NOTICE SUR CAN1S1US. CVII
geait-il plus qu'à la mort; il ne parlait plus que de la mort , demandant à tous ses amis le secours de leurs prières, pour s'y préparer en véritable chrétien : « Fasse le Ciel, dit-il » dans une de ses lettres , que le désir de la bienheureuse » éternité s'augmente toujours en nous , afin que , dégagés » une bonne fois des choses de la terre , nous ayons le » bonheur d'être réunis dans le ciel avec nos premiers pères, » et de jouir avec eux de la souveraine félicité dans la » possession de Dieu. *
» Ce fut au commencement de septembre de cette année d 597,quel'hydropisie dont il était menacé depuis longtemps se déclara entièrement : il vit bien que c'était la dernière épreuve à laquelle Notre-Seigneur mettait sa fidélité; il eut en même temps une connaissance particulière du terme que le Ciel avait marqué à ses travaux ; et cela parut assez par une parole qu'il dit à un de ses frères, qui avait la charité de lui faire tous les jours une lecture spirituelle dans le livre de la Vie des Saints. Il avait choisi ce livre plutôt qu'un autre , pour s'animer à souffrir, par les grands exemples qu'on y trouve d'une patience héroïque et d'une parfaite soumission aux ordres de la divine Providence. Un jour donc qu'il mettait ce livre entre les mains de ce charitable frère : « Commencez, lui dit-il, par les saints qui sont marqués au commencement de ce mois; en les parcourant ainsi le reste de l'année, nous en aurons jusqu'à la fin. » Soit que ce bon religieux ne fît pas assez réflexion à ce que le Père lui avait dit, soit qu'à cause de l'état pitoyable où il le j voyait, il crût qu'il ne pouvait aller si loin , il ne lisait pas lexactement toute la suite de l'histoire, mais il en passait souvent plusieurs endroits et ne s'attachait qu'à ceux qu'il trouvait plus à son goût. Canisius s'en étant aperçu , l'avertit de ne pas se presser si fort , parce que le terme que Notre- Seigneur avait mis à ses jours n'était pas encore venu, et il l'assura plus d'une fois que, sans rien omettre, il aurait de quoi fournir jusque-là. En effet, depuis ce temps-là, le Père vécut encore près de quatre mois, pendant lesquels on continua chaque jour à lire toute la suite de ce qui se rencontrait