la source distribue au loin ses eaux; mais, quelle
qu'en soit l'abondance , chacun de ces ruisseaux part d'une source commune. Séparez le rayon de soleil du foyer qui l'envoie, en détruisant son unité vous détruisez sa lumière ; détachez le rameau de l'arbre qui le nourrit , le fruit ne pourra plus germer ; retranchez un ruisseau de la source qui l'alimente, il tarit aussitôt. Il en va de même de l'Eglise du Seigneur. Soleil universel , elle épanche ses rayons jusqu'aux extrémités du monde ; mais c'est toujours une seule lumière qu'elle envoie, sans^que l'unité du corps soit divisée. Arbre majestueux , elle étend l'immensité de ses rameaux sur toute la terre ; vaste fleuve , elle arrose toutes les contrées par la richesse de ses eaux. Mais partout un même principe , partout une même origine , partout une même mère , riche des trésors de sa fécondité. C'est son sein qui nous a portés, c'est son lait qui nous a nourris, c'est son esprit qui nous anime. L'épouse du Christ repousse toute alliance adultère , sa pudeur est incorruptible ; elle ne connaît qu'une maison ; elle garde avec un soin religieux la sainteté de la couche nuptiale ; elle nous conserve à Dieu , et destine au trône les enfants qu'elle a engendrés. »
6. S. Irénée, adv. hœr., 1. 1 , c. 10 : « Tous les membres (1) de cette Eglise , quoique disséminés sur la terre , sont unis par une même foi , comme si réellement ils vivaient tous ensemble , n'ayant qu'un cœur et qu'une âme , et s'attachent à conserver le dépôt de ces mêmes doctrines ; les prêchant , les enseignant , en continuant partout la tradition , comme s'ils n'avaient tous qu'une même bouche ; car la différence des langues n'altère en rien la force et l'unité de ces traditions : les Eglises de la Germanie ont la même croyance que les autres Eglises ; les Eglises de l'Ibérie , de la Gaule celtique , de l'Egypte , de la Libye , celles qui sont aux extrémités, comme celles qui sont au centre du monde, n'ont qu'une même foi. De même que le soleil, œuvre de Dieu , verse sans cesse sur le monde une lumière toujours la même , ainsi les enseignements de la vérité illuminent des mêmes rayons tous les hommes qui veulent la connaître. Ne croyez pas que le fidèle moins instruit ait une autre doctrine que le pontife éloquent ; tous sont subordonnés au même maître , et l'homme
(1) J'ai suivi ici en grande partie la traduction de M. de Genoude. Il serai peut-être plus conforme au sens du texte de dire tous les pasteurs , au lieu de tous les membres. Voici le texte latin : Hanc prœdicationem
cùm acceperit et hano fidem Ecclesia, et quidem in universum
mundum disse minuta t dilùjenter custodit et consonanter hœcprœ-
dicat et docets etc.
qui sait le moins bien parler en sait toujours assez pour transmettre la tradition sans l'altérer ; la foi étant , comme nous l'avons dit , une et invariable, celui qui peut longuement s'étendre à son sujet n'y ajoute point ; celui qui est inhabile à la développer ne l'amoindrit point. »
7. S. Jérôme, ad Ageruchiam sive Gerontiam de Monogamiâ, Epist. XI, c. 4 : « Ils seront deux dans une même chair, et non dans deux ou dans trois. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à son épouse (Matth. , XIX) , et non certes à ses épouses. Saint Paul , en reproduisant ce témoignage, le rapporte à Jésus-Christ et à l'Eglise , de manière toutefois à représenter le Christ pratiquant avec l'Eglise son épouse une sorte de monogamie spirituelle , comme Adam doit avoir pratiqué une monogamie charnelle. Qu'il n'y ait qu'une Eve en tout , mère de tous les vivants ; et qu'il n'y ait en tout qu'une Eglise , mère de tous les chrétiens. Mais de même que Lamech, cet homme maudit de Dieu , se partagea entre deux femmes , et divisa ainsi , pour ainsi dire , la femme elle-même ; les hérétiques , à son exemple , divisent l'Eglise en plusieurs Eglises différentes , qu'on pourrait , avec saint Jean dans son Apocalypse , appeler à meilleur droit synagogues de Satan , que rassemblements de chrétiens. »
8. S. Chrysostôme, Hom. lin priorem Epistolam ad Corinthios: « L'apôtre appelle l'Eglise ( formée à Corinthe ) l'Eglise de Dieu , pour montrer qu'elle ne doit faire qu'une même Eglise avec les autres. Car si elle est l'Eglise de Dieu , elle n'est donc pas simplement l'Eglise de Corinthe , mais l'Eglise du monde entier. Le nom d'Eglise en effet ne signifie pas séparation , mais plutôt union et accord. »
9. S. Cyprien, Tract, de simplicit. Prœlatorum sive de unit. Ecclesiœ : « Terrassé à l'avènement du Rédempteur, alors que la lumière du salut éclaira les nations et vint réchauffer la terre ; furieux de voir les sourds ouvrir l'oreille à la voix de la grâce , les aveugles tourner vers Dieu des regards dessillés , les infirmes se renouveler dans une immortelle vigueur, le boiteux courir à l'Eglise , le muet trouver une langue pour prier ; le père du mensonge , seul dans ses temples déserts et parmi ses idoles abandonnées, parce que le nombre des chrétiens s'accroissait de jour en jour, imagina de nouvelles ruses. Il se déguisa sous le nom chrétien lui-même , pour mieux tromper. Il inventa les schismes et les hérésies , afin de renverser la foi , d'altérer la vérité , et de déchirer l'unité. H circonvient et conduit à travers des iiiu^ions
nouvelles ceux qu'il n'a pu retenir dans l'aveuglement de leur antique ignorance. C'est au sein de l'Eglise même qu'il choisit ses victimes. Les infortunés! ils se croyaient échappés à la nuit du siècle , et près d'atteindre à la lumière ; mais l'ennemi épaissit autour d'eux d'autres ténèbres, sans qu'ils le sachent, si bien que , tout en rompant avec Jésus-Christ , tout en divorçant avec l'Evangile , ils continuent de s'appeler Chrétiens , et qu'en marchant dans les ténèbres, ils s'imaginent avoir la lumière. Ce n'est pas tout : l'ange de ténèbres se transforme encore, suivant l'apôtre, en ange de lumière. Il dispose ses ministres comme autant de ministres de la justice. Puis, les voilà donnant ai la nuit le nom de jour, à la mort le nom de la vie , au désespoir le nom de l'espérance , à la perfidie le nom de la foi , à l'Antéchrist le nom de Jésus-Christ , afin de mieux ruiner la vérité par des inventions qui en ont l'apparence.
« Quelle est la cause de ce mal, mes frères bien-aimés? C'est qu'on ne remonte point à la source de la vérité ; c'est que l'on se détache du chef; c'est que l'on ne garde point la doctrine du divin législateur. Si l'on veut s'arrêter à ces principes, il ne faut ni une longue discussion, ni beaucoup de preuves. Il est facile de reconnaître où est la foi; il suffit d'interroger brièvement la vérité.
» Le Seigneur dit à Pierre : « Tu es Pierre , et sur cette pierre » je bâtirai mon Eglise ; et les portes de l'enfer ne prévaudront » pas contre elle. Je te donnerai les clés du royaume des cieux. )> Ce que tu lieras sur la terre sera lié au ciel , ce que tu délieras » sur la terre sera délié dans le ciel. » — « Pais mes brebis, dit-il encore au même apôtre après sa résurrection. » C'est sur un seul qu'il bâtit son Eglise ; à un seul qu'il confie le soin de paître ses brebis. Il est bien vrai qu'après sa résurrection il confère à tous ses apôtres une pareille puissance , et qu'il leur dit à tous ensemble : « Comme mon Père m'a envoyé, moi , je vous envoie; » recevez le Saint-Esprit , ceux à qui vous remettrez les péchés , » ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez , ils leur » seront retenus. » Toutefois, pour nous manifester le mystère de l'unité, il voulut, par son autorité divine, que cette unité eût son principe dans un seul. Sans doute les autres apôtres étaient ce qu'était Pierre , élevés à un honneur et à une puissance semblables; mais l'unité est le point de départ, et la primauté est donnée à Pierre, pour montrer qu'il n'y a qu'une Eglise de Jésus -Christ, et qu'il ne doit y avoir qu'une chaire dans cette Eglise. Tous sont pasteurs, mais il n'y a qu'un seul et même
troupeau , que tous les apôtres ensemble doivent gouverner d'un accord unanime. Pour attester encore que l'Eglise de Jésus-Christ est une, le Saint-Esprit, parlant au nom du Seigneur, dans le Cantique des cantiques (Cant., VI, 8) , préludait ainsi à ce mystère : Une seule est ma colombe, etc. Et le reste comme ci-dessus.
10. Le môme, ad Corn. Epist. 55 : « Le schisme et l'hérésie n'ont pas de cause plus ordinaire que le refus d'obéir à l'évêque , institué de Dieu , et l'oubli trop fréquent de cette vérité qu'il n'y a dans l'Eglise qu'un pasteur , vicaire de Jésus-Christ , investi pour le temps présent du sacerdoce el de la judicature. Si , docile aux enseignements divins , la grande famille lui était soumise , dès lors plus de rébellion contre le collège épiscopal. Une fois que la sentence divine aurait prononcé , que le peuple aurait donné son suffrage et les chefs leur assentiment, on ne verrait pas l'audace se constituer le juge non plus seulement de l'évêque , mais de Dieu lui-même , l'unité de l'Eglise mise en lambeaux , et d'orgueilleux sectaires , pleins de complaisance dans leurs pensées , fonder hors de l'enceinte sacrée des hérésies nouvelles.... L'ennemi du Christ ne s'acharne obstinément contre le pilote , que pour mieux consommer le naufrage de l'Eglise , quand la main qui dirige ne tiendra plus le gouvernail. » Saint Cyprien dit encore un peu plus loin : « Pierre, sur qui le Seigneur avait bâti son Eglise , Pierre répond pour tous et au nom de l'Eglise universelle : » « A qui » irions-nous , Seigneur? vous avez les paroles de la vie éternelle. » Nous croyons et nous savons que vous êtes le Christ , fils du » Dieu vivant. » 11 témoignait par-là que s'éloigner de Jésus-Christ, c'est périr par sa faute ; que l'Eglise qui croit en Jésus-Christ , et garde invariablement la foi qu'elle a embrassée , ne se détache jamais du Seigneur , et qu'enfin ceux-là forment l'Eglise , qui se maintiennent constamment dans la maison sainte. » Plus loin encore , saint Cyprien ajoute : « L'hérésie consommée , ils lui donnent un prétendu chef ; puis les voilà qui traversent les mers , afin d'aller porter les lettres des schismatiques et des profanes au siège de Pierre , à l'Eglise principale , d'où émane l'unité sacerdotale , sans songer qu'ils s'adressent à ces mêmes Romains à la foi desquels l'apôtre a rendu un glorieux témoignage , et auprès de qui le parjure n'a point d'accès. »
14 . Le même , ad Florentium sive Puppîanum, Epist. 69 : « Loin de moi la vaine gloire et la jactance! Je ne parle qu'à regret, parce que vous vous constituez le juge de Dieu et de son Christ , qui a dit aux apôtres , et dans leurs personnes aux successeurs
des apôtres : « Qui vous écoute , m'écoute , et celui qui m'écoute , » écoute celui qui m'a envoyé. Qui vous repousse , me repousse , » et repousse en même temps celui qui m'a envoyé. » Telle est la source la plus commune du schisme et de l'hérésie. Une présomption orgueilleuse commence par faire mépriser l'évêque , le seul qui ait le droit de gouverner l'Eglise , et quand Dieu a prononcé hautement sur la dignité du pontife , les hommes le déclarent indigne ! Notre-Seigneur lui-même , à la vue de quelques disciples qui l'abandonnaient pendant qu'il parlait , se tourne vers les douze apôtres et leur dit : « Et vous , songez-vous à me quitter aussi ? » — Seigneur, lui répondit Pierre , à qui irons-nous? Vous avez )) les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru, et nous avons » reconnu , que vous êtes le Christ , le Fils du Dieu vivant. » C'est Pierre qui répond , cette pierre sur laquelle avait été bâtie l'Eglise. Il nous a enseigné par là , au nom de l'Eglise , qu'au milieu de la désertion de quelques rebelles qu'entraîne l'esprit d'orgueil , jamais l'Eglise ne se sépare de Jésus-Christ , et que l'Eglise , c'est le peuple uni à son évêque , le troupeau attaché aux pas de son pasteur. Sachez donc que l'évêque est dans l'Eglise, l'Eglise dans l'évêque ; n'être pas avec l'évêque , c'est être hors de l'Eglise. Oui, c'est une vaine illusion que de se croire en communion avec l'Eglise parce que , tout en ne gardant pas la paix avec les évêques , on entretient secrètement et dans l'ombre une certaine communion avec quelques-uns. L'Eglise catholique est une; chez elle point de rupture, ni de scission. Tous les membres se tiennent indivisiblement , et les évêques , unis ensemble , sont le lien de cette magnifique unité. »
12. S. Irénée, adv. hœres. lib. III a c. 3 : « C'est à cette Eglise de Rome , à cause de sa primauté prédominante (propter potentiorem principalitatem), que doivent se rattacher toutes les autres Eglises et tous les fidèles répandus sur toute la terre , la considérant comme la dépositaire fidèle et indéfectible de la tradition transmise par les apôtres : In quâ semper ab his qui sunt undique, conservata est ea qitœ est ab apostolis traditio. »
13. S. Jérôme, ad Damasum, Epist. 57 : « Sans reconnaître rien au-dessus de Jésus-Christ , je suis uni de communion à votre béatitude , et par elle à la chaire de Pierre : c'est sur cette pierre que je sais que l'Eglise a été bâtie. Quiconque mange l'Agneau hors de cette maison , est un profane ; quiconque ne sera pas dans l'arche de Noé , périra dans les eaux du déluge... Quiconque ne moissonne point avec vous , dissipe son grain ; c'est-â-dire , que
quiconque n'est pas du côté de Jésus-Christ est de celui de l'Antéchrist. »
44. Le même au même, Epist. 58 : « En attendant, je ne me lasse pas de crier : Si quelqu'un est uni avec la chaire de Pierre , il peut me regarder comme à lui. »
45. S. Léon-le-Grand , ad Episcopos per Viennensem provinciam constitutos, Epist. 89 : « Tel est le plan sur lequel notre Seigneur Jésus-Christ , Sauveur du genre humain , a établi sa religion qui , par un effet de la grâce divine , doit éclairer toutes les nations et tous les peuples , que la vérité , qui ne se trouvait autrefois que dans les livres de la loi et des prophètes , est maintenant publiée par la trompette apostolique pour le salut de tout le genre humain, selon ce qui est écrit dans les Psaumes (Ps. XVIII, 5) : Leur bruit s'est répandu par toute la terre , et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde. Mais, tout en confiant à chacun des apôtres cette sainte et sublime fonction , Notre-Seigneur a établi principalement saint Pierre , le premier de tous , pour que ses dons se répandissent de cet apôtre dans toutes les parties de son Eglise , comme du chef dans tout le corps , et aussi pour que personne n'eût la prétention d'appartenir à la religion qu'il avait fondée , si l'on ne s'appuyait en même temps sur la foi de Pierre (hujus muneris sacramentum ità Dominus ad omnium apostolorum officium pertinere voluit, ut in beatissimo Petro, apostolorum omnium summo, principaliter collocaret, ut ab ipso, quasi quodam capite, dona sua velut in corpus omne diffunderet, ut exortem se mysterii intellîgeret esse divini y qui ausus fuisset à Pétri soliditate recedere). Car se personnifiant , pour ainsi dire , dans ce disciple privilégié , il lui a donné un nom qui lui appartenait plutôt à lui-même , lorsqu'il lui a dit : Tu es Pierre , et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise (hune enim in consortium individuœ unitalis assumptum3 id quod ipse erat, voluit nominari, dicendo : Tu es Petrus, etc.) ; afin que cet édifice destiné à durer toujours , reposât tout entier sur Pierre comme sur son solide fondement , par un effet admirable de la grâce divine (ut œterni œdificatio templi 9 mirabili munere gratiœ Del, in Pétri soliditate consister et) : ne donnant point à son Eglise d'autre moyen de solidité que celui-là , pour qu'elle n'eût rien à craindre ni des attentats de la témérité humaine , ni de tous les efforts des puissances de l'enfer (Me Ecclesiam suam flrmitate corroboranSj ut illam nec humana temeritas posset appeler e9 nec portœ contra illam inferi prœvalerent). Et quoique le pouvoir de lier et de délier ait été déjà confié à Pierre plus qu'à tous les
autres apôtres , c'est encore plus spécialement à lui qu'a été remis le soin de paître les brebis de son troupeau (Cui Petro, cmnprœ cœteris solvendi et ligandi tradita sit potestas, pascendarum tamen ovium cura specialiùs mandata est). Lui refuser donc la primauté, ce ne serait pas là certes être assez puissant pour le dépouiller de son privilège divin , mais ce serait bien plutôt être assez aveuglé par l'esprit d'orgueil pour se précipiter soi-même dans l'enfer (Cui quisquis principatum œstimat denegandum , illius quidem nullo modo potest minuere dignitatem, sed inflatus spiritu superbiœ suœ, semetipsum in inferna demergit). »
16. S. Augustin, Enchirid. ad Laurentium, c. 56 : «L'ordre naturel de notre confession (de foi) demandait qu'aux articles qui concernent la Trinité on joignît immédiatement celui qui concerne l'Eglise, comme, après avoir parlé de Dieu, il est naturel de parler de son temple; d'une maison, après celui qui l'habite ; d'une ville enfin, après celui qui l'a fondée. »
17. Le même , inPs. 85, Super ea verba , Custodi animam meam quoniam sanctus sum : « Que le corps qui appartient au Christ ne craigne pas , que chacun des mêmes membres de ce corps ait la hardiesse de crier des extrémités de la terre à son chef et sous l'influence de son chef : Sanctus sum, je suis saint. Car cet individu a reçu la grâce de la sainteté en recevant le baptême et la rémission de ses péchés. Que chaque fidèle dise de même : Sanctus sum, je suis saint. Ce n'est point là un acte d'orgueil , c'est un témoignage de reconnaissance. Dites à votre Dieu : Je suis saint; mais en ajoutant : Et c'est vous qui m'avez sanctifié. Car si tous les chrétiens , ou tous les fidèles baptisés en Jésus-Christ , sont revêtus de lui , selon ce qu'a dit l'apôtre aux Galates (III , 27) : Vous tous qui avez été baptisés en Jésus-Christ, vous avez été revêtus de Jésus-Christ; s'ils sont devenus membres de son corps et qu'ils disent cependant qu'ils ne sont pas saints , ils font injure à ce chef lui-même , dont tous les membres doivent être saints (capiti ipsi faciunt injuriam, cujus membra sancta sunt). »
