LXXXII NOTICE SUR CANISIUS
il voulut se signaler dans le parti qu'il paraissait avoir embrassé, par l'aversion terrible qu'il avait contre l'Eglise romaine. Il se vantait d'avoir trouvé un moyen plus court que tous ceux qu'on avait proposés jusque-là , pour pacifier les troubles élevés dans l'empire au sujet de la religion; et c'était , comme il prétendait le montrer dans l'écrit qui se débitait sous ses auspices, d'anéantir une bonne fois l'autorité du pape et la société de Jésus qui se faisait gloire de la soutenir.
» Canisius, à la prière des catholiques, répondit aussitôt à cet écrit de la manière la plus solide, et montra que l'esprit de l'Eglise était un esprit de paix , ce qu'on ne pouvait pas dire de l'hérésie , qui commençant par le schisme , portait naturellement au trouble et à la division; que, sans remonter à l'histoire de tous les siècles passés , on n'avait , pour s'en convaincre par ses propres yeux , qu'à les porter sur l'état présent de l'Allemagne , si cruellement divisée par toutes les sectes qui s'étaient élevées depuis le schisme de Luther. Il concluait de là, que le moyen le plus court et le plus naturel de ramener la tranquillité, était de remettre les choses au même état où cet hérésiarque les avait trouvées quand il était venu troubler la paix dont l'Eglise et l'empire jouissaient avant ce temps-là.
» Pendant que Canisius prenait si fortement le parti de la vérité contre les hérétiques qui l'attaquaient dans la diète, le légat ménagea si adroitement l'esprit de l'empereur et celui de tous les princes catholiques, que tous s'accordèrent à ne point permettre qu'on touchât en aucune manière à l'affaire de la religion , et que , comme la diète avait été principalement assemblée pour chercher les moyens de s'opposer aux Turcs , qui menaçaient la Hongrie et la capitale de l'empire , elle n'eut plus désormais pour objet que d'engager tous les membres de l'empire à fournir les secours qui seraient nécessaires pour rendre inutiles les efforts d'un si formidable ennemi.
» Quelque joie qu'eût Maximilien de l'heureuse conclusion de la diète , il ne pouvait songer sans chagrin aux tra-