‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, trChapitre 4 sur 68 · IV · texte numérisé non relu

IV

18 DES PÉCHÉS d' AUTRUI.

me demanderez, quand ce serait la moitié de mon royaume. — Elle , étant sortie, dit à sa mère : Que demanderai-je? Sa mère lui répondit : La tète de Jean-Baptiste. — Et étant rentrée aussitôt en grande hâte là où était le roi, elle lui fit sa demande, en disant : Je demande que vous me donniez à Tinstant même, dans un bassin, la tète de Jean -Baptiste. — Le roi en fut centriste ; cependant , à cause du serment qu'il avait fait , et de ceux qui étaient à table avec lui, il ne voulut pas la refuser. — Et ayant envoyé un de ses gardes, il commanda qu'on apportât la tête de Jean dans un bassin. Et le garde coupa la tête à Jean dans la prison. — Et il l'apporta dans un bassin, et la donna à la jeune fille, et la fille la remit à sa mère. »

37. Matthieu, XIV, 8 : <i Or celle-ci, instruite auparavant par sa mère, lui dit : Donnez-moi, à l'instant même, dans un bassin, la tête de Jean-Baptiste, etc. »

Question IV.

Quand est-ce qu'on participe par injonction aux péchés d'autrui?

On participe par injonction aux péchés d'autrui, lorsqu'une injustice se commet, ou qu'un mal quelconque se fait en conséquence d'un ordre qu'on a donné de le faire. C'est ainsi que le roi David fut cause de la mort du vertueux Urie; non qu'il ait trempé ses mains ou celles de ses officiers dans son sang , mais parce que les lettres qu'il envoya à son sujet devaient avoir pour effet, comme elles avaient pour but, de le faire périr au milieu du combat. De même Pilate, ce gouverneur de la Judée pour les Romains, se rendit coupable de la mort de Jésus-Christ, parce que, pour complaire aux Juifs, il employa son autorité, quoique en quelque sorte malgré lui, à le faire mettre en croix. De même encore Pharaon, et plus tard Hérode, se rendirent coupables de crimes énormes, en ordonnant par des lois tyranniques le meurtre des enfants des Hébreux. Or, malheur à ceux qui font des lois injustes (IV).

Çuandojussio est peccatum alienum?

Cum ex decreto , maDdato imperiove nostro redit ad proximum iDJaria , vel malum qaodcunqne perpetratur. Sic David rex innocentem occidit Uriam, non suis qnidem, aut servoram manibas, sed per liCeras hoc agens atqae demandans , ut in

prslio ille occideretnr. Et praeses Pilatas mortis Christi reus est , quôd iUam inJadaeorum gratiam cruci alfigendum , etsi invitus quodam modo , aucioritate sua adjudicaMt ac tradidit. Ita sununo se crimine Pliarao et Herodes obligarunt , cum legem tyrannicam de occidendis Hxbraeorum infantibus ferrent. Vse autem illis , qui condunt ieges iniquas.

DES PÉCHÉS d' AUTRUI. iS)

TÉMOIGNAGES DE l'ÉGRITURE.

1. / Rm, XXII, 16-49 : « Le roi Saûl lui dit : Vous allez mourir, Âchimélecb, vous et toute la maison de votre père. — II dit ensuite aux archers qui Tenvironnaient : Tournez-vous contre les. prêtres du Seigneur, et mettez-les à mort; car ils sont d'intelligence avec David : ils savaient bien qu'ils s'enfuyaient , et ils ne me l'ont pas dit. Mais les officiers du roi ne voulurent point porter leurs mains sur les prêtres du Seigneur. — Alors le roi dit à Doëg : Vous, allez, et jetez- vous sur ces prêtres. Et Doêg riduméen alla, et se jeta sur eux, et mit à mort en ce jour-là quatre-vingt-cinq hommes vêtus de Téphod de lin. — Il alla ensuite à Nobé , qui était la ville des prêtres, et fit passer au fil de répée les hommes et les femmes, et les enfants, et ceux qui étaient encore à la mamelle, et les bœufs, et les ânes et les brebis. »

i! Judith, II, 1-6 : « Dans la treizième année du règne de Nabuchodonosor, le vingt-deuxième jour du premier mois , on tint conseil dans le palais de Nabuchodonosor, roi des Assyriens, sur le dessein qu'il avait de se venger. — Il appela les plus 0 anciens , tous ses généraux et ses officiers de guerre , et leur communiqua le secret de son dessein. — Il leur dit que sa pensée était d'assujettir toute la terre à son empire. — Et comme cette parole plut à tous , le roi Nabuchodonosor fit venir Holopherne , général de ses troupes , — et lui dit : Allez faire la guerre à tous les royaumes d'Occident , et surtout à ceux qui ont méprisé mon empire. — Vôtre œil n'épargnera aucun royaume , et vous me soumettrez toutes les villes fortifiées. »

3. Esther, III, 8-15 : (c Alors Aman dit au roi Assuérus : Il est un peuple dispersé dans toutes les provinces de votre royaume, divisé en lui-même , soumis à de nouvelles lois et à des cérémonies nouvelles , et qui méprise les ordonnances du roi ; et vous savez très-bien qu'il est de l'intérêt de votre royaume que la licence ne le rende pas plus insolent. — Ordonnez donc, s'il vous plaît, que ce peuple périsse, et je payerai aux trésoriers de votre épargne dix mille talents. — Alors le roi tira de son doigt Vanneau dont il se servait, et le donna à Aman , fils d'Amadath, de la race d' Agag , ennemi des Juifs , — et lui dit : Gardez pour vons l'argent que vous m'offrez, et pour ce qui est de ce peuple, faites-en ce que vous voudrez. — Au premier mois appelé Nisan, le troisième jour du même mois , on fit venir les secrétaires du

20 OES PÉCHÉS d'aI'TRUI.

roi, et l'on écrivit des lettres au nom du roi Assuérus, ainsi qu'Aman l'avait ordonné, à tous les satrapes du roi, aux juges des provinces et des diverses nations, en autant de langues différentes qu'il était nécessaire pour qu'elles pussent être lues et entendues de chaque peuple : et les lettres furent scellées de Fanneau du roi, — et envoyées par les courriers du roi dans toutes les provinces, afin qu'on tuât et qu'on exterminât tous les Juifs, depuis l'enfant jusqu'au vieillard, et jusqu'aux femmes et aux: plus petits enfants,, en un seul jour, c'est-à-dire le treizième jour, du douzième mois appelé Adar, et qu'on pillât tous leurs

biens. Et ces lettres enjoignaient aux provinces de se préparer

pour ce même jour. — Les courriers envoyés par le roi allaient en grande hâte de tous côtés, pour exécuter ses ordres. Aussitôt cet édit fut affiché dans Suze , dans le même temps que le roi et Aman faisaient festin; et tous les Juifs qui étaient dans la ville fondaient en larmes. »

4. Daniel, 111, 4-8 : «.Etun héraut criait à haute voix : Peuples , tribus , et gens de toute langue , on vous ordonne , — qu'au moment où vous entendrez le son de la trompette , de la flûte, de la harpe, du hautbois, de la lyre, et des concerts de toutes sortes de musiciens , vous vous prosterniez en terre , et que vous adoriez la statue d'or qu'a dressée le roi Nabuchodonosor.

Si quelqu'un ne se prosterne, et n'adore pas cette statue, il

sera jeté sur l'heure au milieu des flammes de la fournaise ardente. — Aussitôt donc que tous les peuples eurent entendu le son de la trompette , de la flûte , de la harpe , du hautbois , de la lyre , et des concerts de toutes sortes de musiciens , tous les hommes , de quelque nation , de quelque tribu , et de quelque lan^^ue qu'ils fussent, adorèrent la statue d'or qu'avait dressée Nabuchodonosor. — Aussitôt, et dans le même moment, les Chaldéens s'approchèrent et accusèrent les Juifs. »

5. Daniel, VI, 11-16 : (t Ces hommes donc, qui épiaient avec grand soin toutes les actions de Daniel , le trouvèrent qui priait et adorait son Dieu. — Et ils vinrent aussitôt trouver le roi pour lui représenter son édit , et lui dirent : 0 Roi ! n'avezvous pas ordonné que, pendant l'espace de trente jours, tout homme qui ferait quelque prière à quelqu'un des dieux ou des hommes, sinon à vous seul, ô Roi! serait jeté dans la fosse des lions? Le roi leur répondit : Ce que vous dites est vrai , et c'est une ordonnance des Perses et des Mèdes qu'il n'est permis à personne de violer. — Alors ils dirent au roi : Daniel, un des

DES PÊCHES D*ALTRCI. 21

captife d'entre les enfants de Juda , sans avoir égard à votre loi , ni à redit que vous avez porté , prie son Dieu chaque jour à trois heures différentes. — Quand le roi eut entendu celte parole, il fut extrêmement affligé ; il prit en lui-même la résolution de délivrer Daniel, et, jusqu'au coucher du soleil, il fil ce qu'il put pour le sauver. — Mais ces hommes, voyant bien quelle était rintention du roi, lui dirent : 0 Roi! sachez que c'est une loi des Mèdes et des Perses, qu'il n'est permis de rien changer à tous les édits que le roi a portés. — Alors Daniel fut emmené par le commandement du roi, et ils le jetèrent dans la fosse aux lions ; et le roi dit à Daniel : Votre Dieu que vous adorez toujours vous délivrera. »

6. Macliabées, I, 43-67 : « Alors le roi Antiochus écrivit des lettres à tout son royaume , afin que tous les peuples n'en fissent plus qu'un , et que chaque peuple abandonnât sa loi particulière.

— Toutes les nations obéirent à celte ordonnance du roi Antiochus. — Et plusieurs des Israélites consentirent à cette servitude qu'il leur imposait ; ils sacrifièrent aux idoles, et violèrent le sabbat.

— Et le roi envoya des lettres par des exprès à Jérusalem et à toutes les villes de Juda , afin que partout on suivît les lois des nations de la terre , — et pour empêcher que les holocaustes , les sacrifices et les oblations pour l'expiation du péché ne fussent offerts dans le temple de Dieu, — et qu'on n'observât le sabbat et les fêtes solennelles. — Et il commanda qu'on souillât les lieux saints et le peuple saint d'Israël , — qu'on bâtit des autels et des temples, qu'on dressât des idoles, qu'on fit des sacrifices de pourceaux et d'autres bêtes immondes; — qu'il laissassent leurs enfants mâles incirconcis , et qu'ils souillassent leurs âmes par toute sorte de viandes impures et d'abominations , en sorte qu'ils oubliassent la loi de Dieu , et qu'ils fissent le contraire de toutes ses ordonnances; — et que si qui que ce fut n'obéissait à cet ordre du roi Antiochus, il fût aussitôt puni de mort. — Il écrivit en ces mêmes termes dans tout son royaume, et il étabUl des officiers pour contraindre le peuple d'obéir à cet^édit. — Ils commandèrent donc aux villes de Juda de sacrifier. — Et plusieurs du peuple vinrent se joindre à ceux qui avaient abandonné la loi du Seigneur, et ils firent beaucoup de mal dans le pays. Us contraignirent le peuple d'Israël de s'enfuir dans des lieux écartés, et de chercher des retraites où ils pussent se cacher dans leur fuite. — Le quinzième jour du mois de Casleu, en la cent quarante-cinquième année, le xoi Antiochus dressa l'abomi-

22 DES PÉCHÉS d' AUTRUI.

nable idole de désolation (la statue de Jupiter Olympien) sur Tautel de Dieu, et on bâtit des autels de tous côtés dans toutes les villes de Juda. — Et ils brûlaient de l'encens , et ils sacrifiaient devant les portes des maisons et au milieu des rues. — Ils déchirèrent les livres de la loi de Dieu, et les jetèrent au feu. — Et si Ton trouvait chez quelqu'un des livres de Talliance du Seigneur, ou que quelqu'un observât sa loi, il était tué aussitôt, selon redit du roi. — C'est ainsi qu'ils traitaient avec violence tout le peuple d'Israël , qui s'assemblait chaque mois dans toutes les villes. Et le vingt-cinquième de chaque mois, ils sacrifiaient sur l'autel qui était placé vis-à-vis de l'autel de Dieu. Les femmes qui avaient circoncis leurs enfants étaient mises à mort, selon le commandement du roi Antiochus. — Ils pendaient les enfants au cou de leurs mères dans toutes les maisons où ils pouvaient lei^ trouver, et ils tuaient ceux qui les avaient circoncis. —Alors plusieurs du peuple d'Israël résolurent en eux-mêmes de ne rien manger de ce qui serait impur, et ils aimèrent mieux mourir, que de se souiller par des viandes impures. Us ne voulurent point violer la loi sainte de Dieu, et ils furent tués. — Et une grande colère tomba alors sur le peuple. ».

