XXIV NOTICE SUR CANÎSIUS
il n'en fut pas moins grand dans la suite : sa sagesse et sa constance , soutenues du crédit qu'il avait à la cour, ne contribuèrent pas peu à ramener les choses, avec le temps, au point où il avait souhaité de les mettre.
» Pour prévenir un autre inconvénient qui aurait pu avoir des suites aussi funestes , il fit entendre au roi , qu'il était du zèle que sa majesté avait pour la religion , de faire choisir dans ses Etats les jeunes gens à qui l'on trouverait le plus de dispositions pour les sciences et pour la piété, afin d'en former des ministres capables de bien servir l'Eglise, et de réparer le scandale que le libertinage des ecclésiastiques y avait causé. Ce prince goûta beaucoup ce projet; il donna aussitôt ses ordres pour le faire exécuter : on choisit d'abord cinquante enfants, qui furent élevés dans ce but sous la vue des jésuites dans une maison proche du collège qu'il venait de fonder pour eux. Ce nouveau collège devenait tous les jours plus florissant par le nombre des écoliers que la réputation des professeurs y attirait de toutes parts : l'exercice, l'émulation , le bon ordre , l'esprit de piété qu'on y remarquait , satisfit universellement la cour et la ville ; et l'université, entrant dans les sentiments du public à son égard , lui fit l'honneur de l'agréger à son corps. Dans la suite même Canisius fut fait doyen de cette académie, quelque instance qu'il pût faire pour décliner cette dignité.
» L'heureuse disposition à la vertu qu'il remarquait dans ces enfants , qui étaient sous la conduite de ses confrères , le confirma merveilleusement dans la pensée d'Ignace, qu'on devait s'attacher constamment dans son ordre à l'instruction de la jeunesse , et que c'était là le plus court et le plus efficace moyen de travailler à la sanctification de tous les âges de la vie et de tous les membres de l'Etat , puisque les premières semences de vertu qu'on jette aisément dans de jeunes cœurs , étant bien cultivées à la faveur des sciences, ne manquent point de pousser et de donner en leur temps le fruit qu'on doit en attendre.
)> Se souvenant des miséricordes que Dieu lui avait faites autrefois par le ministère de l'admirable maître qu'il lui