TA IV NOTICE SUR CANISIUS
particulier des bontés dont elle voulait bien honorer la compagnie de Jésus , il prenait la liberté de lui assurer qu'il n'y avait pas un de ses confrères qui ne fût aussi bien que lui disposé à sacrifier avec plaisir ses soins , ses travaux et sa vie pour les intérêts de la religion et du saint-siége apostolique; il finissait par lui demander pour toujours l'honneur de sa protection , et une ample bénédiction pour lui et pour tous ses frères qui avaient le bonheur de pouvoir consacrer leurs sueurs et leurs travaux au bien de la religion en Allemagne.
» Le concile , commencé depuis tant d'années et depuis si longtemps interrompu , recommençait enfin à Trente par les soins de Pie IV, et ce nouveau pontife , pour attirer la bénédiction du Ciel sur cette sainte assemblée et pour en obtenir une heureuse conclusion , avait ouvert les trésors de l'Eglise par un jubilé universel. Canisius résolut de se servir de cette nouvelle occasion pour instruire les peuples des avantages attachés aux indulgences que l'Eglise accordait dans ce jubilé , persuadé , d'ailleurs , que depuis les premiers troubles excités par Luther en Allemagne , plusieurs ne blasphémaient contre ces mêmes indulgences que parce qu'ils n'en connaissaient ni la nature ni la valeur. Il réussit parfaitement dans son dessein, et fit par ses sermons de si grandes impressions sur les esprits et sur les cœurs , que jamais on ne vit dans Augsbourg une plus grande disposition à profiter de ce temps de grâce et de salut.
» Ce fut partout une joie bien particulière pour tous les bons catholiques d'apprendre que le concile recommençait à Trente. Le cardinal Osius, un des légats chargés d'y présider, pressait instamment les Pères Laynez et Salmeron d'y faire venir Canisius; mais les chanoines d' Augsbourg, qui tenaient à le conserver, témoignèrent ouvertement à cette nouvelle qu'ils ne pouvaient nullement consentir à ce qu'on les privât du secours qu'ils attendaient de leur prédicateur. « Jamais , disaient-ils , la présence de Canisius ne » sera si nécessaire à Trente qu'elle l'est présentement à » Augsbourg; tout ce qu'il y a de plus habile dans le » monde chrétien se trouve réuni au concile; on ne s'avi*