7. Livre II des Machabées^ F// 1-9 : « Peu de temps après, le roi envoya un certain vieillard d'Antioche pour forcer les Juifs à abandonner les lois de Dieu et de leur pays, pour profaner le temple de Jérusalem en le consacrant à Jupiter Olympien, et pour donner au temple de Garizim le nom de temple de Jupiter Hospitalier, à cause de la qualité d'étrangers des habitants de ce lieu. — Ainsi se répandit tout d'un coup sur tout le peuple comme un déluge terrible de maux. — Car le temple était rempli de dissolutions et de festins des gentils, d'hommes impudiques mêlés avec des courtisanes, et de femmes qui entraient insolemment dans ces lieux sacrés, y portant des choses qu'il était défendu d'y porter. — L'autel était plein de viandes impures et interdites par nos lois. — On ne gardait point les jours de sabbat » on n'observait plus les fêtes solennelles du pays , et nul n'osait plus même avouer qu'il était juif. — Ils étaient obligés , sous peine de mort , de se rendre aux sacrifices profanes le jour de la naissance du roi ; et lorsqu'on célébrait la fête de Bacchus, on les faisait aller par les rues couronnés de lierre en l'honneur de ce faux dieu. — Les Ptoléméens suggérèrent aussi et firent cause qu'on publiât un édit dans les villes voisines des gentils, polir les obliger d'agir de la même sorte contre les Juifs,

DES PÈCHES d' AUTRUI. 23

et de les contraindre à sacrifier, — ou de tuer oeuiL qui ne voudraient point embrasser les coutumes des gentils : ainsi on ne voyait pariout qu'affliction. »

8. Marc, VI, 27 : « Hérode ayant envoyé un de ses gardes , commanda qu'on aj^rtàt la tète de Jean-Baptiste dans un bassin. Et le garde coupa la tète à Jean dans la prison . »

9; Actes, XXIII, 2-3 : « En même temps Ananie, grandprétre, commanda à ceux qui étaient près de lui de frapper Paul au visage. — Alors Paul lui dit, etc. »

10. II Rois, XI, 14-17 : a Le lendemain matin David envoya à Joab , par Urie même , une lettre écrite en ces termes : — Mettez Urie à la tète d'un bataillon , à l'endroit où le combat sera le plus rude, et faites en sorte qu'il soit abandonné, et qu'il y périsse. — Joab continuant donc le siège de la ville , mit Urie vis'à-vis du lieu où il savait qu'étaient les plus vaillants hommes. — Les ennemis ayant foit une sortie , chargèrent Joab , et tuèrent quelques-uns des gens de David, entre lesquels Urie Hétbéen demeura mort sur la place. »

11. Jean, XIX, 16 : a Alors il leur livra Jésus pour être crucifié. »

12. Luc, XXIII, 25 : « Ainsi il accorda à leur demande la délivrance de celui qui avait été mis en prison pour crime de sédition et de meurtre , et il abandonna Jésus à leur volonté. »

13. Exode, I, 15-17 , 22 : <( Le roi d'Egypte parla aux sages- ' femmes des Hébreux , dont l'une se nommait Séphora , et l'autre

Phua , — et leur fit ce* commandement : Quand vous recevrez les enfants des femmes des Hébreux , au moment de l'enfantement, si c'est un enfant mâle, tuez-le; si c'est une fille, laissezla vivre. — Mais les sages-femmes furent touchées de la crainte de Dieu, etc. — Alors Pharaon fil ce commandement à tout son peuple : Jetez dans le fleuve tous les enfants mâles qui naîtront , et ne réservez que les filles. )>

' 14. Matthieu, II, 16 : a Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, entra dans une grande colère, et envoya tuer tous les enfants âgés de deux ans et au-dessous , qui étaient dans Bethléem et dans tout le pays d'alentour, selon le temps qui lui avait été indiqué par les mages. »

IS. IsAÏE, X, 1-A : a Malheur à ceux qui établissent des lois d'iniquité , et qui font des ordonnances injustes , — pour faire succomber les pauvres dans les jugements , pour opprimer par la violence les plus faibles de mon peuple , pour dévorer la veuve

comme leur proie , et pour mettre au pillage le bien des orphelins ! -*- Que ferez- vous au jour où Dieu vous visitera , au jour des calamités venues des régions loint^ôees? A qui aurez-vous recours? A qui recommanderez-vous le soin de votre gloire, — pour n'être point accablés sous le poids des chaînes, pour ne pas tomber parmi un monceau de corps morts? — Après tous ces maux , la colère^u Seigneur n'est point encore apaisée , et son bras est toujours levé. »

16. Matthieu, XV, 3-6 : « Mais Jésus leur répondit : Pourquoi vous-mêmes violez-vous le commandement de Dieu pour votre tradition ? Car Dieu a dit : — Honorez votre père et votre mère, et : Que celui qui dira des paroles outrageuses à son père ou à sa mère soit puni de mort. — Et vous, au contraire , vous dites : Quiconque dira à son père ou à sa mère : (c Tout don que je fais à Dieu, vous est utile, d satisfait à la loi, encore qu'après cela il n'honore et n'assiste point son père ou sa mère : et ainsi vous avez rendu vain le commandement de Dieu par votre tradition. )> "^

17. Marc, VU, 9-13 : <c Et il leur disait : Ainsi donc vous rendez vain le commandement de Dieu pour garder votre tradition. — Car Moïse a dit : Honorez votre père et votre mère, et : Que celui qui dira des paroles outrageuses à son père ou à sa mère, soit puni de mort. — 'Vous, au contraire, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Tout don que je fais à Dieu, vous est utile, il satisfait à la Un, et vous lui pet*mettrez de ne rien faire de plus pour assister son père ou sa mère ; — et ainsi vous rendez inutile le commandement de Dieu par une tradition que vous-mêmes avez élabUe. »

Qaesiion V*

Quand est-ce que nous participons par consentement aux péchés d'autrui ?

Nous participons par consentement aux péchés d'autrui toutes les fois que nous donnons notre suffrage au mal que font les autres, ou que nous l'approuvons au moins par notre silence. C'est le péché que commit Saul , lorsqu'il consentit au supplice du premier martyr saint Etienne. C'est aussi le péché que commirent ces Juifs, au nombre de plus de quarante, qui se lièrent par un vœii et s'armèrent dans le dessein de mettre saint Paul à mort. Enfin, c'est le péché que commireot les habitants de Jéru-

DES PÉCHÉS d' AUTRUI.

salem , lorsqu'ils appuyèrent de leurs suffrages la demande que firent leurs magistrats de la mort de lésus-€hrist, comme saint Pierre leur en fit le reproche par ces paroles : Vous avez mis à mort P auteur de la m. C'est pourquoi il est bon de retenir cette maxime de saint Paul , que ce ne sont pas seulement ceux qui font k mal qui sont dignes de mort, mais que ceux-là en sont dignes aussi, qui donnent leur consentem^ent à ceux qui le font : et on peut encore rapporter à ce sujet ce que nous lisons dans saint Cyprien , a qu'ordionner le crime c'est y participer, et que le lâche a beau dire qu'il n'a pas prévariqué en personne; il est apostat , dès qu'il a autorisé la lecture publique de son apostasie (Y). »

TÉMOIGNAGES DE l'ÉCRITURE.

4. Lévitique, XXy 4-S : « Que si le peuple du pays, faisant paraître de la négligence et comme du mépris pour mon commandement, laisse aller cet homme qui aura donné quelqu'un de ses enfants à Moloch, et ne veut pas le tuer; — j'arrêterai l'œil de ma colère sur cet homme et sur sa famille , et je le retrancherai du milieu de son peuple , lui et tous ceux qui auront consenti à la fornication pour laquelle il se sera prostitué à Moloch. »

2. Nombres, XVI, 20-3K : « Le Seigneur parla à Moïse et à Aaron, et leur dit : — Séparez- vous du milieu de cette assemblée, afin que je les détruise en un moment — ^ Moïse et Âaron se jetèrent la face contre terre, et dirent : 0 Dieu tout-puissant des esprits , gui animez toute chair, votre colère éclatera-t-elle contre tous pour le péché d'un seul homme ? — Le Seigneur dit à Moïse : — Commandez à tout le peuple qu'il se sépare des tentes de Goré , de Dathan et d'Abiron . — Moïse se leva donc , et s'en alla aux tentes de Dathan et d'Abiron , et les anciens d'Israël le suivirent ; — et il dit au peuple : Retirez-vous des tentes de ces

Consensus quando alieni peceati nos reos facit?

Cam qttod ab aliis fit nequiter, à nobis quasi sulTragiam accipit , et saltem tacite approbatar. Itapeccavit Sanlas,in Stephani protomartyris necem consentiens. PeccaruQt et viri ex Judaeis plures quadraginta, qui facta etiam voti iTancapatione in Pauli necem annarant sese. Peccaveriiot demain

et cives Hierosolymitani , suis magistratibus, qao Christas perderetur,suffragantes, ut idcirco Petrus illis exprobrans dixerit i Autkorem vitœ interfecistis. ISotanda est igitur Pauli sententia : Non solùm gui faciunt mala, sed etiam qui consentiunt facientibusy dignisunt morte. Et hue referri potest, quod apud Cyprianum legimus : Non est immunis à scelere, qui, ut faceret, imperavit; nec alienus à crimine, cajus consensu, licet non à se admissum, crimen tamen publiée legitur.

hommes impies , et ne touchez à rien de ce qui est à eux , de peur que vous ne soyez enveloppés dans le chdUmetU de leurs péchés. — Lorsque tout le monde se fut retiré de leurs tentes , Dathan et Abiron sortirent, et parurent à l'entrée de leurs pa> villoos, avec leurs femmes et leurs enfants et toute leur troupe; — Alors Moïse dit : Vous reconnaîtrez à ceci que c'est le Seigneur qui m'a envoyé pour faire tout ce que vous voyez , et que je ne le fais point de mon propre chef. — Si ses gens-ci meurent d'une mort ordinaire aux hommes, et qu'ils soient frappés d'une plaie dont les autres ont coutume d'être aussi frappés, ce ne sera point le Seigneur qui m'aura envoyé ; — mais si le Seigneur fait par Un prodige nouveau que la terre ouvrant ses abîmes les engloutisse avec tout ce qui est à eux , et qu'ils descendent tout vivants en enfer, vous saurez alors qu'ils ont blasphémé contre le Seigneur. — Aussitôt qu'il eut cessé de parler, la terre se fendit sous leurs pieds; — et ouvrant ses abîmes, elle les engloutit avec leurs tentes et tout ce qui leur appartenait. — Et ils descendirent tout vivants dans l'enfer, la terre les ayant recouverts aussitôt, et ils disparurent du milieu du peuple. — Tout Israël, qui était là autour, s'enfuit au cri des mourants, en disant : Prenons garde que la terre ne nous engloutisse aussi. — En même temps le Seigneur fit sortir un feu qui fit périr les deux cent cinquante hommes occupés à offrir l'encens. »

3. Judith, VIII y 9-1 & : a Judith ayant donc appris qu'Osias avait promis de livrer la ville dans cinq jours, fit demander Ghabri et Charmi , anciens du peuple , — qui vinrent la trouver , et elle leur dit : Quel est ce bruit qui court qu'Ozias a consenti à livrer la ville aux Assyriens , si dans cinq jours il ne vous vient aucun secours ? — Et qui êtes- vous, vous autres, pour tenter le Seigneur ? — Ce n'est pas là le moyen d'attirer sa miséricorde ^ mais plutôt d'exciter sa colère et d'allumer ça fureur. — Vous avez fixé un terme à la miséricorde du Seigneur, et vous lui avez marqué un jour selon votre volonté. — Mais comme le Seigneur est patient, faisons pénitence de cette faute même, etc. »

4. Esiher, XIV, 3, 15-19 : a Esther fit ensuite cette prière au Seigneur Dieu d'Jsraèl : Mon Seigneur, qui seul êtes notre roi, etc. — Vous savez que je hais la gloire des méchants, et que je déteste l'alliance des incirconcis et des étrangers. — Vous n'ignorez pas la nécessité où je me trouve , et combien aux jours où je parais dans la magnificence et dans l'éclat, j'ai en horreur le signe brillant de ma gloire que je porte sur ma tête , mais que

