Le même, Hom. V de inœmprehensibili Dei naturd contra
(1) Cf. Sancti Joannis Chrysostomi opéra, t. II, p. 785-789, édit. cje Montfaucon; p. 939-9^^5, édit. Gaume.
9i6 DB LA PRlàRS.
awmœos : a La prière est une arme puissante, un trésor inépuisable, une richesse impérissable, un port inaccessible aux tempêtes, un principe de tranquillité et de bonheur, la source et la mère de mille biens, et sa puissance surpasse celle des rois (4). »
a La prière a eu la force de suspendre et d'arrêter la violence des flammes, de contenir la fureur des lions, de faire cesser les guerres, de séparer les combattants, de calmer les tempêtes, de cbassër les démons, d'ouvrir les portes du ciel , de rompre les liens de la mort, de mettre les maladies en fuite, d'éloigner les calamités, de raffermir les villes ébranlées, d'apaiser la justice de Dieu et de déjouer la malice des hommes. Mais quand je parie de prières, je ne veux pas dire celles qui ne sont que sur les lèvres, mais celles qui s'échappent du fond le plus intime de l'âme. Car de même que les arbres qui poussent dans la terre des racines profondes et fortement entrelacées n'ont point à craindre d'être brisés ou arrachés par la violence des vents, ainsi les prières qui ont leurs racines dans les abîmes du cœur s'élèvent hardiment vers le ciel, sans pouvoir ^e détournées de leur direction par le tumulte des pensées profanes. C'est ce qui faisait dire au Prophète : Du fond de V abîme. Seigneur, fat crié vers wti«(P«.CXX/X, 1)(2). »
« Bien ne pourra nous abattre , pourvu que nous n'apportions ni tiédeur ni négligence dans nos prières; car, quels que soient les mauK qui nous assaillent , nous les repousserons sans aucune peine. Eh ! qu'y a - 1- il d'étonnant à ce que la prière ait la vertu de dissiper les chagrins, puisqu'elle a même la force de détruire et d'effacer le péché (3) ? »
17. Le même, Hom. LXXI ad popiUum Antiochenam : a Unis si la foi nous est nécessaire, qu'est-il besoin que nous jeûnions en outre? C'est que le jeûne, joint avec la foi, nous donne une force bien plus grande ; c'est qu'il contribue puissamment à régler nos mœurs ; qu'il nous rend ^mblables aux anges ; qu'il nous rend forts contre les puissances infernales ; mais il ne suffit point encore par lui-même ; car la prière est aussi nécessaire, et même la prière l'est avant tout le reste . Voyez, en effet, combien d'avantages nous procurent ces deux vertus réunies. Celui qui prie, et qui
(1) Cf. Ihid., 1. 1, p. 4B8, édit. de Montfaucon; p. S97, édit. Gaume.
(2) Cf. ma., p. ii9049i, édit. de Montfaucon; p. 600-601, édit. de Gaume.
(3) Cf. Ibid., p. ft91, édit. de Montfaucon; p. 601, édit. Gaume.
DE LA PRiiRB. 527
jeune en même temps comme il le doit, n'a pas besoin de beaucoup de choses ; celui qui n'a pas besoin de beaucoup de choses ne sera jamais avare, et n'en sera que plus disposé à faire l'aumône. Celui qui jeûne n'a rien qui l'embarrasse; il prie sans distraction, et il éteint en lui les passions mauvaises; il se rend Dieu proiHce, et il réprime les mouvements impétueux de son âme. Aussi les apôtres jeùnaient-ils presque continuellement. Celui qui prie et jeûne en même temps a comme deux ailes qui le rendent en quelque sorte plus léger que les vents ; il n'est point accablé par le sommeil ; il n'est point, comme tant d'autres, languissant dans la prière ; mais il est plus ardent que le feu ; il s'élève sans peine au-dessus de la terre et n'en devient que plus redoutable aux démons. Rien de fort comme l'homme qui prie dans ces dispositions ; car si une pauvre femme a pu vaincre la dureté d'un juge qui ne (»'aignait ni Diou ni les hommes, à plus forte raison Dieu se laissera-t-il gagner par celui qui lui adresse des prières continuelles, qui commande à ses appétits grossiers et ne se laisse point énerver par les délices. »
48. Le même, Hom. LXXIX ad populum Antiochenum : « Si Dfivid, quoiqu'il ffiit roi et embarrassé de tant de soins, priait sept fois le jour, malgré les distractions qui lui survenaient de tous côtés, quelle excuse pourrons-nous alléguer, nous qui avons tant de temps de reste, et qui ne prions pas continuellement, malgré tous les profits que nous retirerions de nos prières ? Car un homme qui prie avec ferveur et qui met de la continuité dans ses prières, se trouve, j'ose le dire, dans l'impuissance de pécher. »
Plus loin, le saint docteur dit, en parlant de la mère de Samuel : « Dieu ne pouvait-il pas accomplir son désir sans attendre qu'elle lui en fit la prière ? ne savait-il pas d'avance ce qu'elle désirait ? Mais s'il le lui eût accordé avant qu'elle ne lui en eût fait la demande, il n'aurait point donné occasion à sa ferveur de se déployer, à sa vertu de se produire au grand jour , et ^eUe n'eût pu ensuite en recevoir la récompense. Il est donc nécessaire que nous rendions grâces à Dieu et au commencement et à la fin de nos repas ( car celui qui se met à table avec cette précaution ne tombera point dans l'ivresse, ne donnera point dans l'excès du vin, ne se trouvera point incommodé par le trop de nourriture dont il aurait chargé son ventre ; mais l'idée de la prière sera comme un frein qui contiendra ses désirs ; il ne prendra d'aliments que dans la mesure convenable , et il attirera mille bénédictions sur toute sa personne. Un repas qui commence et finit par la prière eat<M>mme
une source abondante d où découle sur nous une infinité de biens. Gardons-nous donc bien de négliger cet avantage : car il serait contradictoire que , tandis que nos domestiques , à nous , se font un devoir de nous remercier et de nous combler de leurs louanges , lorsqu'ils reçoivent quelque chose de nous , nous manquassions nous-mêmes à 4ouer Dieu, qui nous procure la jouissance de tant de biens) (1). Si tant de contre-temps nous arrivent, tant dans nos affaires privées que dans celles qui intéressent le salut de la société , cela vient de ce que nous ne mettons pas le soin des choses spirituelles avant celui que noua devons prendre aussi des temporelles. Et qu'on ne me dise pas qu'un séculier occupé journellement à un tribunal ne peut pas jeûner des jours entiers et se rendre à l'église avec les autres fidèles : car il le peut au contraire, et même très-facilement. En effet, s'il ne peut' se transporter sans inconvénient à l'église, il peut du moins, sans quitter son tribunal , prier tourné vers l'église , placée comme elle Test vis-à-vis de la place où il se trouve ; car pourvu que votre âme soit libre de toute pensée impure, vous pouvez toujours prier Dieu et obtenir de lui l'effet de vos prières, n'importe que vous soyez sur une place publique, ou dans un chemin , ou sur mer , ou dans un atelier.