18. S. Bernard, Serm. Z, in vigil. Nativ. Domini : « Vous saurez aujourd'hui que le Seigneur viendra (paroles de l'introït). Ces paroles, imitées de l'Ecriture (Exod., XVI, 6), ont été dites , il est vrai , dans d'autres circonstances de temps et de lieu ; mais ce n'est pas sans propos que notre mère la sainte Eglise les a accommodées à la vigile de la Nativité de Notre-Seigneur : l'Eglise, disons-nous, qui est toujours assistée des conseils comme de l'Esprit de son époux et de son Dieu , qui se plaît à prendre son
repos dans son sein devenu ainsi le trône principal où se dilate son cœur. Car c'est cette Eglise qui , comme l'épouse des Cantiques , a véritablement blessé le cœur du divin époux ; c'est à elle qu'il a été donné de plonger son regard amoureux dans l'abîme le plus 'profond des secrets de Dieu, en sorte que le cœur de celui-ci est devenu son asile à elle-même , comme son propre cœur est à toujours l'asile de son divin époux. »
19. S. GRÉGoiRE-le-GiuND , Moraliu/ni , lib. 35, c. 6 : « L'Eglise catholique est la seule des mains de laquelle le Seigneur accepte volontiers nos sacrifices, la seule qui intercède avec confiance pour le salut des pécheurs. De là vient que Dieu avait donné cet ordre , même par rapport à l'agneau pascal , de le manger dans une même maison et de ne transporter dehors rien de sa chair (Exod., XII, 46). L'agneau est mangé en effet dans une même maison ; car c'est dans l'Eglise catholique, et non ailleurs, qu'est immolée la vraie victime qui efface nos péchés. Or, la loi divine défend de porter dehors quoi que ce soit de sa chair ; car elle interdit de donner les choses saintes aux chiens (Matt., VII, 6). Elle est la seule dans laquelle les bonnes œuvres se fassent avec fruit, de même que dans la parabole des vignerons il n'y eut que ceux qui avaient travaillé dans la vigne du père de famille qui reçurent leur denier pour récompense. Elle est la seule qui , comme une arche fortement liée , assure le salut à tous ceux qui cherchent en elle leur refuge et qui s'y mettent sous la sauvegarde de la charité , ce lien de toute perfection {Col., III, 14). Ainsi l'arche de Noé s'élevait-elle vers le ciel à l'aide des eaux mêmes du déluge, tandis que ceux qui étaient hors de l'arche n'y trouvaient que la mort. Elle est la seule qui offre à notre piété la fidèle image des mystères célestes, selon ce que Dieu dit à Moïse (Exod., XXXIII, 21): Il îj a un lieu où je suis , où vous vous tiendrez sur la pierre ; et deux lignes plus loin (Ibid. , 23) : Tolérai ma main et vous me verrez par-derrière, Car il n'y a que l'Eglise catholique de laquelle, comme d'un roc élevé , on puisse découvrir la vérité ; et c'est pour cela que Dieu ajoute qu'il y a un lieu où il est et d'où l'on peut le voir. »
20. S. IiubÉE, adv. hœres. lib. III, c. 25 : « Dieu, comme dit saint Paul, a établi dans son Eglise, premièrement des apôtres, secondement des prophètes , troisièmement des docteurs, » et tout le reste de cette hiérarchie que le Saint-Esprit dirige et dont sont exclus nécessairement tous ceux qui ne marchent pas avec l'Eglise, et qui, par leur conduite criminelle, prononcent leur propre con-
damnation et s'excluent eux-mêmes de la vie éternelle. Car, là où est l'Eglise , là est l'Esprit de Dieu ; et là où est l'Esprit de Dieu , là est l'Eglise et la source de toute grâce : et enfin là est l'esprit de l'Eglise , c'est-à-dire la vérité même. Aussi ceux qui ne reçoivent pas les émanations de cet esprit , ne seront pas admis à boire du lait de vie aux mamelles de cette mère commune , qui est l'Eglise , ni à goûter , en se nourrissant du corps du Christ , des eaux de la fontaine ineffable de l'immortalité ; mais , pour parler le langage du prophète , ils se creusent des citernes et ne boivent que des eaux fétides et corrompues ; ils redoutent la foi de l'Eglise qui serait leur condamnation , et ils rejettent l'Esprit qui. confondrait leur ignorance. Ceux donc qui se sont ainsi séparés sont condamnés à flotter à tout vent de doctrine. »
21. S. Augustin, ad Severin. consanguineum suum, Epist. 52 (édit. S. Maur) : « Vous voyez combien c'est une chose déplorable, que nous, qui sommes frères selon la chair, nous ne soyons pas de société dans le corps de Jésus-Christ , tandis surtout qu'il vous est si facile d'observer et de voir cette cité bâtie sur la montagne, et de laquelle le Seigneur dit dans l'Evangile qu'elle ne saurait être cachée (Matt., V, 15). Cette cité, en effet , c'est l'Eglise catholique, appelée de ce nom grec K<x9o\txri9 parce qu'elle est répandue par tout l'univers. Il n'est permis à personne d'ignorer l'existence de cette Eglise , et voilà ce qui a fait dire à notre Seigneur qu'elle ne saurait être cachée. »
22. Le même, ad donatistas, Epist. 105 (édit. S. Maur) : <c Les Ecritures nous ont fait connaître Jésus-Christ , les Ecritures nous ont fait connaître aussi l'Eglise. Ces Ecritures, nous les possédons en commun ; pourquoi n'y gardons-nous pas de même en commun Jésus-Christ et son Eglise? Si nous reconnaissons Jésus-Christ dans ces paroles de l'apôtre (Gai., III , 16) : Les promesses de Dieu ont été faites à Abraham et à sa race; l'Ecriture ne dit pas à ceux de sa race , comme s'il eût voulu marquer plusieurs ; mais à sa race , c'està-dire à l'un de sa race, qui est Jésus-Christ ; nous reconnaissons aussi l'Eglise dans ces paroles de Dieu à Abraham : Toutes les nations seront bénies dans votre race. Si nous reconnaissons Jésus-Christ dans ces paroles que David lui met à la bouche : Vous êtes mon fds y je vous ai engendré aujourd'hui (Ps. Il \ 7) ; nous reconnaissons aussi l'Eglise dans celles qui suivent : Faites-m'en la demande, et je vous donnerai les nations pour votre héritage, et j'étendrai vos possessions jusqu' aux extrémités de la terre. Si nous reconnaissons Jésus- Christ dans ce passage d'un autre psaume : Il est là-même comme
un époux qui sort de sa chambre nuptiale , il sort plein d'ardeur pour courir comme an géant dans sa carrière (Ps. XVIII , 6 et 7) ; nous reconnaissons aussi l'Eglise dans ce que nous lisons immédiatement après (Ibid., 5 et 6) : Leur bruit s'est répandu par toute la terre, et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde : il a établi sa tente dans le soleil. C'est l'Eglise elle-même qui est établie dans le soleil, puisqu'elle est visible pour tous d'une extrémité du monde à l'autre. » S. Augustin continue à rapporter plusieurs autres témoignages de l'Ecriture, tels que ces paroles du psaume XXI, 28 : La terre dans toute son étendue se convertira au Seigneur; ces autres du psaume LVI, 12:0 Dieu, élevez-vous au-dessus des deux, et que votre gloire éclate sur toute la terre; celles-ci du psaume LXXI, 8 : Et il régnera depuis une mer jusqu'à une autre mer ; ces autres des prophéties de Daniel , II , 55 , que la pierre aperçue en vision grossit et devint une grande montagne qui remplit toute la terre ; ces autres d'Habacuc, III, 2 : La terre est pleine de ses louanges; ces autres d'Isaïe, LIV, 1 : Réjouissez-vous, stérile, qui n'enfantiez point; celles-ci du psaume XLIX, 1 et 2 : Et il a appelé la terre depuis le levant jusqu'au couchant ; ces autres enfin de Sophonie, II, 11 : JZ sera adoré par chaque homme dans chaque pays et par toutes les îles où habitent les nations. »
23. Le même, contra epist. manicheiquam vocant fundamenti, c. h : « Pour ne rien dire de cette sagesse sans défauts que vous refusez de voir dans l'Eglise catholique , il y a bien d'autres motifs encore qui me retiennent dans son sein. Ce qui m'attache à elle, c'est le consentement des peuples et des nations ; c'est son autorité inaugurée par les miracles , nourrie par l'espérance , accrue par la charité, fortifiée par la durée des âges. Ce qui me tient attaché à elle , c'est la succession de ses évêques , depuis l'apôtre Pierre , à qui le Seigneur , après sa résurrection , a recommandé le soin de son troupeau , jusqu'à celui qui occupe aujourd'hui le même siège ; ce qui m'attache à elle enfin , c'est son nom même de catholique , qu'elle seule , entre tant de sectes qui se sont élevées , elle a toujours conservé à juste titre , au point que, malgré la prétention qu'ont tous les hérétiques de se faire passer pour catholiques, aucun d'eux cependant n'ose montrer sa maison ou sa basilique , comme on voudra l'appeler , à tel étranger qui lui demandera quel est l'endroit où se rassemble la communauté catholique. »
24. Le même, Lib. deverareligione, c. 7 : « Nous devons nous tenir attachés à la religion chrétienne et à la communion de cette
Eglise qui est catholique , et qui est appelée catholique , nonseulement par ses enfants , mais par la bouche même de tous ses ennemis : les hérétiques et les schismatiques étant forcés, malgré qu'ils en aient , de l'appeler catholique , lorsqu'ils ne parlent pas avec ceux de leur secte , mais avec les étrangers, parce qu'ils ne peuvent pas se faire entendre, en parlant d'elle, autrement qu'en la distinguant des autres par le nom que lui donne toute la terre. »
2a. S. Pacien, évêque de Barcelone, Epit. ï9 ad Sympronianum novatian. de catholico nomine, s'adresse en ces termes à ce novatien : « Du temps des apôtres, dites-vous, personne ne s'appelait catholique. Je veux bien qu'il en ait été ainsi; mais lorsqu'après les apôtres les hérésies ont commencé à s'étendre , et que , sous des noms divers , chacune d'elles a porté atteinte à la pureté de cette colombe , à l'honneur de cette reine que nous appelons l'Eglise de Dieu , le peuple héritier de la foi des apôtres ne devait-il pas recevoir un surnom qui le fît reconnaître et servît à le maintenir dans son unité , de peur que la foi de quelques-uns ne vînt à être surprise par les ruses cachées des novateurs? Ne convenait-il pas de désigner par un titre spécial la société à laquelle appartenait le premier rang? Si j'étais pour entrer dans une ville considérable, et que j'apprisse qu'il y aurait dans cette ville des marcionites , des apollinaristes , des cataphrygiens , des novatiens et d'autres encore de cette espèce qui se disent chrétiens , par quel surnom aurais-je à distinguer le peuple qui partagerait ma foi, sinon par celui de catholique? Mais qui est-ce, je vous prie, qui a donné aux autres communautés les noms qui les distinguent? Celui qui me demande d'où me vient le nom de catholique serait bien embarrassé de me répondre , si je lui demandais la 1 cause du nom qu'il porte lui-même. Il avouera du moins qu'il , n'est pas emprunté des hommes , ce nom qui dure déjà depuis tant de siècles. Reconnaissons-le, ce nom de catholique ne sent ni' son Marcion , ni son Apelles , ni son Montan , ni tout autre hérétique qu'il aurait pour auteur. Rappelons ensuite que bien des choses nous ont été enseignées par l'Esprit-Saint , que Dieu a envoyé du ciel aux apôtres pour être leur consolateur et leur maître en même temps. Ce que je sais , c'est que chrétien est mon nom, et catholique mon surnom. Voilà ce qui me distingue, voilà ce qui me montre au doigt, voilà ce qui me fait connaître pour ce que je suis. Enfin , si l'on veut à tout prix que je donne la raison de mon surnom de catholique , ou que je rende par un mot latin
ce mot d'origine grecque , je dirai que ce mot signifie ce qui est partout le même, ou suivant l'interprétation d'autres plus instruits, Y obéissance à tout, c'est-à-dire à tous les commandements de Dieu. Donc, qui dit catholique, dit celui qui obéit : celui qui otoéit , c'est le chrétien ; et ainsi le vrai chrétien , c'est le catholique. Ce nom sert donc on ne peut mieux à distinguer nos fidèles de tous ceux à qui revient un nom d'hérétique , quel qu'il soit, »
26. Vincent de Lérins, dans son Commonitorium advenus profanas omnium hœreseon novationes : « Il n'y a de vraiment catholique que celui qui aime la vérité de Dieu , qui aime l'Eglise, qui aime le corps mystique de Jésus-Christ , qui met avant tout la religion et la foi catholique , qui ne lui préfère ni l'autorité , ni l'affection , ni le génie , ni l'éloquence , ni la science d'un homme quel qu'il soit ; mais qui, méprisant tout cela, et demeurant ferme et inébranlable dans la foi , ne veut admettre et croire que ce qu'il sait avoir toujours été admis par l'Eglise universelle ; qui n'accepte point pour la vraie doctrine , mais regarde au contraire comme une tentation pour les fidèles toute nouveauté qu'un seul isolément ou contre le sentiment de tous ose enseigner dans l'Eglise.» Au commencement de cet ouvrage, l'auteur avait dit : « Dans l'Eglise catholique elle-même , on doit avoir grand soin de s'en tenir à ce qui a été cru dans tous les lieux , dans tous les temps et par tous les fidèles : Magnopere curandum est, ut id teneamus, quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est. Car voilà ce qui est vraiment et proprement catholique , comme le déclare la signification du mot lui-même , qui exprime l'idée de généralité. Et c'est ce que nous obtiendrons , si nous nous attachons tout à la fois à l'antiquité, à l'universalité et au consentement unanime. Nous suivrons l'universalité , si nous reconnaissons pour la seule vraie foi celle que toute l'Eglise confesse dans tout l'univers; l'antiquité , si nous ne nous écartons en rien des sentiments que nous savons avoir été ceux de nos pères dans la foi ; le consentement, enfin, si entre les croyances, même les plus anciennes, nous nous attachons de préférence à celles qu'ont adoptées et définies tous , ou du moins, presque tous les évêques et les docteurs de toutes les Eglises. Mais que doit faire un chrétien lorsqu'une faible partie de l'Eglise se sépare de la communion du reste des fidèles? Ce qu'il doit faire? Préférer le corps entier et resté sain, à un membre isolé et corrompu. Que s'il arrive qu'une nouvelle erreur menace d'infecter toute l'Eglise, il doit s'attacher à l'an-
tiquité, dont il n'y a point à craindre qu'elle se laisse séduire par les artifices trompeurs de la nouveauté.
Mais que fera-t-il , si dans l'antiquité même , il trouve que deux ou trois personnes , ou des villes mêmes et des provinces se sont écartées du sentiment des autres? Alors il saura préférer à la témérité ou à l'ignorance du petit nombre , la doctrine la plus générale et la plus ancienne , surtout si elle se trouve établie par les décrets de quelque concile universel. Que si enfin on se trouve dans une conjoncture plus embarrassée, où le vrai soit plus difficile à démêler du faux, alors il faut consulter les docteurs approuvés qui ont vécu en divers lieux et en divers temps dans la communion de l'Eglise , et tenir pour certain ce que tous ont enseigné clairement , unanimement et sans varier. »
27. S. Jérôme, Dialog. adv. Luciferianos , c. 9 : « Je vais vous dire en peu de mots mon sentiment , qui n'a rien de secret : c'est qu'il faut s'attacher à cette Eglise qui , fondée par les apôtres , a continué d'exister jusqu'à nos jours. Si quelques-uns de ceux mêmes qui se disent chrétiens vous sont désignés comme portant d'autres noms que celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ , et tels , par exemple , que ceux de marcionites , de valentiniens , de montanistes ou de cataphrygiens (1); sachez bien que ce n'est plus là l'Eglise de Jésus-Christ , mais plutôt une synagogue de l'Antéchrist. Car, par cela seul que l'existence de leur secte est postérieure au temps des apôtres , ils font bien voir qu'ils sont de ceux contre l'apparition future desquels les apôtres nous ont prémunis dans leurs épîtres (I Tim., IV). »
28. Le V. Bède , in sextum caput Canticortim : « De même qu'il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême, qu'un Dieu enfin , Père de toutes choses , de même , il n'y a qu'une Eglise catholique , qui renferme tous les élus (2) , et qui embrasse tous les temps et tous les lieux , rendant partout et toujours un culte légitime au même Dieu et Père. »
29. S. Augustin, Tract. 32 in Evang. Joannis : « L'Eglise est le corps de Jésus -Christ, et vous êtes un membre de ce corps.
(i) Il y a dans le latin Monteuses sive Campitas, mots qui , rapprochés l'un de l'autre, renferment à raison de leur étymologie une antithèse grammaticale impossible à rendre en français.
(2) Peut-il y avoir des élus, c'est-à-dire, peut-on se sauver hors de l'Eglise catholique? Cette question a été solidement traitée par le R. F. Perronne dans son ouvrage intitulé : Le Protestantisme et la règle de foi, t. Il, p. 381 et suiv. de la traduction française.
110 DE LA FOt
Puis donc que vous êtes membre d'un corps qui parle toutes les langues, croyez que vous les parlez toutes aussi. Car l'unité des membres exige qu'il y ait accord entre eux par la charité; et l'unité a son langage commun à tous ceux qui la composent, comme il n'y avait alors qu'un homme à parler au nom de tous. Les dons du Saint-Esprit, nous dit l'apôtre (I Cor. XII, 7 et S), se font connaître au dehors , et sont donnés à chacun pour l'utilité de tous les autres : Van reçoit du Saint-Esprit le don de parler avec une haute sagesse, etc. Vous direz peut-être que vous n'avez rien de tous ces dons que j'ai énumérés. Mais aimez seulement, et vous ne pourrez pas dire que vous n'ayez rien de ces dons ; car si vous aimez l'unité , vous possédez en commun tout ce qu'en possèdent les autres qui entrent dans la même unité. Mettez l'envie de côté , et tout ce que j'ai est à vous ; mettez l'envie de côté , et tout ce que vous avez est à moi. L'envie sépare , la charité unit. Dans le corps humain il n'y a que les yeux qui voient ; mais voient-ils pour eux seuls? Non, sans doute; mais ils voient pour les mains aussi, et pour les pieds, et pour tous les autres membres. Car si , par exemple , les pieds sont sur le point de heurter contre quelque écueil , les yeux voient le danger , et avertissent les pieds de se tenir en garde. »
30. Eusèbe de Césarée, Eccl. hist., lib. VII, c. 19, parlant de l'évêque Nepos et de son schisme , rapporte , d'après Denis d'Alexandrie , de quelle manière ce dernier sut éclairer les prêtres qu'il avait trouvés infectés de l'hérésie des millénaires , et comme ceux-ci à leur tour, une fois instruits de la vérité , se montrèrent tout disposés à l'embrasser et à renoncer en même temps à leur schisme et à leur erreur.