DES PÉCHÉS d' AUTRUI. Î7

je déteste comme un linge souillé , et que je me garde bien de porter dans les jours de mon silence. — Vous savez que je ne mange point à la table d'Aman, et que je ne prends aucun plaisir au& festins du roi; que je ne bois point du vin offert sur l'autel des idoles , — et que , depuis le temps que j'ai été amenée en ce palais jusqu'aujourd'hui , jamais votre servante ne s'est réjouie qu'en vous seul , ô Seigneur Dieu d'Abraham , ô Dieu toutpuissant et au-dessus de tous , etc. »

5. Luc, XI, 47-48 : a Malheur à vous qui bâtissez des tombeaux aux prophètes , après que vos pères les ont fait mourir. — Vous témoignez par-là que vous consentez à ce qu'ont fait vos pères, puisque, si ce sont eux qui ont tué les prophètes, c'est vous qui avez creusé leurs tombeaux. ,»

6. ActèSy VII, 59 : « Or, Saul avait consenti à la mort d'Etienne. » • ^

7. Ibid.y XXIII, 12-13 : k Le jour étant venu, quelques Juifs s'assemblèrent , et firent serment , avec imprécation contre euxmêmes, de ne boire ni de manger qu'ils n'eussent tué Paul. — Us étaient plus de quarante qui étaient entrés dans cette conjuration. »

8. Matthieu, XXVII , 20 : a Mais les princes des prêtres et les sénateurs persuadèrent au peuple de demander Barabbas, et de faire périr Jésus. »

9. Marc, XV, 11, IS : « Mais les prêtres excitèrent le peuple à demander qu'il leu^délivràt plutôt Barabbas, etc. — Et Pilate, voulant contenter le peuple, leur délivra Barabbas^ et ayant fait fouetter Jésus, il le leur -livra pour être crucifié. »

10. ActeSy III, lZ-15 : a Dieu a glorifié son fils Jésus, que vous avez livré et renié devant Pilate , qui avait jugé qu'il devait être renvoyé absous. — Mais vous, vous avez renié le Saint. et le Juste , vous avez demandé qu'on vous accordât la grâce d'un homicide, — et vous avez fait mourir l'auteur de la vie. »

11. Ibid., II, 22-23 : « 0 Israélites, écoutez les paroles que je vais vous dire : Vous savez que Jésus de Nazareth a été un homme que Dieu a rendu célèbre parmi vous par les prodiges » les merveilles et les miracles qu'il a faits par lui au milieu de vous. — Ce Jésus vous ayant été livré dans la profondeur des desseins de Dieu , et dans l'ordre de sa prescience , vous l'avez fait mourir, et vous l'avez crucifié par les mains des méchants. »

1^. Romains, /, 28-32 : « Comme ils n'ont pas fait usage de la connaissance qu'ils avaient de Dieu , Dieu aussi les a livrés à

un sens dépravé , en sorte qu'ils ont fait des actions indignes^ — Remplis de toute sorte d'injustice, de méchanceté, de fornication, d'avarice, de malignité, ils ont été envieux, meurtriers, querelleurs , trompeurs ; ils ont été pleins de malignité , semeurs de faux rapports, — calomniateurs, ennemis de Dieu, outrageux , superbes , altiers , inventeurs de crimes , désobéissants à leurs parents , — sans prudence , sans modestie , sans affection , sans foi , sans miséricorde ; — et quoiqu'ils connussent bien la justice de Dieu , ils n'ont pas compris que ceux qui font ces choses sont dignes de mort, et non-seulement ceux qui les font, mais aussi ceux qui approuvent ceux qui les font. »

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION

1. S. Irénée, Lib, IV adversùs hœreses, c. 46 (al. 27) : (1 De même que sous l'ancienne loi ceux qui se livraient à l'iniquité et au meurtre de leurs frères étaient châtiés et retranchés de la société du peuple , ainsi maintenant l'œil , le pied ou la main , quand ils sont un objet de scandale , doivent être retranchés, de peur qu'ils n'entraînent la perte du reste du eorps. D'ailleurs l'Apôtre nous l'enseigne, quand il nous dit : Mais quand je vous ai écrit que vous n'ayez point rfe commerce avec eux y j'ai entendu que s'il y a parmi vos frères quelqu'un qui soit imptidique, ou avare, ou idolâtre, ou médisant, ou ivrogne, ou ravisseur du bien d' autrui, vous ne mangiez pas même avec celui-là {ICor., V, H ). Et il dit encore dans un autre endroit : Que personne ne vous séduise par de vains discours; car c'est là ce qui attire la colère de Dieu sur les incrédules. N'ayez donc rien de commun avec eux {Ephés., V,6). L'état de damnation où sont ceux qui pèchent se communique à ceux qui les fréquentent , parce que cet état même finit par leur plaire ; c'est pour cela que saint Paul disait aux Corinthiens : Ne savez-vous pas qu'un peu de levain suffit pour aigrir toute une masse de pâle (/ Cor., V, 6) (1)?

2. Le clergé de Rome écrivant à 'saint Cyprien, inter Epistolas S. Cypriani 31 (al. 30) : « Nous nous sommes déclarés dans nos lettres précédentes, non-seùlement contre ceux qui ont apostasie

pubUquement par des billets criminels , mais aussi contre les

autres qui, pour n'avoir pas comparu quand le parjure se consommait , n'en sont pas moins coupables de ce parjure même , puisque la demande faite par eux d'inscrire leur apostasie équi-

- (1) Cf. Les Pères de l'Eglise, trad. Genoude, t. III, p. 423.

DES PÉCHÉS d'aUTBCI. 29

valait à leur présence. Ordonner le crime, c'est y participer. Le lâche a beau nous dire qu'il n'a pas prévariqué en personne ; il est apostat , des qu'il a autorisé la lecture publique de son apostasie. »

^ 9aestl«n ¥!•

Quand est-ce qu'on participe par provocation au péché d'autrui ?

C'est ce qui a lieu toutes les fois que, soit par paroles, soit par actions ou de toute autre manière, nous poussons sciemment quelqu'un à se mettre en colère , à se venger, à proférer des blasphèmes, à user de violence, ou à quelque autre chose semblable. Comme quand la femme de Job , en insultant à la patience de son mari , le portait autant qu'il était en elle à blasphémer contre Dieu. De même la femme de Tobie, non moins agaçante que celle de Job , par les reproches irritants dont elle ne se lassait pas de harceler son époux , forçait en quelque sorte celui-ci de déplorer devant Dieu les maux de sa maison en mêlant ses prières de soupirs et de larmes. L'Ecclésiastique nous donne au contraire cet avertissement : Evitez les disputes, et vous diminuerez les péchés. Car l'homme colère allume les querelles; le pécheur jettera le trouble parmi les amis, et il sèmera r iniquité au milieu de ceux qui vivaient en paix, Salomon a dit de même : Le méchant cherche toujours des querelles; le ministre de la vengeance sera euvoyé contre lui (VI).

TÉMOIGNAGES DE l' ÉCRITURE.

i. I Rois, L 6-7 : a Phenenna jalouse affligeait Anne et la tourmentait , jusqu'à lui faire reproche avec insulte de ce que le Seigneur l'avait rendue stérile. — Elle en usait de même tous les ans, lorsque le temps était venu de monter au temple ^u

Seigneur. »

Qwmdo irritatione nobii peccatum aHemim eonflaturf

Cam scientea^alinm ad iram , vindictam , blasphemiam , crudelitatem ant consimilia Yitia, sive dictis id fiât, sive factis, ant qoacuDque ratione alia, provocamas. Ut ciim uxor Job patiéntissimo viro petulanter insullans, quantum in se quidem erat, suasitetiam Denm blaspliemare. Et Tobiœ

uxor aeqaè morosa, maritom sais co&vitiis fréquenter infestans et exasperans, boc facit , ut vir aniius domesticam injoriam suspiriis, lachrymis et precibus ad Deam fosis prosequi oogatar. Contre verô moDOt Ecclesiasticus : Àbstine te à lite, et minues pcccata. Homo enim iracundus incendit Utem, et ui'r peccator turbabit amicos , et in medio'pacem habentium immiltit inimicitiam. Sic et Salomon dixit : Semper jurgia quœrit malus; angélus autem crudelis mittetur contra eum.

2. Psaume CV, 15-46 : « Le Seigneur leur accorda leur demande , et les rassasia jusqu'à l'excès. — Leur envie éclata contre Moïse dans le camp, et contre Âaron, pontife du Seigneur. »

3. II Machabées, XIV, 23-27 : <( Nicaiïor demeura ensuite à Jérusalem, où il ne fit rien contre l'équité, et il congédia les grandes troupes qu'il avait levées. — Il aimait toujours Judas d'un amour sincère, et il sentait une inclination particulière pour sa personne. Il le pria même de se marier, et de songer à avoir des enfants. Ainsi Judas se maria, et continua de vivre en paix et en amitié avec lui. — Mais Alcime voyant la bonne intelligence qui était entre eux , vint trouver Démétrius , et lui dit que Nicanor favorisait les intérêts de ses ennemis, et qu'il lui avait destiné pour successeur Judas, qui trahissait le roi et son royaume. — C'est pourquoi le roi, irrité par le rapport criminel de ce méchant homme, écrivit à Nicanor qu'il trouvait fort mauvais qu'il eût fait ainsi amitié avec Machabée, et qu'il voulait qu'aussitôt Machabée fat amené prisonnier à Àntioche. »

4. Galates^ Y, 26 : a Ne nous laissons point aller à la vaine gloire , nous piquant les uns les autres , et nous portant envie les uns aux autres. »

8. Ephésiens, VL 4 : « Et vous, pères, n'irritez point vos enfants, mais ayez soin de les bien élever, en les corrigeant et en les'instruisant selon le Seigneur. »

6. Colossiens, III, 21 : « Pères, n'irritez point vos enfants» de peur qu'ils ne tombent dans l'abattement. »

7. Job, II, 9 : « Alors sa femme lui dit : Quoi! vous demeurez encore dans votre simplicité? Maudissez Dieu et mourez. »

8. Tobie, II, lS-23 : « Gomme des rois insultaient au bienheureux Job, ainsi ses parents et ses alliés se raillaient de son genre de vie, en lui disant : — Où est votre espérance pour laquelle vous faisiez tant d'aumônes et ensevelissiez les morts?

— Mais Tobie les reprenant, leur disait : Ne parlez pas ainsi : — Car nous sommes enfants des saints, et nous attendons cette vie que Dieu doit donner à ceux qui ne violent point la fidélité qu'ils lui ont promise. — Pour ce qui est d'Anne, sa femme, elle Cûsait tous les jours de la toile , et elle apportait du travail de ses mains ce qu'elle pouvait gagner pour vivre, — Il arriva donc qu'ayant reçu un jour un chevreau, elle l'apporta à la maison.