» Vous pouvez, je l'avoue, prier dans votre maison ; mais votre prière n'aura pas le même effet que si vous étiez à l'église , où prêtres et fidèles font monter de concert leurs cris jusqu'à Dieu. Dieu sera moins fortement invité à vous exaucer si vous priez seul, que si vous priez avec vos frères, car il y a alors unanimité et concert de prières ; il y a de plus pour les recommander le lien de la charité et le concours des prières des prêtres ; car les prêtres sont institués précisément pour joindre leurs prières à celles des laïques, moins puissantes par elles-mêmes que les leurs, et faire monter ensemble les unes et les autres jusqu'au tribunal de Dieu. Et si les prières del'Eglisg ont été à Pierre, qui en était pourtant le soutien, d'un si grand secours qu'elles lui ont obtenu d'être délivré de la prison où on l'avait renfermé [Act,, X//,S), comment pourrez-vous nier la puissance de la prière faite en public?
» De même que la charité ne peut être brisée par l'intervalle des lieux, ainsi la distance des lieux n'empêche point l'efficacité
{{) Tout ce passage rapporté entre crochets se retrouve dans le Sermon II de Ànnâ, du saint docteur. Nous n'avons pu trouver le reste, l'édition bénédictine de ses œuvres ne portant que Si homélies au peuple d'Antioche.
LA PRiilIB. 839
de la prière ; mais la pri^ rapproche au contraire les distances, comme le fait aussi la charité , et établit une réciprocité de secours entre ceux mêmes que sépare une vaste étendue de terres
ou de mers
» U est donc très*avantageux d'être aidé par les prières des saints , naais pourvu qu'on y apporte en même temps son propre concours; car Tabsence de cette condition nous rendrait inutiles les prières des autres et ne nous empêcherait pas de périr. Qu'at-il servi en effet aux Juib d'avoir Jérémie pour intercesseur? Ce prophète n'a-t-il pas prié Dieu par trois fois pour ce peuple, et à chaque fois n'en a-t-il pas recueilli cette réponse : N'entreprenez point é^ intercéder pour ce peuple, ni de me conjurer et de me prier pour eux, parce que je ne vous exaucerai pas (Jer., VII, 46)? Quel profit Saûl a-t-il retiré de ce que Samuel a prié et pleuré pour lui jusqu'à la fin de sa vie? Quel profit en ont retiré les Juifis ? Ne disait-il pas : A Dieu ne plaise que je commette le péché de cesser jamais de prier pour vous (/ Reg., XII, 23) ? S'en sont^ils moins perdus ? Car écoutez ce que Dieu dit dans la suite par son prophète : Quand même ces trois hommes, Noé, Daniel et Job, se trouveraient au milieu de ce pays, je jure par moi-même, dit le Seigneur Dieu, qu'ils ne délivreraient ni leurs jUs ni leurs files (Ezegh. , XIV, 20). Quoi donc? les prières sont-elles inutiles? Elles sont utiles, au contraire, et même beaucoup, mais pourvu que nous y apportions notre concours. Et si vous voulez savoir combien elles ont été utiles, rappelez-vous les histoires du centenier Corneille et de la veuve Tabithe ; écoutez Dieu lui-même vous dire : Je protégerai cette ville et je la sauverai , à camuse de moi et de mon serviteur David {IV Beg., XIX, 3&). Mais dans quel temps? Au temps du règne du juste Ezéchias. Autrement , si les prières des méchants pouvaient sauver , pourquoi Dieu ne l'a-t-il pas dit au roi Nabuchodonosor, et lui a-t-il au contraire laissé prendre la ville? C'est que le péché avait prévalu. Samuel pria une autre fois pour les Israélites, et fut exaucé pour eux ; mais dans quel temps? Dans.un temps où ce peuple était agréable à Dieu, et c'est pour cela qu'il put mettre en fuite ses ennemis (/ Reg., VII, 9). Eh! qu'ai-je besoin, dira quelqu'un, que d'autres prient pour moi, si je suis moi-même agréable à Dieu? — Que dites-vous, ô homme? Saint Paul n'a pas dit : Je n'ai point besoin des prières de mes frères , quoique ceux-ci fussent au fond moins dignes que lui ; et vous, vous dites : Qu'ai-je besoin que d'autres prient pour moi? Saint Pierre n'a pas dit : Qu'ai-je besoin de prières? car nous lisons
8S0 n LA PRIÉRV.
dans les livres saints : LEglm faisait 9am cesse de$ prUres à Dim pour lui {Aet., XII, H) , et Dieu le délivra aussîtAt de ses liens; et vous, vous dites : Qu'ai-je bescuiD de prières? Vous en avez besoin, par-là même que vous dites qu'elles vous sont inutiles. dar si Dieu foit attention à notre tiédeur et à notre négligence ; s'il considère que , lorsque nous sonunes en sa présence et au moment de la prière , nous lui portons moins de respect qu'un serviteur n'en porte à son maître , un soldat à son général , un ami à son ami , puisque, lorsque vous parlez à votre ami , vous pensez à ce que vous lui dites, et qu'au contraire, quand vous vous présentez à Dieu pour obtenir de lui le pardon de vos. péchés et de vos crimes, qui sont peutrétre bien nombreux, vous êtes sans énergie, et quoique agenouillé à terre, vous laissez votre esprit sioccuper de choses toutes différentes et s'égarer sur la place publique , se promener de rues en rues, de maisons en maisons, tandis que votre bouche prononce quelques mots auxquels vous n'attachez pas de sens, et cela non pas une, fois ou deux , mais habituellement et presque toujours ; si Dieu veut vous tenir compte de tout cela , quelle excuse pourrez-vous lui alléguer, quel pardon pourrez-vous obtenir? )i
19. S. 6régoirg-le-Grand , Hom. XXVII in Eixmgelia : « Si Dieu nous accorde tout ce que nous lui demandons au nom de son Fils (JoAN., XYI, 33), pourquoi donc saint Paul a*t41 prié par trois fois le Seigneur, sans pouvoir obtenir d'être exaucé, et a-t-il reçu de lui cette réponse : Ma grâce vous suffit, la vertu se perfectionne dans la faiblesse {II Cor., XII, 9) ? Est-ce que cet excellent prédicateur de la foi n'adressait pas à Dieu ses demandes au nom de son Fils ? Et pourquoi n'a-t-il pas obtenu ce qu'il lui demandait ? Gomment peut-il donc être vrai que tout ce que nous demandons au Père au nom du Fils , le Père* nous le donnera, si l'Âpàtre a demandé au nom du Fils d'être délivré de l'ange de Satan sans pouvoir en obtenir sa délivrance ? Mais c'est que le nom. du Fils est Jésus, que Jésus veut dire sauveur, et que celui-là seul demande au nom du Sauveur, qui demande ce qui peut contribuer à son salut ; car du moment où ce qu'on demande ne peut pas y servir, ce n'est plus au nom de Jésus qu'on fait cette demande au Père. De là vient que Notre-Seigneur dit à ses apôtres encore faibles dans la foi : Jusqu'à présent vous n'avez rien demandé en ^on nom (Joan., XVI, 24). C'était comme s'il eût dit : Vous n'avez pas demandé au nom du Sauveur, puisque vous ne savez pas ce que c'est que de chercher votre salut éterncL C'est
