‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 3 sur 139 · VI NOTICE SUR CANISIUS · texte numérisé non relu

VI NOTICE SUR CANISIUS

» ne faisait-il pas pour cela ? Avec quelle bonté ne conti- » nuait-il pas ses soins à mon égard, priant, pleurant, » gémissant pour moi devant vous, m'engageant par ses » avis, ses louanges, ses corrections mêmes ménagées si » à propos , ù remplir les desseins que vous aviez formés » sur votre serviteur ! . . . Vous continuiez, Seigneur, à veiller » sur moi, lorsque, dans le temps que je retournais passer » dans mon pays , il croyait avoir sujet de craindre que je » ne me relâchasse dans les bonnes résolutions que vous » m'aviez inspirées par son moyen : il m'écrivait pour lors, » et les avis salutaires qu'il me donnait dans ses lettres » m'étaient un préservatif contre tous les maux qui auraient » pu résulter pour moi de son absence. »

» Il entre ensuite dans le détail de toutes les pratiques de piété que cet homme de Dieu lui suggérait , et conclut par ces belles paroles , qui sont le langage du cœur le plus tendre et le plus reconnaissant : « C'était par tous ces » moyens ménagés par votre sagesse , ô mon Dieu , que » l'amour et la crainte du monde s'évanouissait insensible- » ment de mon cœur , et que vos préceptes et vos conseils » y faisant plus d'impression , je concevais un plus ardent » désir d'être entièrement à vous... Que tous vos saints » vous rendent d'éternelles actions de grâces , pour le soin » spécial que vous avez eu de mon salut dans ces années » de la vie , où tant d'autres s'éloignent si facilement de » vous, et tombent dans les pièges du démon, avec l'affreux » danger d'y rester à jamais. »

» Canisius avait raison de parler ainsi : jamais il n'éprouva des effets plus sensibles de l'attention qu'avait eue pour lui la Providence, en inspirant à ses parents le choix d'Eschius pour \seiller sur sa conduite , que vers la fin de ses études. Il eut alors pour professeur de philosophie un homme bien différent de ce saint prêtre : c'était Jean de Nimègue , écrivain fameux par plusieurs ouvrages qu'il a donnés au public , mais dont l'esprit s'était laissé gâter par les nouvelles opinions. On en était si persuadé , qu'étant mort quelque temps après à Cologne, on le regarda comme

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