— Son mari ayant entendu ce chevreau crier, dit à sa femme : Prenez garde que ce chevreau n'ait été dérobé; rendez-le à ceux à qui il est : car il ne nous est pas permis de rien manger ou

DES PÉCHÉS d'aUTBUI. 54

toucher de ce qui est dérobé. — Alors sa femme lui répondit en colère : Il est aisé de voir combien toutes vos espérances étaient vaines, et à quoi ont abouti toutes vos aumônes. C'est par ces discours et d'autres semblables que sa femme Tinsultait journellement. )>

9. Tobie, III, 1-2, 7-14 : « Alors Tobie jetant un profond soupir, commença à prier avec larmes , en disant : — Seigneur, vous êtes juste ; tous vos jugements sont pleins d'équité , et toutes vos voies ne sont que miséricorde, vérité et justice, etc. — En ce même jour, il arriva que Sara , fille de Raguel , à Rages , ville des Mèdes , fut émue d'un reproche que lui fit une des servantes de son père. — Elle avait épousé sept hommes l'un après l'autre, et un démon nommé Asmodée les avait tués aussitôt qu'ils s'étaient approchés d'elle. — Gomme elle reprenait cette servante pour une faute qu'elle avait commise , celle-ci lui répondit : Que jamais nous ne voyions de toi ni fils , ni fille sur la terre, meurtrière de tes maris ! — Ne veux-tu pas me tuer aussi, comme tu as déjà tué sept maris? A cette parole, Sara monta dans une chambre haute de la maison , et y demeura trdis jours et trois nuits sans boire ni manger ; — et persévérant dans la prière , elle demandait à Dieu avec larmes qu'il la délivrât de • cet opprobre. »

10. Ecclésiastique, XXVIII, 10, 12-19 : « Evitez les disputes, et vous diminuerez les péchés, etc. — Le feu s'embrase dans la forêt selon le bois qui s'y trouve , et la colère de l'homme s'allume à l'égal de son pouvoir, et il la porte plus haut à proportion qu'il a plus de richesses. — La promptitude à disputer allume le feu ; la querelle précipitée répand le sang , et la langue qui rend un faux témoignage cause la mort. — Si vous soufflez sur rétincelle , il en sortira un feu ardent ; si vous crachez dessus, . elle s'éteindra; et c'est la bouche qui fait l'un et l'autre. — Celui qui médit en secret et l'homme à deux langues sera maudit, parce qu'il jettera le trouble parmi plusieurs qui vivaient en paix. — La langue d'un tiers en a renversé plusieurs , et elle les a dispersés de peuple en peuple. — Elle a détruit les villes fortes et opulentes , et elle a fait tomber les maisons des grands. — Elle a taillé en pièces les armées des nations , et elle a défait les peuples les plus vaillants. — Là langue d'un tiers a fait expulser les femmes fortes, etc. )>

11. Proverbes, XV, 18: « L'homme colère éveille les querelles; <^lui qui est patient apaise celles qui étaient déjà allumées. )>

32 DES PÉCHÉS d' AUTRUI.

42. Ibid., XVIII9 6 : a Les lèvres de Titisensé s'embarrassent dans des disputes , et sa bouche s'attire des quenelles. »

13. Ibid,, XXII j 10 : (( Chassez le railleur, et les disputes s'en iront avec lui ; alors les plaintes et les outrages cesseront. »

14. Ibid., XXVI, 17-22 : <i Celui qui, en passant par un endroit, se mêle dans une querelle qui ne le regarde point, est comme celui qui saisit les oreilles à un chien furieux. — Comme celui qui lance des flèches et des dards pour en tuer un autre est coupable de sa mort, — ainsi Test celui qui use d'artifices pour nuire à son ami, et qui dit , lorsqu'il est surpris^. Je ne l'ai fait qu'en jouant. — Quand le bois est consumé , le feu s'éteint ; et les querelles s'apaisent, quand il n'y a plus de semeurs de rapports. — Le feu rallume le charbon , la flamme le bois ; l'homme querelleur allume de même les disputes. — Les paroles du semeur de rapports paraissent simples et innocentes; mais elles pénètrent jusqu'au fond des entrailles. »

15. Ibid,, XXIX, 22 : (c L'homme colère provoque les querelles , et celui qui se fâche aisément sera plus enclin à pécher. ))

16. Proverbes, XXX, 33 : a Celui qui presse trop la mamelle, en fait sortir un lait épais ; celui qui se mouche trop fort tire le sang ; et celui qui excite la colère amène les querelles. »

17. Proverbes, XVII, 11 : « Le méchant cherche toujours querelle , etc. »

18. Ibid., III, 30-35 : (( Ne faites point de procès à un homme sans sujet , et lorsqu'il ne vous fait aucun tort. — Ne portez point envie à l'homme injuste , et ne marchez point dans ses voies : — Car le Seigneur déleste les pervers, et il communique ses secrets aux simples. — Le Seigneur frappera d'indigence la maison de l'impie ; au lieu qu'il bénira le& maisons des justes. — Il se moquera des moqueurs, et il répandra ses faveurs sur ceux qui sont doux. — Les sages posséderont la gloire ; l'élévation des insensés sera leur confusion. »

19. Isâïe, XXXIII , 1 : (c Malheur à vous qui pillez ; ne serezvous pas aussi pillé? Mallieur à vous qui méprisez; ne serez- vous pas aussi méprisé? Lorsque vous aurez achevé de dépouiller, vous serez dépouillé ; lorsque vous serez las de mépriser, vous tpmberez dans le mépris. »

DBS PECHES D AUTRUI.

Çnestton ¥ll«

Quand e^-ce qu'on participe par flatterie ou adulation au péché d*autrui?

C'est ce qui a lieu , toutes les fois que nous louons quelqu'un du mal qu'il a fait, ou du mauvais caractère qu'il a déployé , et que, le voyant engagé dans une voie criminelle, nous l'encourageons par nos éloges à y avancer de plus en plus. Mais malheur, œmme dit le Prophète, à ceux qui préparent des coussinets pour les mettre sous tous les coudes, et qui font des oreiUers pour y appuyer la tête des personnes de tout âge , afin de surprendre ainsi ks dmes. C'est dans ce défaut que tombent certains prédicateurs, et ces magistrats qui flattent inconsidérément les passions i)opulaires, et fomentent par une lâche complaisance les désoixlres publics. Que de sagesse dans ces paroles d'Isaïe : 0 nwn peuple, ceux qui vous disent heureux vous séduisent , et ils pervertissent la voie ou vous devez marcher! C'est pourquoi saint Paul exhorte les fidèles à se mettre en garde contre ces faux docteurs qui , par des paroles flatteuses, séduisent les âmes simples. Car le pécheur est loué dans les désirs de son âme, et le m^échant est béni; mais en cela même le pécheur irritera le Seigneur, comme l'atteste le Prophète royal ( VII). •

TÉMOIGNAGES DE l'ÉCRITURE.

I. Proverbes, XXIV, 24-28 : <i Ceux qui disent au méchant : Vous êtes juste, seront maudits des peuples et détestés des nations. — Ceux qui le reprennent en seront loués; et la bénédiction descendra sur eux. — Répondre avec droiture, c'est donner un baiser à la bouche. — Préparez votre ouvrage au dehors, et remuez votre champ avec grand soin , pour bâtir ensuite votre

vu.

Quando per Umdationem, vel adutaticnem nostram peceato aliéna fcedaimtrf

Cnm afiqnem in malefactis, Tel de improbitate commendamus , vel tanqaam re bene gesta, calcar addimus malë currenti , nt ille in pravo institoto per^^at. Fœ autem gui coutnmt puMUoi sub omni cubitu ma- Nifi, et faciunt cervicaUa sub capite unitersx œtatis ad capiendas animas, ut est apud prophetam. In hoc vitium incidunt |

nonnunqoam ecdesiastid concionatores , et magistratas malè vnlgo blandientes, dnm ejas licentiae palàm favent et applandnnt. Rectè aatem Esaias : Popule meus, qui te beafum dicunt , ipsi te decipiunt , et viam gressuum tuorum dissipant. Unde Paulus eos jubet vitari doctores , qui per dulces sermones et benedlctiones seducunt corda innocentiom. Çuoniam enim lauda-' tur peccator in desideriis anima suwy et iniquus benedicituTi exacerbabit Daminum peccator, ut regins propheta testatnr.

34 DES PÊCHES d' AUTRUI.

maison . — Né soyez point un faux témoin contre votre prochain , et que vos lèvres ne séduisent personne. »

2. Ibid., XXVII, 2, 5, 6 : « Qu'un autre vous loue, et non votre bouche; que ce soit un étranger, et non vos propres lèvres. — Une réprimande ouverte vaut mieux qu'une amitié qui se cache. — Les blessures que fait un ami sont la preuve de son amitié ; Dieu nous garde des baisers d'un ennemi ! » '

3. Ibid., XXVIII, 23 : a Celui qui reprend un homme trouvera grâce ensuite auprès de lui , plutôt que celui qui le trompe par des paroles flatteuses. »

4. Psaume CXL, 5 : <i Que le juste me frappe, et qu'il me châtie ; mais que les parfums du pécheur ne coulent jamais sur ma tête. »

a. IsAïwf V, 20 : <( Malheur à vous qui appelez mal ce qui est bien, et bien ce qui est mal ; qui donnez aux ténèbres le nom de lumière , et à la lumière le nom de ténèbres ; qui faites passer pour doux ce qui est amer, et pour amer ce qui est doux. »

6. ËZÉCH1EL, XIII, i-23 : a Le Seigneur me parla encore en ces termes et me dit : — Fils de l'homme , adresse tes prophéties aux prophètes d'Israël qui se mêlent de prophétiser, et tu diras à ces hommes qui prophétisent de leur chef : Ecoutez la parole du Seigneur. — Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Malheur aux prophètes insensés qui suivent leur propre esprit, et ne voient rien. — Vos prophètes, ô Israël, ont été parmi vous comme des renards dans des lieux ruinés. — Vous n'êtes point allés à la rencontre de V ennemi, et vous ne vous êtes point opposés comme un mur pour la maison d'Israël , pour tenir ferme dans le combat, au jour du Seigneur. — Ils n'ont que des visions vaines , et ils ne prophétisent que le mensonge, en disant : Le Seigneur a dit ceci , quoique le Seigneur ne les ait point envoyés ; et ils persistent à assurer ce qu'ils ont dit une fois. — Les visions que vous avez eues ne sont-elles pas vaines , et les prophéties que vous publiez ne sont-elles pas pleines de mensonge? Et après cela vous dites : C'est le Seigneur qui a parlé , quoique ce ne soit point moi qui aie parlé. — C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur Dieu : Parce que vous avez publié des choses vaines, et que vous avez eu des visions de mensonge, je viens à vous, dit le Seigneur Dieu. — Ma main s'appesantira sur les prophètes qui ont des visions vaines , qui prophétisent le mensonge. Us ne se trouveront point dans l'assemblée de mon peuple; ils ne seront point écrits dans le livre de la maison d'Israël ; ils n'en-

DES POCHÉS D* AUTRUI. Tîïi

treront point dans la terre d'Israël : et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur Dieu. — Parce qu'ils ont séduit mon peuple, en lui annonçant la paix , et il n'y avait point de paix ; et comme mon peuple bâtissait une muraille , ils l'ont enduite de boue sans y mêler de paille. — Dis à ceux qui enduisent une muraille sans y rien mêler, qu'elle tombera : car voici que j'enverrai une forte pluie, de grosses pieiTCs tomberont du ciel, et un vent de tempête la jettera par terréj — Et en voyant la muraille tombée, ne vous dira-^t-on pas : Où est l'enduit dont vous l'avez enduite? — C'est pourquoi, voici ce que dit le Seigneur Dieu : Je ferai soufQer dans mon indignation un vent de tempête ; une pluie inondante se débordera dans ma fureur, et des pierres énormes tomberont dans ma colère , pour renverser tmit jje qui se rencontrera. — Et je détruirai la muraille que vous avez enduite de boue sans mélange de paille; jela réduirai au niveau dii sol , et ses fondements seront mis à nu ; elle s'écroulera , et vous serez enveloppés dans sa ruine ; et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur. — Mon indignation s'assouvira sur cette muraille , et sur ceux qui l'enduisent sans y mêler ce qui l'aurait affermie. Je vous dirai alors : La muraille n'est plus, et ceux qui l'avaient enduite ne sont plus; — Ils ne sont pltis, ces prophètes d'Israël qui se mêlaient de prophétiser à Jérusalem , et qui avaient pour elle des visions de paix; et il n'y avait point de paix, dit le Seigneur Dieu. — Et toi, fils de l'homme, tourne-toi contre les filles de mon peuple , qui se mêlent de prophétiser de leur propre chef, et prophétise contre elles, — et dis : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Malheur à celles qui préparent des coussinets pdtir les mettre sous tous les coudes , et qui font des oreillers pour en appuyer la tête des personnes de tout âge , afin de surprendre les âmes; et lorsqu'elles ont surpris les âmes de mon peuple, elles assurent de ces âmes qu'elles sont pleines de vie. — Elles m'ont déshonoré dans l'esprit de mon peuple pour un peu d'orge et pour un morceau de pain, en annonçant la mort aux âmes qui ne devaient point mourir, et la vie à celles qui ne devaient point vivre , et abusant par leurs mensonges de la crédulité de mon peuple. — C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur Dieu : Je détruirai ces coussinets au moyen desquels vous surprenez les âmes, comme des oiseaux qu'on prend dans leur vol ; je les enlèverai de dessous vos bras, et je délivrerai les âmes que vous avez prises , ces âmes faites pour être libres. — Et je renverserai à terre vos oreillers, et je

36 DES PÉCHÉS d' AUTRUI.

délivrerai mon peuple d'entre vos mains, et ils ne seront plus à l'avenir en vos mains comme une proie, et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur. — Parce que vous avez attristé par vos mensonges le cœur du juste, que je n'avais point attristé moi-même, et que vous avez fortifié le bras de l'impie pour l'empêcher de revenir de sa voie inique et de trouver la vie ; — c'est pourquoi vous ne raconterez plus vos visions vaines, et vous ne débiterez plus vos oracles trompeurs, parce que je déli* vrerai mon peuple d'entre vos mains, et vous saurez que c'est moi qui suis le Seigneur. »

