NOTICE SUR CANISIUS. LI
Seigneur d'avoir bien voulu les visiter en leur envoyant ce grand homme.
» Canisius lui-même était tout attendri et ne voyait qu'avec une extrême douleur le changement que l'hérésie avait fait dans cette église ; mais ce fut pour lui une bien sensible consolation de voir de saintes épouses de Jésus- Christ , fidèles à leur vocation , au milieu d'une corruption si générale : c'étaient les filles pénitentes de Sainte-Elisabeth et les religieuses de Saint-Dominique. Canisius les visitait souvent pendant son séjour à Strasbourg ; il les consolait et les animait , par les ferventes exhortations qu'il leur adressait, à mériter par leur fidélitéla continuation des grâces que Notre-Seigneur répandait si visiblement sur leurs monastères. Les paroles de l'homme de Dieu furent comme le gage de la protection du Ciel , qui s'étendit non-seulement sur ces saintes filles , mais encore sur toutes celles qu'elles ont eues dans la suite pour imitatrices de leur foi.
» Les agents de l'évêque et du chapitre s'étant trouvés à Strasbourg , on y prit des mesures relativement au lieu où l'on pourrait faire l'établissement du collège qu'on méditait de fonder. On jeta les yeux sur la ville de Fribourg en Brisgau ; on crut que les ouvriers évangéliques qui y seraient formés , seraient de là plus à portée , sous la protection du roi Ferdinand, de pourvoir aux besoins spirituels de l'Alsace, qui, en ce temps-là, était aussi bien que le Brisgau du domaine des archiducs d'Autriche. Canisius fut prié d'y faire un voyage pour sonder là-dessus les esprits; il les trouva mieux disposés qu'il n'aurait cru pouvoir l'espérer : la ville et l'académie témoignèrent de la joie de ce projet ; l'une et l'autre voulurent bien y consentir, et en écrivirent de concert au roi des Romains; on s'empressa même de retenir Canisius , et on ne se consola de son départ que dans l'espérance de le revoir.
■ En retournant à Strasbourg, il parcourut les principales villes de la haute Alsace , fortifiant et consolant les catholiques dans tous ces endroits , qui se ressentaient extrêmement de la contagion de leurs voisins. Bien qu'il fît ce