31. S. Augustin, lib. II, de Baptismo contra Donatistas , c. 6: « Vous donc , Donatistes , que dites- vous à cela ? Si notre doctrine sur le baptême est conforme à la vérité , tous ceux qui pensaient autrement du temps de Cyprien n'ont pas été pour cela séparés de l'unité de l'Eglise , tant qu'ils n'avaient pas appris de Dieu ce qu'il y avait à corriger dans leur sentiment. Mais vous , pourquoi par un schisme sacrilège avez- vous rompu le lien de la paix ? » Le saint docteur explique ensuite dans les termes qu'on va lire le crime qu'il y a à faire schisme dans l'Eglise : « Dans ces temps où Dieu apprenait par des châtiments exemplaires à prendre garde de retomber dans le péché ; lorsque le peuple se fut fait une idole et l'eut adorée (Exod., XXXII); qu'un roi impie eut brûlé un livre de prophéties dans sa colère (Jerem.. XXX Vî) ; que d'autres eurent
essayé de créer un schisme (Num., XVI) : l'idolâtrie fut punie avec le glaive , l'acte sacrilège commis contre le livre du prophète fut puni par une guerre désastreuse et par une dure captivité , le schisme fut puni dans ses auteurs par la terre qui les engloutit vivants, ou par le feu du ciel, qui les consuma. Qui après cela pourrait douter qu'un crime réprimé par des peines si terribles soit énorme devant Dieu ? »
52. Le même , écrivant à saint Jérôme , Epist. 82 , lui fait voir qu'il a pu combattre son sentiment sans blesser la charité , de la même manière que saint Paul avait pu reprendre saint Pierre.
55. Le même , Lib. de verâ religione, c. 6 , dit en parlant des bons chrétiens : « La providence de Dieu permet souvent que des hommes même vertueux soient chassés de la communion de l'Eglise par des troubles et des tumultes que des âmes charnelles excitent contre eux ; ce qui arrive , afin qu'après avoir souffert avec une patience exemplaire cette ignominie et cette injure, pour conserver la paix de l'Eglise , sans vouloir y former quelque nouveau schisme ou quelque nouvelle hérésie , ils apprennent à tout le monde par leur exemple combien nous devons servir Dieu avec une affection véritable et une charité sincère. Dans des conjonctures semblables, les hommes vraiment vertueux dont il s'agit sont disposés, ou à reprendre le cours paisible de leurs travaux après que la tempête sera passée, ou s'ils ne le peuvent faire, et qu'ils voient que l'orage dure toujours, ou qu'ils craignent que leur retour n'occasionne les mêmes troubles ou encore de plus grands , ils restent toujours dans la même disposition de faire du bien à ceux-là mêmes qui les ont expulsés par leurs violences et leurs cabales; et sans former de conventicules particuliers, ils soutiennent jusqu'à la mort , et continuent à confirmer par leur propre conduite la foi qu'ils savent être enseignée dans l'Eglise catholique. Ces âmes magnanimes recevront en secret du Père céleste , qui les voit dans le secret , la couronne qu'elles auront méritée. Des cas de cette espèce paraîtront peut-être rares, mais il y en a pourtant, et plus qu'on ne saurait croire. C'est ainsi que la divine Providence se sert de toute sorte d'hommes comme d'exemples , pour le bien des âmes et pour l'instruction du peuple spirituel. »
54. Le même , Serm. 181 de tempore, c. 15 : « La communion des saints , c'est-à-dire , que nous devons rester unis par l'espérance et par la charité avec les saints qui sont morts dans la foi que nous avons nous-mêmes embrassée. Si donc nous voulons
communier avec eux dans l'éternelle vie , occupons-nous actuellement de les imiter. Car il faut qu'ils aperçoivent en nous quelque chose de leurs vertus , pour qu'ils daignent intercéder en notre faveur auprès de Dieu. »
35. Le même , Enchirid., c. 56 : « Il faut entendre ici l'Eglise entière , et non-seulement la partie de cette Eglise qui accomplit ici -bas son pèlerinage, en s'occupant à louer le Seigneur du couchant à l'aurore , attendant pour chanter un cantique nouveau qu'elle soit délivrée de sa captivité ; mais encore la partie de cette Eglise qui , depuis qu'elle a été créée , a toujours habité dans les cieux , et n'a jamais éprouvé la vicissitude du péché. Elle se compose des saints anges , qui ne cessent de venir en aide à leurs frères d'ici-bas ; et ces deux sociétés , destinées à être réunies dans le séjour de l'éternité , le sont déjà d'esprit par les liens de la charité, ayant l'une et l'autre également pour fin de servir un seul et même Dieu. »
36. Le même , Lib. XX de Civitate Dei, c. 9 : « Les âmes des fidèles morts en état de grâce ne sont pas séparées de l'Eglise qui dès à présent est le royaume de Jésus-Christ ; autrement on n'en ferait point mémoire à l'autel quand on est pour participer au corps du Sauveur, et il ne servirait de rien de recourir au baptême dans le danger, pour ne pas sortir du monde sans avoir reçu ce sacrement ; ni à la réconciliation , lorsqu'on a été séparé de ce même corps soit par pénitence soit pour sa mauvaise vie. Pourquoi toutes ces pratiques , sinon parce que les fidèles , tout morts qu'ils sont , ne laissent pas d'être membres de l'Eglise ? »
37. S. Grégoire, Dialogor., lib. IV, c. 39 : « Nous devons croire qu'il y a un purgatoire ou un feu destiné à purifier avant le jugement les âmes coupables de fautes légères , puisque la vérité ellemême a dit (Matth., XII, 32) : Si quelqu'un vient à parler contre le Saint-Esprit , il ne lui sera remis ni en ce siècle , ni dans le siècle à venir. » Le reste de ce passage se trouvera plus bas , au chapitre du sacrement de pénitence, question IX , témoignage 12.
38. S. Augustin, ad Bonif. comitem, Epist. 50, al. 185 : « Tous tant que nous sommes, nous ne formons qu'un même corps en Jésus-Christ (Rom., XII, 5). Ainsi donc, que personne ne prétende être juste , s'il est séparé de l'unité de ce corps. Car de même qu'un membre retranché d'un homme vivant auquel il appartient , ne peut pas posséder l'esprit de vie , de même celui qui est retranché du corps de Jésus-Christ, ce juste par excellence, ne peut pas posséder l'esprit de justice, quand même il conti-
nuerait à conserver la forme d'un membre de ce même corps. » Saint Augustin dit encore vers la fin de cette lettre : « L'Eglise catholique est la seule qui soit le corps de Jésus-Christ , comme Jésus-Christ est à la fois son chef et son Sauveur. Hors de ce corps, personne ne peut être vivifié par l' Esprit-Saint (1) ; parce que, comme le dit l'Apôtre , la divine charité est répandue dans nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné (Rom., V, 5). Mais celui qui est ennemi de l'unité ne saurait participer à la charité divine. Ceux-là donc n'ont pas l'Esprit-Saint, qui sont hors de l'Eglise. Car c'est d'eux qu'il est écrit ( Jud., 19) : Ce sont des gens qui se séparent eux-mêmes, des hommes sensuels, qui n'ont point l'Esprit de Dieu. Mais celui-là ne l'a pas non plus, qui n'est que fictivement dans l'Eglise, puisque nous lisons aussi (Sap., 1, 5) : Lï Esprit-Saint qui est le maître de la science fuit le déguisement. Celui donc qui veut avoir l'Esprit-Saint doit prendre garde , et de demeurer hors de l'Eglise , et d'y entrer frauduleusement. Ou s'il y est entré de cette manière , qu'il prenne garde d'y rester dans cet état de dissimulation , mais qu'il entre plutôt dans la disposition sincère d'être greffé véritablement sur l'arbre de vie. »
39. Le même, ad Donatistas, Epist. 15, aliàs 141 : « Quiconque donc est séparé de cette Eglise catholique , quelque louable d'ailleurs que soit sa vie ou qu'elle lui paraisse à lui-même , par cela seul qu'il est hors de l'unité de Jésus-Christ , ne peut avoir une vie véritable , mais la colère de Dieu demeure sur sa tête. »
40. Le même, Lib. de unit. EccL, c. IV : « Quiconque n'est pas en communion avec l'Eglise , est hors de l'Eglise , quand bien même il serait d'accord avec nous et avec l'Ecriture sur la question de son chef (invisible) , parce qu'il contredit le témoignage de Jésus-Christ lui-même , au sujet du corps de Jésus-Christ , qui
est l'Eglise Ceux , par exemple , qui croient que Jésus-Christ
est venu dans une chair véritable , qu'il est véritablement ressuscité dans cette même chair dans laquelle il est né et a souffert, qu'il est le Fils de Dieu , Dieu en Dieu , etc., mais qui cependant ne sont pas en communion avec l'Eglise entière, répandue par toute
(i) Observons ici avec attention que saint Augustin ne dit pas qu'on ne puisse être vivifié hors du corps de l'Eglise, mais hors du corps de Jésus-Christ , ce qui est bien différent ; car, par le corps de Jésus-Christ, il faut entendre ici non le corps de l'Eglise, mais l'Eglise elle-même, ou plutôt son âme. Et quand on dit, hors de l'Eglise point de salut, on ne veut pas dire hors du corps de l'Eglise point de salut, mais hors de l'àme de l'Eglise.
la terre , et font schisme avec quelqu'une de ses parties , sont évidemment par cela seul hors de l'Eglise catholique, a
41. Ibid., c. XIX : « Personne ne parvient au salut et à la vie éternelle , s'il n'a Jésus-Christ pour chef. Et d'un autre côté personne ne pourra avoir Jésus-Christ pour chef , s'il n'appartient en même temps à son corps, qui est l'Eglise. »
42. S. Fulgence, Lib. defide adPetrumdiac, c. 37 : « Croyez fermement et sans hésitation , que nul de ceux qui sont baptisés hors de l'Eglise , ne pourra être admis à posséder la vie éternelle , si avant de mourir il n'est rendu et incorporé à l'Eglise catholique. Car, comme le dit l'Apôtre ( / Cor., XIII, 2 ), quand j'aurais toute la foi possible, que je pénétrerais tous les mystères, si je n'ai pas la charité , je ne suis rien. Et nous ne voyons pas non plus qu'au moment du déluge quelqu'un hors de l'arche ait pu se sauver. »
43. Ibidem, c. 38 : « Croyez fermement comme sans hésitation, que non-seulement les païens, mais encore les juifs , les hérétiques et les schismatiques qui meurent hors de l'Eglise catholique, iront tous sans exception au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. »
44. laid., c. 39 : « Croyez fermement et sans la moindre hésitation, qu'aucun hérétique ou schismatique baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit , s'il n'est pas uni de communion à l'Eglise catholique, quelques aumônes qu'il ait pu faire pendant sa vie, et eût-il même répandu son sang pour le nom de Jésus-Christ , ne pourra être sauvé. Car ni le baptême , ni l'aumône quelque abondante qu'elle puisse être , ni la mort endurée pour le nom de Jésus-Christ ne pourra procurer le salut à celui qui est hors de l'unité de l'Eglise catholique , tant qu'il ne renonce pas à cet état de schisme ou d'hérésie , qui conduit à la mort. »
45. S. Pacien, évêque de Barcelonne, Ep. 2 ad Sympronian. novatianum : « Novatien n'a jamais souffert le martyre , et nous n'avons rien vu de semblable dans ce que saint Cyprien a dit ou écrit de ce novateur. Vous avez les lettres du saint évêque de Carthage , où il rapporte que l'évêque Corneille , contre lequel Novatien s'était porté comme concurrent, résista aux princes ennemis de Jésus-Christ, confessa souvent sa foi , fut souvent maltraité , servit comme de guide à un grand nombre de confesseurs et de martyrs , tandis que Novatien passait ses jours hors de tous ces dangers. Car il avait quitté l'Eglise de Jésus-Christ, précisément pour s'épargner la peine de confesser la foi. Mais quand je supposerais que Novatien aurait souffert quelques tourments , il
serait toujours faux qu'il aurait donné sa vie ; et quand il aurait donné sa vie , il ne serait pas pour cela couronné. Pourquoi? parce qu'il avait rompu l'union et la paix avec l'Eglise sa mère , à laquelle il faut appartenir pour être martyr. Ecoutez l'Apôtre (/ Cor., XIII y 2-3) : Quand f aurais toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien. Et quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres , et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité, tout cela ne me sert de rien. »
4G. S. Irénée, adv. hœres., lib. IV, c. 25 : « C'est aux évêques et aux prêtres , qui tiennent des mains des apôtres le dépôt de la foi, et qui ont reçu l'ordination d'après l'institution de Jésus-Christ même , que nous devons nous en rapporter pour les véritables règles de notre croyance. Quant à ceux qui s'éloignent du sein de l'Eglise, quel que soit le lieu où ils se réunissent, nous devons les tenir pour suspects , à l'égal des hérétiques et des gens d'une croyance erronée, ou comme des hommes égarés par l'orgueil et ne se complaisant qu'en eux-mêmes; ou bien enfin comme des hypocrites, qui n'ont pour mobile de leur conduite qu'un vil intérêt et une vaine gloire. Tous ceux-là ont quitté le chemin de la vérité. Mais un châtiment particulier est réservé aux hérétiques, qui apportent à l'autel de Dieu un feu étranger, un feu autre que celui destiné au sacrifice, c'est-à-dire des doctrines fausses et impies ; ils seront frappés de la foudre céleste , comme Nadab et Abiu dont parle l'Ecriture. Pour ceux qui s'élèvent contre la vérité , qui cherchent à susciter des ennemis à l'Eglise , ils seront jetés dans les enfers et engloutis dans le sein de la terre, ils subiront le sort de Coré , Dathan et Abiron ; et pour ceux qui cherchent à rompre l'unité de l'Eglise et à opérer des schismes , Dieu leur infligera le même châtiment qu'à Jéroboam. »
47. S. Grégoire, Moralium lib. IV, c. 2 : « La sainte Eglise universelle enseigne qu'on ne peut véritablement être sauvé que
, dans son sein, et qu'aucun de ceux qui sont hors d'elle n'obtiendra le salut, w
48. S. Chrysostôme, inEpist. adEphes., hom. XI: « Rien n'irrite Dieu comme les divisions introduites dans l'Eglise. Et quand même nous aurions fait des bonnes œuvres sans nombre , nous ne serons pas moins sévèrement punis que ceux qui ont déchiré son propre corps , si nous portons atteinte à l'unité de l'Eglise. D'autant plus , que ce qu'il a souffert de ses bourreaux a tourné au salut du monde entier, bien uuc leurs intentions fussent diflé-
rentes ; au lieu que la division portée dans l'Eglise ne produit que beaucoup de maux , sans mélange d'aucun bien. Ce que je dis ici doit s'appliquer non-seulement à ceux qui gouvernent l'Eglise , mais aussi à ceux qui sont gouvernés. Un saint homme (Gyprien ) a dit à ce sujet une parole qui paraîtra hardie ; mais il l'a dite cependant. Et quelle est cette parole? C'est que le supplice même du martyre n'effacerait pas un tel péché. Car, dites-moi , pourquoi souffre-t-on le martyre? n'est-ce pas pour la gloire de Jésus-Christ? Comment donc donner sa vie pour Jésus-Christ, et porter en même temps le ravage dans l'Eglise , cette Eglise pour laquelle Jésus- Christ a donné sa propre vie? Ecoutez l'apôtre Paul qui vous dit de lui-même : Je ne mérite pas d'être appelé apôtre s parce que j'ai persécuté l'Eglise de Dieu (I Cor., XV, 9), et que je l'ai ravagée... J'affirme donc hautement, que diviser l'Eglise, ce n'est pas un moindre crime que de tomber dans l'hérésie. »
49. Le grand concile de Latran tenu sous Innocent III, canon I : « L'Eglise universelle des fidèles est une , et hors d'elle personne sans exception ne peut obtenir le salut. »
50. S. Avit, archevêque de Vienne, Lib. IV, de diluvio, c. 19 : « L'antique arche de Noé représentait l'Eglise du Christ , dans laquelle seule on peut être sauvé , hors de laquelle aussi personne ne saurait l'être (1). »
51. S. Cyprien , ad Pomponium, Epist. 62 : « Dieu prescrivait dans l'ancienne loi de mettre à mort ceux qui n'obéiraient pas à leurs prêtres , ou aux juges qu'il avait établis pour ces temps-là ; et il s'agissait de la mort corporelle , parce qu'on était alors sous la loi de la circoncision charnelle; au lieu que maintenant, comme la circoncision spirituelle est la seule qui soit prescrite aux serviteurs de Dieu , le glaive spirituel est aussi le seul qui soit tiré contre les rebelles qui obligent l'Eglise par leur opiniâtreté à les expulser de son sein. Car il n'est pas possible qu'ils aient la vie étant séparés d'elle , puisque la maison de Dieu est une , et que personne ne peut être sauvé hors de l'Eglise. »
52. S. Augustin, contra adversarium Legis et Prophetarum, lib. /, c. 17 : « Jésus-Christ, en donnant à l'Eglise les clefs du royaume des cieux, n'a pas dit seulement : Ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel ( Matth., XVI et XVIII ) , ministère où il est évident que l'Eglise rend le bien pour le mal , et
(1) Arca vêtus Noe , Christi est Ecclesia , per quam , Extra etiara quam nemo potest salvarier.
jamais le mal pour le mal ; mais il a dit aussi : Ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, parce que la justice que l'Eglise exerce en liant est encore une bonne chose. Aussi ce qu'a dit Jésus-Christ : S'il n'écoute pas l'Eglise, qu'il soit pour vous comme un païen et un puUicain, renferme une peine plus à craindre que d'être frappé du glaive , consumé par les flammes ou exposé aux bêtes. Car il a ajouté aussi : En vérité je vous le dis, ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, pour nous faire comprendre combien est plus grave le châtiment d'un homme qui semblerait par là être laissé impuni. Que notre adversaire dise ici, tant qu'il voudra : Est-ce donc ainsi que nous entendons les paroles du Sauveur, qui nous a fait cette défense : Ne rendez point le mal pour le mal, mais si quelqu'un vous frappe sur une joue, présentezlui l'autre, et pardonnez à vos frères les injures que vous en avez reçues ? Voilà des hommes qui ne savent point rendre le mal pour le mal , et qui n'en lient pas moins tel autre homme avec les clefs de l'Eglise, d'une manière plus terrible et plus effrayante , que si cet homme était chargé de chaînes de fer d'un poids énorme. »
53. Eusèbe, cité par S. Jean Damascène, lïb. III Parallelorum, c. 45 : « Lorsqu'un pécheur est chassé de l'Eglise, aussitôt Satan se saisit de lui , et ne le quitte plus , à moins qu'un prêtre ne vienne le tirer de ses mains. Car tant qu'un homme est séparé de la société des chrétiens , il est assimilé aux infidèles. »
54. S. Augustin, Serm. CLXXXI de tempore, c. 12 : « Celui qui n'est pas dans l'Eglise de Jésus-Christ, par cela seul, n'est pas chrétien, quel qu'il soit d'ailleurs et quelles que soient ses qualités.