7. JÉRÉMiË, XIV, 13-17 : «c Les prophètes leur disent : Vous ne verrez point le glaive; la guerre et la famine ne seront point parmi vous ; mais le Seigneur vous donnera en ce lieu une véritable paix. — Le Seigneur m'a répondu : Ces prophètes prophétisent faussement en mon nom; je ne les ai point envoyés; je ne leur ai rien ordonné de ce qu'ils disent, et je ne leur ai point parlé. Les prophéties qu'ils vous débitent ne sont que des visions de mensonges, des divinations pleines d'impostures, de vaines illusions de leur propre esprit. — C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur : Quant à ces prophètes qui prophétisent en mon nom, quoique je ne les aie point envoyés, et qui disent : Le glaive et la famine ne visiteront point cette terre ; par le glaive et par la famine ces prophètes eux-mêmes seront consumés. — Et les cadavres de ceux à qui ils prophétisent , consumés par la famine et par le glaive , seront jetés sur les places de Jérusalem , sans qu'il y ait personne pour les ensevelir ; ils y seront jetés , eux et leurs femmes, leurs fils et leurs filles, et je ferai déborder sur eux les maux dont ils sont les auteurs. »

8. JÉRÉMiE, XXIII, 13, 40 : (( Je n'ai vu que folie parmi les prophètes de Samarie : ils prophétisaient au nom de Baal, et séduisaient mon peuple d'Israël. — J'ai vu les prophètes de Jérusalem semblables à des adultères. Je les ai vus marcher dans la voie du mensonge; ils ont affermi le bras des méchants, pour que personne ne se convertisse du dérèglement de sa vie ; ils sont tous devenus pour moi comme Sodome, et le peuple de cette ville comme Gomorrhe. — C'est pourquoi, voici ce que dit aux prophètes le Seigneur des armées : Je les nourrirai d'absinthe, et je lés abreuverai de fiel , parce que c'est des prophètes de Jérusalem que la corruption s'est répandue sur la terre. — Voici ce que dit le Seigneur des armées : N'écoutez pas les paroles de ces prophètes qui vous prophétisent et qjii vous trompent ; ils

DES PÉCHÉS D'AUTRLI. 37

publient les visions de leur cœur, et non ce qu'ils ont appris de la bouche de Jehovah. — Ils disent à ceux qui me blasphèment : Le Seigneur Ta dit, vous aurez la paix; et à tous ceux qui suivent la corruption de leur cœur : Il ne vous arrivera point de mal. — Mais qui d'entre eux a assisté au conseil de Dieu, et l'a vu, et a entendu ce qu'il a dit? — Voici que le tourbillon de la colère du -Seigneur va éclater, et la tempête, après avoir rompu la nue, va se décharger avec fracas sur la télé des méchants. — La fureur du Seigneur ne retournera point en arrière, jusqu'à ce qu'elle ait réalisé et accompli les pensées de son cœur. Vous comprendrez plus tard quels auront été ses desseins sur vous. — le n'envoyais point ces prophètes, et ils couraient; je ne leur parlais point, et ils prophétisaient. — S'ils eussent assisté à mon conseil, ils auraient fait entendre mes paroles à mon peuple, et ils 1 auraienl retiré de sa voie perverse et du dérèglement de ses pensées. •-— Ne suis-je Dieu que de près? dit le Seigneur; ne le suis-je pas aussi de loin ? N'est-ce pas moi qui remplis le ciel et la terre? dit le Seigneur. — J'ai entendu ce qu'ont dit ces prophètes qui prophétisent le mensonge en mon nom, en disant : J'ai eu un songe , j'ai eu un songe. — Jusqu'à quand celle imaginalion sera-t-elle dans le cœur des prophètes qui prophétisent le mensonge , et donnent pour des vérités les séductions de leur cœur; — qui veulent faire oublier mon nom à mon peuple par les songes qu'ils débitent à qui les consulte , comme leurs pères ont oublié mon nom pour celui de Baal. — Que le prophète qui a* eu un songe raconte le songe qu'il a eu , et que celui qui a entendu ma parole annonce ma parole dans la vérité; car, qu'y a-t-il de commun entre la paille et le blé? dit le Seigneur. — Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu , dit le Seigneur, et comme le marteau qui brise la pierre? C'est pourquoi me voici , dille Seigneur, tout prêt à éclater contre ces prophètes qui dérobent mes paroles chacun à leurs frères ; — contre ces prophètes, dit le Seigneur, qui aiguisent leurs langues et qui disent : Voici ce que dit le Seigneur; contre ces prophètes, dit le Seigneur, qui ont des visions de mensonge et les racontent à mon peuple, et le séduisent par leurs mensonges et leurs prestiges, quoique je ne les aie point envoyés, et que je ne les aie chargés de rien. Aussi ces faux prophètes n'ont nullement servi à ce peuple , dit le Seigneur. — Si donc ce peuple , ou un prophète , ou un prêtre t'interroge et te dit : Quel est le fardeau du Seigneur? tu lui diras : C'est vous-mêmes qui êtes ce fardeau ; aussi vous re-

38 DES PÉCHÉS d'aITRUI.

jetterai-je » dit le Seigneur. — Chacun de vous dira désormais h son prochain et à son frère : Qu'a répondu le Seigneur? Qu'est-ce que le Seigneur a dit? — Et on ne parlera plus de fardeau du Seigneur ; car la parole de chacun sera son propre fardeau, parce que vous avez perverti les paroles du Dieu vivant , du Seigneur des armées, notre Dieu. — Tu diras au:L prophètes : Que vous a répondu le Seigneur? Qu'est-ce que le Seigneur a dit? — Que si vous dites encore : La parole du Seigneur est pesante , je vous déclare, dit le Seigneur, que, parce que vous avez dit : La parole du Seigneur est pesante , quoique je vous eusse envoyés dire : Ne dites point que la parole du Seigneur soit pesante; — je vous prendrai moi-même, et je vous emporterai comme un fardeau, et je vous ahandonnerai, et je vous rejetterai loin de ma face, vous et la ville que j'ai donnée à vos pères et à vous. — Je vous couvrirai d'un opprobre éternel, et d'une ignominie dont la mémoire ne s'effacera jamais. »

9. JÉBÉMiE, XXVIl, 9-40, 14-15 : a Vous donc, n'écoutez pas vos prophètes ni vos devins, ni vos inventeurs de songes, ni vos augures , ni vos magiciens , qui vous disent : Vous ne serez point assujettis au roi de Babylone. — Car ils vous prophétisent le mensonge, pour vous envoyer bien lojn de votre terre, pour vous perdre et vous faire périr. — N'écoutez point les paroles des prophètes qui vous disent : Vous ne serez point assujettis au roi de Babylone ; car ce qu'ils vous disent n'est que mensonge. — Je ne les ai point envoyés , dit le Seigneur, et ils prophétisent faussement en mon nom, pour vous chasser de votte terre et vous faire périr, vous et vos prophètes qui vous annoncent l'avenir. »

10. Id., XXVIIL 15-17 : <c Et le prophète Jérémie dit au prophète Hananias : Ecoute, Hanahias, le Seigneur ne t'a point envoyé , et tu as fait que ce peuple ait mis sa confiance dans le mensonge. C'est pourquoi, voici ce que dit le Seigneur : Je t'exterminerai de dessus la terre,. et tu mourras cette année même, pour avoir parlé contre le Seigneur. — Et le prophète Hananias mourut cette année-là même, au septième mois. »

11. JÉRÉMIE, XXIX, 8-10 : <( Voici ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu d'Israël : Ne vous laissez point séduire par vos prophètes , ni par vos devins qui sont au milieu de vous, et ne faites point attention aux songes que vous avez songes; — parce qu'ils vous prophétisent faussement en mon nom : ce n'est point moi qui les ai envoyés, dit le Seigneur. — Car voici ce que dit

DES Pix^HÉS d' AUTRUI. 59

le Seigneur : Lorsque les soixante-dix ans que vous devez passer à Babylone seront accomplis, etc. »

42. Lamentations de Jérémie, //, 14, 18 : « Vos prophètes ont eu pour vous des visions fausses et extravagantes, et ils ne vous découvraient point votre iniquité , pour vous exciter à la pénitence ; mais ils ont eu]K)ur vous des rêveries pleines de mensonges, ils ont rêvé la fuite de ms ennemis. — Tous ceux qui, passaient par le chemin ont frappé des mains en vous voyant. Ils ont sifllé, et secoué leurs têtes sur la fille de Jérusalem. »

43. MiCHÉR, m, 5-7, 41-42 : k Voici ce que dit le Seigneur contre les prophètes qui séduisent mon peuple , qui le déchirent à belles dents, et qui ne laissent pas de prêcher la paix; et si quelqu'un ne satisfait pas à leur avidité , ils mettent leur piété à lui déclarer la guerre. — C'est pourquoi vous n'aurez pour vision que la nuit, et pour révélation que des ténèbres; le soleil sera sans lumière pour tîes prophètes , et le jour deviendra pour eux d*une profonde obscurité. — Ceux qui ont des visions seront confondus. — Leurs princes rendent des arrêts pour des présents ; les prêtres enseignent pour un vil salaire; leurs prophètes prophétisent pour de l'argent : et après cela ils se reposent sur le Seigneur, en disant : Le Seigneur n'est-il pas au milieu de nous? Nous serons à couvert de tous maux.. — C'est pour cela même que vous serez cause que Sion sera labourée comme un champ , que Jérusalem sera réduite en un monceau de jÀevves , et que la montagne où le temple est bâti deviendra une forêt. »

44. /// Rois, XXII, 4-30, 3iih38 : « Et le roi d'Israël dit à Josaphat : Viendrez-vous avec moi à la guerre que je vais porter à Ramoth en Galaad? — Josaphat répondit au roi d'Israël : Vous et moi ne sommes qu'un ; mon peuple et votre peuple ne sont qu'un même peuple; ma cavalerie et la vôtre sont une même cavalerie. Et il ajouta, en parlant au roi d'Israël : Consultez aujourd'hui, je vous prie, quelle est la volonté du Seigneur. — Le roi d'Israël assembla donc ses prophètes au nombre d'environ quatre cents, et leur dit : Dois-je aller combattre à Ramoth en Galaad, ou me tenir en paix? Ils lui répondirent : Allez, et le Seigneur livrera la ville entre les mains du roi. Mais Josaphat dit : N'y a-t-il point ici quelque prophète du Seigneur, afin que par lui nous consultions le Seigneur? — Le roi d'Israël répondit à Josaphat : Il y a encore un homme par qui nous pouvons consulter le Seign^r; mais je hais cet homme-là, parce qu'il ne me

40 DES PÉCHÉS d' AUTRUI.

prophétise jamais rien de bon, et qu'il ne me prédit que du mal : c'est Michée , fils de Jemla. Josaphat lui répondit : 0 roi! ne parlez pas ainsi. — Le roi d'Israël appela donc un eunuque et lui dit : Faites venir tout de suite Michée, fils de Jemla. — Le roi dlsraêl et Josaphat, roi des Juifs, étaient dans la cour, près de la porte de Samarie, assis chacun sur leurs tr6nes avec des habits d'une magnificence royale , et tous les prophètes prophétisaient devant eux. — Sédécias, fils de Chanaana, s'était fait faire des cornes de fer, et il dit : Voici ce que dit le Seigneur : Avec ces cornes vous frapperez la Syrie , jusqu'à ce que vous l'ayez toute détruite. — Tous les prophètes prophétisaient de même, et disaient : Allez contre Ramoth en Galaad, et marchez avec confiance, et le Seigneur la livrera entre les mains du roi. — Celui qu'on avait envoyé pour faire venir Michée lui dit : VpiHi tous les prophètes qui, dans leurs réponses, prédisent un bon succès au roi; que vos paroles soient donc semblables «uk leurs, et diteslui des choses heureuses. — Michée lui répondit : Vive le Seigneur, je ne dirai que ce que le Seigneur m'aura dit. — Michée se présenta donc devant le roi , et le roi lui dit : Michée, devons-nous porter la guerre à Ramoth en Galaad , ou demeurer en paix? Michée lui répondit : Allez, marchez avec confiance, et le Seigneur livrera cette ville entreSes mains du roi. — Le roi ajouta : Je vous conjure au nom du Seigneur de ne me parler que selon la vérité. — Michée lui dit : J'ai vu tout Israël dispersé dans les montagnes, comme des brebis qui n'ont point de pasteur. Et le Seigneur a dit : Ils n'ont point de chef; que chacun retourne en paix dans sa maison. — Aussitôt le roi dlsraêl dit à Josaphat : Ne vous avais-je pas bien dit que cet homme ne me prophétise jamais rien de bon , mais qu'il me prédit toujours du mal? — Et Michée ajouta : Ecoutez la parole du Seigneur. J'ai vu le Seigneur assis sur son trône , et toute l'armée du ciel autour de lui , à droite et à gauche. — Et le Seigneur a dit : Qui séduira Achab, roi d'Israël, afin qu'il marche contre Ramoth en Galaad, et qu'il y périsse? Et l'un dit une chose, et l'autre une autre. — Mais l'esprit s'avança, et se présenta devant le Seigneur, et dit : C'est moi qui séduirai Achab. Le Seigneur lui dit : El comment? — Il répondit : J'irai, et je serai un esprit menteur dans la bouche de tous ses prophètes. Le Seigneur lui dit : Tu le séduiras et tu en seras le maître : va et fais comme tu le dis. — Maintenant donc le Seigneur a mis un esprit de mensonge en la bouche de tous vos prophètes qui sont ici , et le Seigneur a prononcé votre

