‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, trChapitre 37 sur 68 · IV · texte numérisé non relu

IV

25. Le même, De jejunio decimi menêù, serm, I : « Les principaux actes, etc. » Voir à la question précédente, témoignages, page 312.

Ibidem, Serm. II : « Qu'y a-t-il de plus propre à nous sanctifier que le jeûne, qui nous approche de Dieu en quelque manière? Il nous donne la force de résister au démon, et de dompter les vices qui flattent la concupiscence. Le jeûne est Taliment de la vertu : c'est Tabstinence qui enfante les pensées chastes, les désirs raisonnables, les conseils salutaires. Les mortifications volontaires ralentissent la concupiscence de la chair, et donnent à l'esprit des forces nouvelles. Mais comme le jeûne n'est pas l'unique instrument de notre salut , il faut y joindre la charité envers les pauvres ...

» Il faut, donc que nous jeûnions la quatrième férié et la sixième, et que nous passions le samedi en prières dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, qui nous aidera par son intercession à obtenir l'accomplissement de nos vœux, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, etc. (1). »

Ibidem, Serm. III : <( Si nous nous laissons aller à une lâche oisiveté et à une nonchalance criminelle , notre cœur demeurera stérile et sans vertu, semblable à une terre inculte, toute hérissée de ronces et d'épines, qui ne produit que de mauvaises herbes, propres à être jetées au feu, au lieu du bon grain* qu'on ramasserait dans les greniers. Ce cœur pénétré de la grâce de Dieu, comme d'une rosée, est conservé par la foi : les jeûnes l'exercent, les aumônes le préparent, les prières le rendent fertile et empêchent que des plantes amères et sauvages n'y prennent racine. C'est à quoi nous devons travailler en tout temps; mais c'est surtout dans les jours où nous sommes , qui sont principalement destinés à ce saint exercice, qu'il nous faut redoubler d^ soins et de zèle. C'est le propre de la piété de faire le bien même qui n'est commandé par aucune loi; comme c'est une inâpiété, au contraire , de ne pas se mettre en peine de faire celui que la loi nous prescrit.

)) Je vous exhorte de tout mon pouvoir à la pratique du jeûne du dixième mois. Je sais que vous êtes tous disposés à observer cette abstinence avec beaucoup de ferveur : que chacun fasse des aumônes selon ses facultés, et selon les biens qu'il a reçus de Dieu. Les ennemis de notre salut, qui sont au désespoir quand

(i) Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand , p. 52-55.

DU JEUNE. SSS

ils voient que nous nous appliquons à nous sanctifier, redoublent leurs efforts et leurs artifices pour nous traverser dans la pratique de la vertu ; ils font craindre la disette à ceux qui auraient le plus de penchant à donner Taumône ; la rigueur du jeûne abat le courage des autres, de sorte que plusieurs se relâchent là-dessus, et ne Tobservent pas avec toute Texactitude qu'ils devraient (I). »

Ibidem^ Serm. IV : « Ceux qui sont obligés de combattre des ennemis aussi dangereux (que le sont le démon , le monde et la chair) , peuvent se servir de trois principaux remèdes pour se guérir des blessures qu'ils reçoivent dans leurs combats, savoir une prière persévérante, des jeûnes rigoureux et d'abondantes aumônes. Ces tiois moyens employés concuiremment nous rendent Dieu propice, effacent nos péchés, affaiblissent les forces et déconcertent les efforts du tentaleur. Une âme fidèle doit toujours être revêtue de cette triple armure; mais sa ferveur doit redoubler surtout dans les temps particulièrement destinés à la pratique des œuvres de piété.

» Mettons dans ce rang le jeûne solennel du dixième mois : il ne faut pas le négliger sous prétexte que c'est une pratique tirée de l'ancienne loi, et comme si l'on se faisait, à l'imitation des Juifs, un scrupule de manger de certaines viandes : cette coutume n'est pas du nombre des anciennes purifications, et n'a rien de conomun avec le choix qui se faisait alors de certains bestiaux et de certains oiseaux pour les immoler. Toutes ces choses, qui n'étaient que des figures, ont cessé, quand les vérités qu'elles signifiaient ont été accomplies; la grâce du Nouveau- Testament n'a point aboli le jeûne, qui est d'un grand secours pour conserver la pureté du corps et la ferveur de l'esprit. Comme le christianisfne observe les préceptes du décalogue, et qu'on lit dans l'Evangile : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, H mm le servirez lui seul; vous aimerez votre prochain comme vousmême (Matth., IV, 10; XXII, 57); ainsi les préceptes qui regardent le jeûne n'ont point été abolis par la loi nouvelle. Aujourd'hui , comme autrefois , le jeûne nous fortifie contre le péché, amortit en nous le feu de la concupiscence, repousse les tentations, abat l'orgueil, réprime les saillies de la colère et conduit jusqu'à une vertu consommée les bons désirs que le coeur enfante. Il faut cependant que le jeûne soit secondé par le mérite

(1) Cf. Sei'mons de saint Léon-le-Grand , p. 53-55.

de la charité, et par un usage prudent de l'aumône . Le*Jcûne dénué du secours de cette vertu ne contribue pas tant à purifier Tâme , qu'à affaiblir le corps ; c'est plutôt souvent un effet de l'avarice, que celui d'une véritable pénitence, quand on se contente simplement de s'abstenir de l'usage des viandes, sans exercer d'autres œuvres de piété...

)) Il faut donc, mes frères, nous disposer à ces bonnes œuvres, avec la grâce de Dieu , par le jeûne de la quatrième et de la sixième férié , et par les prières que nous ferons le samedi dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, afin qu'aidés par son intercession, nous puissions mériter la miséricorde de Dieu (1). »

Ibidem, Serm, V : « Tous les temps, mes frères, sont propres à l'exercice de ces bonnes œuvres (à la pratique de l'aumône); mais surtout le temps où nous sommes doit redoubler notre ferveur, puisque les saints Pères, inspirés par le Saint-Esprit, ont consacré le dixième mois au jeûne, afin que, la récolte étant faite, on remercie Dieu par une abstinence volontaire des biens qu'il nous a donnés, et qu'on se souvienne de faire de l'abondance des biens un tel usage qu'on soit plus libéral envers les pauvres, à mesure qu'on devient plus sobre et plus austère par rapport à soi-même. La prière accompagnée du jeûne et de l'aumône est très-efficace pour obtenir le pardon des péchés qu'on a commis : de tels suffrages la rendent fort agréable à Dieu...