- Car cette Eglise est la seule des mains de laquelle le Seigneur accepte volontiers nos sacrifices , la seule qui intercède avec confiance pour le salut des pécheurs. De là vient aussi , etc. , » comme plus haut, page 104, témoignage 19, S. Grégoire, etc. (1).
55. Le même , in Ps. 88 , conc. II : « Aimons le Seigneur notre Dieu , aimons son Eglise : lui comme notre père, elle comme notre mère ; lui comme notre Seigneur, elle comme sa servante ; car nous sommes les enfants de sa servante. Mais ce mariage a pour lien une admirable charité. On ne peut pas blesser l'un sans par là même offenser l'autre. Que personne, par exemple, ne dise : je vais aux idoles , je consulte les devins et les sorciers , mais je ne déserte pas pour cela l'Eglise de Dieu : je suis catholique. Quoi!
(i) On a déjà fait observer que ce prétendu sermon de saint Augustin se composait en partie des paroles de saint Grégoire.
vous offensez votre père , et vous prétendez être attaché à votre mère ! Un autre dira : à Dieu ne plaise que je consulte les sorciers , les énergumènes , que j'aie recours à des divinations sacrilèges, que j'adore des dénions ou des idoles ; mais cela ne m'empêche pas d'être du parti de Donat. A quoi vous servira-t-il de n'avoir pas offensé votre père en personne , puisqu'il vengera contre vous l'offense faite à votre mère ? A quoi vous servira-t-il d'avoir confessé votre Dieu , honoré votre Dieu , cru en son Fils , confessé qu'il est assis à la droite du Père , si vous blasphémez contre son Eglise ? Les exemples tirés des choses humaines ne doivent-ils pas suffire pour corriger votre erreur? Si vous aviez un protecteur à qui vous feriez votre cour, dont vous assiégeriez sans cesse l'antichambre, que vous ne salueriez pas seulement avec respect, mais dont vous iriez jusqu'à baiser les pieds , à qui vous rendriez tous les services les plus bas , et que vous vous prissiez à calomnier son épouse , oseriez-vous ensuite reparaître dans sa maison ? Soyez-y donc attentifs , mes frères , attachez-vous tout à la fois , et à Dieu votre père , et à l'Eglise votre mère. »
56. Le même, ad Donatum presb. donatistam, Epist. 204 : « Placé hors de l'Eglise , séparé de l'unité après avoir rompu les liens de la charité , vous seriez puni de l'éternel supplice , quand même vous consentiriez à être brûlé vif pour le nom de Jésus- Christ. »
57. S. Cyprien, Epist, 57 : « L'ennemi de l'Eglise méprise et laisse de côté, comme étant déjà ses captifs, ceux qu'il a séparés de l'Eglise et décidés à faire schisme avec elle ; il dirige toutes ses attaques contre ceux en qui il voit que Jésus-Christ habite. Après tout, quand même quelqu'un viendrait à être mis à mort dan> son état de séparation d'avec l'Eglise , il n'aurait point à se flatter pour cela de mériter le titre de confesseur , ni à prétendre à la couronne du martyre , la mort endurée par lui dans ces conditions n'étant pas pour lui la couronne du martyre , mais le châtiment infligé à sa perfidie. »
58. Le même, Epist. 52., ad Antonianwn* vers la fin : « Les apostats , les déserteurs , les ennemis du Christ , et tous ceux qui déchirent l'unité de l'Eglise , fussent-ils immolés en apparence pour son nom , l'Apôtre nous défend de les admettre à la paix de l'Eglise, parce qu'ils ont rompu avec l'unité de l'Esprit et de l'Eglise. »
59. Le même , Tract, de simplicitate Prœlatorum, sive de unitate Ecclesiœ : « Se séparer de l'Eglise , c'est abjurer sa part aux
royales promesses ; c'est se prostituer indignement à la femme adultère. Non , il n'arrivera jamais aux récompenses éternelles de Jésus-Christ, le chrétien qui abandonne l'Eglise de Jésus- Christ. C'est un étranger, un profane, un ennemi ; il ne peut avoir Dieu pour père , puisqu'il n'a point l'Eglise pour mère. Si un seul homme a pu être sauvé autrefois hors de l'arche , le salut pourra
aussi se trouver hors de l'Eglise Pensez-vous être debout et
encore vivant , lorsque vous abandonnez l'Eglise pour vous bâtir ailleurs un autre domicile , tandis qu'il est dit à Rahab , antique figure de l'Eglise : « Tu rassembleras dans ta maison ton père , et y* ta mère , et tes frères, et toute ta parenté ? Quiconque franchira » le seuil de ta maison, son sang sera sur sa tête. » Même symbole dans l'Exode. La chair de l'agneau pascal, dont l'immolation préludait à l'immolation du Christ , devait être mangée en commun dans une même maison. Le Seigneur parle ainsi : « Il sera mangé » dans une même maison , et vous ne porterez point sa chair au » dehors. » La chair de Jésus-Christ, le Saint du Seigneur, ne peut donc être portée au dehors : point d'autre maison que l'Eglise
pour les enfants de la foi Quelle paix se promettent donc ces
ennemis de l'Eglise ? Quels mystères s'imaginent-ils célébrer avec leur fantôme de sacerdoce ? Croient-ils que Jésus-Christ descende au milieu d'eux quand ils se rassemblent hors de l'Eglise? Qu'ils rendent, s'ils le veulent, leur dernier soupir dans les tortures de la persécution, et en confessant le nom de Jésus-Christ ; la souillure de leur apostasie , s'ils persévèrent dans ce crime, ne sera point lavée par l'effusion de leur sang. Hors de l'Eglise, point de vrais martyrs. On ne peut être appelé à régner là-haut , quand on abandonne celle qui est destinée à régner... Il est impossible de demeurer en Dieu, quand on ne veut pas garder la paix avec l'Eglise. Que ces ennemis de la paix montent sur les bûchers , que les flammes du martyre consument leurs corps , qu'ils expirent sous l'ongle et la dent des bêtes féroces, qu'importe? Le châtiment de leur trahison commence là où ils cherchaient les récompenses de la foi ; au lieu de les conduire à la félicité , leur trépas les précipite dans l'éternel désespoir. Ces transfuges de l'Eglise peuvent être immolés; mais de couronnes, il n'en est pas pour eux Dira-t-il qu'il demeure uni à Jésus-Christ , quand il s'élève contre les prêtres de Jésus-Christ? Quand il a rompu ouvertement avec le clergé, avec le troupeau? Il tourne ses armes contre l'Eglise; il
combat contre la volonté de Dieu S'il meurt hors de l'Eglise ,
il ne peut parvenir aux récompenses de l'Eglise Il n'y a qu'un
Dieu , qu'un Sauveur, qu'une Eglise , qu'une foi , qu'un peuple , formant un seul corps , par le ciment indissoluble de la charité. L'unité est indivisible : un corps , où tout s'enchaîne dans un harmonieux ensemble , ne peut subsister dès que vous le mettez en [lambeaux. Tout ce qui s'éloigne du centre de la vie ne pouvant [plus ni vivre , ni respirer dans son isolement , perd tout son droit 'au salut. )>
60. S. Augustin, Serm. IV deStjmbolo ad Catechumenos > c. 13 : « Cette profession de foi (le symbole des apôtres) se termine par ces mots : la sainte Eglise , parce que quiconque est séparé de l'Eglise , est par là même retranché du nombre des enfants de Dieu. Celui-là n'aura pas Dieu pour père, qui refusera d'avoir l'Eglise pour mère. Il ne lui servira de rien d'avoir fait tel bien qu'on voudra, s'il lui manque malgré cela le souverain bien. L'Eglise est notre mère spirituelle ; l'Eglise est l'épouse de Jésus- Christ , purifiée et embellie par sa grâce , dotée de son sang précieux. Elle possède en entier cette dot qu'elle a reçue de son époux. Une société hérétique, quelle qu'elle soit, est comme une concubine reléguée dans un coin de la maison ; elle doit céder la place à la véritable épouse. Lorsque l'époux aura entendu les plaintes de celle-ci , il chassera cette servante avec ses fils , parce que les fils de l'esclave ne doivent pas hériter avec les fils de la femme libre (Gen., XXI). »
Question XIX.
Que nous propose l'article dixième ?
Cet article nous propose la rémission des péchés , sans laquelle personne ne peut être juste ni par conséquent être sauvé. Or, Jésus-Christ nous a acquis ce riche trésor par la mort cruelle qu'il a endurée et par le sang qu'il a répandu , dans la vue de délivrer le monde de l'état de péché et des peines éternelles qui en seraient la suite.
Ceux-là seulement participent à ce trésor , en mettant à profit la grâce de Jésus-Christ , qui appartiennent à l'Eglise par la foi et par le baptême , et qui ensuite persévèrent dans son unité et dans la soumission qui lui est due ; qui font une pénitence sérieuse de leurs péchés commis depuis leur baptême , et qui recourent à propos , pour s'en guérir, aux remèdes institués par Jésus-Christ, c'est-à-dire aux sacrements.
C'est à cet objet que se rapporte le pouvoir dit des clefs, que
Jésus-Christ a confie dans ce but aux ministres de son Eglise , et principalement à saint Pierre et aux légitimes successeurs de cet apôtre , investis en cette qualité de l'autorité suprême sur tout le troupeau (XIX).
TÉMOIGNAGES DE L ECRITURE
1. Isaïe, XXXIII, 22, 24 : « Le Seigneur est notre juge, le Seigneur est notre législateur , le Seigneur est notre roi : c'est lui qui nous sauvera. — Le peuple qui habitera dans Jérusalem recevra le pardon de ses péchés. »
2. Matthieu, I, 21 : « Vous lui donnerez le nom de Jésus, parce que ce sera lui qui sauvera le peuple de ses péchés. »
3. Matthieu, IX , 2, 6 : « Jésus voyant leur foi , dit au paralytique : Ayez confiance , mon fils , vos péchés vous sont remis. — Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'Homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés , etc. »
4. Apocalypse, I , S : « Il nous a aimés , et nous a lavés de nos péchés dans son sang. »
5. Luc, XXIV, 46, 47 : « Il fallait que le Christ souffrît, qu'il ressuscitât le troisième jour , — et qu'on prêchât en son nom la pénitence et la rémission des péchés parmi toutes les nations , en commençant par Jérusalem.
6. Actes , X , 42 , 43 : « Il nous a commandé , dit saint Pierre, de prêcher au peuple , et de témoigner que c'est lui qui a été établi de Dieu pour être le juge des vivants et des morts. Tous les prophètes lui rendent ce témoignage , que quiconque croira en lui , recevra par son nom la rémission de ses péchés. »
7. Hébreux, IX, 11-14 : « Jésus- Christ , le pontife des biens futurs étant venu dans le monde , est entré dans le sanctuaire une fois par un tabernacle plus grand et plus excellent , qui n'a point été fait par la main des hommes , c'est-à-dire qui n'a point été
Quid proponit articulus decimus?
Remissionem peccatorum, qua sine justus et salvus esse nullus potest. Hune autem verè divitem thesaurum Christus nobis acerba morte, suoque pretioso sanguine comparavit, totus utmundus peccatis eorumque pœnis perpetuis liberaretur.
Cujus quidem thesauri per Christi gratinm participes duntaxat fiunt ii , qui se fide et baptismo ad Christi adjungunt Ecclesiani,
et in ejus unitate obedientiaque persistunt. Deinde qui de commissis post baptismum peccatis pœnitentiam seriô agunt, et iis adversus peccata pharmacis, quœ Christus instituit, hoc est, sacramentis convenienter uluntur.
Atque hue spectat potestas, ut vocant, clavium , quam Christus ad remittenda peccata ministris Ecclesiœ, et imprimis apostolo Petro ejusque successoribus legitimis, utpote summis Ecclesiœ recto rions commendavit.
formé par la voie commune et ordinaire. — Il y est entré , non avec le sang des boucs et des veaux , mais avec son propre sang, ayant acquis une rédemption éternelle. — Car si le sang des boucs et des taureaux, et l'aspersion de la cendre dune génisse, sanctifient ceux qui ont été souillés , en leur donnant une pureté charnelle , — combien plus le sang de Jésus-Christ qui , par le Saint-Esprit , s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes, pour nous faire rendre un culte au Dieu vivant. »
8. I Jean, I, 7 : « Le sang de Jésus-Christ son Fils nous purifie de tout péché. »
9. Ephésiens, I, 6 , 7 : « Il nous a rendus agréables à ses yeux en son Fils bien-aimé , — en qui nous trouvons la rédemption par son sang , et la rémission de nos péchés , selon les richesses de sa grâce. »
10. Colossiens, I, 13, 14 : « Il nous a arrachés à la puissance des ténèbres , et nous a transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé, — par le sang duquel nous avons été rachetés et avons reçu la rémission de nos péchés. »
11 . Hébreux, I, 3 : « Après nous avoir purifiés de nos péchés, il est assis au plus haut des cieux à la droite de la majesté de Dieu. »
12. Actes j II, 37, 58 : « Ayant entendu ces choses , ils furent touchés de componction en leur cœur , et dirent à Pierre et aux autres apôtres : Frères , que faut-il que nous fassions ? — Pierre leur répondit : Faites pénitence , et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés , et vous recevrez le don du Saint-Esprit. »
13. Actes, VIII, 12 , 36-38 : « Ayant cru ce que Philippe leur annonçait du royaume de Dieu, ils (les Samaritains) étaient baptisés , hommes et femmes , au nom de Jésus-Christ. — Après avoir marché quelque temps , ils rencontrèrent de l'eau , et l'eunuque lui dit : Voilà de l'eau, qui empêche que je ne sois baptisé? Philippe lui répondit : Vous pouvez l'être, si vous croyez de tout votre cœur. Il lui répartit : Je crois que Jésus- Christ est le Fils de Dieu. — Il commanda aussitôt qu'on arrêtât son chariot , et ils descendirent tous deux dans l'eau , et Philippe baptisa l'eunuque. »
14. Marc, XVI, 16 : a Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. »
15. Jean , III , S : « Si quelqu'un ne renaît de l'eau et du Saiût- Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »
16. II Corinthiens, XII, 20, 21 : « Je crains qu'en arrivant chez vous , je ne vous trouve pas tels que je voudrais, etc. — Et qu'ainsi Dieu ne m'humilie lorsque je serai revenu chez vous , et que je ne sois obligé d'en pleurer plusieurs, qui étant déjà tombés dans des impuretés , des fornications et des dérèglements infâmes , n'en ont pas fait pénitence. »
17. Actes, VIII, 22 : « Faites pénitence de cette méchanceté, dit Pierre à Simon-le-Magicien , et priez Dieu qu'il vous pardonne, si c'est possible , cette méchanceté de votre cœur. »
18. Jean, XX, 22, 23 : s Recevez le Saint-Esprit, — Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez , et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. »
19. Apocalypse, H, 4, 5 : « J'ai un reproche à vous faire, c'est que vous vous êtes relâché de votre première charité. — Souvenez-vous donc d'où vous êtes déchu , et faites-en pénitence , et rentrez dans la pratique de vos premières œuvres : si vous y manquez, je viendrai à vous, j'ôterai votre chandelier de sa place, si vous ne faites pénitence. »
20. Luc, X, 35 : « Le lendemain, il tira deux deniers qu'il donna à l'hôte , et lui dit : Ayez soin de cet homme , et tout ce que vous dépenserez, je vous le remettrai à mon retour. »
21 . Matthieu , XVIII , 18 : « En vérité, je vous le dis , tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel , et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »
22. Jean , XX, 22 : « Recevez le Saint-Esprit; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez , etc. »
23. Matthieu, XVI, 19 : « Je vous donnerai les clefs du royaume des deux , dit le Seigneur à Pierre , et tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel , et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »
24. Jean, XXI, 15-17 : « Jésus dit à Simon-Pierre : Simon, fils de Jean , m' aimez- vous plus que tous ceux-ci? Il lui répondit : Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : Paissez mes agneaux. — Il lui demanda une seconde fois : Simon, fds de Jean, m'aimez-vous? Pierre lui répondit : Oui, Seigneur, vous savez bien que je vous aime. Jésus lui dit : Paissez mes agneaux. — Il lui demanda pour la troisième fois : Simon, fils de Jean , m'aimez-vous? Pierre fut attristé de ce qu'il lui demandait pour la troisième fois : M'aimez- vous? Et il lui répondit : Seigneur, vous connaissez toutes choses, vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : Paissez mes brebis. »
TEMOIGNAGES DE LA TRADITION
4. S. Augustin, Enchirid. ad Laurentium, c. 65 : « Commo les sentiments d'un cœur ne peuvent être connus des autres que par les paroles ou d'autres signes, tandis qu'ils sont présents aux yeux de celui pour qui nos gémissements ne peuvent être cachés (ps. 37), c'est avec raison que les pasteurs de l'Eglise ont établi des temps de pénitence , pour qu'il soit fait aussi satisfaction à l'Eglise , dans le sein de laquelle les péchés sont remis , et hors de laquelle ils ne peuvent l'être. Car c'est elle proprement qui a reçu pour gage l'Esprit-Saint , sans lequel on n'obtient pas la rémission de ses péchés de manière à mériter la vie éternelle. »
2. Le même, Serm. XI de verbis Domini, c. 20 : « Gomme la rémission des péchés n'est donnée que par la vertu de l'Esprit- Saint , il n'y a d'Eglise qui puisse la donner que celle qui possède l'Esprit-Saint. Ainsi la rémission des péchés, qui renverse le royaume divisé en lui-même de l'esprit infernal , et la société parfaitement une de l'Eglise de Dieu, de cette Eglise hors de laquelle il n'y a pas de rémission de péchés , sont l'ouvrage proprement dit de l'Esprit-Saint , avec le concours sans doute du Père et du Fils ; car le Saint-Esprit est en quelque sorte l'union du Père et du Fils. » Le même , c. 22 : « Notre Seigneur a fait entendre beaucoup plus clairement , dans saint Matthieu , ce que c'est qu'une parole proférée contre le Saint-Esprit : c'est toute opposition faite à l'Eglise , dans laquelle seule on peut obtenir par la vertu de l'Esprit-Saint la rémission des péchés. Car ceux-là ne peuvent pas se flatter de posséder l'Esprit-Saint , qui sont séparés de la société dans laquelle cet Esprit -Saint réside, quand même ils prétendraient d'ailleurs pratiquer la religion de Jésus-Christ. »
3. S. Jérôme, ad Heliod. Ep. 1, c. 7 : « A Dieu ne plaise que je me permette de parler mal de ces hommes, successeurs des apôtres , qui ont l'honneur de consacrer le corps de Jésus-Christ par la vertu des paroles qu'ils prononcent , qui nous impriment le caractère de chrétiens , qui ont reçu les clefs du royaume du ciel pour exercer sur la terre un jugement anticipé , et qui conservent par une vie chaste l'alliance qu'ils ont faite avec l'épouse de Jésus-Christ. »
h. S. Augustin , Lib. quinqaaginta homiliarum, hom. 49, c. 3 : « Faites pénitence , comme on a coutume de le faire dans l'Eglise, afin que l'Eglise prie pour vous Que personne ne se flatte en disant : Je fais pénitence en secret , je fais pénitence devant Dieu ;
Dieu , de qui seul j'ai à obtenir le pardon , sait que je tais pénitence dans mon cœur. Est-ce donc sans sujet qu'il a été dit : Ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel ? Est-ce donc sans sujet que les clefs ont été remises à l'Eglise de Dieu? Voulons-nous donc que l'Evangile de Dieu , que les paroles de Jésus- Christ soient frustrées de leur effet? Pouvons-nous promettre ce qu'il refuse lui-même? »