pour cda auBsi que saiat Paul ne fut pas exaucé, puisque, s'il eût été délivré de la tentation , cela ne lui eût pas profité pour son salui. Nous avons vu de nos yeux , mes frères , votre empressement à vous rendre à la fête du martyr, la ferveur avec laquelle vous vous prosternez en terre, vous vous frappez la poitrine, vous .vous répandez en {Nrières et en cantiques de louanges, vous trempez vos visages dans vos larmes : mais examinez bien la qualité de vos prières ; voyez si vous les faites au nom de Jésus, si c'est votre salut éternel que vous sollicitez. Quoique vous soyez dans le temple de Jésus, ce n'est pas Jésus que vous cherchez, si, tout prosternés que vous êtes ici sur le seuil de Téternité , vous vous arrêtez à demander des biens temporels. Celui-ci, dans la prière qu'il fait , demandmme épouse ; celui-là une villa ; un autre un vêtement; un autre des aliments. Je conviens que si vous avez besoin de ces choses, c'est à Dieu qu'il faut les demander ; mais nous devons nous rappeler sans cesse cette instruction que nous avons reçue du Sauveur : Cherchez premièrement le royaume de Dieu ei m jmiice , et toutes ces choses txms seront données par surcroît (Matth., VI, 33). On peut donc, sans commettre de fautes, demander à Jésus ces sortes de choses , pourvu qu'on ne le fasse pas avec trop d'attache. Mais ce qui est plus grave, c'est qu'il y a des gens qui demandent la mort d'un ennemi , et qui poursuivent ainsi par leurs imprécations ceux qu'ils ne peuvent atteindre de leurs épées. C'est là se rendre coupable de la mort de son ennemi du vivant de son ennemi même. Dieu nous ordonne d'aimer nos ennemis, et malgré cet ordre qu'il nous fait, nous le prions de nous en déiaire. Quiconque prie de la sorte, s'attaque dans ses prières mêmes à l'auteur de toutes choses. De là ce qui est dit par allusion au crime de Judas : Que sa prière même lui tourne à péché {Ps. CVIII, 7). La prière tourne à péché à celui qui demande la chose même , que défend celui à qui il adresse sa prière. C'est pour cela que la Vérité incarnée nous a fait ce commandement : Lorsque vous vous présenterez pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez-lui (Marc, XI, 27). Cette nécessité du pardon des injures sera mise encore dans un plus grand jour, si je puis vous rapporter à l'appui quelque témoignage de r Ancien-Testament. Les Juifs ayant offensé leur Dieu par une révolte qui méritait une répression sévère , le Seigneur défendit à son prophète de le prier pour ce peuple rebelle : N'intercédez point pour ce peuple, lui dit-il ( Jbrem., XI , 14 ) ; ne ine conjurez point et ne me priez point pour eux, parce que quand
S32 DE LA Pftli»B.
Moîse et Samuel se prieetUeraienî devant moi, mon coswr m ieroii point pour ce peuple {ibidem, XV, 1). Pourquoi Dieu, sans parler des autres patriarches , ne nomme-t-il ici que Moïse et Samuel , dont il recommande d'autant mieux la puissance d'intercession, qu'il déclare en ce cas leur intercession même impuissante? C'est comme s'il disait : Je n'écouterai pas ceux-là m^es que j'ai coutume d'écouter le plus favorablement. Mais pourquoi Moïse et Samuel ont-ils plus de crédit pour cet effet que les autres patriarches , si ce n'est parce que ce sont les seuls de l' Ancien- Testament dont il soit rapporté qu'ils aient prié pour leurs ennemis? L'un est poursuivi par son peuple à coups de pierre, et il n'en prie pas moins le Seigneur pour ceux mêmes qui le lapident {Exod., VIII, 8-12). L'autre est démis de sa^arge, et, sollicité de prier pour le peuple qui lui a fait cette injure, il s'écrie : Dm me garde de me rendre coupaUe envers lui du péché que je commettrais en cessant de prier pour vous {IReg,, XII, 23) . — Quand Mme et Samuel se présenteraient devant moi, mon cœur n'en serait pas plus pour ce peuple. C'est comme s'il disait ouvertement : Je n'écouterais pas les prières qu'ils me feraient pour leurs amis, quoique je les sache portés à prier pour leurs ennemis mêmes. Le grand mérite de la prière est donc surtout dans l'héroïsme de la charité ; et on est plus sûr d'obtenir ce qu'on demande, quand la prière que l'on £ait n'est pas restreinte par la haine que l'on garderait à son ennemi . »
20. Le même, in Psalmum sextum pcsnitentialem : « Dieu aime à être prié , à se voir contraint , à se laisser vaincre par nos importunités. C'est pour cela qu'il vous dit : Le royaume de Dieu souffre violence, et ce sont les violents qui l'emportent (Matth., XI, 12). Soyez donc persévérant dans vos prières; montrez -vous importun de cette manière; ne vous lassez jamais de prier. Si celui que vous priez fait semblant de ne pas vous entendre, faitesvous ravisseurdu royaume des cieux : usez de violence ; oui, faites violence au ciel lui-même. Quelle rapine pourrait vous enrichir plus que celle-là ? Quoi de plus glorieux qu'un pareil acte de violence? Sainte violence, dont Dieu ne s'offense pas, mais qu'il récompense au contraire; qui, bien loin de nuire au prochain, sert particulièrement ses intérêts ; qui n'augmente pas le nombre des péchés, mais le diminue au contraire. Sainte violence, je ne crains pas de le répéter, par laquelle on ne cherche pas à obtenir un bien périssable-, mais on entre en possession d'un royaume qui n'aura point de fin. ^
DE LÀ PRiiRB.
9n^0tioii III.
Quels exemples peuvent servir à démontrer refficacité et les heureux eSets de la prière ?
L'apôtre saint Jacques nous démontre par l'exemple suivant la vertu de la prière : Elie était un homme sujet comme nous à toutes les misères de la vie; et cependant, ayant prié Dieu avec une grande ferveur pour qu'il ne plût point, il obtint qu'il cessât de pleuvoir sur la terre V espace de trois ans et demi. Il pria de nouveau , et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit (Jac, V, 47-18). Saint Augustin allègue plusieurs autres exemples pour prouver cette même vérité : '« Â la prière de Moïse et de Samuel, le peuple juif remporte la victoire sur les Amalécites et sur les Philistins. Jérémie en prison puise de nouvelles forces dans la prière. La prière de Daniel lui fait goûter la paix parmi les lions. Celle des trois jeunes hommes les fait tressaillir de joie au milieu des flammes. Le larron prie attaché en croix, et gagne sur-le-champ le paradis. Suzanne, par sa prière, triomphe de l'injuste accusation que lui avaient intentée d'infâmes vieillards. La prière d'Etienne lui ouvre le ciel et fait la conquête de Saul, rangé parmi ceux qui le lapident. »
Ces exemples ne montrent pas seulement les heureux effets qui résultent de la prière , mais nous font voir aussi la ferveur et la constance d'application avec laquelle nous devons nous y adonner. De là ces exhortations que nous adressent les apôtres dans leurs écrits : Priez sans relâche; rendez grâces à Dieu en toutes choses. . . Priez les uns pour les autres^ afin que vous soyez sauvés; car la prière persévérante du juste a beaucoup de pouvoir... Ce qui nous donne de la confiance envers Dieu, c'est qu'il nous exauce en tout ce que nous lui demandons de conforme à sa volonté. . . Si quelqu'un voit son frère commettre un péché qui n'aille point à la mort, qu'il prie, et Dieu donnera la vie à ce pécheur (III).
