‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 20 sur 139 · XXVIII NOTICE SUR CÀNISIUS · texte numérisé non relu

XXVIII NOTICE SUR CÀNISIUS

tant de sa confusion, se lit instruire, abjura ses erreurs, et rentra dans l'Eglise romaine ; il demanda même d'être admis dans la compagnie de Jésus , ce qui lui fut accordé. Les autres ministres , désespérant de pouvoir sortir avec avantage de ces sortes de conférences , n'eurent plus la pensée de se mesurer avec un adversaire si formidable.

» Il ne faut pas s'étonner que les hérétiques, chagrins du désordre qu'il jetait dans leurs rangs , cherchassent à le décrier, à lui faire insulte et à le perdre : il n'en continuait pas moins ses exercices de chanté à la cour et dans la ville avec une intrépidité surprenante. « Si Dieu est pour nous, avait-il coutume de dire avec l'Apôtre, qui sera contre nous? » Le roi Ferdinand, informé de la haine que lui portaient les luthériens, lui ordonnait de se ménager, et, pour marquer la considération qu'il avait pour sa personne, et le soin qu'il prenait de sa conservation , il lui donnait une escorte tirée de ses gardes, toutes les fois que cet homme de Dieu venait à la cour, ou qu'il en retournait.

» Une distinction si singulière faisait enrager de dépit les protestants, et donnait une extrême joie aux catholiques qui le regardaient comme leur maître et leur père. Il en était sincèrement aimé : aussi sa modestie et son affabilité le rendaient aimable à tout le monde. Il n'était point de ces prédicateurs que l'encens de la cour entête en quelque sorte , jusqu'à leur persuader qu'ils sont uniquement envoyés pour les grands : son inclination , à l'exemple du Sauveur, était pour les petits , et il n'en était point parmi les plus pauvres , au salut desquels il ne s'intéressât avec une charité pleine de condescendance et de tendresse : au sortir du sermon qu'il faisait d'ordinaire à la cour, il allait en faire un autre à la cathédrale , ou dans quelque autre paroisse pour le peuple.

» Une conduite si charitable donnait un poids merveilleux à ses paroles , confondait le silence que les novateurs gardaient sur le mérite et la nécessité des bonnes œuvres, réveillait en même temps les catholiques , que le malheur des temps avait tenus jusque-là dans une espèce de léthargie.

Page 1