‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 19 sur 139 · NOTICE SUR CÀNIS11S. XXVII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CÀNIS11S. XXVII

les maux de ce monde aux biens éternels de l'autre vie. Les plus misérables étaient ceux qui lui paraissaient les plus dignes de sa compassion : il retendait aux criminels condamnés à mort , il les accompagnait au supplice , et les assistait jusqu'au dernier soupir, avec un courage et une charité qui attendrissait et édifiait également tout le monde.

» Toutes ces différentes occupations que lui trouvait son zèle , ne l'empêchaient pas de prêcher les fêtes et les dimanches dans une des principales églises de la ville , à la prière de tout le sénat, qui lui députa pour cela un des principaux officiers de son corps. Il le fit avec un tel applaudissement , que Frédéric Nauséa , évêque de Vienne , qui était prédicateur de la cour , étant mort quelque temps après , le roi Ferdinand ne jugea personne plus propre à le remplacer en cette dernière qualité que Canisius. Le succès qu'il eut dans ce nouvel emploi fit honneur au prince qui l'avait choisi ; ses courtisans ne croyaient pas pouvoir lui faire mieux leur cour, qu'en lui faisant l'éloge de son prédicateur; on voyait du reste par l'assiduité et l'attention avec laquelle ils l'entendaient , que la flatterie n'avait aucune part à ces louanges.

» La satisfaction que l'on goûtait à l'entendre en chaire, donnait encore envie de le revoir en particulier. Il était d'une douceur charmante, qui faisait passer avec plaisir dans l'esprit de ceux qui le pratiquaient les idées qu'un génie net et solide lui donnait de la doctrine de l'Eglise romaine. Ceux que l'entêtement n'avait point encore déterminés à fermer obstinément les yeux à tout ce qu'on pouvait dire en sa faveur, étaient surpris des affreuses peintures qu'on leur en avait faites : détrompés par la simple exposition que Canisius leur faisait de cette doctrine , ils revenaient de nonne foi et abjuraient leurs erreurs.

» L'avantage qu'il eut toujours sur les ministres des sectaires , dans les conférences qu'il avait avec eux , jeta la consternation dans tout leur parti : il en pressa deux si vivement dans deux différentes disputes, que l'un, saisi de honte , n'osa plus parailre et quitta la ville ; l'autre , profi-

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