Matthieu, XXVI, 26 : s Ceci est mon corps
13. Ibidem, VI, 11 : <c Donnez-nous aujourd'hui le pain qui est au-dessus de toute substance. »
14. Jean, VI , 52 : « Le pain que je donnerai , c'est ma chair, pour la vie du monde. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1 . S. Jérôme, in cap. VI Matt. : « Le mot que nous avons traduit par supersubstantialem (rendu par quotidianum dans la Vulgate), est exprimé en grec par le mot Itho^ov, mot que les Septante remplacent très souvent par tffepiovaiov ■ Nous avons cherché dans ï'hébreux, et partout où se lil t^-^jgiov dans les Septante, nous avons trouvé nV^E ( segulah ) , mot que Sym-
maque rend par iÇa'psTO-t (1), c'est-à-dire distingué, excellent, quelquefois aussi spécial , particulier . Lors donc que nous demandons à Dieu qu'il nous donne notre pain particulier ou distingué entre les autres, nous demandons Celui-là même qui a dit, en parlant de sa propre personne : Je suis le pain vivant descendu du ciel ( Joan., VI). Nous pouvons encore entendre par ce pain suprasubstantiel (supersubstantialem) celui qui est au-dessus de toutes les substances, et qui surpasse toutes les créatures. »
2. S. Cyprien, Serm. de oratione dominicâ : « Jésus-Christ est le pain qui nous donne la vie, non pas un pain qui appartienne à tous, mais un pain qui nous est exclusivement réservé... Mais pourquoi lui demandons-nous que ce pain nous soit donné tous les jours? Parce que, demeurant en Jésus -Christ, et recevant tous
(1) Littéralement : choisi du milieu de, et par extension, particulier, ou qui convient particulièrement. Ainsi le pain ifctpsToç serait celui qui conviendrait particulièrement au fidèle. Le mot hébreu segulah paraît signifier plutôt ce qui appartient en propriété, en latin peculium.
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les jours dans l'Eucharistie l'aliment de notre salut, nous demandons de n'en être point privés en punition de quelque prévarication considérable , parce que ne point être admis à la réception du pain céleste, c'est être séparé du corps de Jésus-Christ, ainsi qu'il le déclare lui même : « Je suis le pain vivant qui est descendu du cieL » Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain » que je donnerai pour la vie du monde, c'est ma chair. » Si le pain eucharistique, reçu avec des dispositions convenables, donne la vie éternelle , n'est-il pas à craindre qu'en renonçant à cet aliment sacré , et en nous tenant éloignés du corps du Seigneur , nous ne perdions la vie, conformément à cette menace : « Si » vous ne mangez la chair du Fils de V Homme, et si vous ne » buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous? » Voilà donc le malheur que nous cherchons à prévenir ; nous conjurons Dieu de nous donner notre pain de tous les jours , c'est-à-dire Jésus- Christ , afin que , demeurant en Jésus-Christ , et vivant de sa vie, nous ne soyons jamais séparés de sa vertu sanctifiante ni de son corps. »
3. S. Ambroise, lib. V de sacramentis, c. h : « Je me souviens de ce que j'ai dit en traitant des sacrements. Je vous ai dit qu'avant que les paroles de Jésus-Christ soient prononcées , ce qui est offert est du pain, mais qu'après qu'elles l'ont été, ce n'est plus du pain , mais le corps de Jésus-Christ. Pourquoi donc dans l'oraison dominicale , qui vient après , dit-on notre pain ? On dit notre pain, il est vrai, mais notre pain supra-substantiel, l'GTio'o-.'ov. Ce n'est pas du pain comme celui qui entre dans notre corps, mais ce pain de la vie éternelle qui alimente et soutient notre âme. Voilà pourquoi il est appelé lizio-jaioq en grec. Nous, nous appelons quotidien ce pain que les Grecs appellent I-etéo-jc-iov , advenientem. Le mot grec et le mot latin ont donc également leur à propos. Du reste , le sens du mot grec se prête à celui du latin, qui signifie quotidien ou de chaque jour. Mais si c'est notre pain ' quotidien , pourquoi attendre une année pour le recevoir? »
4. S. Augustin, lib. II de serm. Domini in monte, c 7 : « Ce pain quotidien se dit ici ou de tout ce qui nous sert d'aliment pour sustenter notre vie , ou du sacrement du corps de Jésus-Christ que nous recevons tous les jours , ou de cet aliment spirituel dont nous parle Notre - Seigneur , quand il dit : Travaillez à vous procurer une nourriture qui ne soit point sujette à se corrompre (Joan. , VI , 27); et : Je suis le pain de vie, qui est descendu du ciel. »