DES PÉCHÉS d'aUTRIJI. 41

arrêt. — En même temps Sédécias, fils de Ghanaana, s'approcha de Micbée, et lui donna un soufflet sur la joue, et lui dit : L*espri( du Seigneur m'a-t-il donc quitté, et n'a-t-il parlé qu'à toi? Michée lui dit : Tu le verras au jour où tu passeras de chambre en chambre pour te cacher. — Alors le roi d'Israël dit : Prenez Michée, et qu'on le conduise chez Amon, gouverneur de la ville, et chez Joas, fils d'Amélech , — et dites leur : Voici ce que dit le roi : Renfermez cet homme dans la prison, et qu'on le nourrisse du pain de la tribulation et de l'eau de l'angoisse jusqu'à ce que je revienne en paix. — Michée lui dit : Si vous revenez en paix, le Seigneur n'a point parlé par moi. Et il ajouta : Peuples, tous tant que vous êtes, soyez-en témoins. — Le roi dlsraêl et Josaphat, roi de Juda , se mirent donc en marche sur Ramoth en Galaad. — Cependant le roi d'Israël dit à Josaphat : Prenez vos armes, et combattez avec vos habits ordinaires. Mais lui-même changea ses vêtements avant de donner la bataille... — Il arriva cependant qu'un homme ayant tendu son arc , tira une flèche au hasard, et elle vint percer le roi d'Israël entre le poumon et l'estomac. Il dit aussitôt à son eocher : Tourne bride, et retiremoi du milieu de l'armée , parce que je suis grièvement blessé. — Le combat dura tout le jour, et le roi d'Israël demeura dans son char en face des Syriens. Le sang coulait de sa plaie sur tout son char, et il mourut vers le soir. — Et avant que le soleil fût couché, un héraut sonna de la trompette dans toute l'armée, et dit : Que chacun s'en retourne dans sa ville et dans son pays. — Et le roi mourut, et il fut porté à Samarie, où il fut enseveli. — On lava son char et les rênes de ses chevaux dans la piscine de Samarie ; et les chiens léchèrent son sang , selon la parole que le Seigneur avait prononcée. »

15. IsAÏE, Ilï, 12 : « Mon peuple, ceux qui vous disent bienheureux, etc. (comme dans le corps de la réponse). »

16. Id,y IX, 1S'17 : « Le vieillard, l'homme en dignité, sont les premiers que Dieu menace , les prophètes menteurs sont les derniers. — Alors ceux qui appellent ce peuple heureux seront reconnus pour des séducteurs , et le peuple qu'ils appelaient heureux tombera dans le précipice. — C'est pour cela que, etc. »

17. W., XXX, 9-14 : « Ce peuple provoque sans cesse ma colère; ce sont des enfants menteurs, des enfants qui ne veulent point écouter la loi de Dieu. — Ils disent à ceux qui voient : Ne voyez point , et à ceux qui prophétisent : Ne prophétisez point pour nous ce qui est droit et juste ; dites - nous des choses qui

42 DES PiXHÉS d' AUTRUI.

nous séduisent ; prophétisez-nous des choses qui nous amusent. — Eloignez-nous de la voie , détournez-nous du sentier, faites disparaître de devant nous le Saint d'Israël: — C'est pourquoi voici ce que dit le Saint d'Israël : Parce que vous avez rejeté la parole du Seigneur, et que vous avez mis votre confiance et votre appui dans le désordre et la violence, — cette iniquité retombera sur vous comme une haute muraille qui s'entr'ouvre et tombe tout-à-coup^ — et qui se brise comme un vase de terre qu'on casse avec effort en mille morceauK , sans qu'il en reste seulement un têt pour y mettre un charbon de feu, ou pour puiser un peu d'eau dans un fossé. »

18. Romains, XVl, 17-18 : « Je vous prie, mes frères, de prendre garde à ceux qui causent parmi vous des divisions et des scandales en s'éloignant de la doctrine que vous avez apprise ; ayez soin d'éviter leur compagnie. — Car de tels hommes ne servent point Jésus-Christ Notre-Seigneur, mais leurs appétits grossiers; et par des paroles douces et flatteuses ils séduisent les âmes simples. »

19. II Pierre, II, 1-3, 12, 14, 17, 18, 19 : « Or, comme il y a eu de faux prophètes parmi le peuple , il y aura aussi parmi vous de faux docteurs qui introduiront de pernicieuses hérésies , et qui renonçant au Seigneur qui les a rachetés , attireront sur eux-mêmes une prompte ruine. — Leurs débauches et leurs impuretés seront imitées par plusieurs, qui seront cause que la voie de la vérité sera blasphémée parmi les peuples. — En vous séduisant par des paroles artificieuses, ils trafiqueront de vos âmes pour satisfaire leur cupidité; mais le jugement qui les menace depuis longtemps approche à grands pas, et la main

qui doit les perdre n'est pas endormie — Mais ceux-ci,

comme des animaux sans raison, etc. — Us attirent à eux par des amorces trompeuses les âmes légères et inconstantes , etc. — Ce sont des fontaines sans eau , des nuées agitées par des tourbillons de vent ; de noires et profondes ténèbres leur sont réservées.— Car, tenant des discours d'insolence et de folie, ils amorcent par les passions de la chair et par les voluptés sensuelles ceux qui naguère s'étaient séparés des hommes infectés d'erreur. — Ûs leur promettent la liberté, tandis qu'ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, puisque quiconque est vaincu devient esclave de son vainqueur. »

20. Psaume IX, 24 : « Parce que le pécheur est loué, etc. (comme dans le corps de la réponse). »

DES PÉCHÉS d'aIJTRUI. 43

il. li., LIV,'^Z : (c Leura paroles coulent comme l'huile, mais ce sont des glaives perçants. »

22. Proverbes, /, 10-14 : <i Mon fils, si les pécheurs cherchent à le séduire, fuis leurs caresses. — S'ils disent: Viens avec nous, dressons des embûches pour répandre le sang; tendons en secret des pièges à Tinnocent , encore qu'il ne nous ait fait aucun mal; — engloutissons-le tout vivant, comme ferait l'enfer, et tout entier, comme (m enfouit celui qui descend dans la fosse ; — nous trouverons dans sa perte toutes sortes de biens et de richesses, nous rempUrons nos maisons de ses dépouilles. — Entre en société avec nous; n'ayons tous qu'une même bourse. »

23. Ibid,, XVI, 29-30 : a L'homme injuste attire son ami par ses flatteries, et le conduit par une voie qui n'est pas bonne. — Le voilà fermant à moitié les yeux pour méditer des bouleversements, et se mordant les lèvres pour consommer l'iniquité. »

24. Proverbes, XVII, 15 : « Celui qui justifie le méchant, et celui qui condamne le juste , sont tous deux abominables devant Dieu. ))

25. Ibid,, XXIX, 5-6 : a L'homme qui tient à son ami un langage flatteur, tend un filet à ses pieds ; — le filet enveloppera le méchant qui pèche, et le juste louera Dieu et se réjouira. »

26. Ecclésiaste, VII, 6 : a 11 vaut mieux être repris par un homme sage, que d'être séduit par les flatteries des insensés. i»

27. JÉaÉMiE, IX, 3-9 : « Ils ont préparé leur langue comme un arc de mensonge , et non de vérité ; ils se sont fortifiés sur la terre, parce qu'ils ne font que passer d'un crime à un autre, et qu'ils ne me connaissent pas, dit le Seigneur. — Que chacun se garde de son prochain, et que nul ne se fie à son frère, parce que le frère ne pense qu'à perdre son frère , et que l'ami use de tromperie contre son ami. — Chacun se rit de son prochain, et ils ne disent point entre eux la vérité ; car ils ont instruit leurs langues à débiter le mensonge, et ils se sont étudiés à commettre l'injustice. — Votre demeure est au milieu d'un peuple tout rempli de fourberie; ce sont des trompeurs, et ils ont refusé de me connaître, dit le Seigneur. — Voici donc ce que dit le Seigneur des armées : Je vais les faire passer par le feu, et les' éprouver. Car puis-je faire autre chose à l'égard de la fille de mon peuple ? — Leur langue est comme une flèche qui perce ; elle n'articule des mois que pour tromper; ils ont la paix sur les lèvres en parlant à leurs amis , et en secret ils leurs tendent des

hh DES PÉCHÉS D*AUTBUf.

pièges. — Ne piinirai-je point ces excès, dit le Seigneur, et ne me vengerai-je point d'une nation si criminelle ? »

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION

1. S. Ghrysostôme, Homélie II sur David et Saûl (1) : (c Ce n*est pas seulement la pratique de la vertu , mais ce sont aussi les éloges et les hommages déférés à la vertu qui méritent récompense ; comme ce n'est pas seulement le parti qu'on prendrait d'embrasser le vice , mais encore les louanges qu'on donnerait aux gens vicieux qui feraient encourir une punition sévère , et je dirai même , quelque singulier que cela puisse paraître , plus sévère que si l'on vivait soi-même dans le désordre. C'est une vérité qui nous est confirmée par saint Paul. Cet apôtre, après avoir énuméré tous les genres de malice , et s'être élevé avec force contre les hommes qui foulent aux pieds les lois divines, ajoute en parlant de leurs approbateurs {Rom,, I, 52 ; IIj l) : Quoiqu'ils sachent fort bien que, d'après les règles de la justice de Dieu, ceux qui font ces actions sont dignes de mort (2), non-seulement ils se portent à faire ces mêmes actions, mais encore ils applaudissent à ceux qui les commettent. Cest pour cela, 6 homme, que vous êtes sans excuse. Vous voyez que saint Paul parle de manière à faire entendre que le désordre où l'on tombe en approuvant le mal est plus grave que ne l'est ce mal lui-même. Oui , approuver le crime est plus punissable que de le commettre ; et cela est d'autant plus vrai , que cette approbation donnée au crime est la marque d'une âme perverse et incorrigible. Celui qui fait le mal , mais le condamne en même temps , peut changer un jour et se corriger; au lieu que celui qui approuve le vice se prive lui-même du remède qu'offre le repentir. Je conclus que c'est avec beaucoup de raison que saint Paul déclare qu'approuver le mal est quelque chose de pire que de le commettre. Comme donc celui qui loue les méchants mérite une punition égale , ou même plus rigoureuse, ainsi celui qui admire les bons participe aux couronnes qui leur sont réservées. C'est ce qu'on peut voir encore dans les saintes Ecritures. Dieu, parlant à Abraham, lui dit : Je bénirai ceux qui vous béniront , et je maudirai ceux qui vous maudiront {Gen., XII, 3). w

(1) Cf. Opéra S, Joann. Chrysost,, tome IV, pag. 759-760, édit. de Montfaucon; pag. 879, édit. de Gaume; Homélies, etc., de saint Jean Chrysostôme, Irad. par l'abbé Auger, tome II, pag. 2l3-2ift. C'est le sens du texte grec.

