‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 56 sur 139 · LXXXIV NOTICE SUR CÀSISIUS · texte numérisé non relu

LXXXIV NOTICE SUR CÀSISIUS

sait également grand , et lorsqu'il prenait plaisir à s'abaisser, et lorsque les hommes tâchaient de l'élever pour la gloire de Jésus-Christ.

» Au bout de quatre ou cinq mois , Natal , ayant pris le chemin de l'Autriche, renvoya Canisius dans sa province. L'homme apostolique , qui n'était plus attaché par son emploi de prédicateur à la chaire d'Augsbourg , dont il avait donné sa démission , eut toute liberté de contenter son zèle dans les missions qu'il entreprit en Souabe.

» Le comte Ulric de Helfestein en ressentit les premiers effets. Ce comte, qui, par je ne sais quel malheur, se trouvait engagé dans les nouvelles erreurs, par un malheur plus grand encore y avait entraîné tous ses vassaux, et, pour les y confirmer davantage, il entretenait alors six ministres protestants, occupés uniquement à cela. Cependant, à la faveur d'un rayon de lumière que la grâce répandit dans son esprit , il commença à s'apercevoir du faible de la réforme protestante; revenu de ses premières préventions, comme il avait naturellement l'esprit bon et le cœur droit, il regarda comme un crime de ne pas s'éclaircir pleinement dans une affaire de cette importance. Canisius était peutêtre l'homme de son siècle le plus propre à démêler les artifices dont les hérétiques enveloppaient la vérité. Comme ce fut à lui que le comte crut devoir s'adresser, il n'eut aucune peine à lui faire remarquer, en remontant jusqu'aux apôtres , la sainteté , l'unité et la perpétuité de la doctrine de l'Eglise, au lieu qu'une infinité de personnes qui vivaient encore avaient vu l'origine et l'établissement de la secte protestante. En même temps, le Seigneur, secondant intérieurement par sa grâce les efforts de son ministre , Ulric reconnut ia vérité, et son zèle, devenu plus saint en changeant d'objet, le porta à la faire connaître et à la faire aimer de ses vassaux, avec autant d'ardeur et de succès qu'il en avait eu auparavant pour les porter à l'erreur.

» La conversion du comte de Helfestein lit grand bruit dans tout le pays et ne contribua pas peu à ranimer la ferveur des catholiques; plusieurs personnes de la première

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