5. Ibidem, hom. 50, c. U : « Comment celui qui est engagé dans les funestes liens du péché , peut-il refuser , ou différer , ou balancer de recourir aux clefs de l'Eglise, au moyen desquelles, délié sur la terre, il serait aussi délié dans le ciel? Peut-il se promettre le salut après cette vie par cela seul qu'il est chrétien? Que l'homme se juge donc lui-même là-dessus tandis qu'il le peut, qu'il réforme sa volonté, qu'il corrige ses mœurs, au lieu d'attendre le moment où il ne pourra plus se juger lui-même , et où à son tour Dieu le jugera, quoi qu'il fasse, avec une souveraine justice. Et après s'être condamné lui-même à employer des remèdes sévères , mais des remèdes après tout , qu'il aille s'adresser aux pasteurs , à qui est confié dans l'Eglise le pouvoir des clefs ; que , comme un fils repentant , il se jette dans le sein maternel de cette Eglise , et qu'il accepte la pénitence que lui imposeront les ministres des sacrements. » Ibidem, c. 5 : « Les clefs de l'Eglise sont plus sûres que ne peuvent l'être les cœurs des rois ; ces clefs qui doivent avoir pour effet de délier dans le ciel ce qu'elles délient sur la terre. Et l'humilité qu'on pratique en s'humiliant devant l'Eglise de Dieu , est aussi beaucoup plus honorable; de plus, la peine est moindre, et en même temps qu'on évite la mort éternelle , on ne court aucun danger de subir une mort temporelle. »
6. S. Chrysostôme , deSacerd., Mb. III : « Des êtres nés sur la terre où ils sont attachés , sont les dispensateurs des trésors du ciel , et ont reçu une puissance que Dieu a refusée aux anges et aux archanges ! Car ce n'est pas à ces derniers qu'il a été dit : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » Ce pouvoir de lier , les princes de la terre l'exercent aussi , sans doute , mais sur les corps seulement ; au lieu que le lien mis entre les mains des prêtres s'étend à l'âme, et exerce sa contrainte jusque dans le ciel ; ce que fait le prêtre ici-bas , Dieu le confirme dans le séjour de sa gloire , et le maître ratifie la sentence qu'a prononcée le serviteur, Car, que cela veut-il dire, sinon que c'est aux prêtres
qu'est confiée l'administration des dons célestes? « Tous ceux, dit Jésus-Christ, à qui vous remettrez les péchés, leurs péchés leur seront ^ remis; tous ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » Y a-t-il pouvoir plus grand que celui-là? Le Père a donné au Fils tout pouvoir de juger ; ce pouvoir , le Fils l'a transmis aux
prêtres Nos prêtres ont le pouvoir, non pas seulement de
déclarer guérie , mais de guérir même la lèpre , je ne dis pas du i corps, mais de l'âme. )>
7. S. Cyprien, ad Comelium, Epist. 54 : » La bonté paternelle du Seigneur et la divine miséricorde ne nous permettaient pas de fermer éternellement l'Eglise à ceux qui frappaient si instamment à sa porte , de refuser à leurs larmes et à leurs prières l'espérance du salut , ni de renvoyer au Seigneur sans le bienfait de la communion et de la paix ceux pour qui le monde allait disparaître. Le divin législateur lui-même n'a-t-il pas dit que ce qui serait lié sur la terre par les mains de l'Eglise , le serait également dans le ciel? »
8. S. Hilaire de Poitiers, can. 16 in Matthœum . « 0 heureux fondement de l'Eglise désigné par un nom nouveau , ô pierre vraiment digne de servir à sa construction , capable de vaincre les portes de l'enfer et les barrières de la mort ! 0 fortuné portier du ciel , à qui sont confiées les clefs des demeures célestes , et dont le jugement porté sur la terre détermine celui qui doit l'être dans le ciel , en sorte que ce qui est lié ou délié ici-bas est par là même lié ou délié là haut ! »
9. S. Bernard , de Consideratione ad Eugenium Papam, lib. II , c. 8 : « Voyons encore avec plus de soin qui vous êtes , et quel rôle vous remplissez aujourd'hui dans l'Eglise. Qui êtes-vous? le grand-prêtre et le souverain pontife. Vous êtes le prince des évêques , l'héritier des apôtres , vous avez la primauté d'Abel , la puissance de gouvernement de Noé , le patriarchat d'Abraham , le sacerdoce de Melchisédech , le pontificat d'Aaron , l'autorité de Moïse , la judicature de Samuel , le pouvoir de Pierre , l'onction du Christ. Vous êtes celui à qui les clefs du ciel ont été données , celui à qui la garde du troupeau a été confiée. A la vérité vous n'êtes pas le seul à qui soient confiés la garde du ciel et le soin du troupeau ; mais vous êtes d'autant plus élevé au-dessus des autres , que le nom que vous avez reçu est plus distingué que le leur. Chacun d'eux a son troupeau particulier, vous êtes le pasteur du troupeau universel ; vous êtes le pasteur, non-seulement des brebis, mais encore de tous les pasteurs. Et si vous voulez savoir
d'où je tire mes preuves, je vous dirai que c'est des paroles mêmes du Seigneur. Et, en effet, auquel, je ne dis pas des évêques, mais des apôtres , le soin du troupeau a-t-il été confié d'une manière aussi absolue et aussi indéfinie? « Si vous m'aimez, dit-il à Pierre, faites paître mes brebis? » Mais lesquelles? Pensez-vous qu'il parie des habitants d'une ville, d'une contrée, d'un royaume? « Mes brebis, » dit-il ; d'où il suit qu'il ne lui en a désigné aucune en particulier , et qu'il les lui a toutes confiées : il n'y a pas d'exception là où il n'y a pas de distinction. Peut-être les autres disciples étaient-ils présents, lorsque le Seigneur, confiant le troupeau à un seul , recommandait à tous l'unité en un seul troupeau et en un seul pasteur, selon cette parole : « Ma colombe , ma belle, ma parfaite colombe est unique (Cant., VI, S). » Là où est l'unité, là est la perfection ; les autres membres n'ont pas la perfection , mais la division , en s' écartant de l'unité. C'est pourquoi les disciples , connaissant le mystère , prirent chacun la charge d'un peuple particulier. Enfin Jacques, qui était regardé comme la colonne de l'Eglise , se contenta de Jérusalem , laissant l'univers à Pierre. Et il était bien juste que Jacques fût établi à Jérusalem pour soutenir la famille de son frère qui venait d'expirer ; car il fut appelé le frère du Seigneur. Or, le frère du Seigneur reconnaissant la prérogative de Pierre , qui aurait osé la lui contester? » Ainsi , d'après les canons ecclésiastiques , les autres ont été appelés pour partager les soins que l'Eglise doit aux peuples ; vous seul avez été établi dans la plénitude de la puissance. Leur pouvoir est restreint dans de certaines limites ; le vôtre s'étend sur ceux-là mêmes qui ont reçu l'autorité sur les autres. Ne pouvez-vous pas en effet, s'il le faut, fermer le ciel à un évêque, le déposer de son évêché et même le livrer à Satan? Votre privilège est donc inébranlable et sans limites, tant dans la garde des clefs qui vous ont été confiées , que dans le soin des ouailles qui vous ont été commises. Mais remarquez une autre circonstance qui confirme votre prérogative. Les disciples étaient en mer ; Jésus-Christ leur apparut sur le rivage , et ce fut pour eux un grand sujet de contentement que de le voir ressuscité. Pierre , aussitôt qu'il a reconnu le Seigneur, se jette à la mer et parvient jusqu'à lui , tandis que les autres y arrivent avec leurs barques. Qu'est-ce que cela signifie , sinon le sublime pontificat de saint Pierre, qui a reçu la mission de gouverner, non pas une barque , mais le monde entier? car la mer représente le monde , et les barques représentent les églises particulières. Ayant marché
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une aulre fois sur les eaux à l'exemple de son maître , Pierre prouva par là qu'il était lui seul vicaire de Jésus-Christ , celui qui devait commander, non pas à un seul , mais à tous les peuples. De même que plusieurs eaux signifient plusieurs disciples , de même , tandis que chacun a sa barque particulière , il vous a été confié un immense vaisseau : c'est l'Eglise universelle répandue sur toute la terre, et composée de toutes les églises particulières. »
10. Le concile de Florence, dans ses lettres d'union : « Nous définissons que le saint-siége apostolique et le pontife romain a la primauté sur tout l'univers , et que ce même pontife romain est le successeur de saint Pierre prince des apôtres , le véritable vicaire de Jésus-Christ , le chef de toute l'Eglise , le père et le docteur de tous les chrétiens , et que Notre- Seigneur lui a remis dans la personne de saint Pierre le plein pouvoir de paître , de régir et de gouverner l'Eglise universelle , comme le prouvent les actes des conciles œcuméniques et les sacrés canons.i »
Question XX.
Que contient le onzième article ?
Le onzième article contient ces mots : La résurrection de la chair, résurrection qui aura lieu au dernier jour pour les bons et pour les méchants. Car ce corps qui nous porte , maintenant si fragile , si caduc, si sujet aux maladies et à mille infirmités, et qui après la mort sera devenu la proie des vers, redeviendra vivant au dernier jour, lorsque tous les morts , répondant à l'appel de Jésus-Christ notre souverain juge , seront jugés aussitôt que rendus à la vie. Ainsi tous sans exception comparaîtront dans leur propre chair devant le tribunal de Jésus-Christ , pour recevoir chacun le juste prix du bien ou du mal qu'ils auront fait ici-bas. Ceux qui auront fait de bonnes œuvres sortiront des tombeaux pour ressusciter à la vie , et ceux qui en auront fait de mauvaises ressusciteront pour leur condamnation et leur éternel supplice. »
Armé de cette foi , l'homme vertueux et patient se console dans ses plus cruelles disgrâces, pour pouvoir dire au moment de rendre son dernier soupir : Je sais que mon Rédempteur est vivant , que je ressusciterai de la terre au dernier jour, que je serai encore revêtu de ma peau, et que je verrai mon Dieu dans ma chair (Job , XIX, 25-26). Ceux-là sont vraiment sages, qui réduisent en servitude, sous les lois de la justice et de la vertu , ces membres formés de
terre el destinés à la mort , et qui conservent leurs corps purs pour les rendre dignes de la bienheureuse immortalité (XX).
TÉMOIGNAGES DE LÉCRITUIIE.
1 . Isaïe, XXVI, 19 : « Ceux que vous aviez fait mourir vivront; ceux qui étaient tués dans moi ressusciteront. Réveillez-vous de
'Votre sommeil , et chantez les louanges de Dieu, vous qui habitez dans la poussière. »
2. Job, XIX, 23-27 : a Je sais que mon Rédempteur est vivant, et que je ressusciterai de terre au dernier jour. — Et je serai revêtu de nouveau de ma peau , et je verrai mon Dieu dans ma chair. — Je le verrai moi-même , et non un autre ; et je le contemplerai de mes propres yeux. C'est là l'espérance que j'en ai, et qui reposera toujours dans mon sein. »
5. Ezéchiel, XXXVII , 1-10 : « La main du Seigneur s'étendit sur moi ; et m'ayant mené dehors par l'esprit du Seigneur, elle me laissa au milieu d'une campagne qui était toute pleine d'os. — Elle me mena tout autour de ces os ; il y en avait une trèsgrande quantité qui étaient sur la surface de la terre , et extrêmement secs. — Alors le Seigneur me dit : Fils de l'homme , croyezvous que ces os puissent revivre? Je lui répondis : Seigneur Dieu, vous le savez. — Et il me dit : Prophétisez sur ces os , et ditesleur : Ossements arides , écoutez la parole du Seigneur. — Voici ce que le Seigneur Dieu dit à ces os : Je vais mettre en vous un esprit de vie, et vous vivrez. — Je ferai naître des nerfs sur vous ; j'y formerai des chairs, j'étendrai de la peau par-dessus, et je vous donnerai un esprit de vie, et vous vivrez , et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur. — Je prophétisai donc, comme le Seigneur me l'avait commandé ; et lorsque je prophétisais , on
Quid habet undecimus articulus ?
Garnis resurrectionem, quoe in novissimo die bonis malisque continget. Nam corpus hoc, quod fragile, caducum, multisque morbis et perpetuis œrumnis obnoxium, et post moitem quoque vermibus exedendum circamferimus , tiim reviviscet, ciun in extremoillodiemortuiomnes, Cbrislovocantc judicc, simnl ad vitam et judicium excitabantur. Igitur ante Christi tribunal in carne cuncli apparebunt, ut citra exceptionem unnsqoisque, prout gessit in corpore suo, quod illi reddetur integrum, sive bonum,
sive malum recipiat. Procèdent aulem qui bona fecerunî , in resurrectionem vitœ : qui vero mata eyerunt, in resurrectionem judicii , et in supplicium œternum.
II ac fide vir bonus et patiensin œrumnis se vei maximis consolatur, ut in supremo etiam vitœ agonedicat \Scio quod redemvlor meus vivit , et in novissimo die de terra surreclurus sum , et rursum circumdabor pelle mea , et in carne mea videbo Deum. Prudentes illi sanè, qui lerrenahaucet mori bunda membra in justitiœ ac virtutia servitutem redigunt , quique corpus ho« veluti vas puruni béatœ préparant iminortalituti.
entendit un bruit , et aussitôt il se fit un remuement parmi ces os : ils s'approchèrent l'un de l'autre, et chacun se plaça dans sa jointure. — Je vis tout d'un coup que des nerfs se formèrent, des chairs les environnèrent, et de la peau s'étendit par-dessus ; mais l'esprit de vie n'y était pas encore. — Alors le Seigneur me dit : Prophétisez à l'instant ; prophétisez , fils de l'homme , et dites à l'esprit : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Esprit , venez des quatre vents, et soufflez sur ces morts, afin qu'ils revivent. — Je prophétisai donc comme le Seigneur me l'avait commandé , et en même temps l'esprit de vie entra dans ces os , ils devinrent vivants et animés , et ils se tinrent tout droits sur leurs pieds , et il s'en forma une grande armée. »
il. I Corinthiens, XV, 51-53 : « Nous ressusciterons tous, mais nous ne serons pas tous changés. — En un moment, en un clin d'œil , au son de la dernière trompette ( car la trompette sonnera ) , et les morts ressusciteront en un état incorruptible , et alors nous serons changés. — Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l'incorrùptibité , et que ce corps mortel soit revêtu de l'immortalité. »
5. I Thessaloniciens , IV, 16, 17 : « Aussitôt que le signal aura été donné par la voix de l'archange , et par le son de la trompette de Dieu , le Seigneur même descendra du ciel , et ceux qui seront morts en Jésus-Christ ressusciteront les premiers. — Puis nous autres , qui sommes vivants , et qui serons demeurés jusqu'alors , nous serons emportés avec eux dans les nues, pour aller audevant du Seigneur au milieu de l'air. Et ainsi nous serons pour jamais avec le Seigneur. »
6. Jean , XI, 24 : « Marthe dit à Jésus : Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour. »
7. Jean, V, 25, 28 , 29 : « En vérité, en vérité, je vous dis que l'heure vient , et qu'elle est déjà venue , où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'entendront vivront. — Ne vous étonnez pas de ceci ; car le temps viendra où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu. — Et ceux qui auront fait de bonnes œuvres sortiront pour ressusciter à la vie ; mais ceux qui en auront fait de mauvaises ressusciteront pour leur condamnation. »
8. Matthieu, XXII, 23-52 : « Ce jour-là, les sadducéens, qui nient la résurrection , vinrent le trouver, et lui proposèrent cette question : — Maître , Moïse a ordonné que , si quelqu'un mourait sans enfants , son frère épousât sa femme , et suscitât des enfants
à son frère. — Or, il s'est rencontré sept frères parmi nous, dont le premier ayant épousé une femme, est mort, et n'en ayant pas eu d'enfants, il l'a laissée à son frère. — Le second de même, et le troisième pareillement jusqu'au septième. — Enfin cette femme est morte aussi après eux tous. — Lors donc que la résurrection arrivera , duquel de ces sept maris sera-t-elle femme , puisque tous l'ont épousée ? — Jésus leur répondit : Vous êtes dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures , ni la puissance de Dieu. — Car, après la résurrection, les hommes n'auront point de femmes , ni les femmes de maris ; mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. — Et pour ce qui est de la résurrection des morts , n'avez-vous point lu ces paroles que Dieu vous a dites : — Je suis le Dieu d'Abraham , le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ? Or, Dieu n'est pas le Dieu des morts , mais le Dieu des vivants. »
9. Daniel , XII, 2, 3 : « Et toute cette multitude de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront , les uns pour la vie éternelle , et les autres pour un opprobre qu'ils auront toujours devant les yeux. — Or, ceux qui auront été instruits brilleront comme les feux du firmament , et ceux qui auront enseigné à plusieurs la voie de la justice,. luiront comme des étoiles dans toute l'éternité. »
10. Philippiens, III, 20, 21 : « Mais pour nous, nous vivons déjà dans le ciel , et c'est de là aussi que nous attendons le Sauveur, Notre-Seigneur Jésus-Christ, — qui transformera notre corps , tout vil et abject qu'il est , afin de le rendre conforme à son corps glorieux , par l'action de cette puissance par laquelle il peut s'assujettir toutes choses. »
11. II Corinthiens , V, 10 : «Nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu'il aura faites pendant qu'il était revêtu de son corps. »
12. Romains, XIV, 10, 12 : « Nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Jésus-Christ , et chacun de nous rendra compte à Dieu de soi-même. »
13. Matthieu, XIII, 30, 4043, 47, 50 : a Au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez premièrement l'ivraie , et la liez en bottes pour la brûler, puis amassez mon blé dans mon grenier. — Comme donc on ramasse l'ivraie, et qu'on la brûle dans la feu , il en sera de même à la fin du monde. — Le Fils de l'Homme enverra ses anges , qui ramasseront et en-
lèveront hors de son royaume les scandales et ceux qui commettent l'iniquité. — Et il les jetteront dans la fournaise de feu : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. — Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur père. — Le royaume des cieux est semblable à un filet jeté dans la mer , qui prend toutes sortes de poissons. — Lorsqu'il est plein, les pêcheurs le tirent sur le bord , où s'étant assis , ils mettent ensemble tous les bons dans des vaisseaux , et ils jettent dehors tous les mauvais. — Il en sera de môme à la fin du monde : les anges viendront , et ils sépareront les méchants du milieu des justes. — Ils les jetteront ensuite dans la fournaise de feu ; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
44. Matthieu, XXV, 40 : « Et ceux-ci iront dans le supplice éternel , et les justes dans la vie éternelle. »
15. Job, XIX, 25 : « Je sais que mon Rédempteur est vivant, etc. » Comme plus haut, n° 2.
40. Colossiens, III , 5 : « Faites mourir les membres de l'homme terrestre qui est en vous , la fornication , l'impureté, etc.»