» Nous jeûnerons donc la quatrième férié et la sixième. Nous passerons le samedi à prier Dieu dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, qui veille incessamment sur leiroupeau que Dieu lui a confié, comme nous le croyons et comme nous en faisons tous les jours l'heureuse expérience. Il obtiendra de Dieu, par ses prières , que l'Eglise qu'il a édifiée par ses prédications apostoliques soit jusqu'à la fin affranchie de toute erreur (2). »

Ibidem, Serm. VI : « Les pratiques de l' Ancien-Testament donnent beaucoup de poids et d'autorité aux préceptes évangéliques, lorsque ce qui a été d'usagé dans l'ancienne loi s'observe encore dans la nouvelle. Le Sauveur du monde disait en parlant de lui-même : Ne pensez pas que je sois venu détruire la loi ou ks prophètes; je ne suis pas venu les détruire, mais les accomplir (Matth., V, 17). Toutes les prophéties et les figures qui annonçaient la venue de Jésus-Christ ont cessé par l'accomplissement

(1) Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 86-59.

(2) Cf. Ibidem, v 164-167.

DU 1BI3NB. 387

de la vérité ; mais les maximes qui regardent le règlement des mœurs, la piété, le culte de Dieu , ont toujours la même force : tout ce qui convient aux deux Testaments subsiste encore, et n'est point sujet au changement. Le jeûne des Quatre-Temps est imité des pratiques de Tancienne loi, et nous l'observons tous les ans par tradition. La justice et la piété exigent de nous des actions de grâces pour les fruits que Dieu nous donne avec tant débouté...

» Jeûnons la quatrième férié et la sixième ; employons le samedi à la prière dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, afin que Tint^rcession de cet apôtre nous obtienne le secours et la protection de Dieu par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ (1). »

Ibidem^ Sertn. VII : u La continence a triomphé de la luxure; l'humilité a banni l'orgueil; ceux qui étaient plongés dans l'ordure de l'impudicité, sont tous brillants de l'éclat de la chasteté. La divine Providence, mes frères, a ajouté à ces grands changements le mérite du jeûne , qu'on observe à certains jours par toute l'Eglise. Quoique ce soit une chose louable que tous les membres de Jésus-Christ se rendent recommandables par leurs fonctions particulières, le mérite est encore plus grand lorsque tous les fidèles s'appliquent de concert à la pratique des mêmes vertus, afin que nos ennemis invisibles, qui regardent notre sanctification comme le plus cruel de leurs supplices, soient vaincus par chaque fidèle en particulier et par tout le corps en commun. Le dixième mois où nous sommes, mes frères, nous avertit de redoubler notre ferveur, et d'allumer de plus en plus dans nos cœurs le zèle de la charité, après en avoir banni la tiédeur et TinfidéUté. . . '

)) Jeûnons la quatrième férié et la sixième , et passons le samedi en prières dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre (2). »

Ibidem^ Serin. VIII : « L'utilité du jeûne paraît principalement, mes frères, dans les jeûnes que l'Kglise nous prescrit, et qu'elle a assignés aux diverses saisons de l'année, par l'inspiration du Saint-Esprit, afin que les fidèles se souviennent qu'ils doivent pratiquer l'abstinence en tout temps. Le jeûne du printemps s'observe pendant le carême; celui d'été à la Pentecôte; le jeûne de l'automne est dans le septième mois, et enfin celui

(1) Cf. Sermons de saint Léon- le -Grand, p. 08-69, 73. (i) Cf. Ibidem , p. 75-77.

3B8 DU lEUNE.

d'hiver s'observe dans )e mois où nous sommes, qui est le dixième : cette distribution nous fait entendre qu'il faut observer les préceptes divins dans toutes les saisons, et que Dieu nous instruit dans tous les temps de Tannée, afin que nous n'ignorions aucun de nos devoirs , et que nous sachions précisément ce que nous devons dire et ce que nous devons faire...

» L'abstinence est un moyen très-propre à détruire les vices : l'efficacité de cette vertu tempère la soif de l'avarice , arrête les saillies de l'ambition, ralentit le feu de la luxure. Des effets si merveilleux doivent nous en faire sentir l'utilité; mais il ne suffit pas de s'interdire l'usage des viandes; il faut encore étouffer tous les désirs charnels...

» Nous jeûnerons les jours de la quatrième et de la sixième férié, et nous passerons le samedi en prières dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, qui obtiendra par son intercession que nos jeûnes, nos prières et nos aumônes soient agréables à Dieu, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui vil et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles (1). »

26. Ibidem, dejejunio Pentecostes, serm. I : « La fête que nous célébrons aujourd'hui, mes frères, et qui est consacrée par la descente du Saint-Esprit, est suivie, comme vous le savez, d'un jeûne solennel, institué pour guérir les maux de l'âme et du corps, et que nous devons observer avec toute l'exactitude et toute ja ferveur dont nous sommes capables. Depuis que les apôtres ont été remplis de la vertu d'en haut, et que l'Esprit de vérité est descendu sur eux , nous ne pouvons plus douter que l'institution du jeûne, aussi bien que les autres points de la doctrine céleste que nous professons, ait été suggéré par le Saint-Esprit, afin que les âmes sanctifiées par le jeûne soient plus en état de recevoir l'onction de ses grâces. Les disciples de Jésus-Christ étafenl sous la protection du Tout-Puissant; la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit soutenait les chefs de l'Eglise naissante. Ce n'était point les forces du corps, ni les secours naturels, qu'il leur fallait employer pour combattre leurs persécuteurs, ou pour résister aux efforts et aux mauvais desseins des méchants : la bonne chère et les délices altèrent la vertu des hommes, ce qui plaît aux sens corrompt le cœur; l'âme raisonnable devient plus épurée, à mesure que le corps est dompté et mortifié.

(1) Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 79-83.