2. S. Cyprien, Serm. de lapris : a Puisqu'il est écrit : 0 mon peuple, ceux qui f appellent heureux le trompent; iU dérobent à teê yeux le sentier où tu dois marcher; caresser et endormir le |pécheur par de trompeuses complaisances, c'est fomenter sa malice, et nourrir son mal au lieu de le guérir; tandis qu'en reprenant et en instruisant son frère par des conseils généreux , on le relève et on le conduit au salut. Je reprends et je châtie ceux que f aime, dit le Seigneur. Ainsi le prêtre du Seigneur ne doit point tromper le pécheur par des ménagements perfides, mais il doit recourir pour le guérir aux remèdes qui sauvent. C'est un médecin mal* habile, que celui qui se borne à palper d'une main légère des plaies envenimées, et qui, au lieu d'extirper l'humeur maligne infiltrée dans les entrailles du malade, en accroît l'intensité par de vains palliatifs. Imprudent! ouvrez la plaie, enfonéez le fer, et guérissez le mal par un remède énergique, en retranchant les parties viciées. Le malade frémit et se débat sous la douleur; qu*importe? Dans quelques jours, lorsque la santé lui sera rendue, aux plaintes succéderont les actions de grâces. » .

3. S. Basile-le-Grand , Homélie sur le psaume LXI : a Ils bénissaient de bouche, et maudissaient de cœur. Beaucoup en effet s'attachent à faire l'apologie du mal, appellent facétieux le bouffon, de bonne compagnie celui qui tient des discours orduriers , veulent qu'on n'ait que de l'estime pour l'homme emporté et colère, vantent l'esprit d'économie de l'homme parcimonieux et avare , la libéralité au contraire de l'homme prodigue , les mœurs fa* cilcs de l'impudique et de l'adultère; en un mot, ils pallient tous les vices sous le couvert des vertus qui les avoisinent. Les gens de ce caractère bénissent de bouche, et maudissent de cœur. Car leurs paroles laudatives sont au fond la condamnation de ceux qu'ils louent , et l'approbation qu'ils leur donnent ne fait autre chose que sceller leur condamnation aux supplices éternels. »

4. S. Augustin, in Ps. LXXXIV, Enarrat, I : « Dans tout ce que vous louez , vous ne louez les choses que parce qu'elles sont bonnes. 11 faudrait avoir perdu l'esprit pour louer ce qui n'est pas bon. Si vous vouliez louer un homme injuste de son injustice même, ne seriez- vous pas injuste? Si vous vouliez louer un voleur en cela même qu'il est voleur, ne seriez-vous pas par cela seul coupable du même vice? Si au contraire vous louez un juste parce qu'il est juste, en louant sa justice n'avez -vous pas vous-même part à sa justice? Vous ne loueriez pas un juste, si vous ne sentiez que vous l'aimez; vous ne l'aimeriez

46 DES PÉCHÉS D'aCTAUI.

pas, s'il ne se trouvait déjà en vous quelque sentiment de

justice (1). »

8. S. JÉRÔME, Lib. I adversiis Pelagianos : « Si un serviteur de Dieu doit ne laisser sortir de sa bouche aucune parole amère , et n'avoir rien que de doux et d'attrayant dans son langage , ou les prêlres et les docteurs ne sont pas des serviteurs de Dieu , eux qui doivent reprendre hardiment les pécheurs , et adresser leurs réprimandes indistinclement à tous , sans flatter personne , ou, s'ils sont non-seulement des serviteurs de Dieu , mais même au premier rang de ses serviteurs, c'est sans raison que vous avez donné aux serviteurs de Dieu pour partage les paroles doucereuses et miellées; tandis que c'est au contraire le propre des hérétiques , et de ceux qui s'étudient à séduire leurs auditeurs , selon ce que Jit saint Paul : Ces hommes ne servent point Jésus-Christ Notre-Seigneur, mais leur ventre^ et par des paroks flatteuses ils séduisent les âmes simples. L'adulation est toujours insidieuse, adroite, caressante. Et c'est avec esprit que les philosophes ont défini le flatteur un ennemi qui cherche à enjôler. La vérité au contraire est amère, a l'air triste, porte un front ridé, et déplaît à ceux qu'elle reprend. C'est ce qui a fait dire à l'Apôtre: Vous suis-je devenu odieux, pour vous avoir dit h vérité? Le Poète comique a dit de son côté : La complaisance nous fait des amis, et la franchise nous fait des ennemis. C'est pourquoi Dieu ordonnait de manger l'agneau pascal avec des laitues amères, et le vase d'élection nous exhorte à célébrer la pâque dans la vérité et la sincérité. Que la vérité et la sincérité soient en nous, et l'amertume ne tardera pas à se faire sentir. »

6. Le même, Lib. II adversiis Jovinianum, c. 19 (al. 6) : « Il nous reste maintenant à aborder notre Epicure , qui s'embrase du feu de la volupté dans ses jardins , parmi des jeunes gens et des femmelettes. — Des hommes bien repus, bien proprets et bien blancs se déclarent pour toi. Ajoute, si tu veux, une raillerie socratique; tous les porcs, tous les chiens en font autant; et , comme lu aimes la viande, ajoute aussi les vautours, les aigles , les éperviers et les hibous. La multitude qui environne Arislippe ne nous eflfraiera jamais. Tous ceux que je verrai beaux, que je verrai frisés et bouclés, leurs cheveux arlistement rangés, leurs lèvres colorées, tous ceux-là sont de ton troupeau, ils grognent parmi les tiens. Ceux de notre bande sont tristes, pâles,

(1) Cf. Sermons de saint Augustin, etc., t. VII , pag. 65.

DBS PÉGHÊS d' AUTRUI. 47

incultes, comme étrangers dans ce siècle, et, bien qu'ils se taisenl de bouche, ils disent néanmoins d'allure et de geste {Ps. CXIX, S) : Infortuné que je suis! mon exil n'a point de terme. Je suis reUgué parmi les tentes de Cédar, c'est-à-dire dans Us ténèbres de ce monde (I ) ; car la lumière luU dans les témbres, et les ténèbres ne l'ont poinê comprise (Joan., I, 8). Ne te glorifie pas de ce que tu as de nombreux disciples ; le Fils de Dieu enseigna dans la Judée , et il n'était suivi que de douze apôtres. Tai foulé seul le pressoir, d\\A\ (Is., LXIII, 3), et aucun d» entre les peuples n'est venu se joindre à moi. Il resta seul dans sa passion , et la constance de Pierre à le suivre se laissa effrayer, tandis que le peuple entier applaudissait à la doctrine des pharisiens , et disait : Crucifiez , crucifiez cet homme : nous n'avons d'autre roi que César (Joan., XIX» 15), c'est-à-dire, nous suivons les vices, et non les vertus; Epicure, et non pas le Christ; Jovinien, et non Tapôtre Paul. Si plusieure acquiescent à ton sentiment , ce n'est en eux qu'un indice de volupté ; car ils approuvent ton langage bien moins encore qu'ils ne plaident en cela la cause de leurs vices. Dans les places pu* bliques , chaque jour un devin mensonger frappe au nez les sots (qui s'arrêtent à le regarder), et en tordant son bâton, leur en fracasse les dents , après le leur avoir présenté à mordre ; et malgré cela, il ne manque pas de gens qu'il réussit à amorcer. Et toi, tu te targues d'une grande sagesse , parce que tu vois courir après toi de nombreux pourceaux, que tu nourris pour qu'ils servent de pâture à l'enfer? Après ta prédication , et ces bains où se lavent également les hommes et les femmes, toute cette ardeur de volupté, qui auparavant couvrait d'un voile de pudeur ses turpitudes, se trouve à nu et exposée à la vue ; ce qui se passait auparavant dans le secret, parait maintenant en public. Tu as mis en évidence de tels disciples, tu ne les as pas faits. Ce ((u'a produit ta doctrine , c'est que les péchés ne sont pas même suivis de repentir. Tes vierges, à qui , en travestissant les paroles de l'Apôtre, tu as enseigné ce que jamais personne n'avait lu ni entendu , qu'ti vaut mieux se marier que de brûler, ont changé en maris ostensibles des époux secrètement adultères. Non, l'Apôtre, ce vase d'élection, n'a point donné ce conseil. Mais c'est le conseil dont parle Virgile (2) :

Gonjugiuai vocat, hoc prselexit nomine culpam. » Il y a environ quatre cents ans que la prédication du Christ

(t) C'est le sens étymologique du mot hébreu.

(2) jEneid., IV, 172. Sa faute dans son cœur prend le nom d'hyménée.

48 DES PÉCHÉS d' AUTRUI.

(NTOoiëne son flambeau dans le monde. Depuis lors, d'innombrables hérésies ont déchiré sa tunique. Presque toute erreur était venue de la nation chaldéenne, de la syriaque et de la grecque. Après tant d'années , Basilides , maître en fait de luxure et d'impudiques embrassements, se retrouve transformé en un Jovinien, Euphorbe d'un nouveau genre, afin que le peuple latin ait aussi son hérésie. N'y a-t-il eu dans tout l'univers aucune autre province qui ait reçu la prédication de la volupté , et dans laquelle se soit glissé le serpent tortueux ; n'y en a-t-il eu aucune autre que celle qui , par les enseignements de Pierre , avait été fondée sur le Christ , cette pierre principale? L'étendard de la croix et Faustérité de la prédication avaient détruit les temples des idoles ; mais la luxure, mais les passions des basses régions du corps de l'homme s'efforcent au contraire de renverser la puissance de la croix. Voilà pourquoi le Seigneur dit par Isaïe (III, 12) : Mon peuple ^ ceux qui vous béatifient vous séduisent, et troublent les sentiers de vospi^ds; puis encore par Jérémie (LI, 6) : Fuyez du milieu de Babylone, et sauvez chacun votre âme, et {Vl, lU) gardez-vous de croire aux faux prophètes qui disent : La paix, la paix, et il n'est pas de paix; qui (VII , k)ne cessent de crier : Temple du Seigneur y temple du Seigneur. Les visions de tes prophètes {Lament., II, 14) ne sont que mensonge et folie; ils n'ont point dévoilé ton iniquité pour te rappeler à la pénitence; eux {Ps. XIII, ft-8) qui dévorent le peuple de Dieu comme on dévore un alimetU, ils n'ont point invoqué r Eternel, Jérémie, qui annonce la captivité, est lapidé par le peuple; Ananias fils d'Azur brisait pour le moment présent des colliers de bois, et en préparait de fer pour l'avenir. Toujours les faux prophètes promettent de douces choses, et plaisent un moment. La vérité est amère , et ceux qui la prêchent sont remplis d*âpreté : car c'est dans les azymes de vérité et de sincérité que se célèbre la pâque du Seigneur, et dans les amertumes qu'elle se mange. Une parole excellente, assurément, et bien digne d'être entendue de l'épouse du Christ , parmi les vierges, les veuves et les célibataires (nom qui leur vient de ce qu'ils sont dignes du ciel), c'est la sentence suivante : « Jeûnez rarement, mariezvous souvent ; car vous ne pouvez bien remplir l'œuvre du mariage, si vous ne prenez du vin, et des viandes, et des noyaux. Il faut des forces pour la volupté. La chair consumée par la diète maigrit bien vite. Gardez-vous de craindre la fornication. Celui qui une fois a été baptisé dans le Christ ne peut tomber ; car, pour satisfaire les passions, il a la ressource du mariage. Que si vous

DES PÉCHÉS D ACTRUI. 40

toflibez , la pénitence vous réiatégrera , et après avoir été hypocrites dans le baptême, vous serez d'une solide foi dans la pénitence.,Ne vous troublez pas, en vous imaginant qu'entre le juste et le pénitent il y ait quelque différence, et que le pardon ménage, il est vrai , une petite place dans la maison de Dieu , mais qu'il ôte la couronne. Il n'y a qu'une même rétribution pour tous. Celui qui sera à la droite, entrera dans le royaume des cieux. »

» C'est par de tels conseils que vos porchers sont plus riches que nos pasteurs, et que les boucs entraînent avec eu\ nombre de chèvres. Ils sont devenus comme des chevaux qui hennissent après kurs cavales (Jerem., V, 8) ; sitôt qu'ils ont vu des femmes, une ardeur furieuse les dévore, et l'impatience de leur passion, (ô horreur ! ) ils cherchent à la justifier par des exemples pris dans l'Ecriture. Mais les femmelettes mêmes, ces piteuses créatures, tout indignes qu'elles sont de pitié , chantent par manière de refrain ces paroles de leur précepteur : « Eh! qu'est-ce que Dieu demande, si ce n'est la multiplication du genfe humain? Et elles ont perdu non-seulement la pudicité, mais encore la honte, en plaidant pour la volupté avec encore plus de lubricité qu'elles ne l'exercent. Tu as de plus dans ton armée plus d'un lieutenant; tu as des gardes et des vélites, gras et dodus, proprets, sémillants, tapageurs, qui te défendent avec les poings et les pieds. Les nobles te cèdent le haut des rues , les riches te baisent le front; car, si tu n'étais venu, les riches ne pourraient entrer dans le paradis. Grandis donc en vertu, ou plutôt en vices. Ta as même dans tes camps des amazones à la mamelle découverte, au bras et au genou dénudés, et qui provoquent au combat des voluptés les hommes qui vont à leur rencontre. Puis, comme tu es un riche père de famiHe, tu nourris dans tes volières, non pas des tourterelles, mais des huppes, qui volent par tous les égouts des fétides voluptés. Harcelle-moi, renverse-moi, reprochemoi quels crinies tu voudras , accuse-moi de vivre dans la luxure et les délices; tu ne m'en aimeras que davantage, si tel je suis, car je serai de ton bétail .

