‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 57 sur 139 · NOTICE SUR CANISIUS. LXXXV · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CANISIUS. LXXXV

qualité en furent excitées à mener une vie plus parfaite, et, conjurant Canisius de vouloir bien les aider, elles commencèrent par lui faire une confession générale de toute leur vie , et s'appliquèrent sous sa conduite à tous les exercices de piété, de zèle et de charité, qui pouvaient les sanctifier dans leur état. i

» Natal ayant rejoint Canisius, ils se rendirent tous deux à Wurtzbourg, pour y terminer l'affaire du collège que l'évêque avait résolu de fonder à la compagnie. Une des conditions que le prélat voulut qu'on insérât dans le contrat , fut que Canisius prêcherait le carême prochain dans la cathédrale; ce Père n'eut point de peine à l'accepter. Pour se disposer à une si importante mission , il se retira dans le collège de Dillingue, et y passa plusieurs jours dans les exercices de la prière et de la pénitence; revêtu de la vertu d'en haut , il sortit de sa solitude , et retourna à Wurtzbourg , où il reprit le travail de l'action avec une ferveur semblable à celle qu'il avait fait éclater autrefois à Augsbourg dans une pareille occasion. Dieu bénit ses efforts, ainsi que les soins du prélat qui l'avait invité : en peu de temps , la ville changea de face ; plusieurs catholiques , de toutes sortes de conditions , touchés extraordinairement par les discours du prédicateur, firent honneur à la religion par une vie plus réglée; plusieurs hérétiques firent entre ses mains abjuration de leurs erreurs, et il eut même la consolation de voir la grâce triompher par ses instructions de la dureté du cœur d'une fille juive, qu'il disposa à recevoir le baptême.

» Quelque robuste que fût sa complexion, elle ne fut pas â l'épreuve de tant de fatigues; il les continua cependant avec un courage invincible, tant qu'il demeura à Wurtzbourg ; maisil n'eut pas plutôt regagné Dillingue, que, n'étant plus soutenu par l'ardeur de l'action , il fallut que la nature épuisée succombât. Une fièvre ardente qui survint consuma bientôt le reste de ses forces, de sorte qu'il y avait tout à craindre pour sa vie; mais son heure n'était pas encore venue; il était réservé à bien d'autres épreuves.

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