DU IBUNE. 3S9

» Les docteurs qui ont illustré TEglise naissante par leurs exemples et par leurs traditions , ont fondé sur le jeûne les premiers éléments de la milice chrétienne, afin que ceux qui se préparaient à combattre les puissances infernales prissent les armes de l'abstinence pour réprimer Fimpéfuosité des vices. . .

» Nous jeûnerons la quatrième férié , et de même la sixième , et nous prierons le samedi dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, dont l'intercession nous obtiendra, comme nous en avons la ferme confiance, d'être délivrés de nos ennemis visibles et invisibles, par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ (1). »

Ibidem, Serm, II : k II ne faut pas douter, mes frères, que toutes nos saintes pratiques soient d'institution divine , . et que Qous tenions de la tradition apostolique les coutumes établies dans l'Eglise. C'est le Saint-Esprit qui agit encore sur le cœur des fidèles, pour les encourager à l'observation des divins corn* mandements. Le Saint-Esprit, qui avait été promis de Dieu, descendit sur les apôtres le jour de la Pentecôte , qui est le cinquantième depuis la Pàque, et les combla par sa présence de lumières plus éclatantes et de grâces plus abondantes; et nous devons être persuadés que le jeûne qui suit immédiatement la fêle de la Pentecôte doit être compté entre les autres dons du Saint-Esprit. Comme la concupiscence a ouvert la porte à tous les péchés, ainsi la continence est l'origine et la source de toutes les vertus (2). »

Ibidem, Serm. VI : « Nous ne devons point douter, mes frères, que les apôtres inspirés par le Saint-Esprit aient été les preniiers instituteurs du jeûne et qu'ils se soient préparés par l'abstinence à la pratique des autres vertus. Les fidèles qui se sanctifient par la mortification , et qui se servent du jeûne pour amortir le feu de la concupiscence, sont plus en état d'accomplir les préceptes de la loi de Dieu. »

» Voilà pourquoi je vous exhorte , mes frères , si vous voulez effacer les taches de vos péchés par la mortification et par les œuvres de piété, à jeûner la quatrième férié ainsi que la sixième, et à passer le samedi en prières dans l'église du bienheureux apôtre saint Pierre, afin que ses mérite.s et son intercession rendent nos vœux et nos jeûnes agréables à Die u , par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ (3) . »

(*) Cf. Sermons de saint Léon-le-Grand, p. 518^519, S21.

(2) Cf. Ibidem, p. 522-523.

(3) Cf. Ibidem, p. 526-629.

360 ïHy lÉtNË.

27. Le mêifle, De Qmdrageshnd, Serm. I : a Nous sommes parvenus au saint temps de carême , où nous devons nous punir de notre lâcheté et de notre négligence passée , pour en effacer le crime ; mais c'est aussi en cette sainte saison que la malignité des démons est plus envenimée , et qu'ils font de plus grands efforts afin que ceux qui doivent célébrer la Pâque soient coupables et impurs en quelque chose , et que ce mystère , qui devrait être pour eux une source de bénédictions, les replongent dans de nouveaux crimes, s*ils s'en approchent indignement.

» Le saint temps de carême approche, mes frères, où nous devons redoubler notre zèle et notre application au service de Dieu : comme nous entrons dans une espèce de combat , il faut nous préparer à soutenir les tentations de nos ennemis; car nous devons être persuadés que, plus nous nous appliquerons à Taffaire de notre salut, plus nos ennemis redoubleront leurs attaques avec violence. Mais celui qui habite en nous est plus fort que celui qui est contre nous; nous sommes fortifiés par la force même de eelui en qui nous avons mis notre confiance. Le Sauveur a permis au démon de le tenter, afin que nous soyon€uinstruits par l'exemple de celui qui nous protège (1). »

Ibidem y Serm. II : a Un homme n'a qu'une piété suspecte même dans les autres temps de l'année, si sa piété n'est pas plus ardente dans celui du carême. C'est fort à propos qu'on nous a répété cette maxime de l'Apôtre : Voici maintetmnt le temps favorable , voici le jour du salut {II Cor., VI, 2). En effet, peut-on trouver un temps plus favorable à la vertu, et des jours plus salutaires, puisque c'est dans ces temps qu'on déclare uue giierre ouverte aux vices , et qu'on s'applique plus particulièremeul à la verlu (2) ? »

Ibidem, Serm. III : a Tant que nous sommes revêtus d'une chair mortelle, notre ancien ennemi ne cesse de nous tendre des pièges pour nous faire tomber dans le péché; et sa fureur est plus ardente contre les membres de Jésus-Christ, lorsqu'ils sont sur le point de célébrer les plus augustes mystères, Le Saint- Esprit a eu soin de nous enseigner celte vérité , afin que nous nous préparions par un jeûne de quarante jours à la fête de Pâques. Voici le temps de nous purifier par cette sainte abstinence , et de nous imposer une pénitence si utile ; nous serons

(1) Cf. Sermons de saint Léon^le^Grand, p. ^\-%'5%.

(2) Cf. Ibidem, p. S58.

w iÈuHB. 301

plus en état d'honorer la Pftque de Jésos-Ghrmt et de la célébrer dignement , si nous vivons saintement pendant le carême , et si nous observons avec fidélité le jeûne qui nous est prescrit. — Dans ces jours de jeûne, livrons-nous avec plus de zèle que jamais à la pratique des bonnes œuvres, et quoique nous soyons obligés de les pratiquer en tout temps, cette sainte saison demande un redoublement de ferveur (4). »