» Mais je te parlerai , à toi qui , en confessant le Christ , as détruit le blasphème écrit sur ton front. Cité puissante. Cité maîtresse du monde. Cité louée par la voix de l'Apôtre {Rom., I, 8), interprète ton nom. Rome est un nom de force chez les Grecs, un nom de sublimité chez les Hébreux. Conserve ton nom : que ta force te rende sublime , et que la volupté ne vienne pas t'abaisser. La malédiction dont le Sauveur te menace dans l'ÂpolY. ' h

calypse , lu peux t*y dérober par la pénitence ; car ta as l'exemple des Nini vîtes. Prends garde au nom de Jovinien , nom dérivé des idoles. LeCapitole n'a plus son autel ; les cérémonies et les temples de Jupiter sont tombés. Pourquoi son nom et ses vices seraient-ils en honneur chez toi? Encore sous les rois et sous NumaPompilius, tes ancêtres adoptèrent avec moins de peine la continence de Pythagore, que sous les consuls la luxure d'Epicure. »

QaesUen VIII.

Quand est-ce que, par réticence. de notre part, nous devenons cause du péché d'autrui ?

C'est lorsqu'on gardant le silence mal à propos , nous causons un dommage, soit à quelqu'un de nos subordonnés, soit à tout autre de nos semblables. Par exemple, c'est ce qui arrive, si, chargés d'enseigner, d'avertir ou de reprendre un individu ou une communauté, nous cessons sans un juste sujet de remplir cette fonction dans un moment où par -là nous nous serions rendus utiles. C'est pourquoi le Seigneur dans Isaïe adresse cet avis à tout prédicateur de l'Evangile : Cmz muè cesse, faites retentir votre voix comme um trompette; annoncez à mon peuple les crimes qu*il a commis, et à la maison de Jacob ses prévarications. Apprenons d'un autre côté le péril que courent ceux qui , n'ayant pas la force d'aboyer, sont appelés nou sans raison des chiens muets : Si, lorsque je dirai à l'impie : Vous serez puni de mort, vous ne lui annoncez pas ce que je vous dis, et si vous ne lui parlez pas afin qu'il se détourne de la voie de, son impiété, et qu'il vive, l'impie mourra dans son iniquité, mais je vous redemanderai son sang. Tant il est nécessaire d'observer ce que saint Paul recommande avec de si fortes instances : Annoncez la parole aux hommes; pressez-les à temps, à contre-temps; reprenez, suppliez, menacez, sans vous lasser jamais de les supporter et de les instruire; comme ce quHl dit ailleurs : Reprenez devant tout le monde ceux qui se rendent coupables de quelqu,e crime, afin que les autres aient de la crainte ( YIII ) .

Quando reticentiœ nostrœ cutpa peccatum aUenum in nos redundat î

€nm intempestivam nostram silentinm sive subdUo, sive cuivis alteri adfert detri-

mentum. Exempli causa , si docendi , monendi , corripiendique fratris aut populi Dobis muDUS incumbit , et in eo intérim , dam prodesse possamus , sine jasta causa cessamus. Unde per Esaiam testatur Dominusomni Evangeliianti : CUtma, ne cesàes.

DES PÉCHÉS d' AUTRUI.

TÉMOIGNAGES DE l'ÉCRITURE.

1. IsAïE, LYIII, 1 : « Criez sans cesse , etc. (comme dans le corps de la réponse). »

î, JÉRÉMie , XXIII, 24-22 : a Je n'envoyais pas ces prophètes, et ils couraient ; je ne leur parlais point et ils prophétisaient ; — s'ils eussent assisté à mon conseil , ils auraient fait entendre mes paroles à mon peuple, et l'auraient détourné de ses voies perverses et de l'iniquité de ses pensées. »

3. Id.^ XXVI, i-5 : c< Au commencement du règne de Joachiffl , fils de Josias , roi de Juda , le Seigneur me dit ces paroles. — Voici ce que dit le Seigneur : Tiens-toi sur le seuil de la maison du Seigneur, et tu feras entendre à tous les habitants des villes de Juda , qui viennent adorer dans la maison du Seigneur, tout ce que je t'ai ordonné de leur dire. N'en retranche pas une parole. — Peut-être écouteront-ils, et reviendront-ils de leur mauvaise voie ; et je me repentirai du mal que j'ai résolu de leur faire à cause de la malice de leur cœur. »

4. Id.j L, 1-2 : « Paroles du Seigneur contre Babylone, et contre le pays des Ghaldéens, par la bouche de Jérémie prophète. — Annoncez ceci parmi les nations, et faites-le entendre; levez l'étendard , publiez , ne cachez rien , dites : Babylone est prise , Bel est confondu , Mérodach est vaincu ; leurs statues sont brisées , et leurs idoles sont renversées. »

8. JoNAs, 1,1-4 : (( Le Seigneur adressa sa parole à.Jonas, fils d'Amathi , et lui dit : — Lève-toi , et va dans Ninive la grande ville ; là , élève la voix. , parce que sa malice est montée jusqu'à moi. — Et Jonas se leva pour Âiir à Tharsis, de devant la face du Seigneur. Il descendit à Joppé , et ayant trouvé un vaisseau qui faisait voile pour Tharsis , il y entra avec les autres, et paya son passage pour aller à Tharsis et fuir de devant la face du Seigneur. — Mais le Seigneur envoya sur la mer un vent furieux , etc. »

quasi tuba exalta vocem tuam, et annuH" tia populo meo scelera eorum, et domui Jacob peccata eorum, Audi porrô péricolum in his , qai non abs re canes mnti latrare non valentes dicuntar : Si dicente me ad impium, dicit Dominus, morte morieris, non annuntiaveris ei, neque iocutus fueris, ut avertatur à via sua (mpia et vivat ; ipse impius in iniçuitate

sua morietur : sanguinem autem (jus de manu tua requiram, Adeè neeessarium est observatu, quod Panlas non sine gravi obtestatione postulat : Prœdica verbum , insta opportune y importuné, argue, obsecra, increpa in omni patientia et doctrina, Tum idem alibi : Peccantes, inquit, coram omnibus argue, ut cœteri timorem habeant.

6. / Corinthiens, IX, 16-17 : « Car si je prêche TEvangile, ce n'est point pour moi un sujet de gloire , puisque je suis obligé nécessairement à ce ministère ; et malheur à moi , si je ne prêche pas TEvangile! Si je le prêche de bon cœur, j'en aurai la récompense ; mais si je ne le fais qu'à regret , je m'acquitte seulement de remploi qui m'a été confié. »

7. IsAÏE, LVI, 10 : K Les gardiens d'Israël sont aveugles et sans intelligence; ce sont des chiens muets qui ne sauraient aboyer, qui ne voient que de* vains fantômes , qui dorment et qui se plaisent dans leurs songes. »

8. EzÉCHiEL, III, 17-21 : « Fils de l'homme, je t'ai établi sentinelle dans la maison d'Israël , tu écouteras la parole de ma bouche , et tu leur annonceras ce que tu auras appris de moi. — Si, quand je dis à l'impie : Tu mourras, tu négliges de le lui annoncer, et que lu ne lui parles pas , pour qu'il se détourne de sa voie impie , et qu'il vive , l'impie mourra dans son iniquité , mais je te redemanderai son sang. — Si au contraire tu annonces à l'impie la vérité , et qu'il ne se convertisse pas de son impiété, et ne quitte pas sa voie criminelle , il mourra dans son iniquité, mais toi, tu auras délivré ton âme. — Que si le juste abandonne sa justice, et commet l'iniquité , je mettrai devant lui une pierre d'achoppement; il mourra, parce que tu ne l'auras pas averti, il mourra dans son péché , et le souvenir de toutes les actions de justice qu'il avait faites sera effacé ; mais je te redemanderai son sang. — Que si au contraire tu avertis le juste de ne pas pécher^ et qu'il ne pèche pas , il vivra certainement parce que tu l'auras averti, et tu auras délivré ton âme. »

9. Id,, XXXIII, 1-9 : a Le Seigneur me dit encore ces paroles : — Fils de l'homme, parle aux enfants de ton peuple, et dis-leur : lorsque j'aurai ^mené le glaive sur une terre, et que le peuple de cette terre prenant l'un des derniers des siens l'aura établi pour lui servir de sentinelle , — • et que cet homme ensuite, voyant le glaive s'avancer sur cette terre, aura sonné de la trompette et averti le peuple ; — si celui qui a entendu le son de la trompette ne se tient pas sur ses gardes , et que l'épée survenant l'emporte et le tue, quel que puisse être cet homme, son sang retombera sur sa propre tête : — car il a entendu le son de la trompette , et il ne s'est pas tenu sur ses gardes ; il sera Responsable de son sang versé; mais s'il se tient sur ses gardes, il sauvera sa propre vie. — Si au contraire la sentinelle, voyant le glaive s'avancer, ne sonne point de la trom-

DES PRCHKS d' AUTRUI. S3

pette, et que le peuple ne se tenant point sur ses gardes, le glaive survienne et leur ôte la vie , ils^seront surpris dans leur iniquité; mais je redemanderai leur sang à la sentinelle infidèle. Maintenant , fils de Thomme , tu es celui que j'ai établi pour servir de sentiitelle à la maison d'Israël ;' tu écouteras donc les paroles de ma bouche , et tu leur annonceras ce que je t'aurai dit. — Si , brsque je dirai à l'impie : Impie, tu mourras trèscertainement, tu ne parles pas à l'impie pour qu'il se retire de sa mauvaise voie , s'il meurt ensuite dans son iniquité , je te redemanderai son sang à toi-même. — Mais si tu avertis l'impie de se convertir, et de quitter sa voie , et que néanmoins il ne se convertisse point, ni ne quitte sa voie, il mourra dans son iniquité, et tu auras délivré ton âme. »

10. Actes, XX, 17-21, 26-27 : « Etant à Milet, Paul envoya à Ephèse pour faire venir les prêtres de cette Eglise; — Et quand ils se furent rendus et assemblés auprès de lui , il leur dit : Vous savez de quelle manière je tie suis conduit pendant tout le temps que j'ai été avec vous , depuis le premier jour où je suis entré en Asie ; — servant le Seigneur en toute humilité et avec lairmes , parmi les traverses qui m'ont été suscitées par les Juifs. — Et je ne vous ai rien caché de tout ce qui pouvait vous être utile , rien ne m'ayant empêché de vous l'annoncer, et de vous en instruire et en public et en particulier,

— prêchant aux juifs aussi bien qu'aux gentils de revenir à Dieu par la pénitence et de croire en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

— Je vous déclare donc aujourd'hui que je suis innocent du sang de vous tous. — Car je n'ai point hésité à vous annoncer toutes les volontés de Dieu. »

41. IsAÏE, VI, 5 *: (( Malheur à moi, parce que je me suis tu. »

12. Esther, IV, 13-14 : « Mardochée envoya dire à Esther : Ne croyez pas que, parce que vous êtes dans la maison du roi , vous puissiez seule sauver votre vie , si tous les juifs viennent à périr : — car si vous demeurez maintenant dans le silence , Dieu trouvera quelque autre moyen pour délivrer son peuple, et vous périrez, vous et la maison de votre père. Et qui sait si ce n'est point pour cela même que vous avez été élevée à la dignité royale, afin d'être en état d'agir dans une occasion comme celle-ci? »

13. IITimothée, IV, 2 : « Annoncez ma parole, etc. (comme dans le corps de la réponse.) >>

Page 1