47. I Pierre, III , 48 : « Le Juste est mort pour les injustes, afin de nous offrir à Dieu , étant mort en sa chair, mais en même temps vivifié par l'esprit. »
48.7 Corinthiens ; IX, 27 : a Je châtie mon corps et le réduis en servitude , de peur qu'après avoir prêché aux autres , je ne devienne moi-même réprouvé. »
49. Romains, VI, 42, 45, 49 : a Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel , en sorte que vous obéissiez à ses désirs déréglés ; — Et n'abandonnez point au péché les membres de votre corps pour servir d'instruments d'iniquité ; mais donnezvous à Dieu comme vivants , de morts que vous étiez , et consacrez-lui les membres de votre corps pour servir d'instruments de justice. — Gomme vous avez fait servir les membres de votre corps à l'impureté et à l'injustice , pour commettre l'iniquité , faites-les maintenant servir à la justice pour votre sanctification. »
20. I Corinthiens, XV, 42-44 : « Le corps maintenant, comme une semence , est mis en terre plein de corruption , et il ressuscitera incorruptible. — Il est mis en terre tout difforme, et il ressuscitera tout glorieux; il est mis en terre privé de mouve-: ment, et. il ressuscitera plein de vigueur. — 11 est mis en terre corps animal, et il ressuscitera corps spirituel.
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1. S. Jérôme, ad Minerium et Alexandrum, Epist. 152 : « Vous demandez en quel sens ont été dites, et comment doivent être lues ces paroles de la première épitre aux Corinthiens : Nous dormirons tous, mais nous ne serons pas tous changés. Ou bien faut-il lire, comme le portent quelques exemplaires : Nous ne dormirons pas tous, mais nous serons tous changés? Ces deux leçons se trouvent l'une et l'autre dans le grec. » Saint Jérôme rapporte les explications et les sentiments des anciens sur ce sujet; puis il ajoute : « Didyme , s'attachant aux pas d'Origène , suit une marche toute contraire. Voici un mystère que je m'en vais vous dire : nous mourrons tous, mais nous ne serons pas tous changés. Ce qu'il explique ainsi : Si la résurrection n'avait pas besoin d'interprètes, il n'y aurait pas d'obscurité dans le sens de la phrase , et après tout ce qu'il a dit de la résurrection, Paul n'aurait pas ajouté : Voici un mystère que je m'en vais vous dire : Nous dormirons tous , c'est-àdire nous mourrons tous ; mais nous ne serons pas tous changés , parce qu'il n'y aura que les saints à l'être. Je sais qu'il est écrit dans quelques exemplaires : Nous ne dormirons pas tous, mais nous serons tous changés. Mais il faut examiner si avec ces paroles, nous serons tous changés, on peut faire s'accorder celles qui suivent : Les morts ressusciteront dans un état incorruptible , et nous serons changés. Car si tous doivent être changés, et que cela soit commun aux uns et aux autres, il était inutile de dire, et nous serons changés. Il faut donc lire ainsi : Nous dormirons tous, mais nous ne serons pas tous changés. Car si tous meurent en Adam, et que la mort soit un sommeil, il est donc vrai que nous dormirons tous, puisque nous mourrons tous. Or, d'après la manière de s'exprimer des Ecritures, celui-là dort , qui meurt avec l'espérance de ressusciter un jour. Et quiconque ne fait que dormir se réveillera certainement, à moins peut-être qu'il ne soit frappé de mort subite, et qu'il ne joigne ainsi la mort au sommeil. Et lorsque tous se seront ainsi endormis conformément aux lois de la nature , les saints , mais les saints tout seuls , seront changés en mieux et quant au corps et quant à l'âme ; de sorte que tous il est vrai , seront incorruptibles , mais il n'y aura que les saints qui seront glorifiés, et à proprement parler, changés. » Un peu plus loin , saint Jérôme rapporte l'explication d'Acace, évêque de Césarée , que voici : .< Parlons d'abord de ce qui se trouve dans la plupart des exemplaires : « Voici un mystère que je m'en vais
vous rapporter : Nous dormirons tous , mais nous ne serons pas tous changés. Le sommeil signifie ici la mort , telle qu'elle est commune à tout le monde. L'Apôtre a donc eu grandement raison «de dire que nous dormirons tous, c'est-à-dire que nous mourrons itous, comme il avait dit plus haut : De même que tous meurent en ^Adam, tous seront vivifiés en Jésus-Christ. Puis donc que nous devons tous mourir , retenez bien le mystère que je m'en vais vous rapporter : c'est que nous mourrons tous , mais que nous ne serons pas tous changés. Ce changement que saint Paul et tous les saints éprouveront un jour, c'est leur glorification. L'incorruptibilité sera commune à tous , l'état des pécheurs devant être d'autant plus déplorable , que leurs tourments dureront toujours : ce qui n'aurait pas lieu si leurs corps étaient mortels et corruptibles. Nous lisons dans la môme épître que , selon la doctrine de l'Apôtre, la différence entre les corps ressuscites ne consistera pas dans une différence de nature , mais dans une différence de gloire , les uns ressuscitant pour des supplices éternels , les autres pour une gloire éternelle. Car autre est la chair des bêtes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons; il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres. Il en sera de même, ajoute-t-il, dans la résurrection des morts. C'est là le sens le plus suivi dans l'Eglise, savoir que nous mourrons tous d'une commune mort, mais que nous ne serons pas tous changés dans un état glorieux , suivant cette parole du prophète Daniel , que ceux qui dorment dans la poussière ressusciteront les uns pour une gloire éternelle , les autres pour une confusion et un opprobre éternels. Car ceux qui ressusciteront pour une confusion et un opprobre éternels, ne ressusciteront pas pour la gloire éternelle dans laquelle , par un merveilleux changement, entreront Paul et les autres saints. » Saint Jérôme conclut en ces termes : a Je finis par ce simple avis : ce qui se lit dans les exemplaires latins , nous ressusciterons tous , mais nous ne serons pas tous changés , ne se trouve pas dans les exemplaires grecs ; mais on lit dans ces derniers , ou bien : Nous dormirons tous, mais nous ne serons pas tous changés, ou bien : Nous ne dormirons pas tous, mais nous serons tous changés. Nous avons expliqué plus haut le sens de ces paroles. »
2. Le même, ad Pammachiumadv. errores Joannis Hierosolymitani, Epist. 61 , c. 9 : Jean de Jérusalem, s'attachant au sentiment d'Origène, confessait, il est vrai , la résurrection future des corps, mais non de la même chair ni des mêmes membres. Croyez-moi , lui répondit saint Jérôme , il n'y a pas de franchise
dans votre réserve, lorsque, pour jeter de la poussière aux yeux des ignorants dans l'exposition que vous faites de votre croyance, vous nommez le corps jusqu'à neuf fois , sans nommer une seule fois la chair. Car le corps et la chair ne sont pas absolument synonymes. Toute chair est corps , mais tout corps n'est pas chair. La chair est à proprement parler ce qui est resserré entre le sang, les veines, les os et les nerfs. Le corps, quoiqu'il puisse être chair aussi , peut n'être que de l'air imperceptible au toucher et à la vue, comme il peut être également visible et tangible. Dans le symbole de notre foi et de notre espérance , tel qu'il nous vient des apôtres , qui l'ont écrit non sur le papier et avec de l'encre , mais sur des tablettes de chair qui sont nos cœurs , après avoir confessé la Trinité et l'unité de l'Eglise, tout l'ensemble des dogmes chrétiens se conclut par ces paroles : la résurrection de la chair. Et vous, vous ne faites mention que du corps, et puis du corps , et toujours du corps , sans nommer une seule fois la chair, que les apôtres ont nommée seule , sans nommer une seule fois le corps. » Ibidem, c. 10, en rapportant les paroles de Job, je me revêtirai encore de ma peau, il demande à son adversaire : Est-il ici question de corps aérien , d'air, ou d'éther , ou d'autre chose semblable ? Assurément la peau et la chair , les os , les nerfs , le sang et les veines , dénotent bien ce qui constitue ou ce qui suppose la chair , et même la différence des sexes. Je verrai Dieu dans ma chair, dit Job. Lorsque toute chair verra le salut envoyé de Dieu, c'est-à-dire le Seigneur Jésus, alors je verrai mon Rédempteur , mon Sauveur et mon Dieu ; je le verrai dans cette chair qui cause maintenant mon tourment, et dont les douleurs que je souffre mettent en mouvement toutes les humeurs. Je le verrai, moi-même et non un autre, etc. Si ce n'est pas avec son propre sexe qu'il ressuscitera , si ce n'est pas avec ces mêmes membres qu'il étend maintenant sur le fumier , si ce ne sont pas les mêmes yeux avec lesquels il verra Dieu, où donc Job sera-t-il? » Ibidem, c. 11 : « Je parlerai avec franchise , je confesserai sans détour la foi de l'Eglise. La vérité catholique de la résurrection ne saurait se comprendre , si l'on ne suppose de la chair et des os , du sang et des membres. Là où il y a de la chair, des os, du sang et des membres, il y a par une conséquence nécessaire une diversité de sexe ; et là où il y a diversité de sexe , Jean reste Jean , et Marie reste Marie. Voilà ce que mon gros bon sens me dit , tout en comprenant fort bien que la différence des sexes n'entraîne pas nécessairement avec elle les opérations des sexes ; que ce sont des hommes
qui ressuscitent, mais qui mènent désormais une vie semblable à celle des anges. Et qu'on ne regarde pas comme superflue la résurrection de membres qui n'auront point à remplir leur office, .puisque même dès cette vie nous nous étudions à ne point en faire
les œuvres Pourquoi calomnier la puissance de Dieu? Celui
qui peut d'une matière fétide faire sortir non-seulement de la chair, mais un corps tout entier , changer de l'eau insipide en un vin généreux , une autre substance en une autre substance , peut certainement , avec la même puissance avec laquelle il a fait tout de rien , rendre à la vie ce qui l'a autrefois reçue ; car il est bien plus facile de rétablir ce qui a été , que de faire ce qui n'a pas encore été. Vous étonnerez-vous que des enfants ou des vieillards ressuscitent hommes faits, après que le premier homme, sans passer par le premier âge , a été créé homme fait , et tiré dans cet état du limon de la terre? » Ibidem, c. 12 : « Si je voulais prouver la résurrection de la chair et de tous nos membres, et joindre des commentaires à chaque témoignage, j'aurais besoin de plusieurs livres. » Il rapporte ensuite plusieurs passages de l'Ecriture qui viennent à l'appui de son sentiment.
5. S. Grégoire, Moralium , lib. XIV, c. 50 (al. 18) : « Qu'est-ce que le monde représente dans ses éléments , si ce n'est notre résurrection? Tous les jours la lumière du soleil meurt pour nous, lorsqu'elle fait place aux ténèbres de la nuit ; et tous les jours aussi elle semble ressusciter , lorsqu'elle reparaît et que les ténèbres sont dissipées. Nous voyons encore , suivant les saisons, les arbres se dépouiller de leur verdure, perdre leurs feuilles , cesser de produire des fruits; et tout-à-coup nous voyons, d'un bois aride , des feuilles sortir comme par une espèce de résurrection , des fruits grossir , et l'arbre entier se revêtir de verdeur et de force. Tous les jours nous voyons des grains presque imperceptibles qui , confiés à la terre , produisent bientôt de grands arbustes chargés de feuilles et de fruits. Qu'y a-t-il donc d'étonnant , si celui qui fait sortir, comme de nouveau , de très grands arbres de très petites semences , refait aussi quand il lui plaît le corps humain avec de la poussière , réduite elle-même à ses parties lès plus élémentaires et les plus imperceptibles? Gomme donc nous avons été créés raisonnables , nous devons nous servir de ces objets , dont le phénomène se produit sous nos yeux, pour appuyer notre espérance par rapport à notre résurrection future. Mais comme notre raison, affaiblie par le péché, ne nous parlait plus elle-même un langage assez fort , la grâce de notre divin
rédempteur est venue encore à notre aide. Celui-là. même qui nous avait créés a pris notre nature , a accepté la mort , et puis il nous a montré dans sa résurrection , l'exemple de la nôtre à venir, afin que, si nous refusons d'en croire là-dessus notre raison , nous en croyions du moins le témoignage de notre foi. Que celui dont l'imagination recule devant la possibilité d'une résurrection , rougisse de lui-même , en se rappelant les paroles de ce fidèle des temps anciens (Job) , vivant au sein de la gentilité , et qu'il considère de quel châtiment il se rendrait digne , s'il doutait encore de sa résurrection future, après s'être convaincu de celle de Jésus-Christ accomplie depuis long-temps , tandis que Job a cru à la sienne , lorsqu'il ne pouvait encore qu'espérer celle du divin rédempteur, m
4. Ibidem, c. 51 : « Dans la gloire de cette résurrection, le corps deviendra subtil par la vertu spirituelle qui sera en lui , en même temps qu'il restera palpable par l'effet de sa propre nature. Notre chair, tout en gardant la nature qui lui est propre, n'aura plus les passions qui la tourmentent , parce que , comme elle aura vaincu l'aiguillon de la mort, rien n'altérera désormais sa pureté. »
5. Ibidem, c. 55 : « Si après sa résurrection le corps n'était plus palpable, ce ne serait plus le même corps qu'avant de mourir ; mais ce serait un crime de croire que celui qui meurt n'est pas celui-là même qui ressuscitera. »
6. S. Augustin, Enchirid. ad Laurentium -9 c. 84 : « Un chrétien ne doit avoir aucun doute sur la future résurrection selon la chair de tous les hommes nés ou à naître , de tous les hommes déjà morts ou qui doivent mourir. »
7. Ibidem, c. 8S et 80, le saint docteur entre en discussion au sujet de la résurrection des avortons, et examine si elle aura lieu aussi.
8. 11 dit donc, c. 80 : « Du moment où l'on commence à vivre , de ce moment là même on est sujet à mourir. Or , je ne trouve nulle part le moyen d'excepter de la loi de la résurrection générale celui qui est mort une fois. »
9. 11 ajoute, c. 87, au sujet des enfants monstres : « Les monstres qui parviennent à la vie, quelque prompte que soit leur mort , n'en ressusciteront pas moins ; et on ne voudra pas croire, sans doute, qu'ils ressuscitent à l'état de monstres, mais ils ressusciteront plutôt affranchis de cette difformité native qui déparait leur nature. »
10. Ibidem, o. 88 : « ttien de toute cette matière terrestre dont
se compose le corps de l'homme , ne périt devant Dieu ; mais en quelque poussière, en quelque cendre qu'elle se réduise, en quelque vapeur, en quelque partie d'air ou d'éther qu'elle se transforme , en quelque autre substance corporelle ou élément de substance qu'elle se transmute , quand même elle serait devenue l'aliment d'un animal , ou même d'un autre homme , elle sera , dans le temps marqué, réunie à cette même âme qui l'avait animée depuis le moment de sa formation jusqu'à celui de sa décomposition ou de la mort. » Saint Augustin a traité cette même matière plus au long dans son vingt-deuxième livre de la Cité de Dieu, comme on va le voir un peu plus bas.
11. Ibidem, c. 90 : « Là il n'y aura rien qui ne convienne pas; mais tout individu qui ressuscitera , ressuscitera dans un état convenable , puisque , s'il ne devait pas ressusciter ainsi , il ne ressusciterait pas du tout. »
12. Ibidem, c. 91 : « Ainsi donc les saints ressusciteront sans aucune défectuosité, sans rien de difforme, sans rien de corruptible, sans rien qui les gêne ou les embarrasse dans leurs mouvements. Ce seront leurs corps qui ressusciteront , mais non leur chair , si par ce dernier mot on entend cette corruption qui présentement appesantit l'âme , ou les vices de la chair , dont les désirs sont si souvent contraires à ceux de l'esprit. Malgré cela, ce sera toujours leur chair, si l'on en considère la substance. Aussi le corps de Jésus-Christ est-il appelé sa chair , même après sa résurrection (Luc, XXIV, 59). L'apôtre a dit cependant (/ Cor., XV, 44) : Noire corps , tout aniyial quand il est mis en terre, deviendra spirituel à la résurrection, parce que tel sera alors l'accord de la chair avec l'esprit, telle sera la liberté de celui-ci et l'assujettissement de celle-là , qu'il n'y aura plus pour nous de lutte à soutenir avec nous-mêmes , et que nous n'aurons plus d'ennemi au-dedans de nous , pas plus que nous n'en aurons au dehors. »
13. Le même, de Civitate Dei, lib. XXII, c. 12, propose à résoudre les arguments et les blasphèmes des infidèles contre la foi de la résurrection.