Ibidemj Serm. IV : « Mes frères, dans l'intention où je suis de vous parler du saint jeûne de carême, puis-je mieux commencer ce sermon que par les paroles de l'Apôtre qui était l'interprète de Jésus-Cbrist, et qu'en répétant ces paroles que nous venons de lire : Voici maintenant le temps le plus favorable, void maintenant le jour du salut. Quoique le Seigneur nous comble de ses^gràces en tout temps, et que sa divine miséricorde vienne sans cesse k notre secours, il faut cependant que Tàme s'applique avec plus de zèle à faire des progrès dans la vertu , et qu'elle conçoive de plus vives espérances dans ces temps où l'accomplissement des mystères de notre rédemption nous invite spécialement à exercer de nombreux actes de piété, afin que nous puissions célébrer avec une grande pureté de cœur et d'esprit le saint et incomparable mystère de la passion de Notre-Seigneur. Nous devrions toujours adorer ces divins mystères avec la même piété , avec le même amour, et rester toujours devant Dieu aussi purs que nous devons l'être pendant la fête de Pâques. Mais peu de personnes * possèdent assez de ferveur pour cela; ta fragilité de la chair nous empêche de persister dans la stricte observance des divins préceptes; et les embarras et les inquiétudes de cette vie causent de si grandes distractions, que les âmes les plus vertueuses ellesmêmes ne peuvent se garder d'être souillées par la poussière du monde. Aussi Dieu dans sa sagesse nous a donné le carême pour purifier nos âmes, pour racheter par de bonnes œuvres et le jeûne de la piété les fautes que nous avons pu commettre dans le cours de l'année. Puisque nous sommes sur le point d'entrer dans ces saints jours où les lois divines nous prescrivent de purifier notre âme et notre corps, ayons soin d'obéir à ce précepte de l'Apôtre : Purifions-nous de tout ce qui souille le corps ou l'esprit, . . » Nous jeûnerons ainsi les jours de la deuxième, quatrième et sixième férié, et nous célébrerons les vigiles dans l'église du

bienheureux apôtre saint Pierre , qui ne cesse de veiller sur le

(i) Cf. Sermons de saint Léon^le-^and, p.

362 DU JEUNB.

troupeau qui lui a été confié , et qui obtiendra notre salut par kt grâce de Dieu tout-puissant (1). »

Ibidem, Serm. V : a Pouvons-nous, mes frères, trouver un temps plus favorable pour recourir aux remèdes divins, qu'à répoque de ces fêtes où nous célébrons les divins mystères de notre rédemption? Préparons-nous par le jeune du carême à bien nous acquitter de ce devoir. Non-seulement ceux qui doivent recevoir une vie nouvelle dans le baptême par le mérite de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, mais encore tous les fidèles d'avance régénérés peuvent se servir utilement de ce divin remède pour se sanctifier : les premiers, afin de se rendre dignes de la grâce qu'ils n'ont point encore reçue ; les seconds, afin d» conserver celle qu'ils ont reçue autrefois. Car TÂpôtre a dit ; Que celui donc qui croit être ferme, prenne bien garde de tomber (/ Cor,, X, 12). Personne n'est tellement solide dans sa vertu, qu'il puisse être sûr de sa persévérance. Profitons donc, mes frères, des avantages que peut nous procurer un temps si salutaire, et employons tous nos efforts à purifier notre conscience (2). »

Ibidem, Serm. VI : a Si les chrétiens sont obligés en tout temps d'être réguliers et vertueux , il est juste qu'ils redoublent de ferveur en ce temps-ci, et qu'ils satisfassent à l'obligation dé jeûner que les apôtres nous ont imposée, non -seulement en se privant de nourriture, mais surtout en s'abstenant des vices (3). »

Ibidem, Serm. IX: a Nous n'ignorons pas, mes frères, que la fête de Pâques est la plus grande de toute» les solennités du christianisme; et pour célébrer dignement cette fête, l'année entière, dans les vues de l'Eglise, doit y servir de préparation. Mais le temps où nous sommes demande de nous à cet égard une dévotion et une piété toute particulière , parce que nous approchons tous les jours de plus en plus de ce mystère sublime de miséricorde. Les apôtres inspirés du Saint-Esprit ont ordonné le jeûne du carême, afin que nous nous conformions par la mortification à la croix et aux souffrances de Jésus-Christ, pour avoir part à ses récompenses, selon celte maxime de l'Apôtre : Si nous souffrons avec lui, nous sbrons glorifiés avec lui {Rom., VIII, 17). Nousdevons

(1) Cf. Sermons de saint Léoiv-le-Grand, p. 250-251, 258.

(2) Cf. Ibidem, p. 262-263.

(3) Cf. /6tdem, p. 268.

avoir une ferme espérance d'obtenir la béatitude qui nous est promise, si nous avons part à la passion de Jésus-Christ (1) )>

Ibidem, Serm. X : (c Si nous considérons attentivement les grâces que la croix du Sauveur a procurées à TEglise universelle, nous n'aurons pas de peine à reconnaître que le jeune du carême a été sagement institué pour nous préparer à la fête de Pâques , afin que nous puissions assister dignement à un si grand mystère (2). »

Ibidetn, Serm. XI : « Le grand mystère de la Pâque approche : pour le célébrer dignement , nous nous préparons par un jeûne de quarante jours ; tous les fidèles sans exception sont obligés à cette abstinence, parce qu'il n'y a personne de si saint ou de si pieux, qu'il ne doive croître toujours en sainteté et en piété (3). »

Ibidem j Serm, XII : a II faut nous disposer par les jeûnes, selon la coutume, à la solennité pascale qui approche, et sanctifier le corps et l'âme par une abstinence de quarante jours. Puisque c'est la plus grande et la plus auguste de toutes les fêtes, il faut apporter tous nos soins pour nous en rendre dignes; et comme nous sommes ressuscites avec Jésus-Christ, il faut aussi mourir avec lui...

» L'abstinence conserve , nourrit , augmente les bonnes dispositions de l'âme et du corps. De là concluez combien le jeune, dont l'institution remonte à Dieu même, est utile dans l'intention de l'Eglise, qui en prescrit la pratique par ses sages règlements. • Du moment où l'appétit charnel est soumis aux lois de l'abstinence , les tentations intérieures ne sont plus si violentes , et en même temps que le corps se prive des viandes, l'âme s'abstient des vices (4). »

Question II.

Que faut-il répondre à ceux qui décrient et méprisent la loi du jeûne ecclésiastique?

Il faut les avertir premièrement de ne pas attribuer injustement aux catholiques ce que l'Apôtre réprouve, et ce que l'Eglise a toujours condamné ians les juifs, dans les manichéens et dans les priscillianistes , et qui consiste à s'abstenir de certains aliments par superstition, ou pour obéir à la loi de Moïse. Car pour

(1) Cf. Sermons de saint Léon-le^Grand , p. 287-288.

(2) Cf. Ibidem, p, 294.