Qttibuê êxempUsvim oratianis etfructum eolUgemus f
Jacobtts apostolus, ut orationis virtutem eiplicaret exemplo, ila scripsit : BUtu homo trot simUisnobiê,jHusibHis, et oratione oravit, ut non plueret super terram, et non pluit annos très, et menses sex. Si
rursum oravit, et cœium dédit plwoiam, et terra dédit fruetum suum. Plaribus exemplis Angustinos rem eaDdem comprobat : Orante Moyse et Samuele Tincantur à Judœis hostes Amalechitœ atque Philistaei. Orans Hieremias confortatnr in carcere. Orans Daniel inter leones exaltât. Orantes très pueri in fomace tripudiant. Orans de cruce latro , invenit paradisnm. Susanna per orationem inter senes ftilsè
TÉMOIGNAGES DE l'ÉGRITURE.
1 . Jacques, V, 16-1 7 : a Priez les uns pour les autres, afin que vous soyez sauvés ; car' la prière assidue de Thomme juste peut beaucoup. — Elie était un homme semblable à nous, sujet à toutes les misères de la vie... » Et le reste comme dans le corps de la réponse.
2. /// Rois, XVH, 1, 22 : « En ce temps-1* , Elie de Thesbé, qui était un habitant de Galaad, dit à Achab : Vive le Seigneur, le Dieu dlsraêl , devant qui je suis! Il ne tombera pendant ces années, ni rosée, ni pluie, que selon la parole qui sortira de ma bouche...
s> Et le Seigneur exauça la voix d'Elie , et Tàme de Tenfont rentra en lui, et il recouvra la vie. »
3. Ibid., XYIIIs 36, 38, &4-45 : a Le prophète Elie s'approcha et dit : Seigneur Dieu d'Abraham, etc. — En même temps le feu du Seigneur tomba et dévora Tholocauste. — Et Elie dit à Achab : Va, mange et bois ; car j'entends le bruit d'une grande pluie. — Achab s'en alla pour manger et boire. Et Eiie monta sur le haut du Garmel, où, se penchant vers la terre, il mit son visage entre ses genoux , — et dit à son serviteur : Va, et regarde du côté de la mer. Ce serviteur étant allé regarda , et revint dire : Il n'y a rien. Elie lui dit encore : Retournes -y par sept fois. — Et la septième fois , il parut un petit nuage qui s'élevait de la mer, grand comme le pied d'un homme. Elie dit à son serviteur : Va, et dis à Achab : Mets les chevaux à ton char, et descends, de peur que la pluie ne te surprenne. — Et tandis qu'il se tournait de côté et d'autre, voilà que tout-à-coup le ciel se couvrit de ténèbres, en même temps que de nuées que poussait le vent , et il tomba une grande pluie. »
4. Luc, IV, 25-26 : c< Je vous le dis en vérité : il y avait plusieurs veuves en Israël au temps d'Elie , quand le ciel fut fermé durant trois ans et demi , et qu'il y eut une grande famine sur
aoensantes defenditar. Stephanas orans in cœlam snscipitnr, et inter lapidantes pro Saulo exauditur.
Qaibus exemplis non modo fractus orationis ostenditar, sed etiam precandi stn*^ dium ac sedalitas nobis commendatur.
Quarè scriptura quoque apostolica cohortatur : Sine intermisêione orate, et in
omnibus gratia» offite. Et rnrsns : Ori^f pro invicem, ut saivemini c'WuUtum eni»
valet deprecatiojusti assidua. Item : Hsbc est fiducia quam habemus ad Deum, <fw^ quodcumque petierimus secundwn voiwtotem ^us, audit nos. Qui seit fratrm suum peecare peccatum non ad mortem, petat, et dabitur ei vita.
0B LA PlilfcBE. HSH
toute la terre : — et néanmoins Elie ne ilit envoyé à aucune d'entre elles, mais à une veuve de Sarepta, au pays des Sidoniens. »
5. Ecdésiasiique j XLVIII, l-k : « Le prophète Elie s'éleva comme un feu , et ses paroles brûlaient comme un flambeau ardent. — 11 frappa le peuple du fléau de la famine , et ceux qui Firrîtèrent par leur envie furent réduits à un petit nombre ; car ib ne pouvaient supporter les préceptes du Seigneur. — En par^ lant au nom du Seigneur, il ferma le ciel, et il en fit tomber le feu par trois fois. — Quelle gloire, ô Elie, vous vous êtes acquise par vos miracles ! et qui peut se glorifier comme vous ? »
6. Exode, XVII, 8-14 : « Cependant Âmalec vint à Raphidim pour combattre contre Israël. — Alors Moïse dit à Josué : Choisis des guerriers et va combattre contre Amalec ; je me tiendrai demain sur le haut de la colline , ayant en main la verge de Dieu . — Josué fit ce que Moïse lui avait dit , et alla combattre contre Amalec. Or Moïse, Aaron et Hur montèrent sur le haut de la colline. — Et lorsque Moïse tenait ses mains élevées, Israël était victorieux ; mais lorsqu'il les abaissait tant soit peu, Amalec avait l'avantage. — Cependant les mains de Moïse s'étaient lassées et appesanties ; c'est pourquoi ils prirent une pierre et la mirent sous lui; il s'y assit, et Aaron et Hur lui soutenaient les mains des deux côtés. Ainsi ses mains ne se lassèrent plus jusqu'au coucher du soleil. — Et Josué mit en fuite Amalec, et fit passer son peuple au fil de l'épée. — Alors le Seigneur dit à Moïse : Ecris ceci dans un livre, pour que cela serve de monument , et fais -le entendre à Josué , car j'effacerai la mémoire d' Amalec de dessous le ciel. »
7. Judith, IVy 14-17 : « Alors Eliacim, grand-prétre du Seigneur, alla dans tout le pays d'Israël, et parla au peuple, — en ces termes : Sachez que le Seigneur vous exaucera, si vous persévérez toujours dans les jeûnes et les prières devant le Seigneur. — Souvenez-vous de Moïse , serviteur de Dieu , qui , en combattant non avec le fer , maiâ par de saintes prières , vainquit Amalec , qui se confiait en son courage , en sa puissance , en son armée , en ses boucliers , en se§ chars et en ses cavaliers. — C'est ainsi que seront traités tous les ennemis disraël , si vous persévérez dans l'œuvre que vous avez commencée. — Emu par ces paroles, le peuple pria et persévéra en la présence du Seigneur; — et ceux mêmes qui présentaient des holocaustes au Seigneur étaient couverts de ciliées en lui offrant leurs sacrifices, et la cendre était
