‹ Le grand catéchisme de la femmeChapitre 24 sur 30 · COMBIEN D'HOMMES ET DE FEMMES · texte numérisé non relu

COMBIEN D'HOMMES ET DE FEMMES

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Femmes

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C'est donc aux États-Unis où la femme est le mieux protégée, où elle possède le plus de droits que Ton abuse le moins du travail féminin. Il n'est pas de nation européenne où Ton trouve une proportion aussi élevée de femmes pouvant se consacrer exclusivement aux soins du ménage et aux intérêts de la famille.

D. Ne serait-il pas désirable que la femme restât la gardienne vigilante du foyer domestique et Véducatrice des enfants ?

R. Malheureusement, grand nombre de femmes doivent travailler. Beaucoup ont à leur charge des vieillards^ des parents infirmes, ou des enfants « naturels )>

abandonnés de leur père, avec la complicité de la loi. D'autres travaillent, parce que leur mari est ivrogne, paresseux, malade ou infirme, ou bien encore parce que le salaire de celui-ci est insuffisant pour subvenir aux frais du ménage. Croyez-le bien, ce n'est point pour leur plaisir que toutes ces femmes courageuses travaillent, luttent et peinent.

D. En interdisant aux femmes de travailler, quel résultat obtiendrait-on ?

R. L'effet de cette interdiction criminelle serait de favoriser la débauche. La statistique en fait foi. A Paris, sur trois mille filles perdues, quatorze cents avaient faim.... (i)

D. Alors, il faut respecter le travail féminin f

R. Oui ; car la ressource du travail est une propriété commune à l'humanité entière. D'autre part, plus on étendra la sphère des occupations honorables accessibles aux femmes, plus le champ du vice sera rendu restreint.

D. Dans certaines industries, les ouvriers ne s'opposent-ils pas à l'admission des femmes?

R. Oui, beaucoup d'ouvriers redoutent la concurrence féminine. Ils craignent que le travail féminin ne fasser fléchir le taux des salaires. C'est ainsi que, en 1862, les typographes parisiens réclamèrent l'exclusion perpé- J

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tuelle des femmes, de leurs ateliers, basant leur prétention — le devinerait-on, — sur « la loi salique » ! D. La crainte des ouvriers est-elle fondée'!

R. Souvent, elle Test.

D. Comment cela?

R. Parce que des industriels avides abusent des bras des femmes et en font une arme de concurrence redoutable contre les ouvriers mâles. Grand nombre d'ouvrières reçoivent un salaire insuffisant pour les besoins -de la vie, un salaire souvent insignifiant, parfois même -dérisoire. Le bon marché qui s'obtient ainsi dans les souffrances et les privations de malheureuses, constitue un trafic honteux qu'on doit sévèrement condamner.

D. Connaissei-vous quelque moyen capable déporter remède à V exploitation de V ouvrière!

R. Ce remède existe. Il faut proclamer le principe que les services des femmes doivent être rémunérés à leur juste valeur. A identité d'efforts et de peines, à égalité de travail, l'ouvrière doit recevoir la même rétribution que l'homme.

D. Est-il possible de réaliser ce principe?

R. Incontestablement. L'État doit d'abord prêcher d'exemple et remplir le rôle de patron modèle. Dans les administrations, dans les régies, dans l'enseignement, il doit accorder aux femmes employées les mêmes émoluments qu'aux hommes. Ce principe est inséré dans la législation de l'État de Wyoming, en ce qui concerne le traitement des institutrices.

D. Que doivent faire les ouvrières!

R. Les ouvrières doivent suivre l'exemple de leurs «œurs d'Amérique et d'Angleterre. Aux Etats-Unis, les femmes, affiliées aux groupes des « Chevaliers du Travail », exigent pour leur labeur un salaire égal à celui

de rhomme. De même, en Angleterre, environ 88.000 ouvrières sont aujourd'hui enrôlées dans les « Trade- U nions » et reçoivent le même salaire que les ouvriers (i). De cette manière, à travail égal le salaire étant égal, les femmes ne causent aucun préjudice à leurs compagnons.

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