Luc , XI , 9 : a Demandez , et on vous accordera
14. Jean , XVI , 24 : « Demandez , et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1. S. Ambroise, in Ps. XL super ea verba, Fiat, fiât : « Il y a en héhreu : Amen, amen; comme nous l'ont affirmé ceux qui ont lu ce livre écrit dans la langue sainte. Le grec a mis à la place : ygvojTO, VcVojto; ce qui veut dire : qiîil en soit ainsi, qu'il en soit ainsi. Cette locution peut être diversement interprétée, selon qu'elle exprime un ordre , ou bien une prière , ou enfin une affirmation. Elle exprime un ordre, lorsqu'un supérieur s'en sert pour dicter à son subordonné ce qu'il a à faire ou à suivre. Elle peut aussi exprimer une prière , comme dans ces mots : Fiat voluntas tua. Car celui qui dit à Dieu : que votre volonté soit faite, ne lui intime pas un ordre, mais lui adresse une prière. Enfin ce peut être une affirmation , comme lorsqu'un prophète , ou un pontife , ou un saint bénit le peuple , et que le peuple répond : Amen, ainsi soit-il. Car de même que lorsque le peuple répond amen à la bénédiction du prêtre , il ne fait que ratifier la prière
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que le prêtre fait à Dieu de le bénir, de même il y a écrit à la fin des psaumes : Fiat, fiât, ce qui est la même chose que amen, amen. Que ce mot amen serve quelquefois à affirmer, c'est ce qui est évident par l'Evangile , où l'on voit Notre-Seigneur dire si fréquemment : Amen dico vobis, en vérité je vous le dis. Ce mot a plus de force encore , quand il est répété ; ce qu'il est plus ordinaire de trouver dans l'évangile de saint Jean , sans doute parce que cet apôtre s'est attaché surtout à nous entretenir des mystères les plus élevés et les plus profonds. Ce même mot sert aussi à marquer la fin d'un livre , comme dans les psaumes qui chez les Hébreux sont divisés en cinq parties. »
2. S. Jérôme , in caput VI Matthœi : « Ce mot amen est le sceau de l'oraison dominicale ; mot qu'Aquila entendait dans le sens de l'adverbe fidèlement. Nous, nous pouvons l'entendre dans le sens de la particule affirmative oui, ou c'est vrai. »
Questiou XIV.
Comment peut se résumer l'oraison dominicale?
C'est une formule parfaite de prière, non-seulement pour obtenir les biens qu'on espère , mais aussi pour détourner les maux que l'on craint.
Parmi les biens , le premier à demander, c'est que notre Père céleste soit glorifié partout et toujours par chacune de ses créatures ; le second , c'est que nous entrions nous-mêmes en participation de son royaume ; le troisième, c'est que nous ne manquions d'aucun des moyens nécessaires pour parvenir au royaume de Dieu. Or, ces moyens se réduisent, par rapport à l'âme, à nous conformer à la volonté de Dieu , et par rapport au corps , à avoir les choses indispensables à la vie.
Ce qui vient ensuite jusqu'à la fin de la prière entière , exprime le désir d'obtenir de la grâce et du secours de Dieu , ou qu'il éloigne de nous les maux , tels que sont les péchés , qui corrompraient tout le bien qu'il peut y avoir en nous, et amèneraient tous les autres maux à leur suite , ou du moins qu'il les tempère de manière à ce que leur violence ne soit pas un obstacle à notre salut. De ce dernier genre sont les tentations de toute espèce auxquelles nous sommes exposés ici-bas, et les diverses afflictions, tant de la vie présente que de la vie future.
Ce qu'il nous resterait à dire de la prière trouvera sa place là où nous aurons à faire la division des bonnes œuvres , qui se
divisent , comme on le sait , en trois espèces , dont la prière est une des principales (XIV).
Ce troisième et dernier article renfermera les cinq dernières questions du chapitre second.
Question XV.
Qu'est-ce qu'on appelle la salutation angélique?
C'est la salutation que nous adressons à la très-sainte Vierge , mère de Dieu, par ces paroles : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre toutes les femmes , et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs , maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il (XV).