536 DE LA peiArb.
sur leurs tètes. — Et ils priaient Dieu de tout leur cœur, qu'il lui plût de visiter son peuple d'Israël. »
8. / Rùis, VII, S-13 : ce Samuel leur dit : Assemblez tout Israël & Masphath , afin que je prie le Seigneur pour vous. — Et ils s'assemblèrent à Masphath, y puisèrent de l'eau qu'ils répandirent devant le Seigneur , jeûnèrent ce jour-là et durent : Nous avons péché devant le Seigneur. Or, Samuel jugea les enfants d'Israël à Maspbath. — Les Philistins ayant appris que les enfants d'Iaraêl s'étaient assemblés à Masphath, leurs princes marchèrent contre Israël. À cette nouvelle, les enfants d'Israël eurent peur des Philistins, — et dirent à Samuel : Ne cessez point de crier pour nous vers le Seigneur notre Dieu, afin qu'il nous sauve de la main des Philistins. — Samuel prit un agneau qui était encore à la mamelle ; il l'offrit tout entier en holocauste au Seigneur, et cria vers le Seigneur pour Israël; et le Seigneur l'exauça. — Au moment où Samuel offrait son holocauste , les Philistins commencèrent le combat contre Israël ; mais en même temps le Seigneur tonna avec un bruit épouvantable sur les Philistins, et les frappa de terreur ; et ils tombèrent devant Israël. — Les Israélites étant sortis de Masphath , poursuivirent les Philistins en les taillant en pièces , jusqu'au lieu qui est au-dessous de Bethchar.
— Et Samuel prit une pierre qu'il mit entre Masphath et Sen, et il appela ce lieu la pierre du secours, en disant : Le Seigneur est venu jusqu'ici à notre secours. — Les Philistins furent alors humiliés, et n'osèrent plus venir sur les terres d'Israël ; car la main du Seigneur pesa sur les Philistins tant que Samuel gouverna le peuple. »
9. JÉRÉMiE, XXXII, 2-3, 16-17, 26-27-28, 36-38 : « Alors l'armée du roi de Babylone assiégeait Jérusalem , et le prophète Jérémie était enfermé dans le vestibule de la prison qui était dans la maison du roi de Juda. — Car Sédécias, roi de Juda, l'avait fait mettre en prison, en disant : Pourquoi nous dites-vous dans vos prophéties : Voici ce que dit le Seigneur : Je livrerai cette ville entre les mains du roi de Babylone, et il la prendra?...
— Et après avoir donné le contrat d'acquisition à Baruch, fils de Néri, je priai le Seigneur en disant : Hélas! hélas! hélas! Seigneur Dieu, qui avez fait le ciel et la terre par votre grande puissance et la force invincible de votre bras , rien ne peut vous être difficile, etc. — Alors le Seigneur parla à Jérémie, et lui dit: Je suis le Seigneur, le Dieu de toute chair. Y a-t-il rien qui me soit difficile? — C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur, etc.
DE LA PRIÈRB. B87
— Après cela néanmoins , voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d'Israël , à cette ville dont vous dites qu'elle sera livrée entre les mains du roi de Babylone, et abandonnée à Tépée, à la famine et à la peste. — Je rassemblerai ses habitants de tous les pays où je les aurai dispersés dans le transport de ma fureur , de ma colère et de mon indignation ; je les ramènerai en ce lieu» et les y ferai habiter en assurance. — Ils seront mon peuple, etc. »
40. Daniel, VI, 40-11, 21-23 : « Daniel ayant appris que cette loi avait été portée, entra dans sa maiscm, et ouvrant les fenêtres de sa chambre du côté de Jérusalem , il fléchissait les genoux chaque jour à trois heures difiérentes ; il adorait son Dieu, et lui rendait ses actions de grâces , comme il avait coutume de faire auparavant. — Ces hommes donc épiaient avec grand soin, etc.
— Daniel répondit au roi : 0 roi ! vivez éternellement. — Mon Dieu a envoyé son ange , qui a fermé la gueule des lions , et ils ne m'ont fait aucun mal, parce que j'ai été trouvé juste devant lui, et que je n'ai rien fait devant vous, 6 roi, qui puisse me rendre coupable.— Alors le roi, transporté de joie, ordonna que Daniel fiit tiré de la fosse aux lions) et Daniel fut tiré de la fosse, et on ne trouva sur son corps aucune plaie, parce qu'il avait cru en son Dieu. »
14. U., III, 23-26, 49-54 » <^ Cependant ces trois hommes, Sidrach , Misach et Abdénago, tombèrent tout liés au milieu des flammes de la fournaise. — Et ils marchaient au milieu de la flamme, louant Dieu et bénissant le Seigneur. — Cependant Azarias, se tenant debout, fit cette prière, et ouvrant la bouche au milieu du feu, il dit : Soyez béni, Seigneur Dieu de nos pères, et que votre nom soit loué et glorifié dans tous les siècles, etc. — Or, l'ange du Seigneur était descendu vers Azarias et ses compagnons, dans la fournaise , et écartant la flamme, — il avait formé au milieu de la fournaise un vent frais et une douce rosée, et le feu ne les toucha nullement , ne les incommoda point et ne les gêna en rien. — Alors ces trois hommes, etc. ))
42. Luc, XXIII, 42-43 : « Il disait à Jésus : Seigneur, souven^vous de moi, lorsque vous serez parvenu dans votre royaume. — Jésus lui dit : En vérité, je vous le dis , vous serez aujourd'hui avec moi dans le paradis. »
43. Daniel, XIII, 44-44 : « Toute l'assemblée leis crut, en considération de let^r quàlUé d'anciens et de juges du peuple, et ils condamnèrent Suzanne à mort. — Alors Suzanne jeta un grand cri, et dit : Dieu éternel, qui pénétrez ce qu'il y a de plus caché, et qui connaissez toutes choses avant même qu'elles soient faites,
DE LA PMÈRB.
•^ VOUS savez qu'ils oui porté contre moi on &ox témoignage ; et voilà que je meurs sans avoir rien fait de tout ce qu'ils ont inventé si malicieusement contre moi. — Le Seigneur exauça sa prière, etc. »
14. Actes, VU, S5, S8-59 : « Mais Etienne étant rempli du Saint- Esprit, et levant les yeux au ciel, vit la gloire de Dieu , et Jésus qui était debout à ht droite de Dieu. — lis lapidatent Etienne qui priait, et qui disait : Seigneur Jésus, recevez mon esprit. — Puis s'étant mis à genoux, il jeta un grand cri, disant : Seigneur, ne leur imputez pas ce péché. Et quand il eut dit ces mots, il s'endormit dans le Seigneur. »
IK. Genèse, XXV, 34 : a Isaac pria le Seigneur pour son épouse , parce qu'elle était stérile ; le Seigneur l'exauça , et fit concevoir Rébecca. »
16. Exede, VIU, 42-13, 30-31 : « Moïse et Âaron étant sortis de devant Pharaon , Moïse invoqua le Seigneur à cause de la promesse qu'il avait faite à Pharaon de le délivrer des grenouilles au jour marqué. — Et le Seigneur fit ce que Moïse lui avait demandé , et les grenouilles moururent dans les maisons , dans les villages et dans les champs, etc. — Moïse, ayant quitté Pharaon, pria le Seigneur. — Et le Seigneur fit ce que Moïse lui avait demandé , et il chassa toutes les mouches qui tourmentaient Pharaon, ses serviteurs et son peuple, et il n'en resta pas une seule.
