‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 26 sur 139 · XX XVI 11 NOTICE SUR CANISIUS · texte numérisé non relu

XX XVI 11 NOTICE SUR CANISIUS

mouvements que se donna le serviteur de Dieu, et ce qu'il écrivit à Ignace pour ne point accepter cette charge; mais tous ses efforts n'aboutirent qu'à donner une plus grande idée de sa vertu : plus il parut humble , plus on l'estima digne d'être élevé au-dessus des autres. Il fallut enfin que son humilité pliât sous le joug de l'obéissance : ainsi Canisius fut le premier provincial de sa compagnie en Allemagne. C'est en cette qualité qu'il acheva la fondation du collège de Prague en Bohême ; il y avait déjà fait un voyage par l'ordre du roi Ferdinand, à l'occasion que nous allons rapporter.

» Ce prince très-catholique , ressentant vivement ce que la religion souffrait des différentes sectes qui partageaient son royaume de Bohême , en avait écrit au pape et à saint Ignace, en leur demandant du secours pour arrêter le progrès du mal, qui devenait tous les jours plus effrayant. Canisius était la ressource ordinaire dans les besoins qu'éprouvait alors la religion en Allemagne ; il reçut donc ordre d'aller au plus tôt à Prague pour y donner comme une première forme au collège que ce prince y voulait fonder : douze de ses frères, formés à Rome de la main d'Ignace, devaient le joindre. Le pape Paul IV, qui s'intéressait à cette affaire sur l'invitation du roi des Romains, les avait demandés au général; il voulut même les voir avant qu'ils partissent pour la Bohême, les reçut avec une bonté toute paternelle, les excita à prendre des sentiments dignes d'une si belle entreprise , et leur dit entre autres ces paroles bien remarquables : « Allez hardiment comme des agneaux au milieu » des loups sous la conduite de Jésus-Christ; allez avec la » simplicité de la colombe et la prudence du serpent , et ne » craignez pas de vous exposer aux plus grands dangers , » si l'intérêt de la gloire de Dieu le demande. » Le vicaire de Jésus-Christ parlait; l' Esprit-Saint , qui l'inspirait, animait en même temps ces religieux d'une ferveur toute nouvelle, et les portait avec joie à tout ce qu'on semblait leur prédire : heureux de se voir dans l'occasion d'entreprendre et de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ, plus heureux

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