‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 59 sur 139 · LXXXVIII NOTICE SUR CANISIUS · texte numérisé non relu

LXXXVIII NOTICE SUR CANISIUS

aux calomnies les plus noires, qui y sont répandues partout. Le pape, jugeant qu'il fallait opposer un puissant antidote à un poison si dangereux, se persuada qu'il n'y avait personne en Allemagne qui pût s'en acquitter plus parfaitement que Canisius. Il s'ouvrit là-dessus au Père Borgia , qui fit aussitôt savoir à ce Père les intentions de Sa Sainteté. L'humilité du serviteur de Dieu lui fit d'abord trouver dans la grandeur de cet ouvrage des raisons assez fortes pour le dispenser de l'entreprendre ; mais enfin , l'obéissance l'emporta sur son humilité. « Quelque indigne » que je sois, écrivait-il à son général, de l'honneur que Sa » Sainteté m'a fait de songer à moi pour un si grand » dessein , j'espère trouver dans l'obéissance , dans les » prières de mes frères , et surtout dans la bénédiction de » Sa Sainteté, de quoi suppléer ce qui manque à mon » insuffisance. »

» Canisius donna pour titre à ce nouvel ouvrage celui d' Altérations de la parole de Dieu (De divini verbi corruptelis). Pour faire mieux sentir la mauvaise foi des novateurs, il réduisit ces altérations à certains articles, qui renfermaient ce qu'il avait à dire de plus fort sur les trois personnes qu'on voit dans l'Evangile avoir le plus de rapport avec Jésus-Christ, parce qu'en effet c'était Jésus-Christ que les hérétiques attaquaient dans ces trois personnes, qui sont Marie sa sainte Mère, Jean-Baptiste son précurseur, et saint Pierre son vicaire sur la terre.

» Ce qu'il dit à l'occasion de saint Jean-Baptiste , pour défendre le texte sacré des altérations qu'y avaient faites les ministres de Magdebourg , lui fit donner à son premier tome le nom de ce saint précurseur. Dès que ce livre parut, Rome le reçut avec applaudissement, et le pape, à qui il en fit présenter un exemplaire , témoigna la satisfaction singulière qu'il en avait, par l'indulgence plénière et la trèsample bénédiction qu'il lui donna sur-le-champ. Les louanges de la sainte Vierge firent la matière du second volume, qui parut quelque temps après le premier. Les diverses occupations qui lui survinrent l'ayant obligé d'in-

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