17. Ibid., IX, 33 : « Après que Moïse eut quitté Pharaon et fut sorti de la ville, il éleva les mains vers le Seigneur, et le tonnerre et la grêle cessèrent , et il ne tomba plus une seule goutte d'eau sur la terre. »
18. Uni., X, 18-19 : « Moïse ayant quitté Pharaon, pria le Seigneur, — qui ayant fait soufQer de l'occident un vent impétueux , enleva les sauterelles et les poussa dans la Mer Rouge , de sorte qu'il n'en demeura pas une seule dans toute l'Egypte. »
19. md., XIV, lS-16, 21-33 : <c Et le Seigneur dit à Moïse : Pourquoi cries -tu vers moi? Commande aux enfants d'Israël de partir. — Et toi, élève ta verge et étends ta main sur la mer, et divise -la , pour que les enfants d'Israël y marchent au milieu à pied sec. — Moïse ayant étendu sa main sur la mer, le Seigneur en divisa les eaux , en faisant souffler pendant. toute la nuit un vent impétueux et brûlant qui en dessécha le fond, et l'eau resta divisée. — Les enfants d'Israël marchèrent au milieu de la mer mise à sec , et les eaux s'élevaient comme une muraille à droite et à gauche. »
90. Ibid., XXXIl 9-U, SO-35 : « Le Seigneur dit encore à Biofse : Je vois que ce peuple a la tête dure ; — maintenant donc, laisse-moi faire , et mon indignation va s'allumer contre eux , et je vais les exterminer, et je ferai de toi le chef d'un grand peuple. — Mais Moïse conjurait le Seigneur son Dieu en disant : Seigneur , pourquoi vôtre colère s'allume-t-elle contre votre peuple , que vous avez tiré de TEgypte avec une grande puissance et par la force de votre bras? — Ne permettez pas , je vous prie , que les Egyptiens puissent dire : Il les a tirés d'Egypte avec adresse pour les faire' périr sur les montagnes , et les exterminer de dessus la terre. Que votre colère s'apaise, et épargnez à votre peuple le mal dont vous lui faites la menace. — Souvenez-vous d'Abraham , d'Isaac et d'Israël vos serviteurs , à qui vous avez juré par vous-même, en disant : Je multiplierai votre race comme les étoiles du ciel, et je donnerai à votre postérité toute cette terre dont je vous ai parlé, et vous la posséderez à jamais. — Alora le Seigneur ne voulut plus faire à son peuple le mal dont il venait de parler. — Le lendemain, Moïse dit au peuple : Vous avez commis un grand péché ; maintenant donc je monterai vers le Seigneur, pour voir si je pourrai en quelque manière le fléchir pour votre crime. — Et étant retourné vers le Seigneur, il lui dit : Ecoutez-moi , je vous prie. Ce peuple a commis un très-grand crime , car ils se sont fait des dieux de métal d'or ; mais je vous conjure de leur pardonner cette faute : — ou, si vous ne le faites, efifacez-moi, je vous prie, du livre que vous avez écrit. — Le Seigneur lui répondit : J'effacerai de mon livre celui qui aura péché contre moi ; — mais pour vous , allez , et conduisez ce peuple au lieu que je vous ai dit; mon ange marchera devant vous, et au jour de la vengeance, je visiterai ce peuple pour le péché qu'il a commis. — Le Seigneur frappa donc le peuple d'une plaie, pour avoir sacrifié au veau d'or qu'Aaron leur avait fait. ))
24 . Nombres, XI, 1-2 : « dépendant le peuple se laissa emporter aux murmures contre le Seigneur, en se plaignant de la fotigue qu'il endurait. Le Seigneur l'ayant entendu entra en colère, et le feu du Seigneur s'étant allumé contre eux , dévora toui ce qui était à l'extrémité du camp. — Alors le peuple ayant adressé ses cris à Moïse, Moïse pria le Seigneur, et le feu s'éteignit. »
22. Ibid., XII, 13-18 : « Alors Moïse cria vers le Seigneur, et lui dit : Mon Dieu , guérissez-la (Marie) , je vous prie. — Le Seigneur lui répondit : Si son père lui avait craché au visage ,
n'aurait - elle pas dû demeurer au moins pendant sept jours couverte de honte ? Qu'elle soit donc mise à l'écart hors du camp pendant sept jours, et après cela on la fesm revenir. — Marie fut donc reléguée hors du camp pendant sept jours , et le peuple ne quitta point ce lieu, jusqu'à ce que Marie fiit rappelée. ^
23. Ibid., XIV, 41-43, 49-24 ; a Le Seigneur dit à Moïse : Jusqu'à quand ce peuple m'outragera-t-il par ses paroles? Jusqu'à quand refusera-t-ii de me croire, après tous les prodiges que j'ai fiûts à leurs yeux? — Je les frapperai donc du fléau de la peste, et les exterminerai; et pour toi, je t'établirai prince sur un autre peuple plus fort et plus puissant que celui-ci. — Moïse répondit au Seigneur : Les Egyptiens , du milieu desquels vous avez tiré ce peuple, etc... — Pardonnez, je vous supplie, à ce peuple son péché , selon ta grandeur de votre miséricorde, comme vous lui avez été propice depuis sa sortie d'Egypte jusqu'en ce lieu. — Le Seigneur lui répondit : Je leur ai pardonné, selon que tu me l'as demandé. — Je jure par moi-même que toute la terre sera remplie de la gloire du Seigneur, etc. »
24. im., XVI 45, 34-33, 45-48 : « Moïse entrant donc dans une grande colère , dit au Seigneur : Ne Regardez point leurs sacrifices; vous savez que je n'ai jamais rien reçu d'eux, pas même un âne, et que je n'ai jamais fait tort à aucun d'euK. — Aussitôt donc qu'il eut cessé de parler, la terre se rompit sous leurs pieds, — et ouvrant ses abîmes, elle les engloutit avec leurs tentes et toutes leurs richesses. — Et ils descendirent tout vivants dans l'enfer, engloutis qu'ils furent par la terre , et ils disparurent du milieu du peuple. Alors Moïse et Âaron s'étant jNrosternés contre terre, — Moïse dit à Aaron : Prends ton encensoir, mets*y du feu de Tautel avec de l'encens, et va aussitôt vers le peuple assemblé, afin de prier pour lui ; car la colère est déjà sortie du trône de Dieu, et la plaie commence à éclater. — Aaron fit ce que Moïse lui commandait : il courut au milieu de la multitude que le feu dévorait déjà, et offrit l'encens; — et se tenant debout entre les morts et les vivants, il pria pour le peuple, et la plaie cessa. »
^5. Ibid., XXI j 6-8 : a C'est pourquoi le Seigneur envoya contre le peuple des.serpents, dont. la morsure brûlait comme le feu ; plusieurs en ayant été blessés et tués , — les autres vinrent à Moïse et lui dirent : Nous avons péché, parce que nous avons parlé contre le Seigneur et contre vous^ Priez-le qu'il nous délivre de ces serpents. Moïse pria donc pour le peuple, — et le Seigneur
D8 LA PMArB. S&l
