NOTICE SVR CANISIUS. XXV
avait donné à Cologne dans la personne du saint prêtre Eschius , il conjurait souvent ce Dieu de bonté de vouloir bien en répandre de pareilles sur cette jeunesse que le public confiait à sa compagnie. Voici comme il s'en explique dans ses papiers de dévotion :
« Je vous supplie , ô mon Dieu , fidèle gardien et ami » des hommes, de daigner accorder à ces enfants une grâce » semblable à celle que vous m'avez faite autrefois, quelque » indigne que j'en fusse, lorsque j'étais à leur âge ; augmen- » tez - la même , et faites que délivrés de bonne heure des » troubles et des dangers du monde , ils rencontrent de » pieux et bons maîtres , qui , par la force de leurs paroles » et de leurs exemples , les portent à éviter avec bien plus » de soin ce qui peut altérer la pureté des mœurs , que ce » qui peut choquer les règles de la grammaire. »
» A ce seul trait , on peut remarquer l'idée que ce saint homme se formait des régents de sa compagnie, qui ne doivent , selon l'esprit de leur institut , regarder leur classe et leur étude que comme des moyens de communiquer à tout le monde l'éminente science de Jésus-Christ.
» Par un effet de cette tendre charité, qu'à l'exemple du Sauveur, il avait pour les enfants, il les assemblait souvent pour leur faire le catéchisme , coutume qu'il a gardée toute sa vie. Il se sentait encore un attrait tout particulier pour annoncer la parole de Dieu aux pauvres de la campagne : le ciel lui fit naître plus d'une fois l'occasion de le suivre » et de contenter son zèle.
| » Plus de trois cents paroisses de l'Autriche , faute de pasteurs , se voyaient depuis quelque temps destituées de jtous secours spirituels. Le roi Ferdinand , sensible à ce malheur, invita, l'an 1553, les jésuites du collège de Vienne, par les lettres qu'il leur fit l'honneur de leur écrire de Gratz, à pourvoir tout de suite, autant qu'ils le pourraient, aux besoins de ces pauvres abandonnés. Canisius fut un des plus ardents à demander cette mission , pour laquelle , disait-il , la facilité qu'il avait à entendre le langage de ces bonnes gens lui donnait plus de dispositions. Il commença