NOTICE SUR CANISIUS. I^II
» ministres à l'Eglise, que les hérétiques n'ont d'empressé- » ment pour faire des disciples de l'erreur? » Pour obvier à un si grand mal, il vint solliciter tous les évêques réunis à Augsbourg pour la nouvelle diète qui s'y tenait, de subvenir aux besoins de ces étudiants , et prenant sur soi la confusion qu'il épargnait à ceux-ci , on le vit demander l'aumône par toute la ville , et presser ceux qui pouvaient les aider à concourir à cette bonne action. Son zèle eut tout le succès qu'il pouvait souhaiter : il recueillit une somme assez considérable pour pouvoir avec ce secours les loger tous ensemble, et les entretenir pendant l'hiver qui était fort rude cette année-là; il régla le temps de leurs dévotions et de leurs études , et grâce aux bénédictions que le ciel répandit sur cette utile entreprise, tout le diocèse goûta dans la suite les fruits que son auteur s'en était promis.
» Canisius faisait toujours cependant sa principale occupation du ministère de la prédication ; il s'en acquitta avec tant de facilité et de succès tout ensemble, que l'évêque et le chapitre prirent la résolution de faire de lui leur théologal. Cette fonction , qui devait l'attacher à la chaire de la cathédrale d'Augsbourg , semblait tout-à-fait incompatible avec son emploi de provincial , qui le mettait dans la nécessité de visiter toutes les maisons de sa province, et lui ôtait le loisir d'écrire contre les hérétiques. Canisius fit valoir ces raisons , mais on refusa de s'y rendre , et le chapitre prit le parti d'en écrire au général de la société , qui , entrant dans ses vues, répondit en particulier à Canisius, que « comme » il avait reçu plusieurs talents du Père de famille, il était » obligé de les faire valoir; qu'on ne s'attendait pas moins » aie voir écrire contre les nouvelles erreurs, qu'à l'en- » tendre s'élever contre elles du haut de la chaire; qu'il » remettait à son zèle et à sa prudence de pourvoir aux » besoins de sa province, et qu'il devait être persuadé que » le grand maître qui lui faisait l'honneur de lui confier » tous ces emplois, lui donnerait la force de les soutenir. »
« Une réponse si sage et si consolante le fixa : le cardinal prit de là occasion d'introduire les jésuites dans Augsbourg;