lui dit : Fais un serpent d'airain , et expose-le pour qu'il serve de signe; et quiconque étant blessé le regardera, vivra. »
26 r / Rois, /, 40-11, lK-18 : « Anne, qui avait le cœur plein d'amertume , vint prier le Seigneur en répandant beaucoup de larmes, — et elle fit un vœu en disant : Seigneur des armées , si, jetant un regard sur TafOiction de votre servante, vous daignez vous souvenir de moi , si vous n'oubliez pas votre servante , et que vous donniez à votre servante un enfant m&le, je le donnerai au Seigneur tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera point sur sa tête. —
)> Anne lui répondit : Pardonnez-moi, mon Seigneur; je suis une femme plongée dans l'affliction ; je n'ai bu ni vin ni rien qui puisse enivrer; mais j'ai répandu mon âme en présence du Seigneur. — Ne croyez pas que votre servante soit comme une des filles de Béiial ; car il n'y a que l'excès de ma douleur et de mon affliction qui m'ait fait parler jusqu'à cette heure. -=- Alors Héli lui dit : Allez en paix, et que le Dieu d'Israël vous accorde la demande que vous lui avez faite. — Anne lui répondit : Plût à Dieu que votre servante trouvât grâce à vos yeux ! Cette femme alla ensuite retrouver son mari, prit de la nourriture, et ne porta plus comme auparavant un visage abattu. )>
27. Ibid.j XII, 17-18 : a Ne fait-on pas aujourd'hui la moisson du froment? Cependant j'invoquerai le Seigneur, et il fera éclater le tonnerre et tomber la pluie, afin que vous sachiez et voyiez combien est grand devant le Seigneur le mal que vous avez fait en demandant un roi. — Samuel cria donc vers le Seigneur, et le Seigneur en ce jour-là fit éclater le tonnerre et toïnber la pluie. »
28. IV Rois, XIX, 14-15, 3B : « Ezéchias ayant reçu cette lettre de Sennachérib de la main des ambassadeurs, la lut , vint dans le temple , étendit la lettre devant le Seigneur, — et fit sa prière devant lui en ces termes : Seigneur Dieu d'Israël, qui êtes assis sur les chérubins , vous seul êtes le Dieu de tous les rois de la terre; c'est vous qui avez fait le ciel et la terre, etc. — Cette même nuit l'ange du Seigneur vint dans le camp des Assyriens, et y tua cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Et Sennachérib, roi des Assyriens, s'étant levé au point du jour, vit tous ces corps morts. » On retrouve ce même fait rapporté dans Isaïe, chap. XXXYII.
29. Ibid., XX, 1-6 : « En ce temps-là, Ezéchias fut malade à mort, et le prophète Isaïe, fils d'Amos, vint le trouver et lui dit :
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Voici ce que dit le Seigneur : Mete Oi*dre à ta maison , car tu ne vivras pas davantage, et tu vas mourir. -^Âlors Ezécbias, se tournant du côté du mur, fit sa prière au Seigneur en ces termes :
— Seigneur, souvenez-vous, je vous prie^ de quelle aianière j*ai marché devant vous, dans la vérité et avec un cœur par£ût, m'atkachant à faire ce qui vous était agréable. Ezécbias versa ensuite beaucoup de larmes. — Et avant qu'Isaïe eût franchi la moitié du vestibule, le Seigneur lui parla, et lui dit : — Retourne, et dis à Ezécbias, chef de mon peuple : Voici ce que dit le Seigneur, le Dieu de David, ton père : J'ai entendu ta prière, et j'ai vu tes larmes, et tu vas être guéri, dans trois jours tu iras au temple du Seigneur. — Et j'ajouterai encore quinze années aux. jours de ta vie; et je té délivrerai, toi et ta ville, de la main du roi des Assyriens, et je la protégerai à cause de moi-même , et eo considération de David, mon serviteur. » Ce même passage se retrouve dans Isaïe, chap. XXXVIII.
30. II Paralipmènes, XK, 4, 3^6, 12-13, n-^Z : « Ensuite les Moabites et les Ammonites avec leurs aUiés s'assemblèrent contre Josaphat pour lui faire la guerre... — Alors Josaphat, saisi de crainte, s'appliqua entièrement à prier le Seigneur, et fit publier un jeûne dans tout le royaume de Juda. — Tout Juda s'assembla pour implorer l'assistance du Seigneur, et tous sortirent de leurs villes pour lui adresser leurs prières. — Et Josaphat, debout au milieu de cette multitude dans la maison du. Seigneur devant le nouveau parvis, dit : Seigneur qui êtes le Dieu de nos pères, etc.
— Vous qui êtes notre Dieu, ne ferez- vous donc point justice de ces gens-là? Nous reconnaissons que nous n'avons point assez de forces pour résister à toute cette multitude qui vient fondre sur nous. Mais comme nous ignorons ce que nous avons à faire, il ne nous reste qu'à tourner les yeux vers vous. — Or, tous les habitants de Juda étaient debout devant le Seigneur, avec leurs femmes, leurs enfants et ceux mêmes qui étaient encore à la mamelle. —
)) Et lorsqu'ils eurent commencé à chanter ces paroles, le Seigneur tourna tous les desseins des ennemis , c'est-à-dire des enfants d'Âmmon et de Moab et du mont Séir, contre eux-mêmes, et comme ils s'étaient mis en mafcbe pour combattre Juda, ils périrent tous. — Car les enfants d'Âmmon et de Moab se levèrent contre ceux du mont Séir, et les exterminèrent. Et après celte action, ils tournèrent leurs armes contre eux-mêmes, et se tuèrent les uns les autres. »
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31 . Id., XXXIII, ^13 : u Manassès séduÎBit donc }aëà et touâ les habitants de Jérusalem, les perla à faire le mal plus que toutes les autres nations que le Seigneur avait détruites devant les enfants d*Israêh -7- Dieu lui parla, à lui et à son peuple, et ils ne voulurent point l'entendre. — C'est pourquoi Dieu amena sur euK les princes de Tarmée du roi des Assyriens, qui après avoir pris Manassès, lui mirent les fers aux pieds et aux mains, et l'emmenèrent à Babylone. — Manassès, réduit à cet état de détresse, pria le Seigneur son Dieu, et fit pénitence en présence du Dieu de ses pères. — Il lui adressa ses instantes supplications, et le Seigneur exauça sa prière, et le ramena à Jérusalem dans son royaume, et Manassès reconnut que le Seigneur était le vrai Dieu. »
32. I ËSDRAS, VIII, 33 : a Nous jeûnâmes d(mc, et nous priâmes notre Dieu â ce dessein; et tout nous réussit. »