(3) Cf. Ibidem, p. 502.

(4) Cf. Ibidem, p. 512-513.

364 DU IKUNS.

reproduire ici la réponse que fit saint Âugastin à Fausle le Manichéen, « si les catholiques s'abstiennent de manger de la )) viande , c'est pour réprimer les révoltes de la chair et punir » r&me elle-même du consentement qu'elle a pu y donner, et » non parce qu'ils regarderaient peut-être la chair des animaux » comme quelque chose d'impur. Et ce n'est pas seulement de » la viande qu'ils s'a-bstiennent ainsi ; mais ils usent de la même )) réserve par rapport à certaines productions de la terre, presque » tous au moins pendant le carême, et quelques-uns même dans » tous les temps de l'année. )» Voilà ce qu'écrivait saint Augustin. Avant lui saint Epiphane exprimait la même doctrine dans la réfutation qu'il a donnée de l'hérésie d'Aérius , qui prétendait abandonner à la libre volonté de chacun les jeûnes prescrits par l'Eglise, et refusait à celle-ci le droit d'en Taire une obligation aux fidèles.

Quant à cet usage où est l'Eglise de marquer des époques particulières pour les jeûnes publics, aussi bien que pour ses prières solennelles et pour ses fêtes , cet usage a pour but de cimenter, de mettre en relief et d'accroître l'union qui doit exister entre tous les membres de l'Eglise. Beaucoup de gens d'ailleurs ne songeraient guère à s'imposer à eux-mêmes des jeûnes particuliers , pour lesquels Tamour naturel que chacun a de ses aises et de son bien-être corporel ne manquerait pas de leur créer des répugnances.

Qu'il soit important pour le salut de notre âme , et que ce soit pour nous une source certaine de mérites, d'accepter avec respect et soumission les lois de TEglisesur cette matière et de les observer avec ej^actitude, c'est ce que saint Jérôme démontre si clairement dans ses livres contre Jovinien , que personne ne peut plus après cela le révoquer en doute. Ajoutons aux raisons données par saint Jérôme ce que nous avons dit plus haut de l'obligation d'observer les préceptes de l'EgUse, tant pour éviter le scandale que pour ne pas nuire au maintien de la discipUne ; et non pas seulement par la crainte du châtiment, mais encore, comme le dit saint Paul , par un devoir de conscience.

Or, il est constant, comme le prouvent les témoignages unanimes des écrivains de tous les siècles, que la discipUne de l'Eglise, ses coutumes, ses traditions, ses lois ont de tout temps conspiré, et cela dès l'époque de son établissement, à procurer l'observation do ce jeûne ecclésiastique, marqué pour certains jours, et particulièrement pour le carême. Les Canons

apostoliques et les conciles les plus anciens témoignent de la vérité que nous exposons ici. Le concile de Gangres en "particulier frappe d'anatbème ceux qui méprisent les jeûnes ordonnés dans toute TEglise, et un concile de Tolède impose Tobligation aux évéques de priver de la communion ceux qui font gras en carême sans y être forces par la maladie ou par quelque autre nécessité évidente.

Les Pères, de leur côté, ont appliqué leur zèle à recommander le jeûne . surtout celui du carême , qui leur parait d'institution apostolique , et à le présenter comme de stricte obligation pour les fidèles. Ceux-là donc sont animés d'un tout autre esprit que de celui des Pères, qui se dispensent, eux et les autres, de la loi du jeûne, et se font les patrons de la prétendue réhabilitation (4) de la chair, plutôt que de la liberté évangélique. En s'opposant , comme ils le font, à ce que la chair soit crucifiée avec ses vices et ses convoitises, ils font bien voir qu'ils ne comprennent rien aux inspirations de l'esprit de Dieu, et que loin d'avoir cet esprit, ils l'éteignent au contraire et en eux-mêmes et dans les autres, suivant l'expression de l'Apôtre. Outre qu'ils résistent ouvertement à l'Eglise leur mère , ou pour mieux dire , à Jésus- Christ lui-même qui leur parle et leur commande par la bouche de l'Eglise son épouse, et qu'ils s'assurent leur damnation, en abolissant , autant qu'il est en eux , la sainte loi du jeûne , cette loi si salutaire , et que l'Eglise de tout temps nous a si puissamment recommandée (II) .

{\) le hasarde ici cette expression, devenue si fort à la mode dans les écrits des pliilosophes humanitaires, au lieu de traduire plus littéralement celle de Tauteur, camis licentiœ, que j'aurais pu rendre par ces mots : la licence des appétits charnels.

Quid verà his respondendum est, qui legem eccksiastici jaunit conveilunt atque contemnunt?

Primilm admonendi saut îsti, ne falsè cathoUcis affîngant, qaod Apostolus detestatur, et Ecclesia semper damnavit in jaâœis , manichaeis et priscillianistis, quôd l'idelicet aut secundiim legem mosaicam , aat ex superstitione à cibis quibusdam Bbstineaat. Gatholici enim, sicat Augustinus Fansto ManictiaH) respandet, qnàd à car-

nibas abstinent , edomandi corporis causa id faciant, propter anlmam ab Irrationalibas motibus amplias humiliandam, non quôd carnes esse immundas credant

Nec solîim à carnibus, verUm à quibusdam etiam terrae fructibus abstinent, vel semper, sicuti pauci. Tel certîs diebus atque temporibus, sicuti per Quadragesimam fermé omnes. Sic Augustinus : atque aute illum idipsum etiam docet Epipbanius, uM confntat Aërianam haeresim , quae stata Ecclesi» jejunia cuique libéra esse Tult, atque ad ea neminem obligari.

Quèd autem in poblicis Jejuaiis , slcu^

TÉMOIGNAGES DE l'ÉCRITURE.

