‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 24 sur 139 · NOTICE SUR CANISIUS. XXXIII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CANISIUS. XXXIII

volume in-folio, que nous avons composé noire traduction), à Landshut en 182k. C'est, comme nous venons de l'indiquer, l'édition du P. Busée que nous avons suivie, reproduisant tous les textes de l'Ecriture et des Pères qui déposent en faveur de notre sainte croyance. Seulement, au lieu que le P. Busée, ou peut-être bien Canisius lui-même, avait établi des divisions dans chaque question , en marquant ces [divisions par les majuscules A, B, G, nous n'avons marqué dans les réponses d'autres divisions que celle des alinéas , et quant aux textes de l'Ecriture et des Pères, nous avons pensé que l'ordre même dans lequel ils sont disposés, suffirait pour faire entrevoir à quelle partie de chaque réponse ils se rapportent. Par exemple, la dix-huitième question du chapitre premier traitant à la fois de l'Eglise et de la communion des saints, on verra facilement que les trente premiers témoignages de l'Ecriture et les trente-six premiers de la tradition se rapportent à l'Eglise, et que ceux qui viennent après se rapportent plus particulièrement à la communion des saints.

Le P. Canisius donna un abrégé de son grand ouvrage en 1556, sous le titre de Petit Catéchisme à l'usage des catholiques (Parvus Catechismus catholicorum). Approuvé, recommandé, loué par les universités catholiques, cet abrégé fut accueilli avec le plus grand empressement. La compagnie de Jésus l'adopta comme livre classique dans son plan d'études (Ratio studiorum), et saint Charles Borromée l'avait reçu depuis longtemps dans son séminaire. Il fut traduit , non-seulement en grec et en hébreu , mais dans toutes les langues de l'Europe. Pendant plus d'un siècle, ! plusieurs pays, la Suède, le Danemarck, l'Irlande, l'Angle- \ terre , la Hollande , la Prusse , la Pologne , la Russie , la Suisse, n'ont point connu d'autre ouvrage élémentaire traitant de la religion catholique. C'est de ce petit catéchisme que Dorigny vient de nous dire qu'il avait déjà paru quatre cents éditions en 16S6.

« Mais pour revenir au temps auquel ce catéchisme parut pour la première fois, plus les hérétiques s'efforçaient de h c

XXXÎV NOTICE SUR CAtftéTOS.

rendre odieux celui qui en était l'auteur, plus le roi des Romains cherchait l'occasion de lui faire sentir l'estime qu'il avait de son mérite : il voulut qu'il logeât dans l'appartement du collège que les archiducs , qui en sont les fondateurs , avaient destiné pour les docteurs. La moindre distinction fait peine à un cœur véritablement humble : Canisius refusa longtemps cet honneur; il obéit pourtant, ne pouvant plus résister aux ordres du prince, ni aux prières de ses ministres, qui lui témoignèrent qu'un refus plus long le chagrinerait: il y alla donc, et il y était l'un des deux pères (c'est ainsi qu'on appelait en ce temps-là les deux principaux docteurs, qui avaient comme l'intendance sur les autres); mais à l'occasion d'une incommodité qui lui survint, il prit bientôt la résolution de rejoindre ses frères, disant qu'il lui serait toujours plus agréable de rendre les derniers services au moindre officier de sa communauté , que d'avoir ailleurs le premier rang,

» Il tint à peu de chose cependant qu'on ne l'arrachât pour jamais à ce bienheureux séjour : Ferdinand reprit tout de bon la pensée de renouer l'affaire de sa promotion à l'épiscopat ; il donna là-dessus des ordres très-exprès à Jacques Lassus, son ambassadeur à Rome; il en écrivit à plusieurs cardinaux et au pape même, de la manière la plus pressante. Entre autres motifs qu'il apportait à Sa Sainteté, il lui marquait « qu'il ne voyait point de meilleur moyen pour » exterminer bientôt l'hérésie dans toute l'Autriche, et » pour y affermir la foi catholique , que de lui donner » Canisius pour évêque , et qu'il ne croyait point qu'il y » eût personne au monde plus capable de remplir la qua- » îité de pasteur de ce troupeau , que ce saint homme , » qui le défendait avec tant de prudence et de courage » contre les artifices et la fureur des hérétiques , en même » temps qu'il le nourrissait d'une si salutaire doctrine. »

» L'ambassadeur, qui savait combien son maître avait cette affaire à cœur, la poussa vivement auprès du pape et des cardinaux. « Je ne puis, lui dit un jour le Saint-Père, » assez louer la sagesse et le zèle du roi des Romains dans

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