33. Tobie, III, 4-3, 7, 10-12, 24-28 : a Alors Tobie jetant un {N^ofond soupir, commença â prier avec larmes en disant : — Seigneur, vous êtes juste, tous vos jugements sont pleins d'équité, et toutes vos voies ne sont que miséricorde, vérité et justice. — Et maintenant, Seigneur, souvenez-vous de moi, ne tirez pas vengeance de mes péchés, et ne rappelez point en votre mémoire mes offenses, ni celles de mes- pères... — En ce même jour, il arriva que Sara , fille de Raguel , à Rages , ville des Mèdes , fiit émue d'un reproche que lui fit une des servantes de son père. — Elle avait déjà épousé sept hommes, et un démon, nommé Asmodée, les avait tués aussitôt qu'ils s'étaient approchés d'elle. — Comme elle reprenait -cette servante pour quelque faute que celle-ci avait faite, cette autre lui répondit : Que jamais nous ne voyions de toi ni fils, ni fille sur la terre, meurtrière de tes maris. — Ne veux-tu pas me tuer aussi, comme tu as déjà tué sept maris? A cette parole, Sara monta dans une chambre au plus haut de la maison, et y demeura trois jours et trois nuits sans boire ni manger. — Et persévérant dans la prière, eUe demandait à Dieu avec larmes qu'il la délivrât de cet opprobre. — Le troisième jour, achevant sa prière, et bénissant le Seigneur, die dit, etc.. —
)) Ces deux prières de Tobi«ret de Sara furent exaucées en même temps devant la gloire du Dieu souverain. — Et Raphaël, le saint ange du Seigneur, fut envoyé pour guérir ces deux personnes , dont les prières avaient été en même temps présentées au Seigneur. »
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34. J^diik, IX, i-% 16-17 : « Après qa^ils se furent retirés, Judith entra dans son oratoire, et se revêtant d'un ciliée, elle se mit de la cendre sur la tète, et se prosternant devant le Seigneur, elle criait vers lui en disant : Seigneur Dieu de mon père Siméon, qui lui avez mis Tépée entre les mains pour se venger des étrangers qui, transportés d'une passion impure, avaient violé une vierge, et l'avaient couverte de confusion, en lui faisant outrage, etc. — Car votre puissance. Seigneur, n'est point dass la multitude; votre volonté n'est pas dans la force des chevaux; et dès le commencement du monde les orgueilleux se sont attiré votre disgrâce; mais vous avez toujours agréé les prières de ceux qui sont humbles et doux. — Dieu des cieux. Créateur des eaux, S^gneur de toute créature, exaucez-moi, comme j'ai recours à vous dans ma misère , et que je me repose en votre miséricorde. »
35. Ibid., XIII, 6-10 : « Judith se tint devant son lit (d'Holopheme), priant avec larmes, et remuant ses lèvres en silence , — et elle dit : Seigneur Dieu d'Israël , fortifiez-moi et rendez-vous favorable en ce moment à ce que ma main va faire, afin que vous releviez, selon votre promesse, votre ville de Jérusalem, et que j'achève ce que j'ai cru pouvoir faire par votre assistance. — Ayant ainsi parlé , elle s'approcha de la colonne qui était au chevet du lit, et détacha le sabre qui y était suspendu. -» Puis l'ayant tiré du fourreau, elle saisit Holopherne par les dieveux, et dit : Seigneur Dieu, fortifiez-moi à cette heure. — Elle lui frappa ensuite le cou par deux fois , et lui cou^ la tête; et détachant des colonnes le rideau du- lit , elle jeta à terre son cadavre. »
36. Psaume XVII, 7-8 : k J'ai invoqué le Seigneur dffiis ma tribulation,*et j'ai crié vers mon Dieu. — Il a exaucé ma voix de son saint temple, et mes cris sont parvenus jusqu'à ses oreilles. »
37. A. CXIX, 1 : « J'ai crié vers le Seigneur lorsque j'étais dans la tribulation, et il m'a exaucé. » '
38. JoNAS, II, 2-3, 8-11 : a Jonas adressa sa prière au Seigneur son Dieu, — et lui dit : J'ai crié au Seigneur du sein de mon atSiction, et il m'a exaucé; j'ai crié de l'abîme du tombeau, et vous avez entendu ma voix. — Oans la douleur profonde dont mon âme était saisie, je me suis souvenu de vous. Seigneur, et raar prière est montée jusqu'à vous, jusqu'à votre temple saint. — Ceux qui s'attachent à la vanité et au mensonge oublient la nnséricorde qui les délivrerait. — Mais pour moi , je vous offrirai
des sacrifices avec des cantiques de louanges; je rendrai au Seigneur tous les vœux que j'ai faits pour mon salut. — Alors le Seigneur commanda au poisson, et le poisson jeta Jonas sur le bord de la mer. » ^
39. / MachaUes, III, 38-47 : « Et Lysias choisit Ptolomée, fils deDorymini, Nicanor et Gorgias, qui étaient des hommes puissants entre les amis du roi ; — et il envoya avec eux quarante mille fantassins et sept mille cavaliers : il leur ordonna d'aller dans le pays de Juda, et de le ruiner entièrement suivant les ordres du roi. — Us s'avancèrent donc avec toutes leurs troupes, et vinrent camper près d'Emmaûs, dans la plaine. — Les marchands des pays voisins, ayant su leur arrivée, prirent avec eux beaucoup d'or et d'argent, et des serviteurs, et vinrent au camp, afin d'acheter les enfants d'Israël que l'on devait faire esclaves ; et l'armée de Syrie se joignit à eux avec celle des étrangers. — Judas et ses frères r connurent alors que leurs maux s'étaient multipliés, et que l'armée ennemie s'approchait de leur pays ; il sut l'ordre que leur roi avait donné de perdre le peuple et de l'exterminer, — et ils se dirent les uns aux autres : Relevons les ruines de notre nation , et combattons pour notre peuple et pour notre saint culte. — Ils s'assemblèrent donc pour se préparer à combattre , et pour prier le Seigneur et implorer sa bonté et ses miséricordes. — Jérusalem n'était point alors habitée, mais paraissait comme un désert; on ne voyait plus aucuA de ses enfants y entrer ou eç^ sortir : son sanctuaire était foulé aux pieds; les étrangers demeuraient dans la forteresse, devenue la retraite des nations; toute la joie de Jacob en était bannie, et Ton n'y entendait plus le son de la flûte ni celui de la harpe. — Ils s'assemblèrent donc à Maspha, vis-à-vis de Jérusalem, parce qu'il y avait eu autrefois à Maspha un lieu de prières pour Israël. — Us jeûnèrent ce jour-là, se revêtirent de cilices, se mirent de la cendre sur la tête, déchirèrent leurs vêtements, etc. »
40. Id,^ IV, 6-16, 28-34 : <( Lorsque le jour fut venu, Judas parut dans la plaine, accompagné seulement de trois mille hommes, qui n'avaient ni épées ni boucliers. — Et ils reconnurent que l'armée des nations était for^, et soutenue de cuirassiers et de cavaliers exercés aux combats. — Alors Judas dit à ceux qui étaient avec lui : Ne craignez point cette grande multitude, et n'appréhendez point leur approche. — Souvenez-vous de quelle manière nos pères furent sauvés au passage de la Mer Rouge»