1. / Tim., IV» 1-5 : « Or, TEsprit dit expressément que dans les temps à venir quelques-uns abandonneront la foi , en suivant des esprits d'erreur et des doctrines diaboliques , — enseignées par des imposteurs pleins d'hypocrisie , dont la conscience sera noircie de crimes; — qui interdiront le mariage, et l'usage des viandes que Dieu a créées pour être reçues avec action de grâces par les fidèles, et par ceux qui connaissent la vérité. — Car tout ce que Dieu a créé est bon , et on ne doit rien rejeter de ce qui peut se manger avec action de grâces ; parce que cela est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière, w ' 2. Colossiens, II, 16-17, 20-23 : « Que personne donc ne vous condamne pour le manger et pour le boire, ou au sujet des jours de fêtes , des nouvelles lunes , et des jours de sabbat , — puisque toutes ces choses n'ont été que l'ombre de celles qui âevaient arriver, et que Jésus-Christ en est le corps et la vérité, — Si donc vous êtes morts avec Jésus-Christ à ces éléments du monde, comment vous en faites-vous encore des lois, comme si vous viviez dans ce premier état du monde? — Ne mangez pas, vous dit-on, d'une telle chose; ne goûtez pas de ceci, ne touchez

et in precationibus , et feriis, ratio temporis observatur, id ordinem et concordiam publicam in Ecclesia confirmât, illustrât ac promovet. Deinde privata jejania non ita muiti quidem imponerent sibi , utpote naturali carnis amore ventrisque studio ad suscipienda ea impediti.

Jamquod magni momenti , et certi meriti sit, ejusmodi jejunia reifereoter amplecti, seduloque observare, tam apertè probat Hieronymus contra Jovinianum , hac de re amplius ut à nullo possit dubitari. Quibus addenda sunt , quae suprk docuimus de praeceptis Ecclesix observandis , idque ad scandalum evitandum , et ob disciplinam publicam retinendam, neque mode propter iram, sed etiam propter conscientiam, ut Apostolus dixit.

Constat autem, sicut omnium aetatum scriptores comprobant, Ecclesiae disciplinam , consuetudinem , traditionem , sanctioncm hanc et esse constantem, et Inde ab initio fuisse, nt diebus quibusdam, praesertim Quadragesimx , jejunium hoc ecclesiasticum observaretur. Ita docent Ca-

nonesApostoIorum, et sacrosancts synodis Gangrensis quidem ânathemâte eos ferit, qui communia totius Ecclesiae jejunia contemnnnt; Toletana yerè communione eos privari jubet , qui sine inevitabili secessitate , et evidenti languore carnibus in Quadragesima vescuntur.

Et singnlaris Patrum est ardor in commendando, urgendo et exigendo jejunio, praesertim Quadragesimae, quod quidam ab apostolis institutum videri volunt. Ab hoc Patrum spiritu sunt alieni , qui jejuniorum legem sibi aliisquc relaxant, et carnis licentiœ, non libertati evangelicas patrocinantur. Hi carnem cum vitiis et concupiscentes nolunt crucifigi, ac proinde quae sunt spiritûs, non sapiunt : sed spiritum potiîis extinguunt , adversus doetrinam apostolicam. Deinde palàm obsistiint Ecclesiae matri, immô etiam Christo in Ecclesia sponsâ loquenti atque praecipienti, unde sibi certam damnationem acquimnt , quando sanctum et salutifernm, et ab Ecole* sia nobis usque commendatum jejuniornm institutum abrogant repudiantre.

pas à cela. — Cependant ce ne sont là que des choses qui se consument par Tusage qu'on en fait; et vow les interdire, c'est vous attacher à des prescriptions et à des opinions humaines, — qui n'ont que l'apparence d'une certaine sagesse par une affectation de piété et humilité, et par les privations qu'elles imposent au corps, en refusant à la chair ce qui pourrait la contenter. »

3. Deuiéronome, XIV, 3-21 : « Ne mangez point de ce qui est impur. — Voici les animaux dont vous devez manger : le bœuf, la brebis, la chèvre, — le cerf, la chèvre sauvage, le buffle, l'onagre, le chevreuil, l'oryx, la girafe. — Vous mangerez de tous les animaux qui ont la corne divisée en deux , et qui ruminent. — Mais vous ne devez point manger de ceux qui ruminent, et dont la corne n'est point fendue, comme du chameau, du lièvre, du chœrogrille. Ces animaux seront impurs à vos yeux, parce qu'encore qu'ils ruminent, ils n'ont point la corne fendue. — Le pourceau aussi sera impur pour vous, parce que, bien qu'il ait la corne fendue, il ne rumine point. Vous ne mangerez point de 1a chair de ces animaux , et vous n'y toucherez point lorsqu'ils seront morts. — Entre tous les animaux qui vivent dans les eaux, vous mangerez de ceux qui ont des nageoires et des écailles. — Vous ne mangerez point de ceux qui n'ont point de nageoires ni d'écaillés , parce qu'ils sont impurs.

— Mange-î de tous les oiseaux qui sont purs; — mais ne mangez point de ceux qui sont impurs, tels que l'aigle, le griffon, l'aigle de mer, — l'ixion, le vautour et le milan, dans touies leurs espèces; — les corbeaux, et tout ce qui est de la même espèce;

— l'autruche , la chouette , le larus , avec Tépervier, et tout ce qui est de là même espèce ; — le héron , le cygne , l'ibis , — le plongeon , le porphyrion , le hibou , — l'onocratalus , le charadrius, chacun selon son espèce ; la huppe et la chauve-souris. — Tout ce qui rampe sur la terre et a des ailes sera impur, et on n'en mangera point. — Mangez de tout ce qui est pur. — Ne mangez d'aucune bête qui sera morte d'elle-même. »

4. Genèse, I, 29 : « Dieu dit encore : Voilà que je vous ai donné toutes les plantes répandues sur la surface de la terre et qui portent leur semence, et tous les arbres fruitiers qui ont leur germe en eux-mêmes, chacun selon son espèce, pour servir à votre nourriture. »

8. Ibid.y II, 16-47 : a Et le Seigneur fit à l'homme un commandement, et lui dit : Tu peux manger de tous les fruits des autres arbres du paradis ; mais tu ne mangeras pas du fruit de

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Tarbre de la seience du bien et du mal ; car au jour où tu en mangeras, tu mourras irrémissiblement. v

6. Ibid,, IX, 3-4 : « Vous pourrez prendre pour votre nourriture tout ce qui a mouvement et vie; je vous ai abandonné toutes ces choses , de même que les légumes et les herbes de la campagne. — Seulement, vous ne mangerez la chair d'aucun animal mêlée avec son sang. »