14. Ibidem, c. 13 , il dit au sujet des avortons la même chose que dans son Enchiridion que nous venons de citer.
15. Ibidem, c. 14, il dit au sujet des enfants : « Les enfants ne ressusciteront pas avec la même exiguité corporelle qu'ils auront eue au moment de leur mort ; mais ils parviendront en un instant , par un effet admirable de la puissance de Dieu , au même état de croissance qu'ils auraient eu avec les années. »
16. Ibidem, c. 15 : « Reste donc que chacun reprenne la taille qu'il avait en sa jeunesse , bien qu'il soit mort vieux , ou qu'il aurait eue si la mort n'eût prévenu son accroissement. Quant à ce que dit l'Apôtre de la mesure de l'âge parfait de Jésus-Christ, ou il le faut expliquer autrement , et dire que la mesure de l'âge parfait de ce chef mystique trouvera son accomplissement dans la perfection des membres ; ou, si nous l'entendons de la résurrection des morts , il faut dire que les corps ne ressusciteront ni au-dessus ni au-dessous de la jeunesse , mais dans l'âge et la force où nous savons que Jésus-Christ est arrivé. Les plus savants même d'entre les païens ont jugé que l'âge de jeunesse est celui de trente ans à peu près ; après quoi l'homme commence à être sur son retour. »
17. Ibidem, c. 17 : « J'estime plus raisonnable le sentiment de ceux qui croient à la résurrection des organes sexuels. Il n'y aura point là-haut de convoitise , unique cause de la confusion
que nous éprouvons à l'occasion de ces membres Celui qui a
créé l'un et l'autre sexe, les rétablira tous les deux. »
18. Ibidem, c. 19 : « Cette difformité, qui naît de la disproportion des parties, n'aura plus lieu lorsque le Créateur suppléera ce qui manque , ou ôtera ce qui se trouve de superflu. Pour la couleur, combien ne sera-t-elle pas vive et éclatante, puisque les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père ! Il faut croire que Jésus-Christ déroba cet éclat aux yeux de ses disciples , quand il se fit voir à eux après sa résurrection , puisque sans doute ils ne l'eussent pu soutenir ; et cependant ils avaient besoin de regarder leur maître pour le reconnaître. »
19. Ibidem, c. 20 : « Je ne sais comment l'affection que nous avons pour les bienheureux martyrs , fait que nous voudrions bien voir dans le ciel les cicatrices des plaies qu'ils ont reçues pour le nom de Jésus-Christ, et peut-être les verrons-nous. Ce ne sera pas une difformité dans leurs corps , mais des marques honorables qui leur donneront encore plus de lustre et d'éclat. Il ne faut pas croire toutefois que les membres qu'on leur aura coupés leur manquent à la résurrection , eux à qui il a été dit que pas un cheveu de leur tête ne périra ; mais s'il est à propos qu'on voie les marques glorieuses de leurs blessures dans leur chair immortalisée, les endroits où ils auront été blessés ou mutilés en conserveront les cicatrices , sans qu'ils manquent pour cela d'aucun de leurs membres. Encore bien qu'alors les corps n'aient plus aucun vice, il ne faut pas prendre pour des vices ces glorieux souvenirs de vertus pratiquées jusqu'à l'héroïsme, A Dieu ne plaise que la toute-puissance
du Créateur ne puisse rappeler, pour ressusciter les corps , toutes les parties qui ont été, ou dévorées par les bêtes, ou consumées par le feu , ou changées en poussière , en eau ou en air ! A Dieu ne plaise que rien soit tellement caché dans le sein de la nature , qu'il se dérobe à la connaissance ou au pouvoir du Créateur!... Quand cette chair serait tout-à-fait anéantie, et qu'il n'en serait rien demeuré dans les plus secrets abîmes de la nature , il serait aisé à un Dieu tout-puissant d'en suppléer une autre semblable. » 20. S. Athanase (ou plutôt Vigile de Tapse, dans le symbole qui porte le nom de saint Athanase ) : « A son approche , tous les hommes ressusciteront avec leurs propres corps, et rendront compte de chacune de leurs actions. Et ceux qui auront fait le bien , iront à la vie éternelle ; ceux au contraire qui auront fait le mal, iront au feu éternel. »
Ouesiiosi XXI.
Quel est le dernier article du symbole des apôtres?
Le dernier article traite de la vie éternelle , qui sera après la mort, comme nous ne devons pas en douter, le partage des élus. Tel est le fruit, comme la fin, qu'attendent les chrétiens de leur foi , de leur espérance , de leur patience et de toutes leurs pratiques de vertus. En considérant cette récompense , le vrai fidèle ne doit trouver ni difficile aucune œuvre de piété, ni pénible aucun travail , ni insupportable aucune douleur, ni trop long ou trop incommode le temps de l'épreuve. Si, malgré toutes les calamités auxquelles cette vie est sujette , nous ne trouvons rien de plus doux ou de plus désirable que cette vie même, que penseronsnous donc de cette autre vie , qui sera exempte de tout sentiment de crainte ou de douleur, qui abondera en jouissances célestes et ineffables , en plaisirs qui n'auront point de fin, en délices et en voluptés sans mesure ?
C'est de cette vie éternelle que Jésus-Christ a dit : Ne craignez point, petit troupeau, car il a plu à votre père de vous donner mi royaume. Et au jour du jugement dernier, il dira à ses élus : Venez, les bénis de mon Père, entrez en possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde. Au lieu qu'il dira aux impies : Retirez-vous de moi, maudits , allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges. Malédiction qui tombera nonseulement sur les païens , les hérétiques, les schismatiques, les pécheurs publiés , mais aussi sur les chrétiens que la mort aura surpris dans l'état de péché mortel.
ET DU SYMBOLE DE LA FOI. ik\
On ajoute au symbole ce mot amen comme conclusion , pour faire voir la pleine persuasion et l'entière certitude avec laquelle nous rendons témoignage à la vérité de cette profession de foi chrétienne (XXI).
TÉMOIGNAGES DE L'ÉCRITURE
1. I Corinthiens , II , 9 : « Il est écrit que l'œil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu, et le cœur de l'homme n'a jamais conçu ce que Dieu prépare à ceux qui l'aiment. »
2. Jean, XVII, 5 : ce La vie éternelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul Dieu véritable , et Jésus-Christ que vous avez envoyé. »
5. Matthieu , XIX ,12,14,46, 17, 25 , 29 : « Il y en a qui se sont faits eux-mêmes eunuques en vue du royaume des cieux. — Laissez-là ces enfants , et ne les empêchez pas de venir à moi , car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. — Bon maître , quel bien me faut-il faire pour acquérir la vie éternelle ? — Si vous voulez entrer dans la vie , gardez les commandements. — Un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. — Quiconque aura quitté sa maison, ou ses frères , ou ses sœurs, son père ou sa mère, etc., recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle. »
h. Matthieu, XXV, 54 , 46 : « Venez , les bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde. — Et ceux-ci iront dans le supplice éternel, et les justes dans la vie éternelle. »
Quis est postremas articulas?
De vi ta œterna, quam electis post mor-
De qua vita Christus : Nolite timere pasillus grex , ipquit , quia complacuit Palri vestro dare vobis regnum. Qui et in extremo judicii die dicet clcclis : Venite
tem superesse minime dubitemus. Atquebic ; bcnedicli Palris mei, possidete paralum fructus et finis est fidei, spei, patientiae et vobis regnum à constitulione mundi.
exercitationis ebristianœ.
Cujus vitœ consequendae causa nnllum pietatis opus arduum, nullus Iabor gravis, nullus dolor acerbos, nullura in agendo, patiendoque tempusdiiiluniiiin ac molcstum verè credenti débet existimari.
Quod si vita bac, qtiae calanîitatis alioquin plena est, niliil dulcius ac optabilius ducitur ; quanlo il la demain potior habenda cstx quœ abomnimalorum sensu et metu procul abest, quae cœlcslibus et inellabilibus sine fine gaudiis , ddiciis ac voluptatibus omui ex parte seuiper abundat 1
Impiis verô in hune modum loquelur Discedile à me maledicli in ignem œlcrnum, qui paralus est diabolo et angelis ejus. Id quod non soliini ad ctbnicos, hœreticos, schismaticos et palàin flagiliosos pertinet, verùm etiam ad christianos, quos in mortali peccato mors opprimit,est référendum.
Adjicitur demiim clausula istlioec Amen, ut (idei et confessionis hujus ebristianaa leslimonium apud nos indubitatum esse ac solidum 4emonstretur.
5. Apocalypse, II, 7, 10, 17, 20-28 : « Je donnerai au victorieux à manger du fruit de l'arbre de la vie , qui est au milieu du» paradis de mon Dieu. — Soyez fidèle jusqu'à la mort, et je vous donnerai la couronne de vie. — Je donnerai au victorieux une manne cachée , etc. — Quiconque aura vaincu et persévéré jusqu'à la fin dans mes œuvres , je lui donnerai puissance sur les nations. Il les gouvernera avec un sceptre de fer, et elles seront brisées comme un vase d'argile , — selon que j'en ai reçu moimême de mon Père le pouvoir, et je lui donnerai l'étoile du matin. »
6. Apocalypse, III, 11 , 12 : « Je viendrai bientôt; conservez ce que vous avez , de peur qu'un autre ne prenne votre couronne. — Quiconque sera victorieux , je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu ; il n'en sortira plus , et j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu , et le nom de la ville de mon Dieu , de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel , venant de mon Père , et mon nom nouveau. — Quiconque sera victorieux , je le ferai asseoir avec moi sur mon trône , comme je me suis assis moi-même avec mon Père sur son trône , après être resté victorieux . »
7. Apocalypse, VII, 14-17 : « Ce sont ceux qui sont venus ici, après avoir passé par la grande tribulation , et qui ont lavé et blanchi leur robe dans le sang de l'Agneau. — C'est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu , et ils le servent jour et nuit dans son temple ; et celui qui est assis sur le trône les couvrira comme une tente ; — Ils n'auront plus ni faim , ni soif , et le soleil ni aucune autre chaleur ne les incommodera plus ; — parce que Dieu qui est au milieu du trône sera leur pasteur : il les conduira aux fontaines des eaux vivantes ; et Dieu essuiera toutes les larmes de leurs yeux. »
8. Apocalypse, XXI, %h : « Je vis la ville sainte , la nouvelle Jérusalem , qui venant de Dieu , descendait du ciel , étant parée comme une épouse qui se pare pour son époux. — Et j'entendis une grande voix qui venait du trône , et qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ; et il demeurera avec eux , et ils seront son peuple, et Dieu, demeurant lui-même au milieu d'eux , sera leur Dieu. — Dieu essuiera toutes les larmes de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n'y aura plus aussi ni pleurs , ni cris , ni afflictions , parce que le premier état sera passé. »
9. Ibidem, XXI, 7, 8, 10, 11, 23, 25, 27 : « Celui qui sera victorieux , possédera ces choses , et je serai son Dieu , et il sera mon fils. — Mais pour ce qui est des timides et des incrédules , des exécrables et des homicides , des fornicateurs et des empoi-
sonneurs , des idolâtres et de tous les menteurs , leur partage sera l'étang brûlant de feu et de souffre qui est la seconde mort. » — Et un peu après : « Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne , et il me montra la ville sainte , la nouvelle Jérusalem qui descendait du ciel , venant de Dieu ; — elle était toute brillante de la clarté de Dieu ; et la lumière qui l'éclairait était semblable à une pierre précieuse, etc. — Cette ville n'a point besoin d'être éclairée du soleil ni de la lune , parce que c'est la lumière de Dieu qui l'éclairé, et que l'Agneau en est la lampe. — Ses portes ne se fermeront point chaque jour, parce qu'il n'y aura point là de nuit. — Il n'y entrera rien de souillé , ni aucun de ceux qui commettent l'abomination ou le mensonge , mais ceux-là seulement qui sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau. »
10. Ibidem, XXII, 12 : « Je vais venir bientôt, et j'ai ma récompense avec moi , pour rendre à chacun selon ses œuvres. »
11. Romains, II, 6, 7, 10 : « Il rendra à chacun selon ses œuvres , — en donnant la vie éternelle à ceux qui , par leur patience dans les bonnes œuvres , cherchent la gloire , l'honneur et l'immortalité. — Gloire , honneur et paix à tout homme qui opère le bien. »
12. Tite, f> 1, S s « Paul, apôtre, pour instruire les élus de Dieu dans la foi et dans la connaissance de la vérité qui est selon la piété, — et qui donne l'espérance de la vie éternelle, que Dieu , qui ne peut mentir , a promise avant tous les siècles. »
13 Tite, II, 13 : « Etant toujours dans l'attente du bonheur proposé à notre espérance , et de l'avènement glorieux du grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, etc. »
14. Tite, III, 7 : « Afin qu'étant justifiés par sa grâce , nous devinssions les héritiers de la vie éternelle selon l'espérance que nous en avons. »
15. // Timothée, IV, 7, 8 : « J'ai bien combattu, j'ai achevé ma course , j'ai gardé la foi. — Il me reste à recevoir la couronne de justice qui m'est réservée, que le Seigneur, comme un juste juge, me rendra en ce jour, et non-seulement à moi, mais encore à tous ceux qui aiment son avènement. »
10. I Jean , II , 25 : « Et c'est ce que lui-même nous a promis, en nous promettant la vie éternelle. »
17. I Jean, III, 2, 5 : « Mes bien-aimés, nous sommes déjà enfants de Dieu ; mais ce que nous serons un jour ne paraît pas encore. Nous savons que lorsque Jésus-Christ se montrera dans sa gloire , nous serons semblables à lui , parce que nous le verrons
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tel qu'il est. — Et quiconque a cette espérance en lui se sanctifie , comme il est saint lui-même. »
18. I Pierre, I, 3, 4 : « Béni soit le Dieu et le Père de Notre- Seigncur Jésus-Christ qui, selon la grandeur de sa miséricorde, nous a régénérés par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts pour nous donner la vive espérance — de cet héritage , où rien ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni se flétrir, et qui vous est réservé dans les cieux. »
19. Romains, VI, 22 : « Mais à présent, étant affranchis du péché , et devenus serviteurs de Dieu , le fruit que vous retirez est votre sanctification , et la fin sera la vie éternelle. »
20. Ezéchiel, XVIII, 4 : a L'âme qui a péché mourra ellemême, w
21. Ibid., XXXIII , 8 : a L'impie mourra dans son iniquité. »
22. Romains, VI , 25 : « La mort est la solde du péché. » 25. Sagesse, I, 12, 16 : a Cessez de chercher la mort avec
tant d'ardeur dans les égarements de votre vie , et n'employez pas les travaux de vos mains à acquérir ce qui doit vous perdre. — Les méchants ont appelé la mort à eux par leurs œuvres et par leurs paroles. »
24. I Corinthiens , VI, 9, 10 : « Ne savez-vous pas que les injustes ne seront point héritiers du royaume de Dieu? Ne vous y trompez pas : ni les fornicateurs , etc., — ni les voleurs, ni les avares , ni les ivrognes , ni les médisants , ni les ravisseurs du bien d'autrui, ne seront héritiers du royaume de Dieu. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1. S. Augustin, lib. XXII, c. 29, de Civitate Dei : « De là vient cette parole de l'Apôtre : Nous ne voyons maintenant que dans un miroir et en énigme, mais alors nous verrons face à face. — • Cette vision nous est réservée pour récompense de notre foi , et saint Jean en parle ainsi : « Lorsqu'il paraîtra , nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. » Par la face de Dieu il faut entendre sa manifestation , et non cette partie du corps que nous appelons ainsi. » Saint Augustin examine ensuite si c'est des yeux du corps que nous verrons Dieu.
2. Ibidem, c. 50 : « Combien sera grande cette félicité qui ne sera traversée d'aucun mal, et où l'on n'aura point d'autre occupation que de chanter les louanges de Dieu qui sera toutes choses en tous ! Que faire en effet , si ce n'est cela , dans un lieu où il n'y aura ni paresse à gourmander, ni indigence à craindre ? Le
Psalmiste n'est pas d'un autre sentiment , quand il dit : Heureux ceux qui habitent dans votre maison. Seigneur; ils vous loueront éternellement. Toutes les parties de nos corps qui sont maintenant destinées à certains usages nécessaires à la vie, n'auront point alors d'autre emploi que de servir aux louanges de Dieu. Toute cette harmonie de nos organes corporels dont j'ai parlé, et qui nous est |m a intenant cachée , se découvrant alors à nos yeux avec une infinité d'autres choses admirables , nous transportera d'une sainte ardeur pour louer hautement un si grand ouvrier. Je n'oserais déterminer quels seront les mouvements de ces corps spiritualisés ; on peut dire néanmoins que les mouvements et l'assiette du corps , quels qu'ils soient, seront toujours dans un état de bienséance aussi bien que sa forme même , en ce lieu où il n'y aura rien que de bienséant. Au moins est-il certain que le corps sera sur-le-champ là où l'esprit voudra qu'il soit , et que l'esprit ne voudra rien qui soit messéant au corps ou à lui-même. C'est là que se trouvera la vraie gloire, là où il n'y aura ni erreur, ni flatterie dans la louange. C'est là que se trouvera le véritable honneur , puisqu'on ne le refusera à aucun qui le mérite , et qu'il ne sera déféré à aucun qui ne le mérite pas , et que même personne qui en soit indigne ne le demandera , dans ce lieu où il n'y aura personne qui n'en soit digne. C'est là que se trouvera la véritable paix, là où l'on n'essuiera de contrariété de la part ni de soi-même , ni des autres. La récompense de la vertu sera celui-là même qui l'aura inspirée , parce qu'il ne peut y avoir rien de meilleur , ni de plus grand que lui, et qu'il s'est promis lui-même pour récompense. Eh! Que peut signifier ce qu'il a dit par son prophète : Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple , sinon : Je serai l'objet qui remplira tous leurs souhaits ; je serai tout ce que les hommes peuvent honnêtement désirer , vie , santé , aliment , richesses , gloire , honneur , paix , en un mot toutes sortes de biens ; afin que , comme dit l'Apôtre Dieu soit toutes choses en tous ? Il sera la fin de nos Idésirs comme on le verra sans fin , comme on l'aimera sans dégoût, comme on le louera sans lassitude : occupation qui sera commune à tous aussi bien que la vie éternelle. — Au reste, il n'est pas possible de savoir quel sera le degré de gloire proportionné aux mérites de chacun. Il n'y a point de doute pourtant qu'il n'y ait beaucoup de différences entre eux. Et c'est encore un des grands biens de cette cité , que l'on ne portera point envie à ceux qu'on verra au-dessus de soi , comme maintenant les anges ne sont pas envieux de la gloire des archanges. »
2. Le même, de liber o arbilrio, lib. III, c. 2o eoque ultirno : « Telle est la beauté de la justice , tel est l'éclat ravissant de la lumière éternelle , qui n'est autre que l'immuable vérité ou la divine sagesse, que, quand même il ne serait donné d'en jouir que l'espace d'un jour, on devrait regarder en comparaison comme rien des siècles entiers de la vie présente passés dans les délices et dans l'abondance de tous les biens temporels. Car ce n'est pas à tort ou par exagération de langage que le Psalmiste a dit : Un seul jour passé dans vos temples vaut mieux que mille partout ailleurs. »
3. Le même, Serm. 64 de verbis Domini , c. 1 : « Ce qu'il y a de grand , ce n'est pas de vivre long-temps , ou de vivre toujours; mais c'est de vivre heureux. » Ibidem, c. 2 : « Aimons la vie éternelle , et apprenons à connaître combien nous devons travailler pour l'obtenir, en voyant les hommes attachés à cette vie présente qui doit sitôt finir , travailler pour elle avec une telle ardeur, que lorsque survient pour eux le danger de mourir , ils font tout ce qu'ils peuvent , non pour s'exempter de la mort , mais pour la retarder. Quels efforts de leur part , quand la mort les menace , pour la fuir, pour s'y soustraire , pour donner, s'il le faut , tout ce qu'ils possèdent, pour s'en racheter à tout prix! Ils ne reculent devant aucun sacrifice , devant l'amertume ou la violence d'aucun remède. 11 nous est plus facile de dire ce que la vie éternelle n'est pas, que de dire ce qu'elle est. » Ibidem, c. 3 : « Elle vaut tout ce que vous possédez ; elle vaut tout ce que vous êtes. Donnezvous vous-même , et vous l'aurez en échange. On n'y connaît ni la fatigue, ni le sommeil ; on n'y éprouve ni la faim, ni la soif; on n'y voit ni croissance , ni décrépitude. Malgré tout ce que je viens de vous en dire, je n'ai pas dit encore ce qu'elle sera. Je vous ai dit qu'on y trouve la vie, la santé, l'exemption de toute peine, et qu'on n'y trouve ni faim , ni soif, ni défaut; non, la vie éternelle n'est rien de tout cela; et pourtant je n'ai pas dit encore ce que l'œil n'a point vu , ce que l'oreille n'a point entendu , ce que n'a jamais conçu le cœur de l'homme (/ Cor., II, 9). »
4. Le même, de Symbolo ad Catechumenos , lib. III, c. 12 et ultirno : « Il nous est plus facile de dire ce que la vie éternelle n'est pas, que de dire ce qu'elle est. Il n'y a là ni mort, ni deuil, ni lassitude, ni infirmité, ni faim , ni soif, ni excès de chaleur, ni corruption, ni indigence , ni tristesse, ni chagrin. Nous venons de dire ce qu'elle n'est pas. Voulez-vous maintenant connaître ce qu'elle est? Ni l'œil n'a vu, ni l'oreille n'a entendu, ni le cœur
de l'homme n'a conçu ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment (I Cor., II, 9). Si le cœur de l'homme ne l'a pas conçu, qu'il tâche au moins d'y atteindre (Si in cor hominis non ascendit, cor homnis illàc ascendat). Que le cœur se purifie de toute impureté, pour se rendre capable de posséder Dieu , qui est la vraie et éternelle justice. »
