‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 49 sur 139 · NOTICE SUR CANISIUS. LXIX · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CANISIUS. LXIX

ristie : hommes, femmes, enfants, tous se jetaient à ses pieds, les larmes aux yeux , lui baisaient les mains par respect, et après avoir obtenu ce qu'ils souhaitaient et reçu sa bénédiction, ils retournaient à leurs maisons ou à leurs champs, remplis de consolation d'avoir eu le bonheur de le voir et de l'entendre.

» Ayant eu à passer dans une ville hérétique, il ne craignit point d'y paraître ce qu'il était, et il annonça hautement les vérités de notre religion : la grâce concourut au dessein de ce fidèle ministre, et jusque dans un terrain si aride , la divine semence porta du fruit.

» Il n'y a rien de plus consolant que ce qui lui arriva sur la fin de cette mission. Lorsqu'il retournait à Augsbourg, il rencontra sur sa route un carrosse où était une dame de qualité : le malheur de sa naissance l'avait engagée dans l'hérésie ; une alliance qu'elle avait contractée depuis peu avec une famille très-catholique faisait espérer qu'elle prendrait bientôt les mêmes sentiments; mais le zèle que son époux et sa belle-mère témoignèrent pour sa conversion ne fit qu'augmenter l'attachement qu'elle avait pour la secte dans laquelle elle avait été élevée.

» Cependant , soit par honnêteté , soit par un effet de la providence de Dieu , qui voulait se servir du Père Canisius pour la convertir, elle le pria de venir loger chez elle. Canisius accepta cette offre , en homme qui savait habilement se servir des occasions que Dieu lui présentait de le glorifier. Il prit place dans le carrosse de la dame, et logea dans son château. Il n'y était pas encore arrivé, que la grâce avait déjà touché le cœur de cette femme. Elle fut charmée de sa modestie et de son savoir, et , le regardant comme un prophète que Dieu lui envoyait pour calmer ses [inquiétudes sur le sujet de la religion , elle résolut de s'instruire. Le Père n'eut besoin que d'une conversation pour dissiper ses doutes et lui faire détester ses erreurs. Il la disposa ensuite à faire une profession publique de la vraie religion, et par une confession générale de toute sa vie à se rendre digne de la communion. Toute sa maison prit part à

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