7. Lévitique, X, 8-11 : « Le Seigneur dit aussi à Aaron : — Vous ne boirez , vous et vos enfants , ni vin , ni rien de ce qui peut enivrer, quand vous entrerez dans le tabernacle du témoignage , de peur que vous ne soyez punis de mort ; parce que c'est là une ordonnance établie à jamais pour toute votre postérité : — afin que vous sachiez discerner ce qui est saint ou profane , ce qui est pur ou impur, — et que vous appreniez aux enfants dlsraël toutes les lois et les ordonnances que je leur ai prescrites par le ministère de Moïse. »

8. Nombres, VI, 2-4 : a Parle aux enfants d'Israël, et disleur : Lorsqu'un homme ou une fe^me aura fait vœu de se sanctifier, et aura voulu se consacrer au Seigneur, -^ il s'abstiendra de vin, et de tout ce qui peut enivrer : il ne boira poiut de vinaigre, ni d'aucun autre breuvage, ni rien de ce qui se tire du raisin. Il ne mangera point de grappes fraîches ou sèches. — Tant que durera le temps de sa consécration au Seigneur, d'après le vœu qu'il aura fait , il ne mangera rien de ce qui vient de la vigne, depuis la grappe jusqu'au moindre grain. »

9. Juges, XIII, 2-4, 13-14 : « Or, il y avait un homme de Saraa , de la tribu de Dan , nommé Manué , dont la femme était stérile. — El l'ange du Seigneur apparut à sa femme, et lui dit : Tu es stérile et sans enfants ; mais tu concevras, et tu enfanteras un fils. — Prends donc bien garde de boire du vin , ou de ce qui peut enivrer, et de manger quoi que ce soit d'impur. — L'ange du Seigneur dit à Manué : Qu'elle s'abstienne de tout ce que je lui ai marqué. — Qu'elle ne mange rien de ce qui 'naît de la vigne ; qu'elle ne boive ni vin, ni rien de ce qui peut enivrer; qu'elle ne mange rien d'impur, et qu'elle accomplisse et garde avec soin ce que je lui ai ordonné. »

10. JÉRÉMiE, XXXV, 1-10, 18-19 : « Voici Ja parole que le Seigneur adressa à Jérémie dans les jours de Joacbim, fils de Josias, roi de Juda : — Rends-toi à la maison des Réchabites, et parles-leur; tu les introduiras dans la maison du Seigneur, dans l'une des chambres du trésor, et tu leur donneras du vin à boire.

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■—Alors je pris Jozonîas, fils de Jérémie, fils de Habassanias, ses frères et tous ses fils , et toute la maison des Réchabites. — Et je les introduisis dans la maison du Seigneur, dans la chambre du trésor occupée par les enfants de Hanan, fils d'Igédalias, homme de Dieu , près du trésor des princes , au-dessus de celle de Maasias, fils de Sellum, qui était le gardien du vestibule. — Et je mis devant les enfants de la maison des Réchabites des lasses et des coupes pleines de vin, et je leur dis : Buvez du vin.

— Et ils me répondirent : Nous ne boirons point de vin , parce que Jonadab, notre père, fils de Réchab, nous a fait ce commandement : Vous ne boirez jamais de vin, ni vous, ni vos enfants; — et vous ne bâtirez point àe maisons, et vous ne sèmerez point de grains, et vous ne planterez point de vignes, et vous n'en aurez point à vous; mais vous habiterez sous des tentes tous les jours de votre vie, afin que vous viviez longtemps sur la terre, où vous êtes étrangers. — Nous avons donc obéi à la voix de Jonadab, notre père, fils de Réchab, en tout ce qu'il nous a prescrit; et nous n'avons point bu de vin tous les jours de notre vie, ni nous, ni nos femmes, ni nos fils, ni nos filles ; — et nous n'avons point bâti de maisons pour y habiter, et nous n'avons eu ni vignes, ni champs, ni blé. —

— Mais nous avons habité sous des tentes, et nous nous sommes conformés en tout à ce que Jonadab, notre père, nous a prescrit.

— Or, Jérémie dit à la maison des Réchabites : Voici ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu d'Israël : Puisque vous avez obéi au précepte de Jonadab , votre père , que vous avez gardé tous ses commandements , et que vous avez fait tout ce qu'il vous a prescrit; — voici ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu d'Israël : La race de Jonadab, fils de Réchab, subsistera toujours en ma présence. »

H. Daniel, I, 8-17 : « Or, Daniel résolut dans son cœur de ne point se souiller en mangeant de ce qui venait de la table du roi, ou en buvant du vin dont il buvait; et il pria le chef des eunuques de ne point l'obliger à se rendre impur. — Dieu donna en même temps à Daniel grâce et faveur auprès du chef des eunuques. — Alors le chef des eunuques dit à Daniel : Je crains le roi mon seigneur, qui a ordonné qu'on vous serve des viandes et du vin de sa table : s'il voit vos visages plus maigres que ceux des autres jeunes gens de votre âge , vous serez cause que le roi rae fera trancher la tête. — Daniel répondit à Malasar, à qui le chef des eunuques avait ordonné de prendre soin de IV. 24

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Daniel, d'Ânasias, de Misaêl et d'Azarias : — Eprouvez, je vous prie , vos serviteurs pendant dix jours , et qu'on ne nous donne que des légumes à manger et de Teau à boire; — et après cela regardez nos visages, et les visages des jeunes gens qui se nourrissent des viandes de la table du roi ; et vous traiterez vos serviteurs selon ce que vous aurez jugé vous-même. — Ayant entendu ces paroles , il les éprouva l'espace de dix jours. — Et après les dix jours , leur visage parut plus vermeil et doué de plus d'embonpoint que celui de tous les autres jeunes bonunes qui mangeaient des viandes de la table du roi. — Maiasar prenait donc pour lui les viandes et le vin qu'on leur donnait pour leur manger et pour leur boire, et à la place il leur apportait des légumes. — Or, Dieu donna à ces jeunes bommes la science et la connaissance de tous les livres et de toute la sagesse ; et il communiqua en particulier à Daniel l'inteUigenee de toutes les visions et de tous les songes. »