5. S. Fulgence, de fide ad Petrum diaconum, c. 58. Voir plus haut, question XVIII, témoignage 42, page 114.
6. Le même, c. 40 : « Croyez fermement et sans nulle hésitation que tous ceux qui sont baptisés dans le sein de l'Eglise catholique , n'obtiendront pas pour cela la vie éternelle ; mais qu'il n'y aura à l'obtenir que ceux qui, étant baptisés, mènent une bonne vie , c'est-à-dire , s'abstiennent des vices et des convoitises de la chair. Car les mauvais catholiques ne pourront pas plus posséder le royaume des cieux , que ne le pourront les infidèles , les hérétiques et les schismatiques. »
7. S. Jérôme, adMarcellam, Epist. 137 : « Aquilarend le mot hébreu amen par le grec -wcnçûtjfA/vœç, que nous pourrions traduire par l'adverbe (français) fidèlement, mot qui a pour étymologie le mot (latin) fuies (foi). Les Septante ont traduit le même mot amen par ys'vorro, c'est-à-dire fiât, qu'il en soit ainsi; de là vient qu'à la fin de chacun des livres des Psaumes (car le psautier des Hébreux est divisé en cinq livres), ils ont traduit par yivoiro, yzvo>ro9 fiât, fiât, Yamen, amen, qui les termine dans l'hébreu, et qui sert comme de confirmation à tout ce que contient le livre. C'est ce qui a fait dire à saint Paul (/ Cor., XIV, 16) , qu'on ne peut pas répondre amen, c'est-à-dire appuyer ce qu'un autre a dit , à moins de savoir ce qu'il a dit. »
Question XXII.
Suffit-il à un chrétien de ne croire que les choses contenues dans le symbole?
Chaque fidèle doit croire avant tout le reste et professer ouvertement les vérités contenues dans le symbole des apôtres ; mais on en aura une connaissance plus explicite en s'aidant , tant du symbole de Nicée , que du symbole attribué à saint Athanase.
En second lieu , un chrétien doit croire tout ce que contient l'Ecriture divine ou canonique. Mais pour connaître quels sont les livres de l'Ecriture véritablement et certainement inspirés , nous n'avons point d'autre moyen général que le jugement et l'autorité de l'Eglise.
En troisième lieu , disons la môme chose des dogmes qui découlent nécessairement , soit des articles du symbole , soit des Ecritures , comme d'autant de sources divines.
Quatrièmement enfin, on doit tenir pour divinement révélé, et croire d'une ferme foi tout ce que l'Esprit -Saint nous propose à croire de même par le ministère de l'Eglise, soit qu'il s'agisse de la parole de Dieu écrite , ou qu'il s'agisse de vérités transmises de vive voix. Nous reviendrons dans la suite plus au long sur ce dernier point.
Tout cela fait donc l'objet de la foi orthodoxe , de cette foi sans laquelle les sectaires, quels qu'ils soient, se promettent vainement à eux-mêmes et aux autres la grâce et le salut en Jésus- Christ (XXII).
TÉMOIGNAGES DE h* ÉCRITURE.
4 . Hébreux, V, 42 : « Car, au lieu que depuis long-temps vous devriez être maîtres , vous auriez encore besoin qu'on vous apprît les premiers éléments par où l'on commence à expliquer la parole de Dieu , et vous êtes devenus comme des enfants à qui on ne devrait donner que du lait , et non une nourriture solide. »
2. Ibidem, VI, 4-2 : « Quittant donc les instructions que l'on donne à ceux qui ne font que commencer de croire en Jésus-Christ, passons à ce qui est plus parfait , sans nous arrêter à établir de nouveau ce qui n'est que le fondement de la religion, comme est la pénitence des œuvres mortes , la foi en Dieu , — et ce qu'on enseigne touchant les baptêmes , l'imposition des mains , la résurrection des morts et le jugement éternel. »
3. I Pierre, III, 45 : a Sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Jésus-Christ ; soyez toujours prêts à répondre pour votre défense à tous ceux qui vous demanderont raison de l'espérance que vous avez. »
Estne salis christiano ea sola credere, quœ compleclitur stjmbolum ?
Primùm et maxime quidem ea , quœ symbolo traduntur apostolico , cuivis credenda et apertè profitenda sunt. Ea verô explication fiunt ex collatione tum Nicœni symboli, tum ejus quod Athanasio inscribitur.
Secundo christianus , quœcumque scriptura divina seu canonica complectitur , credat necesse est. Certos verô et legitimos scripturœ libros non aliunde, quàm ex Ecclesiœ judicio et auctoritate peterc fas est.
Tertio hue illa pertinent, quœ partim ex symboli articulis, partim ex scripturis, velut divinis fontibus, necessario deducuntur.
Quarto demum pro sacrosanctis habenda, firmissimaque fide complectendasunt, quœ Spiritus sanctus credenda nobis révélât, pronuntiatque per Ecclesiam, sive scripto illa, seu vivœ vocis traditione nobis commendentur. Quâ de re posteà commodiùs disseretur.
Circa hœc igitur omnia fides orthodoxa versatur, qua sine sectarii omnes frustra sibi ac aliis gratiam et salutem in Christo pollicentur.
h. II Pierre, 1 , 19-21 : « Mais nous avons les oracles des prophètes, dont la certitude est plus affermie, auxquels vous faites bien de vous arrêter, comme à une lampe qui luit dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à vous éclairer, et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs ; — étant persuadés avant tout que nulle prophétie de l'Ecriture ne s'explique par une interprétation particulière. — Car ce n'a pas été par la volonté des hommes que les prophéties nous ont été anciennement apportées ; mais c'est par le mouvement du Saint-Esprit que les saints nommes de Dieu ont parlé. »
5. Romains, XV, 4-6 : « Tout ce qui a été écrit, l'a été pour notre instruction , afin que nous concevions une ferme espérance par la patience et parla consolation que les Ecritures nous donnent. — Que le Dieu de patience et de consolation vous fasse la grâce d'être toujours unis de sentiment et d'affection les uns avec les autres , selon l'esprit de Jésus - Christ , — afin que , d'un même cœur et d'une même bouche , vous glorifiiez le Père de Notre- Seigneur Jésus-Christ. »
6. // Timothêe, III , 14-17 : « Quant à vous, demeurez ferme dans ce que vous avez appris , et qui vous a été confié , sachant de qui vous l'avez appris , — et vous souvenant que dès votre enfance vous avez été nourri des lettres saintes , qui peuvent vous éclairer pour le salut , par la foi qui est en Jésus-Christ. — Toute Ecriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, pour reprendre, pour corriger et pour former à la pratique de la justice : — afin que l'homme de Dieu soit parfait , et disposé à toutes sortes de bonnes œuvres. »
7. Matthieu, XXII, 29-32 : « Vous êtes dans l'erreur, ne comprenant ni les Ecritures ni la puissance de Dieu. — Car après la résurrection, les hommes n'auront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. — Et pour ce qui est de la résurrection des morts , n'avez-vous point lu ces paroles que Dieu vous a dites : — Je suis le Dieu d'Abraham , le Dieu d'Isaac , le Dieu de Jacob? Or, Dieu n'est pas le Dieu des morts , mais le Dieu des vivants. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
i. S. Ambroise, de Virginibus, lib. III : « Nous devons aussi repasser tous les jours dès le matin le symbole de notre foi , qui restera comme un sceau sur notre cœur; et dans nos perplexités, rappelons-le à notre mémoire. Car est-ce que le soldat peut paraître
sous les drapeaux , et sur le champ de bataille , autrement qu'avec les marques distinctives du corps auquel il appartient?
2. S. Augustin, de Symbolo ad Catechumenos , lib. I, c. 1 : « Recevez la règle de notre foi, appelée symbole ; et l'ayant reçue, écrivez-la dans vos cœurs, et tous les jours redites-vous-la à vousmêmes ; avant de vous livrer au sommeil , avant de vous lever, armez-vous de votre symbole. »
5. Ibidem, lib. II, c. 1 : « Si quelquefois le démon, votre adversaire , veut nous tendre des pièges , sachons aller à sa rencontre armés du symbole et de l'étendard de la croix. »
4. Le Ier concile de Tolède , can. 21 (1) , assert, fidei catholicœ: « Si quelqu'un dit ou croit qu'on doive admettre ou vénérer d'autres Ecritures que celles que reçoit l'Eglise catholique , qu'il soit anathème. »
5. S. Augustin, Serin. 129 de tempore : « Si quelqu'un croit devoir admettre comme ayant autorité , ou vénère d'autres Ecritures que celles qu'a reçues l'Eglise catholique , qu'il soit anathème. »
6. Le même, Serm. 191 de tempore : « Nous recevons autant de livres de l'Ancien et du Nouveau-Testament, que nous en recommande la tradition de l'Eglise catholique. »
7. Le même, contra Epistolam Manichœi quam vocant fandamenti, c. 5 : « Je ne croirais pas à l'Evangile, si je n'y étais déterminé par l'autorité de l'Eglise catholique (Ego verb Evangelio non crederem, nisi me catholicœ Ecclesiœ commoveret authoritas ) . »
8. Le concile de Trente, sess. IV, Décret, decanonkis Scripturis: « Si quelqu'un ne reçoit pas comme sacrés et canoniques tous ces livres (dont le concile vient de faire l'énumération ) avec tout ce qu'ils contiennent , tels qu'ils sont en usage dans l'Eglise catholique , et tels qu'ils se lisent dans l'ancienne édition vulgate latine, ou méprise avec connaissance et de propos délibéré les traditions dont nous venons de parler, qu'il soit anathème. » (Voir plus bas ce que nous rapportons avec plus d'étendue , chapitre des commandements de l'Eglise , question XVI , témoignage 11 ).
(1) Ce canon, qui du reste ne serait que le 52e, comme n'étant que le ■12e de la règle de foi insérée à la suite des 20 canons du premier concile de Tolède, tenu l'an 400, n'appartient pas à ce concile même, mais plutôt à quelque autre concile de Tolède ou d'Espagne, tenu en hhl ou hh%. Voir Nat. Alex. Hist. eccl. sœc. V, c. V, art. 1 , p. 1^3, édition de Venise, et notre Dictionnaire universel des conciles, art. Concile I de Tolède, où les preuves de notre assertion sont déduites au long.
9. S. Cyrille d'Alexandrie, et le concile d'Alexandrie avec lui , Epist. X ad Nestorium : « Il ne suffira pas que vous professiez le symbole de Nicée ; car , ou vous ne l'entendez pas , ou vous lui donnez des interprétations violentes : mais il est nécessaire que vous anathématisiez par écrit tous les mauvais sentiments que vous avez eus jusqu'ici , et dont vous avez imbu les autres ; que vous promettiez avec serment de croire et d'enseigner à l'avenir ce que nous croyons tous , nous et tous les évêques d'Occident et
d'Orient, et tous ceux qui conduisent les peuples Nous avons
indiqué à la suite de cette lettre , et les vérités que vous devez croire et enseigner, et les erreurs dont vous devez vous abstenir. Car, telle est la foi de l'Eglise catholique et apostolique , admise par tous les évêques orthodoxes tant de l'Orient que de l'Occident, »
10. S. Irénée, adv. hœres., lib. III, c. IV : « Il ne faut point chercher la vérité autre part que dans l'Eglise , où il est facile de s'en instruire. C'est dans son sein que les apôtres ont placé le riche dépôt qui contient abondamment tout ce qui appartient à la vérité du christianisme ; c'est à cette source de vie que chacun peut venir puiser selon ses besoins ; c'est par cette porte que l'on entre dans la carrière du chrétien. Chercher à y entrer par un autre côté , ce serait agir à la manière des voleurs ou des larrons ; c'est pourquoi il faut éviter soigneusement tout contact avec les hérétiques , et s'instruire avec ardeur de tout ce qui tient à la tradition de la vérité. Eh quoi ! s'il s'élevait un dissentiment de quelque importance entre les chrétiens , ne faudrait-il pas avoir recours aux Eglises les plus anciennes , à celles qui ont reçu leurs instructions des apôtres eux-mêmes, et s'en rapporter à ce qu'elles décideraient sur le point en litige? et enfin , si les apôtres ne nous eussent rien transmis par écrit , ne faudrait-il pas suivre la tradition , telle qu'elle nous a été communiquée par ceux à qui ces mêmes apôtres ont confié l'administration de ces mêmes Eglises? C'est sur cette autorité de la tradition que plusieurs nations barbares , qui croient en Jésus-Christ , placent le fondement de leur foi ; elles conservent fidèlement gravés dans leur esprit , sans le secours de l'écriture qui parle aux yeux , les commandements qui intéressent le salut et les principes de l'ancienne tradition. »
41. Le même, lib. IV, c. 45 : « Dieu, dit saint Paul, a établi dans son Eglise, premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs. » Où chercherions-nous donc ailleurs la vérité, que là où le Seigneur lui-même en a établi le sanctuaire, où l'Eglise conserve la succession spirituelle des apôtres, et
maintient dans toute sa pureté , dans son incorruptibilité , la parole du salut? Voilà quels sont ceux qui gardent le dépôt de notre foi en un seul et* môme Dieu, auteur de toutes choses : ils alimentent , ils accroissent de plus en plus notre amour pour le /Christ , son Fils , qui nous a donné tant de preuves de sa bonté ; enfin ce sont eux qui , en nous expliquant les Ecritures avec la fermeté de la conviction , trouvent une nouvelle occasion de louer Dieu et de glorifier les patriarches et les prophètes.
42. lbid., c. 65 : « Ce qui constitue la véritable croyance, c'est la doctrine des apôtres , sur laquelle repose l'établissement de l'Eglise , répandue aujourd'hui sur toute la terre ; c'est cette représentation continue du Christ dans la succession des évêques, qui ont établi des Eglises dans chaque lieu, selon les besoins des fidèles ; enfin , c'est cette transmission jusqu'à nous , pleine et entière , sans retranchement , sans addition , des saintes Ecritures , dont le dépôt a été confié à l'Eglise : c'est la pureté des traditions de la foi , concordantes avec les Ecritures , qui , loin de nous exposer à aucun danger , à aucun blasphème , sont notre guide et notre flambeau ; enfin , c'est le don de l'amour divin , qui est plus précieux que la croyance , plus glorieux que le don de prophétie , en un mot , d'une valeur supérieure à toutes les autres grâces. »
45. S. Jérôme, dial. adv. Luciferianos , c. 4, où il fait parler Lucifer de la manière suivante : « Quand même nous n'aurions pas l'autorité de l'Ecriture , le consentement du monde entier sur ce point devrait nous servir de règle. Car il y a bien d'autres choses encore, que l'Eglise observe par tradition, et qui ont acquis l'autorité d'une loi écrite. » Et l'orthodoxe mis en scène par saint Jérôme en tombe d'accord avec Lucifer.
44. Vincent de Lérins, Commonit. adv. prof. omn. hœr. novitates : « Il m'est souvent arrivé de consulter des personnes recommandables par leur science et leur piété pour en apprendre les règles certaines qui aident à distinguer les vérités qui constituent le dépôt de la foi catholique , des erreurs que l'hérésie s'efforçait d'établir; j'en ai toujours reçu cette réponse, que non-seulement moi , mais quiconque voudrait démêler les artifices des hérétiques, éviter leurs pièges , et se maintenir dans la sainte et invariable pureté de la foi, devait, après avoir imploré le secours du ciel, observer deux choses dont le succès est infaillible : premièrement, consulter avant tout l'autorité de la loi de Dieu; secondement, suivre avec docilité la tradition de l'Eglise.
» On m'arrêtera peut-être par cette question : L'Ecriture sainte ne suffit-elle pas , sans que je sois obligé de recourir à l'autorité de l'Eglise? A cela je réponds , que la sublimité de l'Ecriture fait que diverses personnes l'interprètent diversement. Tous ne l'expliquent point dans le même sens; autant de lecteurs, autant d'esprits différents et d'opinions diverses. N'est-ce point dans l'Ecriture que les hérétiques qui se sont succédé jusqu'à nous ont prétendu puiser les preuves de leurs dogmes impies? Cette variété, qui ne peut se fixer à rien , prouve évidemment combien il est nécessaire que les paroles des prophètes et des apôtres soient expliquées par la règle sûre du sens que leur donne l'Eglise catholique. 11 n'est pas moins important de s'attacher avec le plus grand soin à reconnaître et à suivre ce qui a été cru en tous lieux , en tous temps, et par tous les fidèles : Magnopere curandum est, ut id teneamus quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est. »
15. S. Léon-le-Grand, Serm.IV de Nativit. Domini : a On est bien fort , quand on possède la foi véritable , et qu'on la possède dans son entier, sans rien y ajouter, sans rien en retrancher ; car la foi ne saurait être qu'une , suivant cette parole de l'Apôtre : Un seul Seigneur, une seule foi* un seul baptême , un seul Dieu et Père de toutes choses, qui est au-dessus de tout, qui est partout, qui est en nous tous. Attachons-nous inébranlablement , mes frères, à cette unité, et dans cette unité appliquons-nous à vivre saintement en observant les préceptes du Seigneur ; puisque sans la foi il est impossible de plaire à Dieu (Hebr., XI, 6), et que sans elle il n'y a ni sainteté, ni chasteté, ni vie spirituelle. Car le juste vit de la foi (Habac, II, 4). Celui qui, trompé par les ruses du démon, a le malheur de la perdre , est mort , tout vivant qu'il paraisse. Car , de même que la justice s'obtient au moyen de la foi , ainsi c'est par la vraie foi que l'on peut obtenir la vie éternelle , suivant cette parole du Sauveur ( Joan., XYII ,3) : La vie éternelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul vrai Dieu, et à connaître Jésus- Christ que vous ave$ envoijê. »
DE LESPEHANCE.