‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 32 sur 139 · NOTICE SUR CANISIUS. XLV · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CANISIUS. XLV

» Ces deux religieux ne furent pas plus tôt informés de la permission que Sa Sainteté leur accordait , qu'ils prirent par obéissance le chemin de l'Allemagne, Canisius vit, en passant à Inspruck , l'église que le roi Ferdinand y faisait bâtir pour sa compagnie , et il prit des mesures à Munich avec le duc de Bavière pour le collège que ce prince y voulait fonder; enfin il se rendit avec son compagnon, au commencement de septembre , à Worms , qui était le lieu choisi pour la conférence. Croyant que dans une affaire si délicate et si importante , on ne pouvait trop se prémunir contre les artifices des hérétiques , il avait envoyé un exprès au fameux Gropper, à Cologne , avec des lettres trèspressantes , par lesquelles il le conjurait de se joindre aux autres théologiens catholiques qui devaient , par Tordre du roi Ferdinand , se trouver à Worms pour la conférence. Mais ce sage docteur, à qui il était libre de s'en dispenser, jugeant pour les mêmes raisons que Canisius avait apportées lui-même à ce prince, qu'il n'était nullement avantageux de s'engager dans ces sortes de disputes souvent dangereuses, et presque toujours inutiles pour la religion , continua à s'en excuser, et quoi qu'on pût faire pour l'y attirer, il ne voulut jamais y assister.

» Jules Phlugius, évêque de Naumbourg, un des trois docteurs que l'empereur Charles-Quint avait autrefois choisis pour dresser le projet de son fameux Intérim, avait été nommé par le roi des Romains son frère pour présider à cette conférence : douze théologiens catholiques et douze du parti luthérien , devaient lui servir comme d'assesseurs ; six de chaque côté devaient parler, et six autres les seconder. Les principaux d'entre les catholiques étaient Michel, évêque de Mersebourg, Delphius, suffragant de Strasbourg, Staphilus, Pierre Canisius , Martin et François Sennius , docteurs de Louvain, Jodocus de Ravenstcin, Nicolas Gaudanus, etc. Les protestants étaient Mélanchton , Scneppius , Pistorius , Bullingcr, Brentius, Illyricus, etc.

» Quoique Canisius fût déjà un de ceux qui étaient avertis de parler, il fut encore charge par les docteurs du parti

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