42. Id., X, 2-3 : a En ces jours-là, moi, Daniel, je pleurais tous les jours l'espace de trois semaines. — Je ne mangeais pas de pain, et ni viande, ni vin n'entra dans ma bouche ; et je ne répandis sur moi aucun parfum , jusqu'à ce que les jours de ces trois semaines fussent accomplis. »

43. MArruiEu, III, 4 : a Or, Jean avait un vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour des reins; et sa nourriture n'était que de sauterelles et de miel sauvage. »

14. Marc, I, 6 : a Et Jean était vêtu de poil de chameau, et il ceignait ses reins d'une ceinture de cuir, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. )>

iS. Luc, I, 43-lS : u Mais l'ange lui dit : Ne craignez pœnt, Zacharie , car votre prière a été exaucée , et Elisabeth , votre femme, vous enfantera un fils, et vous lui donnerez le nom de Jean. — Vous en serez dans la joie et dans le ravissement; et plusieurs se réjouiront de sa naissance. — Car il sera grand devant le Seigneur, il ne boira ni vin, ni rien de ce qui peut enivrer, et il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère, m

46. Actes, XVj 19-20, 28-29 : a C'est pourquoi je suis d'avis (dit Jacques) qu'il ne faut point inquiéter ceux d'entre les gentils qui se convertissent à Dieu, — mais leur écrire qu'ils s^abstiennent des choses immolées aux idoles, de la fornication, de la chair d'animaux étouffés et du sang. — Car il a semblé bon au Saint- Esprit et à nous, de ne point vous imposer d'autres charges que

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celles-ci qui sont nécessaires , savoir, de vous abstenir de ce qui aura été sacrifié aux idoles, ainsi que du sang et de la chair d'animaux étouffés, et de la fornication enfin : abstenez-vous de ces choses, et vous ferez bien. Adieu. »

17. Romains j XIV, 19-21 : a Recherchons donc ce qui peut entretenir la paix parmi nous, et portons-nous à tout ce qui peut nous édifier les uns et les autres. — Que le manger ne devienne pas pour vous une occasion de détruire l'ouvrage de Dieu. Ce n'est pas que toutes les viandes ne soient pures; mais un homme fait mal d'en manger lorsqu'il sait qu'en cela il scandalisera les autres. — Et il vaut mieux ne point manger de viande, et ne point boire de vin , plutôt que de rien faire qui pui^e choquer votre frère , on le scandaliser, ou l'affaiblir dans sa foi. »

18. / Corinthiens, VIII, 9-13 : « Mais prenez garde que cette liberté 'que vous prenez ne soit pour les faibles une occasion de chute. — Car si l'un d'entre eux vous voit, sous prétexte que vous êtes plus éclairés qm lui, vous mettre à table dans un lieu prostitué aux idoles, ne sera-t-il pas porté, lui, dont la conscience est encore faible, à manger aussi de ces viandes immolées? — Ainsi, parce que vous êtes plus éclairés, vous perdrez votre frère qui le sera moins que vous, mais pour qui cependant Jésus-Christ 'est mort aussi bien que pour vous. Or, pécher de la sorte contre vos frères, en blessant leur conscience à cause de sa faiblesse, c'est pécher contre Jésus-Christ même. — C'est pourquoi, si ce que je mange peut scandaliser mon frère, je n'en mangerai jamais, plutôt que de le scandaliser. »

19. I Timothée, V, 23 : « Ne continuez pas à ne boire que de Teau , mais usez d'un peu de vin à cause de la faiblesse de votre estomac, et de vos maladies si fréquentes. »

20. Romains, XlII, 1-S : « Que toute âme soit soumise aux puissances supérieures; car il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu , et toutes celles qui sont sur la terre sont dans l'ordre de sei providence. — Celui donc qui résiste aux puissances, résiste à l'ordre de Dieu; et ceux qui y résistent, attirent la condamnation sur eux-mêmes. — Car les princes ne sont point à craindre lorsqu'on fait de bonnes actions , mais lorsqu'on en fait de mauvaises. — Voulez-vous donc n'avoir point à craindre les puissances; faites ce qui est bien, et vous en recevrez des louanges. — Car le prince est le ministre de Dieu pour votre bien ; mais si vous faites ce qui est mal , vous avez raison de craindre , parce que ce n'est pas en vain qu'il porte le glaive :

car il ,est le ministre de Dieu pour exécuter ses vengeances, en punissant celui qui fait le mal. — Il est donc nécessaire de vous y soumettre, non-seulement par la crainte que vous auriez du châtiment, mais^ussi par un devoir de conscience. »

21 . Galates, V, 24 : « Or, ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés. »

22. / Corinthiemj II, ik : a Or, l'homme animal ne conçoit point les choses qui sont de Tesprit de Dieu; elles lui paraissent une folie, et il ne peut les comprendre, parce que c'est par une lumière spirituelle qu'on doit en juger. »

23. / Thessalmiciens, V, 19 : w N'éteignez point la ferveur d£ l'esprit. »

24. Luc, X, 16 : a Celui qui vous écoute m'écoute; celui qui vous méprise me méprise, et celui qui me méprise, méprise celui qui m'a envoyé. »

25. Matthieu, XVIU, 17-18 : « Que s'il ne les écoute pas, dites-le à l'Eglise ; et s'il n'écoute pas l'Eglise , qu'il sort pour vous ce que serait un païen et un publicain. — En vérité, Je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »

26. / Corinthiens, XIV, 37 : « Si quelqu'un croit être prophète ou spirituel , qu'il reconnaisse que les choses que je vous écris sont des ordres du Seigneur. »

27. / Thessaloniciens, II, 13 : a C'est pourquoi aussi nous rendons à Dieu de continuelles actions de grâces, de ce qu'ayant reçu la parole de Dieu que nous vous avons prêchée, vous l'avez reçue, non comme la parole des hommes, mais comme lai parok de Dieu, ainsi qu'elle l'est en effet, déployant en vous sa vertu à cause de la foi que vous avez en elle,))

28. Actesy XV, 28 : (i Car il a semblé bon &u Saint-Esprit et à nous de ne point vous imposer d'autres charges que celles-ci, qui sont nécessaires, etc. »

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