‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, trChapitre 43 sur 68 · IV. %f · texte numérisé non relu

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donc, comme je l'ai déjà dit, Dieu s'est proposé de nous délivrer par des moyens diamétralement opposés à ceux qui nous avaient perdus. »

84. Le même, Serm. XXXVIII : « Grâce à Dieu, nous avons à peu près accompli le jeûne quadragésimal , et en gardant celte abstinence nous avons satisfait.au commandement que nous en avait fait le Seigneur. Il nous reste maintenant à obtenir de Dieu la même récompense de notre fidélité, qu'ont obtenue de lui Moïse et Elie, ses serviteurs, en jeûnant les premiers ce nombre précis de jours, et comme nous avons passé par les mêmes épreuves, à recevoir aussi la même couronne. ))

85. Le même, Serm. XL : « Nous lisons dans les prophètes que Ninive étant menacée de sa ruine prochaine , et le moment qub Dieu avait marqué pour la détruire étant près d'arriver, ses habitants n'eurent pas d'autre ressource que de renoncer à leur vie débauchée et de s'imposer des jeûnes rigoureux, d'abjurer le faste de l'opulence et de prendre les livrées de la pauvreté, cherchant ainsi leur remède dans la cause même de leurs mau^, afin d'apaiser par l'abstinence la colère divine qu'ils avaient irritée par leurs excès , et de réparer par leur humilité l'offense

vdont ils s'étaient rendus coupables par leur orgueil...

>» Les hommes ont coutume , quand ils se trouvent réduits à

• une extrême détresse, d'envoyer des ambassades aux peuples voisins et amis pourvu implorer le secours. Pour nous, ce qui est bien mieux, adressons notre ambassade à Dieu même, et que cette ambassade ce soient nos jeûnes; implorons son secours, adressons-lui nos plus ardentes prières. Les Ninivites n'allèrenl pas demander du secours aux peuples voisins; mais ils trouvèrent, au moyen du jeûne, ce secours en eux-mêmes. Car pourquoi demander à d'autres ce qu'on peut si facilement trouver en soi-même? Plus nous nous rapprocherons de Dieu, plus nous éloignerons de nous nos ennemis. Rapprochons-nous donc de Dieu, et gravons dans nos cœurs ces paroles du Prophè|le : Ceux qui s'éloignent de vous périront {Ps. LXXII, 27). Si ceux qui s'éloignent de Dieu doivent par-là même périr, ceux qui se rapprochent de lui doivent par-là même se sauver. C*esl donc seulement par les jeûnes, par les prières et par les aumônes que nous pouvons nous rapprocher de Dieu; car Dieu lui-même 4 jeûné, Dieu est miséricordieux. Dieu est saint. Donc celui qui

^ veut se rapprocher de Dieu, doit travailler à se rendre semblable à Dieu. Toute la ville de Ninivo jeûna dans la tribulatkw où elle

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était. C'est à dessein que je dis toute la ville; car ce ne furent pas seulement les vieillards, les jeunes gens et les enfants qui jeûnèrent; mais on fil jeûner jusqu'aux animaux. Chose singulière! les animaux, pour qui il ne pouvait être question de péché, jeûnent pour la ville qui a péché. D'où je conclus qu'ayant tous à redouter les effets de la colère divine , nous devons tous également pratiquer le jeûne , et implorer la miséricorde de Dieu par Tunanimité de notre repentir. Car par quelle contradiction un chrétien ne ferait-il pas pour son salut ce que des animaux sans raison ont fait pour des hommes? Ne pas observer le jeûne prescrit par l'Eglise , n'est-ce pas se montrer plus déraisonnable que ne le furent ces animaux? N'est-ce pas se réduire à la condition des bétes, que de ne pas avoir rintelligence des chfttimentd dont OQ est menacé, de ce qu'il faut faire pour les éluder? Une brute recule devant un précipice ; et vous , vous ne voulez pas échapper par le jeûne au péril que vous voyez devant vous? C'est un désespoir d'un genre nouveau, que de vous obstiner à manger lorsque le devoir vous dit de jeûner, de vous abandonner à la joie lorsque vous devriez vous répandre en larmes. C'est ce désespoir que l'Apôtre avait en vue lorsqu'il mettait dans la bouche de quelques insensés ces paroles : Mangeons et buvons, car nous murrons demain (I Cor., XV,. 32). Jeûnons donc, mes frères, sans relâche, pour triompher de nos eni^mis par l'abstinence en ménae temps que par la prière. »

S6. S. AUGUSTIN, Sens. LV de tempore{l) et suivants, parle au long du jeûne quadragésimal ; voici ce qu'il en dit, sermon XLV : « Nous voici , grâce à Dieu, arrivés au carême; et je vous prie, ines frères, de passer si saintement, avec l'aide de Dieu, ce temps également favorable au salut de l'âme et du corps, que ce jeûne ne soit pas l'occasion de notre perte , mais plutôt de nou* veaux progrès que nous ferons dans la vertu...

» La volupté, la cupidité et la luxure, ces monstres plus redoutables les uns que les autres , nous préparent au moyen de plaisirs passagers des peines qui ne finiront jamais. L'abstinence du contraire , les veilles , les prières et le jeûne nous conduisent à travers un sentier étroit, il est vrai, mais fort court, aux délices du paradis , parce que la vérité ne ment point , et que c'est elle

(I) Plusieurs de ces sermons, comme nous Pavons déjà fait remarquer, ne sont pas de saint Augustin. V. Nat. Alex., Hist, eccles, V sœc», t. V, page loti, édiUon de Veûse.

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donc , comme je l'ai déjà dit y, fui condtiii à la vie &

par des moyens cttamélralf -W (Matth.^ VI, 17'

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