‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 71 sur 139 · CVI NOTICE SUR CANISIUS · texte numérisé non relu

CVI NOTICE SUR CANISIUS

» corde, j'aie le bonheur d'être réuni au corps des prêtres » élus du Seigneur, et que je prie à mon tour dans la » région des vivants, et pour vous, et pour votre collège. »

» Il ne se contenta pas d'inspirer à ses enfants ces sentiments d'une juste reconnaissance; il voulut lui-même en donner des preuves publiques, à l'occasion qui s'en présenta la dernière année de sa vie.

» Depuis seize ans que les jésuites étaient à Fribourg, en attendant qu'ils eussent un lieu commode pour faire les fonctions propres de leur compagnie , ils s'étaient toujours servis de la grande église que les chanoines leur avaient offerte très-obligeamment pour cela. Cette année 1597, qui était la soixante-dix-septième de la vie du Père Canisius, on ouvrit la chapelle qui était destinée à ces saints exercices. Comme cela se fit avec quelque cérémonie , ce Père , qui avait eu plus de part que personne à la fondation du collège, voulut faire un dernier effort pour y prêcher, et donner par là une marque publique du dévouement entier avec lequel il avait consacré ses derniers jours au service de la seigneurie.

» Ce fut une vraie joie pour tout le monde d'apprendre cette nouvelle ; toute la ville accourut à la chapelle; chacun s'y empressa d'y avoir place, ravi de le voir encore une fois en chaire; je dis de le voir, car il était si faible, qu'à peine pouvait-il se faire entendre des premiers rangs; mais le plaisir qu'on avait de le considérer tenait lieu de tout ce qu'on pouvait attendre de son discours ; tous pleuraient de joie ; attendris à la vue de ce vénérable vieillard , ils recueillaient le même fruit qu'une prédication éloquente I aurait pu faire sur eux : comme si , au défaut de ses paroles , un prédicateur intérieur leur eût fait entendre qu'ils ne devaient pas avoir moins de zèle pour le salut de leurs âmes que n'en avait eu ce saint homme, qu'ils voyaient épuisé par les travaux dont il s'était chargé uniquement dans cette vue.

» Ce fut là le dernier effort de son zèle : il sentit bien que Notre-Seigneur voulait l'attirer à lui; aussi ne son-

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