‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 68 sur 139 · NOTICE SUR CANISIUS. CI1I · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CANISIUS. CI1I

application : il fut frappé tout-à-coup d'une apoplexie qui fit désespérer de ses jours. La nouvelle qui s'en répandit aussitôt dans toute la ville y causa une consternation générale, chacun le pleurant déjà comme s'il eût perdu son propre père. Mais son heure n'était pas encore venue; Notre-Seigneur voulut bien le rendre aux prières et aux larmes de ce bon peuple : il se rétablit peu à peu ; mais les restes fâcheux de cet accident le mirent hors d'état de soutenir la fatigue de la prédication; il fallut absolument y renoncer. Son zèle ne se rendit pas pour cela : ne pouvant plus exercer par lui-même cet important emploi , il résolut de continuer de son mieux à le faire exercer par d'autres , ou du moins à le faciliter à ceux que la Providence y destinerait dans la suite. On le pria de donner ses sermons au public : peu content de lui-même là-dessus , il ne jugeait pas qu'ils méritassent de paraître; il essaya d'en composer de nouveaux, et il ménagea si bien son temps et ses forces, qu'en trois ou quatre ans , il se vit en état de publier plusieurs volumes de notes sur les Evangiles de toutes les fêtes et de tous les dimanches de l'année. Il dédia tout l'ouvrage au clergé de Fribourg : il est excellent et tout-à-fait digne de son auteur ; et , parce qu'il peut également former un homme à la prière et à la prédication , on lui donne quelquefois le nom de Sermons , et quelquefois celui de Méditations.

» Porté de tout temps à honorer les saints patrons des lieux où il travaillait à la gloire de Notre-Seigneur , il recueillit avec soin les actions de ceux que toutes ces contrées regardent comme leurs apôtres et leurs protecteurs auprès de Dieu; il fit imprimer ce recueil, qui se compose principalement des vies de saint Maurice, de saint Béat, de saint ÎNicolas anachorète , et de saint Fridelin , en langage du pays, pour la consolation de ces peuples. On ne peut dire combien ce petit ouvrage leur fut agréable, et combien il lui attira de bénédictions.

» Enfin , il donna encore au public deux autres petits livres de piété à l'usage des personnes qui font profession

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