‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 61 sur 139 · XC NOTICE SUR CANISIUS · texte numérisé non relu

XC NOTICE SUR CANISIUS

les hérétiques , et les catholiques triomphaient à leur tour de la confusion que leurs adversaires s'étaient eux-mêmes attirée.

» Canisius, se prévalant sagement de cette heureuse conjoncture, fit vivement sentir aux catholiques la mauvaise foi qui se rencontre dans le parti de l'erreur; il les consola, il les anima ; et après les avoir merveilleusement confirmés dans la religion de leurs ancêtres , il les laissa pénétrés de cette grande maxime de l'Apôtre , de dire un anathème à quiconque, fût-ce un ange descendu du ciel , qui voudrait leur annoncer un évangile différent du sien.

» Après avoir pleinement satisfait les catholiques de Wurtzbourg, il reprit le chemin d'Augsbourg, où il fut présent à une congrégation provinciale de son ordre ; il y fut choisi en qualité de député pour aller à Rome rendre compte au général de l'état de sa province. Comme la seule ombre d'une distinction tant soit peu honorable suffisait pour l'effrayer, sa modestie le porta à s'excuser et à prier qu'on le dispensât de ce voyage ; mais la congrégation ne jugea pas à propos de recevoir ses excuses ; ainsi il fallut partir : heureusement, le cardinal d'Augsbourg, qui, en ce temps-là, devait se rendre à Rome, l'obligea de se joindre à lui. Un si grand voyage ne se fait point sans fatigues :ISTotre- Seigneur voulut les adoucir à Canisius par les consolations les plus intimes. On a trouvé dans ses papiers les sentiments intérieurs dont le Saint-Esprit avait rempli son cœur, lorsqu'il priait dans la grande église de la ville d'Ancône. Ces sentiments de piété s'augmentèrent dans la dévote chapelle de Notre-Dame-de-Lorette ; il eut la consolation d'y prêcher le jour de la Trinité, à la messe que le cardinal y célébra ; enfin il arriva à Rome sur la fin du mois de juillet , l'an 1568.

» Pie V, par un effet de cette sympathie que la grâce met dans le cœur de ceux qu'elle unit en Notre-Seigneur, témoigna désirer vivement de le voir. L'humble religieux , dans une des audiences que Sa Sainteté lui fit l'honneur de lui donner sur les affaires de la religion en Allemagne , prit la liberté de lui proposer d'établir une congrégation de

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